Le système antichrist

« Vous avez appris que l’Antichrist vient. Or, déjà maintenant, il y a plusieurs antichrists; par là nous reconnaissons que c'est la dernière heure. » (La Bible, I Jean II, 18)


Définition

Nous appelons "système antichrist" un ensemble de personnes, de mentalités, de pratiques, de croyances, d'actions collectives ou d'institutions opposées à Christ, à son œuvre, à son règne, à sa Loi et à ses disciples. En effet, la Bible nous apprend qu'il existe non pas un mais plusieurs antichrists, ainsi qu'un esprit antichrist (I Jn II, 18 ; IV, 3).

 

Le système antichrist est l'entité suprême et invisible réunissant différents sous-systèmes ou rouages visibles. On ne peut donc le découvrir qu'avec les yeux spirituels. Pour le profane, cette unité pourrait sembler curieuse, car tous les acteurs du système antichrist ne se ressemblent pas forcément et parfois même paraissent-ils s'opposer entre eux. Mais ces apparentes oppositions ne constituent pas une division en soi (Mc III, 24-26). Ce sont plutôt des séductions. C'est pourquoi les niveaux de persécutions contre les chrétiens peuvent varier d'un pays à l'autre ou d'une époque à l'autre (persécutions physiques, spirituelles ou morales). C'est aussi la raison pour laquelle il y a autant de fausses Églises et de faux christianismes. Cependant, Jésus nous a donné un critère assez simple pour reconnaître les antichrists : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi" (Lc XI, 23). Par extension, tous ceux qui ne sont pas pour le règne de Jésus-Christ sont contre lui, et donc, d'une certaine manière, pour le système antichrist.

 

Il est cependant possible qu'un jour le système antichrist soit représenté "matériellement" et devienne ainsi plus visible (personnalité, ordinateur puissant [IA], hybride ou autres).

 

Aux origines

Historiquement, les antichrists étaient plutôt des individus qui exerçaient leur autorité pour persécuter les partisans du Royaume de Dieu ou pour empêcher son développement. Cela pouvait aller du simple faux docteur à l'empereur. Le premier antichrist bien connu fut Hérode Ier  le "Grand", roi de Judée, qui, après avoir appris la naissance du Christ, fit tuer tous les enfants de deux ans et moins qui étaient à Bethléem (Mt II, 13-23).

 

Mais puisque le Christ existe de toute éternité, en tant que Parole de Dieu, il va de soi que des types d'antichrists ont aussi existé avant l'Incarnation.

 

Une lecture spirituelle de certains passages bibliques nous apprend que Satan, qui était à l'origine un ange de lumière (Lucifer), est tombé en premier dans la déchéance en cherchant à devenir comme Dieu (Is XIV, 12-15 ; Éz XXVIII, 12-17 ; Lc X, 18). Il aurait entraîné dans sa chute un tiers des anges (cf. Ap XII, 4). Il a ensuite trompé nos premiers parents en séduisant d'abord la Femme pour qu'elle séduise à son tour l'Homme, afin que tous deux transgressent la seule interdiction divine qu'il y avait dans le jardin d'Éden. Pour ce faire, le serpent ancien a procédé comme suit : d'abord en semant le doute ("Dieu a-t-il vraiment dit…?"), puis en rendant Dieu menteur ("vous ne mourrez pas"), et enfin en flattant leur orgueil, en affirmant que s'ils violaient la seule Loi divine d'alors ils deviendraient comme Dieu ou comme des dieux (Ge III, 1-7). L'orgueil ou la volonté de puissance est donc le premier péché à l'origine de la chute de l'Homme. Par ce péché, l'être humain a brisé l'image de Dieu en lui ou du moins l'a terriblement gâtée. En effet, Dieu l'avait créé à l'origine à son image et à sa ressemblance, nous dit la Bible (Ge I, 26).

 

Cependant, la Parole de Dieu, surtout à travers son œuvre rédemptrice, permet à ceux qui l'acceptent et la suivent par la foi de reconstruire cette image et d'accéder un jour à la vie éternelle (voir notre rubrique Condamné à mort). Dès lors, l'être humain est habité par des mauvais penchants et des bons, et l'humanité se divise entre ceux qui cèdent complètement à leur nature mauvaise et ceux qui tendent vers la bonne. Il y a donc ceux qui se laissent aller à la volonté de puissance et veulent devenir comme Dieu (tout en se passant de lui), et ceux qui essaient de suivre le Seigneur pour retrouver l'image de Dieu en eux. Ce sont deux chemins différents : l'un est large et facile, l'autre est étroit et difficile (Mt VII, 13-14).

 

La première manifestation de la lutte entre les partisans du Royaume de Dieu et ceux du royaume du mal se trouve relatée dans l'histoire de Caïn et Abel, lesquels représentent deux attitudes religieuses. Celle d'Abel, qui accepta la révélation divine et offrit un sacrifice sanglant à Dieu, symbolisant ainsi le sacrifice expiatoire du Christ ; et celle de Caïn, qui inventa sa religion et son propre moyen de rédemption à travers une offrande végétale. Cette dernière ne fut bien sûr pas agréée par Dieu, car elle ne symbolisait pas la rédemption future. Mais au lieu de se repentir, Caïn endurcit son cœur et devint irrité. Blessé dans son orgueil et jaloux de son frère, il tua Abel. Ce fut le premier homicide de l'histoire. Nous apprenons par ailleurs que Caïn fut le premier bâtisseur de ville (Ge IV, 3-8, 17). Caïn peut donc être regardé comme le père spirituel des fausses religions et de la société civile ou laïque, tandis que Seth, le remplaçant d'Abel, est le père symbolique des enfants de Dieu et des partisans de son Royaume (Ge IV, 25-26).

 

Aujourd'hui

Tous les États, tous les royaumes, tous les empires de l'histoire ont suivi la volonté de puissance, donc le règne du mal. Exception faite de l'ancienne Église, c'est-à-dire l'Israël antique, qui avait fondé un royaume et suivi le Seigneur à un moment donné. Toutes les autres Églises fidèles ont dû vivre sous des règnes impies ou faussement chrétiens. Soit parce qu'elles n'ont pas compris qu'il fallait mettre en place la Christocratie, soit parce qu'elles ont échoué. Malgré tout, leur présence a souvent permis de freiner ou retenir (katechon) la progression du système antichrist (cf. II Th II, 6-7). En effet, plus l'Église est forte, plus le règne du mal est entravé dans sa course, et inversement. Paradoxalement, ce fut parfois aussi des personnes de bonne volonté qui, sans forcément être chrétiennes, ont porté certaines valeurs du Christ et ont ainsi retenu l'expansion du mal (par exemple certains socialistes ou anarchistes).

 

Mais aujourd'hui, l'Église est très malade, divisée et très confuse, et les hommes de bonne volonté se font toujours plus rares. C'est pourquoi le système antichrist progresse et prospère un peu partout. La preuve de son extraordinaire développement se trouve déjà dans le déchiffrement du fameux 666, le chiffre de la Bête immonde, c'est-à-dire du pouvoir mondain et satanique qui est aussi, comme le dit l'Écriture, un nombre d'homme (Ap XIII, 17-18). Car c'est en effet l'orgueil humain et sa volonté de puissance qui ont nourri la "Bête" et lui ont permis de grandir. Pour rappel, le 6 est le chiffre imparfait, le 7 celui de la perfection : le triple 6 signifie donc l'accumulation des imperfections pour essayer d'atteindre le 7, c'est-à-dire la perfection.

 

Cette accumulation des imperfections est bien visible de nos jours. Non seulement parce que beaucoup se prennent effectivement pour des dieux, mais aussi parce que tout ce que la Bible appelle "péché" est aujourd'hui encouragé et même érigé en vertu, et vice-versa. Nous n'allons pas dresser une liste complète car elle serait bien trop longue et inutile. Mais nous voyons bien que l'orgueil, l'avarice, l'homicide (prénatal), la décréation, la procréation artificielle, l'homosexualité, la féminisation, l'exhibitionnisme, le voyeurisme, l'usure, l'idolâtrie, le vol, le mensonge, la tromperie, la traîtrise, la malhonnêteté, l'impiété, l'injustice, etc. ont été normalisés aujourd'hui. En particulier en Occident. Or, la Bible qualifie tout cela de péché. Il n'y a donc pas de preuve plus formelle pour nous montrer que nous vivons bien dans un système antichrist, pour la simple raison qu'il n'y a pas de crime plus satanique que celui qui consiste à inverser le bien et le mal.

 

Les personnes ou les sociétés qui font cela s'opposent de la manière la plus radicale à l'œuvre salvatrice de Jésus-Christ. Pourquoi ? Parce que la Bible affirme que nous sommes tous pécheurs et donc que nous avons tous besoin de la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Et cette grâce ne peut s'obtenir qu'en se reconnaissant pécheur, en faisant pénitence, et en plaçant notre foi en Jésus-Christ. Or, que se passe-t-il si le poison qui nous fait mourir corporellement et qui a en plus le potentiel de "tuer" notre âme pour l'éternité, vient à être présenté comme quelque chose de bien ? Il se produit une sorte de mithridatisation générale qui fait que toujours plus de personnes s'accoutument au poison au point de ne pratiquement plus se rendre compte qu'elles s'empoisonnent quand elles pèchent. Ainsi leur conscience se trouve étouffée et la syndérèse ne joue plus son rôle.

 

Par suite, qui dit mithridatisation ou conscience étouffée dit aussi impénitence. Et qui dit impénitence dit condamnation. Car c'est la mort éternelle qui attend les impénitents. Les pécheurs "mithridatisés" n'en restent pas moins responsables devant Dieu, puisqu'ils ont le libre arbitre et ont accepté volontairement de croire que le mal était bien. Cependant, il est évident qu'il devient toujours plus difficile de résister au péché et de se reconnaître pécheur dans une société où tout est inversé, c'est-à-dire dans une société où les mauvais penchants sont non seulement encouragés mais aussi présentés comme les bons.

 

Voilà en résumé pourquoi l'on peut réellement parler de système antichrist, et pourquoi c'est un devoir chrétien que de lutter contre.


Christocrate.ch