Science et singerie

« La crainte de l'Éternel est le commencement de la science...» (La Bible, Proverbes I,7)


Il y a science et « science* »

La science nous a apporté beaucoup de choses : le traitement des eaux, la médecine moderne, l’électricité, les ordinateurs, etc. Toutes ces réalisations demandent que l’on fasse des expériences, que l’on en tire des conclusions, et que ces conclusions fassent l’objet de nouvelles expériences. Ici, les conclusions ou inférences sont directement liées aux expériences et ne laissent donc quasiment pas de place à la spéculation. Ce type de science s’appelle la science des procédés ou la science opérationnelle, et c’est à elle que l’on doit de grandes avancées dans les connaissances dont bénéficie l’humanité.  

 

Il existe un autre type de science qui concerne le passé, et qui s’appelle la science historique ou la science des origines. Quand il s’agit de reconstituer le passé, la science est limitée, car l’histoire ne se répète pas et les évènements passés ne peuvent faire l’objet d’expériences directes. En science des origines, on se sert des observations faites dans le présent pour faire des déductions sur le passé. Comme les expériences qui interrogent le passé donnent souvent des réponses incomplètes, les inférences sont faites en partie d’hypothèses. Plus l’événement étudié est situé loin dans le passé, plus les inférences et les hypothèses seront nombreuses, et plus les conclusions du savant seront influencées par des considérations non scientifiques, telles que son choix philosophique ou religieux. En d’autres mots, ce qu’on présente comme étant de la science historique n’est parfois rien d’autre qu’une conception personnelle du savant lui-même. Les conflits entre la "science" et la "religion" font rage dans le domaine des sciences historiques, et non dans celui des sciences opérationnelles. Malheureusement, le succès de la science opérationnelle est à ce point imposant que beaucoup se laissent impressionner par les déclarations de savants spécialisés en science historique sans se rendre compte qu’elles contiennent une bonne dose de conjectures.

 

 

*Texte repris en grande partie de Nos origines en questions (Don Batten, K. Ham, J. Sarfati, C. Wieland)


Deux exemples simples démontrant que la théorie de l'évolution n'est pas scientifique mais mythologique

Je crois qu'un jour le mythe darwinien sera tenu pour avoir été la plus grande supercherie dans l'histoire de la science.» Søren Løvtrup (1922-2002), embryologiste et historien des sciences.

 

À travers les siècles, beaucoup d'hommes ont cru en une "génération spontanée" ou "abiogenèse", c'est-à-dire en l'apparition hasardeuse de quelque forme d'existence primaire à partir d'une soupe prébiotique, autrement dit, en une naissance d'organismes vivants émanant d'une matière morte ou inorganique. Or, au XIXe siècle, le grand scientifique français Louis Pasteur (1822-1895), un quasi contemporain de Darwin, démontra expérimentalement que la vie ne pouvait provenir que de la vie (omne vivem ex vivo). C'est ce qu'on appelle la "loi de la biogenèse". Louis Pasteur réduisit ainsi à néant la vieille croyance en une génération spontanée et, du même coup, la nouvelle théorie de l'évolution qui s'était greffée sur elle. Inversement, et sans forcément le vouloir, il venait de confirmer la logique de la Création, puisque "nul ne meut ni ne se meut qui ne soit mû par un autre"… et finalement par Dieu, la cause efficiente première, pour reprendre une formule de Thomas d'Aquin (1228-1274). La loi de la biogenèse était donc connue de plusieurs chrétiens avant même qu'elle soit éprouvée – ce qui indique par ailleurs qu'une théologie fidèle à la Parole de Dieu est une science en avance sur, et supérieure à toutes les autres*.

 

Mais voilà qu'au lieu d'agir de manière scientifique en se résolvant à accepter cette démonstration empirique et à en tirer les conséquences logiques, les darwinistes n'ont jamais été capables d'abandonner leur gourou et sa doctrine, tant ils sont endoctrinés. Certes, ils n'ont jamais ouvertement nié l'expérience de Pasteur, mais ils ont néanmoins toujours maintenu l'idée qu'une génération spontanée a dû avoir lieu au moins une fois dans l'histoire pour faire apparaître les premières formes de vie. En d'autres termes, les évolutionnistes préfèrent croire à ce postulat plutôt qu'en une science expérimentale. Par conséquent, l'évolutionnisme n'est pas une science, mais bien un mythe (ou du moins une croyance).

 

Le deuxième exemple sur lequel nous voudrions nous arrêter est tout aussi éloquent, quoiqu'un peu plus subtil: la macro-évolution. Il s'agit du postulat majeur, pour ne pas dire le principal de la théorie de l'évolution, ce à quoi son nom même fait référence. De fait, la macro-évolution est une abstraction qui n'a jamais pu être observée ni démontrée scientifiquement, mais qui demeure pourtant pleinement acceptée et largement diffusée par tous les sectateurs évolutionnistes. Elle est la profession de foi, le principe, le credo, le dogme de la secte darwinienne. En gros, la macro-évolution est la croyance selon laquelle des changements biologiques majeurs se sont opérés – et peuvent s'opérer encore – en franchissant toutes les barrières biologiques connues, moyennant une échelle de temps suffisamment longue – car avec le temps, l'impossible est possible, disent-ils. Ces sauts évolutifs exceptionnels ou plutôt ces transformations miraculeuses auraient ainsi permis à des espèces de changer carrément de genre, de famille, d'ordre, de classe, d'embranchement, voire de règne (puisqu'en définitive les évolutionnistes croient que tous les êtres vivants, animaux comme végétaux, descendent d'un ancêtre commun). Par exemple, selon ce mythe, la baleine aurait eu comme ancêtre plus ou moins direct un mammifère terrestre, et les poissons descendraient d'un invertébré. Dans le même ordre d'idée, une sorte de créature simiesque aurait été l'ancêtre à la fois de l'homme et des grands singes comme le chimpanzé. Bref, les évolutionnistes ne manquent vraiment pas d'imagination: leur doctrine ressemble à s'y méprendre à un conte de fées.

 

Bien entendu, pour justifier leur mythe, les évolutionnistes s'appuient généralement sur les micro-évolutions que tout le monde peut observer et reconnaître. Par exemple, les variations au sein d'un même genre, comme les différentes espèces de chiens ou de loups du genre Canis, permettent effectivement d'envisager que ceux-ci ont eu un ou plusieurs ancêtres communs. Mais notez bien la nuance: ces adaptations ou micro-évolutions au sein d'un genre (ou éventuellement d'une famille, selon la classification) se font toujours à l'intérieur de limites biologiques infranchissables; car Dieu a créé les génériques de qui ont découlé les différentes espèces, sous-espèces, accidents, etc., que nous connaissons. En d'autres termes, ces variations s'opèrent selon les lois de la génération. On ne verra donc jamais un chien passer dans le genre Ursus ni une espèce de singe devenir un homme. Au mieux verra-t-on des hommes se comporter comme des singes à force de croire à des singeries. Mais là est un autre sujet.

 

Notons d'ailleurs que tout ce que les darwinistes ont voulu présenter comme des squelettes d'hommes-singes, c'est-à-dire comme des intermédiaires entre les hommes et les grands singes pour tenter de prouver la transition macro-évolutionnaire, étaient soit des espèces de singes, soit des fraudes. Les chaînons manquants seront toujours manquants ou inventés pour la simple et bonne raison qu'ils n'existent pas. Cependant, pour défendre leur croyance, les évolutionnistes n'ont jamais hésité à falsifier des preuves, comme par exemple les célèbres croquis d'embryons d'Ernst Haeckel. A contrario, les créationnistes n'ont jamais eu besoin d'en inventer, car les preuves en faveur d'une Création s'imposent naturellement à tout homme de bonne volonté, comme il est dit dans l'épître aux Romains (I, 19-20): "ce qu'on peut connaître de Dieu est manifeste… les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil nu depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages." De toute évidence, il suffit de se rendre dans un lieu naturel, loin du bruit des villes et de l'air pollué du temps, loin des foules manipulées et des techno-scientistes menteurs et prétentieux, loin des savants fous et de leurs doctrines d'aliénés pour considérer la logique de la Création. Car l'empreinte divine apparaît à qui sait observer et cela en dépit de tous les accidents et désordres causés par le péché.

 

* Notons que Thomas d'Aquin a été un brillant théologien lorsqu'il restait fidèle à la Parole de Dieu; un peu moins lorsqu'il se basait plus qu'il n'en faut sur les travaux d'Aristote.


Cause et conséquences de l'idéologie évolutionniste

Si l’Univers s’est fait tout seul, la raison est détrônée, aucun être intelligent ne peut l’admettre. Mais combien il est lamentable que des hommes de science enseignent ces absurdités à une multitude incapable de vérifier leurs dires, mais qui est prête à en expérimenter les résultats immoraux qui la conduisent au matérialisme et à la bestialité. »  John William Dawson (1820-1899), géologue canadien.

Pour qui connaît un peu l'histoire et n'est pas trop naïf au point de croire qu'une telle imposture a pu s'imposer aux esprits spontanément, sans le concours de quelques puissants, sans une formidable machine de propagande, et uniquement après de longues et éprouvantes recherches scientifiques menant à des résultats incontestables, la cause ou la motivation principale de la théorie de l'évolution n'est pas très difficile à trouver, puisqu'elle s'inscrit dans le contexte de la révolution industrielle. Ceci étant posé, il devient suffisamment clair que cette doctrine fut essentiellement inventée pour appuyer et justifier la civilisation industrialo-technicienne et ses nombreux rouages, tels le mammonisme (capitalisme ou libéralisme), la technocratie et technolâtrie, l'idéologie du progrès, les inégalités sociales, la réification de tout, etc. Autrement dit, pour légitimer le pillage et la destruction de la Création et pour produire une nouvelle forme d'esclavage, il fallait préalablement ôter Dieu du cœur de l'homme.

 

C'est donc la pensée évolutionniste si bien répandue, celle qui dit que tout s’est fait par des processus naturels, que Dieu n’existe pas, qui est à l'origine de notre civilisation à la fois bestiale et technicienne. Le monde s’est construit tout seul, disent-ils ! Cette opinion, qui fait fi de l’évidence d’un Créateur, amène naturellement un athéisme et un « humanisme » qui a d'abord fait de l’homme le maître absolu de sa destinée (en réalité, la sempiternelle domination de quelques-uns sur l'ensemble) pour enfin arriver à l'esclavage moderne et à la déshumanisation progressive que nous connaissons (voir par exemple notre rubrique "Système technicien et technolâtrie"). Depuis lors, le rejet de Dieu est devenu le fondement de l’enseignement universitaire et inspire les politiques gouvernementales et le monde des affaires. Hitler, Staline, Mao Tsé-Tung, Pol-Pot, etc. ont tous consciemment cherché à rendre leur pays conforme à la réalité évolutionniste. De même aujourd'hui, le capitalisme ou libéralisme sauvage, l’exploitation, le totalitarisme technicien, la surveillance des masses, les malheurs infligés aux hommes crient clairement contre une approche évolutionniste de la moralité. Des millions de personnes ont terriblement souffert et sont mortes à cause de cette manière de penser athée. L’athéisme tue, car une absence de Dieu entraîne une absence de règles. Les athées sont d’ailleurs souvent les premiers à encourager l’avortement, le technicisme, le féminisme, l'homosexualisme, les manipulations génétiques, la PMA, la GPA, la pornographie, les divorces, les drogues en vente libre, etc. Toutes ces choses apportent misère, souffrance et mort. L’évolutionnisme athée, c'est la philosophie de la mort.

 

Pourtant, combien les athées aiment rappeler les atrocités commises par des prétendus « chrétiens ». Les bûchers, les prêtres pédophiles, les attentats en Irlande sont d'ailleurs leurs citations favorites ! Mais notez bien la nuance : si ces gens, auteurs de ces actes, étaient réellement chrétiens, ils agissaient en totale incohérence avec leurs propres règles décrites dans la Bible. Par exemple : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… et ton prochain comme toi même » ou encore « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux ». Sur ces bases, des vrais chrétiens ont souvent été les premiers à apporter de l’aide aux malades, à s’occuper des orphelins, des personnes âgées, à aider les affamés, les nécessiteux, à éduquer les pauvres et à dénoncer toute forme d’exploitation ou de tyrannie (le travail des enfants, l’esclavagisme, les inégalités sociales, etc.).  

 

L’athéisme et son raisonnement évolutionniste, quant à lui, dit que « l’amour » n’est rien d’autre qu’un intérêt égoïste qui peut faire augmenter les chances de survie de nos gènes au moyen de notre descendance ou de nos proches parents. Alors où trouver une base pour la compassion dans cette lutte pour la survie des plus adaptés ? À vous d'y répondre...   

 

Conclusion

Nous avons vu en premier lieu la différence entre une science opérationnelle et une science des origines. Ensuite, nous avons pris deux exemples simples qui prouvent que la théorie de l'évolution n'est pas une science mais un mythe. Enfin, nous avons exposé brièvement la cause et les conséquences philosophiques, individuelles et sociales de l'évolutionnisme athée (plus connu sous le nom de "darwinisme social"). Certes, bien des points pourraient encore être soulevés et c'est pourquoi nous invitons chacun à découvrir les travaux de scientifiques sérieux qui ont consacré une grande partie de leur existence à déconstruire la fable évolutionniste. Le livre Nos origines en questions de Don Batten, K. Ham, J. Sarfati, C. Wieland, dont nous nous sommes en partie inspiré pour écrire notre rubrique, nous semble être une bonne entrée en matière. Mais il y en a beaucoup d'autres. En définitive, c'est surtout la foi en la Parole de Dieu et une conscience éclairée qui peuvent nous permettre de sortir du troupeau des égarés et réfuter définitivement cette singerie universelle. "Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur." (Rom. III, 4)


II. Géocentrisme ou héliocentrisme ? – Quand l'ombre d'un doute "méthodique" plane sur la cosmologie

Le modèle géocentrique est entièrement compatible avec des phénomènes tels que le satellite stationnaire, le pendule de Foucault, le renflement équatorial, et [explique] comment les étoiles distantes peuvent "se déplacer" plus vite que la vitesse de la lumière. La principale différence est que les modèles géocentriques doivent toujours prendre en compte l'existence de l'Univers alors que les modèles héliocentriques l'ignorent. À part cela, les différences entre héliocentrisme et géocentrisme sont philosophiques et théologiques. » Gerardus D. Bouw, docteur en astronomie (in Why Geocentricity?)

 

Le débat entre héliocentrisme et géocentrisme n'existe pratiquement plus dans le monde scientifique occidental. Il est mort et enterré depuis que l'intelligentsia a massivement choisi d'abandonner le modèle géocentrique de Claude Ptolémée (v. 90-v. 168) – c'est-à-dire le système selon lequel la Terre est statique et que le Soleil tourne autour d'elle – pour adopter l'héliocentrisme de l'astronome polonais Nicolas Copernic (1473-1543), à savoir la théorie selon laquelle le Soleil est au centre de l'Univers et que la Terre tourne autour de lui (modèle qui fut vraisemblablement déjà présenté au IIe siècle avant notre ère par l'astronome grec Aristarque de Samos). Depuis, chacun d'entre nous a appris que la Terre fait un mouvement de rotation sur elle-même en presque 24 heures et à une vitesse de plus de 1000 kilomètres par heure, et qu'elle orbite autour du Soleil à une distance d'environ 150 millions de kilomètres et à une vitesse de près de 108'000 kilomètres par heure (30 km/s), pour finalement faire sa révolution en 365 jours et quelques heures. De quoi donner le tournis!

 

Malgré cela, l'héliocentrisme fait partie de ces rares modèles qui recueillent la plus large adhésion dans la communauté des chercheurs, y compris parmi les créationnistes "Jeune-Terre". C'est pourtant de cette "vérité" incontestable que nous voudrions ici oser douter au risque de passer encore une fois pour "hérétique". Ce faisant, nous procéderons d'une manière rigoureusement cartésienne, puisque ce sujet de la cosmologie est d'abord et avant tout une vue de l'esprit.

 

Pour rappel, le Français René Descartes (1596-1650) est souvent considéré comme le père de la philosophie moderne ne serait-ce que par son fameux "doute méthodique", fer de lance du raisonnement rationnel. Nous avons certainement tous déjà entendu quelqu'un nous dire: "Moi, je suis cartésien" (mot tiré de Descartes) – soit pour réfuter la foi chrétienne, soit pour dénigrer quelque expérience mystique, soit pour justifier l'athéisme. On oublie seulement que Descartes était croyant et que sa philosophie était aussi destinée à prouver l'existence de Dieu d'une manière "rationnelle". Mais là ne sera pas l'objet de notre étude. Nous voudrions seulement ici appliquer son "doute méthodique", c'est-à-dire la remise en question de tout en partant d'une seule certitude présupposée (le sujet pensant, "je pense, donc je suis"), pour le confronter plus spécifiquement au modèle scientifique que nous avons évoqué plus haut. Autrement dit, nous allons être, au moins pour le temps de cet article, absolument "cartésien". Mais attention! préparez-vous à sortir de vos gonds, car cette méthode est finalement plus scandaleuse qu'on ne le croit.

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il nous faut d'abord écarter quelques idées reçues à propos de la Bible et de la cosmologie "chrétienne". Primo, contrairement au Coran (du moins, selon certaines traductions ou interprétations des Sourates 15:19; 71:19; 78:6, etc.), la Bible n'a jamais laissé entendre que la Terre était plate, mais au contraire on y trouve une allusion à sa rotondité et même à sa suspension dans le vide (Ésaïe XL, 22; Job XXVI, 7). Et cela nous était déjà révélé plus de 700 ans avant notre ère, à une époque où la plupart des hommes croyaient non seulement que la Terre était plate, mais aussi qu'elle reposait sur une tortue géante ou quelque autre soubassement fantaisiste. C'est dire l'avance! Aussi faut-il rappeler que nombre de chrétiens des premiers siècles croyaient en la sphéricité de la Terre; et si quelques-uns d'entre eux ont pu défendre une autre idée, c'était généralement parce qu'ils se fiaient davantage à leur propre sens ou à des travaux de chercheurs païens qu'à la Bible elle-même. Par ailleurs, bien que nous n'apprécions pas spécialement l'Église romaine – qui est à l'origine du mélange entre christianisme et paganisme et qui a en outre persécuté de nombreux vrais chrétiens –, la plupart de ses dignitaires croyaient également à la rotondité de la Terre. Giordano Bruno, que l'on confond souvent avec Galilée, ne fut donc point brûlé vif pour avoir défendu l'idée d'une Terre sphérique ni même, semble-t-il, pour sa prise de position en faveur de l'héliocentrisme (d'où la confusion avec Galilée qui sera censuré par les papistes, mais non condamné à mort), mais plutôt pour des croyances à la fois peu catholiques, et même peu chrétiennes (ce qui ne justifie bien sûr pas le bûcher!).

 

Enfin, précisons que quelle que soit la réalité, héliocentrique ou géocentrique, aucun des deux modèles ne remet fondamentalement en cause la Bible. Certes, il est vrai que certains textes bibliques pris de manière littérale semblent plutôt aller dans le sens du modèle géocentrique (par ex. Josué X, 12-14), mais ceux-ci peuvent tout aussi bien s'interpréter autrement. Selon le contexte, l'écrit peut être poétique ou alors simplement donner un point de vue strictement "humain", puisque la Bible s'adresse évidemment à des hommes dont le référentiel a toujours été la Terre.

 

Et justement, en parlant de référentiel, c'est là précisément que commence notre fameux "doute méthodique". Car que pouvons-nous observer depuis notre Terre, sinon que c'est le Soleil qui se déplace? Et que pouvons-nous ressentir, sinon que la Terre est immobile? Voilà pourtant qu'à notre époque où l'on prétend que la raison a définitivement triomphé de la foi – du moins en Occident –, la plupart des hommes ont une foi plus grande que jamais, non pas en Dieu mais en la science (et bien sûr en la Technique). Ils sont ainsi plus disposés à croire en celle-ci qu'en ce qu'ils voient et ressentent par eux-mêmes. Tant et si bien que les premiers à dire "je ne crois qu'en ce que je vois" sont paradoxalement les plus prompts à croire en ce qu'ils ne voient pas. Car qui peut se vanter d'être allé suffisamment haut dans l'espace pour avoir une vue d'ensemble permettant de découvrir qui du Soleil ou de la Terre est en mouvement ? En vérité, personne. Jusqu'à présent, nous n'avons vu que des images de synthèse censées expliquer le système héliocentrique. Rien de plus.

 

Il faut donc admettre que si pratiquement tous les hommes acceptent aujourd'hui l'idée que la Terre tourne sur elle-même en presque 24 heures, et qu'elle fait sa révolution autour du Soleil en 365 jours et des poussières, ce n'est point parce qu'ils l'auraient observés par eux-mêmes, mais simplement parce que tout le monde le répète depuis plus de trois-cents ans. Or, si on applique le fameux "doute méthodique" cette croyance ne devrait plus être une certitude. D'autant que le géocentrisme explique tout aussi bien les jours et les saisons. La sphère armillaire, instrument pédagogique représentant le ciel et les astres, est d'ailleurs pratiquement toujours géocentrique. Preuve que cette représentation fonctionne aussi très bien.

Schéma du système géocentrique de Ptolémée: la Terre est au centre de l'Univers, tandis que le Soleil et les planètes tournent autour selon un double mouvement.
Schéma du système géocentrique de Ptolémée: la Terre est au centre de l'Univers, tandis que le Soleil et les planètes tournent autour selon un double mouvement.

Il faut néanmoins reconnaître que le système géocentrique de Claude Ptolémée, que défendait énergiquement l'Église catholique, posait quelques difficultés notamment au sujet des épicycles. C'est la raison pour laquelle certains scientifiques voyaient le modèle héliocentrique de Copernic comme nettement plus ordonné et plus à même d'expliquer certains phénomènes. Mais puisque l'Église romaine avait érigé Aristote en quasi docteur "pré-chrétien" et qu'elle avait marqué de son sceau le modèle ptoléméen, elle ne pouvait admettre un autre système sans risquer de compromettre sa prétendue "infaillibilité". Ceci explique en partie son manque d'enthousiasme à accueillir une nouvelle cosmologie.

Diagramme illustrant le modèle héliocentrique de Copernic: le Soleil est au centre de l'Univers, tandis que les planètes tournent autour.
Diagramme illustrant le modèle héliocentrique de Copernic: le Soleil est au centre de l'Univers, tandis que les planètes tournent autour.

Quoi qu'il en soit, l'héliocentrisme de Copernic aurait pu faire l'unanimité dans le monde scientifique, mais voilà qu'un savant, et non des moindres, allait donner matière à interpréter certains passages bibliques de manière littérale. Le grand astronome danois Tycho Brahe (1546-1601) rejettera en effet le modèle héliocentrique de Copernic, cela non pour des raisons religieuses – comme certains l'ont laissé entendre pour tenter de le discréditer –, mais surtout en raison d'observations et d'analyses rigoureuses qu'il avait faites. Tycho Brahe ne put en effet admettre le nouveau système en vogue, notamment en raison de son impossibilité à observer les parallaxes annuelles des étoiles. Cependant, à l'instar de Copernic, il n'arrivait pas non plus à accepter le système géocentrique de Ptolémée.

 

Diagramme illustrant le système géo-héliocentrique de Tycho Brahe: ici le Soleil et la Lune tournent autour de la Terre, tandis que les autres planètes tournent autour du Soleil.
Diagramme illustrant le système géo-héliocentrique de Tycho Brahe: ici le Soleil et la Lune tournent autour de la Terre, tandis que les autres planètes tournent autour du Soleil.

Pour y remédier, il proposa alors une troisième voie, c'est-à-dire un autre modèle dépouillé des "erreurs" des deux autres. Un système à mi-chemin entre le géocentrisme et l'héliocentrisme, c'est-à-dire un modèle géo-héliocentrique dans lequel la Terre est stationnaire, au centre de l'Univers, avec le Soleil et la Lune tournant autour d'elle, et les autres planètes orbitant autour du Soleil. Ce système ingénieux permettait ainsi d'expliquer à la fois les épicycles et l'absence de parallaxe stellaire. Cependant, quoique ce système semblait se rapprocher de la vérité, il ne jouira point de la même faveur que l'héliocentrisme de Copernic et ne bénéficiera pas non plus de la même publicité. Il sera donc délaissé. Voilà brièvement l'histoire.

Conclusion

Est-ce qu'un modèle soutenu par la plus grande majorité des hommes est nécessairement plus vrai qu'un modèle défendu par une toute petite poignée de chrétiens ? Autrement dit, la vérité est-elle toujours du côté des masses comme le prétendent les démocrates ? La réponse est évidemment non, car en vérité l'histoire nous enseigne exactement l'inverse, à savoir que la majorité a toujours eu une fâcheuse tendance à suivre l'erreur du moment. Notre époque ne fait évidemment pas exception à la règle: le mythe darwinien, la technolâtrie, l'effondrement moral, l'apostasie, l'esprit antichrist sont quelques exemples qui nous enseignent que la majorité demeure encore et toujours sous une puissance d'égarement. Mais en sens contraire, le fait qu'elle soit dans l'erreur la plupart du temps ne signifie pas forcément qu'elle le soit en toutes choses. Certes, nous l'avons évoqué plus haut, le "doute méthodique" et l'observation simple que nous pouvons faire depuis notre référentiel devraient nous amener à considérer le modèle géocentrique comme plus vraisemblable que le modèle héliocentrique. En particulier, ce nous semble, le système élaboré par Tycho Brahe, dans la mesure où il se trouve épuré des erreurs de celui de Ptolémée. Mais cela ne suffit assurément pas à en faire une vérité objective, puisqu'il faudrait pour cela sortir de notre propre référentiel. Aussi nos connaissances en cosmologie (ou en astronomie) sont bien trop rudimentaires pour nous permettre d'être trop affirmatif. En vérité, à l'heure actuelle, personne n'a toutes les cartes en main ni les compétences requises pour bien appréhender la chose et trancher définitivement pour l'un ou l'autre modèle. Il faut donc rester humble et reconnaître nos limites.

 

Au demeurant, si nous pouvons et devons avoir la ferme conviction que la vie résulte d'une Création et non d'un accident cosmique suivi d'une succession de macro-évolutions, et donc que la théorie de l'évolution est une véritable imposture, choisir entre le modèle héliocentrique ou géocentrique demeure en revanche plutôt une question d'opinion ou de choix. Dans tous les cas, même si le modèle héliocentrique soutenu par la majorité des hommes d'aujourd'hui s'avérerait correct, il n'en demeurerait pas moins une preuve de plus en faveur de la Création et une démonstration frappante de l'idiotie athée, comme l'avait si bien écrit André Frossard: « L'athée idiot ne se pose pas de questions. Il trouve naturel d'être posé sur une boule de feu recouverte d'une mince enveloppe de boue séchée, tournant sur elle-même à une vitesse supersonique et autour d'une espèce de bombe à hydrogène entraînée dans la giration de milliards de lampions d'origine énigmatique et de destination inconnue.»

Et saint Paul bien avant lui : « Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous. » Soli Deo Gloria!


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