Révolution & Christocratie

« Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.»  (La Bible, Matthieu VI, 10)


I. Révolution

 

Aujourd'hui, l’Occident s’apparente à un chauffard aveugle qui roule à toute vitesse dans un cul-de-sac avec de la techno à plein tube. C'est un touriste perdu dans le désert qui serre sa carte bancaire en pensant y trouver son salut. C'est une jeune fille qui rêve de fringues, de stars, de télé-réalité et de chirurgie esthétique. C'est un amateur d' « art » ou de « musique » qui essaie de se convaincre que l’étron contemporain vaut quelque chose. C'est un adolescent boutonneux qui se croit libre parce qu'il a internet, le porno en deux clics, facebook et son dernier gadget technologique. C’est un jeune désorienté qui se convertit à l’islam, se radicalise et part faire le djihad. C'est une féministe hystérique qui crie, juste pour la forme, contre un patriarcat qui n'existe plus. C’est un couple homosexuel qui se paie un enfant comme une vulgaire marchandise. C’est une « philosophe » qui prétend que les différences sexuelles n’existent pas. C’est une créature pileuse et travestie qui remporte l’Eurovision. C’est un écologiste qui coupe tous les arbres susceptibles de faire de l’ombre à ses panneaux solaires. C’est un libertaire qui met des caméras de surveillance un peu partout. C’est un libéral qui se dit socialiste. C’est un défenseur des droits de l’homme pro-IVG. C’est un antiraciste qui déteste les blancs et qui veut les métisser. C’est un scientifique qui croit que son ancêtre est un singe. C’est un pasteur athée. C’est un vieillard seul, en phase terminale, qui se croit en bonne santé... 

 

C'est encore et surtout cet impérialisme du relativisme, ce fameux « c'est ton point de vue » ou « chacun sa vérité », ce petit regard en coin qui s'élève contre tout ce qui est assez « primitif » pour croire encore à quelque chose. C'est ces maçons et autres groupes anti-chrétiens qui accusent le christianisme de tous les maux qu’ils ont eux-mêmes créés. C'est une pensée matérialiste, athée et nihiliste qui, du haut de son aliénation totale, se tape une psychanalyse du Christ ou de l'apôtre Paul en appelant folie ce qui est sagesse.  

 

Bref, l'Occident, aujourd'hui, c'est un peu tout cela en même temps : c’est l’inversion des valeurs et la démocratisation du mal !

 

Prise de conscience

Toutefois, parmi cette masse inconsciente, il existe quand même une minorité éparpillée qui ressent plus ou moins clairement la nécessité d’un changement profond, d’une transformation radicale de cette civilisation, autrement dit d'une révolution ! En effet, qu’une révolution soit nécessaire, il est à peine besoin d’y insister. Notre civilisation occidentale a gagné le monde entier sous sa forme mécanique, mais elle aboutira – à court ou moyen terme – à une impasse mortelle.  

 

La mondialisation, l’hégémonie américaine, les compagnies supranationales, la « démocrature », les famines administrativement organisées, la désagrégation morale complète des cadres sociaux (nation, famille) et des cadres intérieurs (l’amoralité individuelle), l’énorme accroissement des richesses sans avantages pour les plus démunis, l’esclavage de la quasi-totalité de l’humanité soit sous la coupe des États soit sous celle des individus (capitalisme), la dépersonnalisation de l’homme dans son ensemble et ses particularités, l’idolâtrie et la possession technologique, les problèmes écologiques, les OGM, la pollution, la promiscuité, le bruit, etc. tout cela ne doit et ne peut plus durer.

 

Chacun de nous devrait en prendre conscience. Seulement, ceux qui ont un intérêt à ce que ce monde reste le même le plus longtemps possible investissent pour que la jeunesse soit complètement abrutie et aliénée (par l’éducation, les réseaux prétendus sociaux, les selfies, la pornographie, les jeux vidéos, la télé-réalité, les médias, etc.) afin qu’elle ne se rebelle point.

 

Ne rien attendre des organisations actuelles

Force est de constater que nous vivons dans une totale immobilité, et ce, au moins depuis le début de l'ère industrielle (si ce n'est pas avant). Certes, il y a eu depuis des expériences sociales, techniques, politiques qu’on a cru révolutionnaires, mais notre monde est, en fait, resté parfaitement identique.  

 

Car tous les partis progressistes ou conservateurs, libéraux ou socialistes, de droite comme de gauche (extrêmes compris) sont, en définitive, tous des techniciens et des matérialistes (au sens commun ou philosophique) qui défendent des intérêts particuliers (lobbies) au lieu de l'intérêt général. Ils conservent donc les structures de nos sociétés. Or, justement, toutes les catastrophes qui atteignent notre époque – comme autrefois – sont rigoureusement liées à ces structures. Toutes les guerres et les crises des temps passés et des temps à venir ne sont ni le produit d'une malchance ni d'un imprévu, mais elles sont le résultat inévitable des soubassements de notre civilisation. Il est dès lors absolument inutile d’essayer des remèdes sans les modifier. Les partis politiques dits « chrétiens » se trompent lourdement en croyant pouvoir changer quelque chose au sein même de ces structures.  

 

Mais tant que celles-ci recueilleront l’adhésion de pratiquement tous les croyants, rien ne changera. Certains s'engagent alors au sein d’autres organisations – religieuses, syndicales, humanitaires, associatives, etc. – dans lesquels, il est vrai, on peut y croiser quelques êtres sincères. Elles peuvent séduire car elles ont un nom, une histoire, un siège, des moyens, des chefs, une stratégie et un discours. Mais elles n'en restent pas moins des constructions vides. Car c'est d’abord et avant tout de leurs survies en tant qu'organisations qu'elles s'occupent, et de rien d'autre. Aussi sont-elles souvent dépendantes de subventions et ne peuvent donc pas s’engager au-delà d’un certain point. Elles ne remettent jamais non plus en cause les structures dans leur fondement. Il est donc vain de parler de révolution au sens où l'entendent certaines de ces organisations, car pour réussir, la révolution serait obligée d’utiliser les moyens même du monde actuel. 

 

Par conséquent, croire qu'on puisse « révolutionner » le monde à partir des organisations existantes n'est que pure illusion et perte de temps.  

 

La spiritualité : seul vecteur d'une conscience révolutionnaire

La spiritualité reste, semble-t-il, le seul vecteur d'une conscience révolutionnaire. D'ailleurs, en regardant bien, il n'en a jamais été autrement dans l'histoire. En effet, depuis que la société existe, la conscience révolutionnaire a toujours été l’affirmation d’une vérité d’ordre spirituel contre l’erreur du moment. La vérité se manifeste toujours dans la société, non par un mécanisme automatique, mais par l’effort désespéré d’un homme de foi qui agit à cause d’une espérance qui le dépasse. Une liberté dressée contre tous les conformismes…

 

Mais il faut quand même préciser ce que nous entendons par « spiritualité ». Car ce ne sont assurément pas l’islam et son dieu lunaire totalitaire, ni le judaïsme talmudique et ses 613 mitsvot, ni le bouddhisme et son chemin en huit étapes, ni l’hindouisme et ses séries de réincarnations, etc. qui pourront libérer l’homme et apporter la vraie révolution.   Non, il faut un retour (revolutio) à la seule et unique Vérité, à savoir Jésus-Christ. Il est le seul chemin, la seule vérité, et la seule vie possible. Et s’il est le seul qui puisse nous conduire au ciel, il est aussi le seul qui puisse nous montrer la voie pour construire un monde meilleur sur terre. Être disciple du Christ revient donc à être révolutionnaire.


II. Christocratie

 

La situation du chrétien dans le monde est une situation révolutionnaire. Sa participation à la conservation du monde est d’être, au milieu du monde, une puissance révolutionnaire, inépuisable...

 

Lorsque Jacques Ellul écrivait que la situation du chrétien est révolutionnaire, et que c’est là que le changement de notre civilisation peut trouver son origine, il reconnaissait aussi que cela pouvait sembler paradoxal. Car que le chrétien soit révolutionnaire, cela n’apparaît pas toujours dans l’histoire, et pas du tout actuellement. Les chrétiens sont aujourd’hui souvent les plus conformistes, les plus édulcorés de tous les hommes, et les théologiens semblent être obligatoirement anti-révolutionnaires puisqu’ils enseignent le respect à l’égard des autorités, et que toute autorité vient de Dieu (voir Désobéissance civile). Mais le fait que les chrétiens perdent à certaines époques le sens révolutionnaire que comporte leur foi, ne veut pas dire pour autant que le Saint-Esprit cesse de travailler ou que le message du Christ est conformiste, et que la situation du chrétien, dans la mesure où il confesse sa foi dans le monde, cesse d’être révolutionnaire.  

 

Historiquement, il est bon de rappeler que les chrétiens des premiers siècles étaient perçus par leurs contemporains comme des sortes d'anarchistes. En effet, sous l'Empire Romain, par exemple, la plupart de ces chrétiens refusaient de servir dans l'armée, de payer les taxes, de vouer un culte à l’empereur, entre autres. Ils critiquaient les coutumes de la société romaine (jeux du cirque, cultes, hiérarchies entre les hommes etc.) qu'ils considéraient comme un devoir de changer ! Contrairement aux idées reçues, ces chrétiens n'étaient pas uniquement persécutés pour des motifs religieux, métaphysiques, mais on leur reprochait plutôt de viser à miner l'ordre social et de former un État dans l'État. C’est pourquoi Celse, un philosophe romain du IIe siècle, écrivait :  « Il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune : ce sont les chrétiens. »…  « Soutenez l’empereur de toutes vos forces, partagez avec lui la défense du droit ; combattez pour lui si les circonstances l’exigent ; aidez-le dans le commandement de ses armées. Pour cela, cessez de vous dérober aux devoirs civils et au service militaire ; prenez votre part des fonctions publiques, s’il le faut, pour le salut des lois et la cause de la piété. »  

 

Ces chrétiens n'étaient pas du tout intégrés au "système" car ils essayaient déjà de vivre selon les principes du Royaume de Christ, de la Christocratie. Et cela aurait dû perdurer. Toutefois, comme le nombre croissant de ces convertis menaçait directement l'Empire Romain, les élites trouvèrent le moyen de « civiliser » cette «secte» en l'institutionnalisant. Voilà d’une façon sommaire comment le christianisme romain, le papisme, le conformisme chrétien, le christianisme d’État (et toutes ses petites filles) sont nés.  

 

Les petits groupes chrétiens fidèles et dissidents qui existaient en marge de ce genre d’Église devinrent des sectes. Le phénomène d’Empire pagano-chrétien perdura des siècles, et les quelques petites réformes ainsi que le schisme de 1054 n’y changèrent pas grand chose (le schisme réel n’étant qu’un conflit entre l’Empire romain d’Occident et l’Empire d’Orient).  

 

Il faudra donc attendre le XV-XVIe siècle pour parler de vraie Réforme ! Non pas la Réforme protestante, somme toute très conformiste, mais la tentative de Réforme radicale de Müntzer et d’autres (voir Les cinq solas).    

 

Ainsi, cette petite parenthèse historique met-elle en lumière les deux positions chrétiennes opposées. L'une est conformiste et constitue celle de la majorité des chrétiens qui s'inscrit dans la tradition des Églises d'État depuis l'empereur Constantin jusqu'à nos jours. L’autre est révolutionnaire, dans la mesure où elle s'appuie sur l'expérience chrétienne primitive et "pré-constantinienne" ainsi que sur les Paroles mêmes du Christ. L'allégeance du chrétien appartenant à cette deuxième catégorie ne va pas à un autre royaume que celui du Christ.

 

Étranger de ce monde et ambassadeur de la Christocratie

Dans ce monde, le chrétien devrait appartenir à un autre monde, comme un homme d’une nation qui réside dans une autre nation. Il devrait être étranger (Jn. XV, 19 ; I Jn. II, 15), avec ses concepts, ses traditions, ses propres critères de jugement et d’action. Comme un citoyen d’un autre « État ». Naturellement, sa fidélité devrait d’abord aller vers celui-ci. En tant que citoyen d’un autre royaume, il devrait recevoir ses modes de penser, de juger, de sentir de là-bas. Son cœur devrait être ailleurs. Tel un ambassadeur de cet État céleste sur la terre (II  Co. V, 20), il devrait présenter les exigences de son Seigneur et même combattre pour Lui, sans jamais défendre les intérêts d’un autre État, à moins que celui-ci ne lui soit plus favorable qu’un autre.  

 

Les principes de la Christocratie

Le Sermon sur la Montagne est un message hautement révolutionnaire qui permet aussi de préciser le caractère de ces « étrangers de ce monde ». Les paroles du Maître résonnent toujours comme un encouragement.  

 

« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux les affligés, car ils seront consolés ! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée…» (Matthieu V, 3-14)

 

Dans un monde où seuls les "gagnants"sont mis en avant, le Christ nous montre au contraire que Son Royaume appartient aux "perdants" de ce monde de ténèbres. C'est en ce sens qu'il faut comprendre les « Heureux ». Les pauvres en esprit sont ceux qui se sentent pauvres dans leur vie intérieure, moralement et spirituellement pauvres et qui, par là même, soupirent après les vraies richesses de l'âme. Notons que Luc (VI, 20-21) rapporte seulement « Heureux vous qui êtes pauvres » ; cette différence entre l'écrit de Matthieu et de Luc ne repose pas forcément sur une opposition de préoccupation des rédacteurs (l’un, plus spirituel, l'autre plus social) mais montre plutôt le double caractère (social et spirituel) que contient l'Écriture Sainte.

 

Ceux qui pleurent, ou qui sont dans le deuil, la tristesse etc. ne s'applique pas uniquement à ceux qui pleurent sur leurs péchés, mais plus généralement à ceux qui pleurent dans ce monde d'injustices. Ceux qui sont doux : cette douceur, cet abandon à la volonté de Dieu, en présence des violences, des injustices et de la haine, produits en eux par le sentiment humble et attristé de ce qui leur manque. Elle implique le renoncement aux avantages et aux joies de ce monde ; mais par une magnifique compensation, car ceux qui la pratiquent hériteront la terre, lors de l’instauration de la Christocratie. Cette faim et cette soif de la justice – qui manquent cruellement dans ce monde d'injustices – seront pleinement rassasiées. Les miséricordieux sont ceux qui ne pensent pas seulement à leur misère, mais qui compatissent à la misère de leurs frères. Il faut avoir senti sa propre misère, avoir souffert soi-même pour pouvoir sympathiser avec la souffrance d’autrui et faire miséricorde. Le coeur pur : le coeur selon l'Écriture symbolise l'organe de la vie morale. Être pur de coeur, c'est essayer de s'affranchir de toute souillure, de toute fausseté, de toute injustice, de toute malice dans ce centre intime des pensées et des sentiments. Ceux qui procurent la paix : ceux qui non seulement sont paisibles en eux-mêmes mais travaillent pour la procurer autour d'eux. Enfin, ceux qui sont persécutés pour la justice, signifie bien que les chrétiens doivent déjà travailler pour la justice du Royaume de Christ sur cette terre, et que ce combat impliquera nécessairement des persécutions.

 

Vocation du message chrétien ; application des premiers disciples

Contrairement à l'enseignement New Age, nous voyons bien que le message chrétien n’a pas comme vocation première d’offrir le bonheur absolu, la joie et le bien-être quotidien sur cette terre. Ce n’est pas un produit susceptible de régler tous nos problèmes, nos maladies et nos luttes internes à coup de lectures, de prières ou encore de formules magiques. Cependant, il nous donne la source de vérité et le chemin à suivre en vue d’une vraie liberté. Il nous donne l’espérance d’une vie après la mort, mais aussi un modèle à essayer de copier pour notre vie présente. Dans l’idéal, la base d’une société saine pourrait se résumer à la réponse suivante du Christ: « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu XXII, 36-40)  

 

Nous pourrions ajouter à cela la fameuse règle d'or : « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites–le vous–mêmes pour eux : c’est la Loi et les Prophètes.» Ces deux versets pourraient effectivement tout changer et suffiraient pour remplacer tous nos codes compliqués et inutiles ! Même si cela peut paraître très utopique vu que nous ne pourrions probablement pas toujours les appliquer à la lettre. Cependant, les premiers chrétiens avaient quand même su organiser un modèle social parfaitement équitable et réalisable à petite ou grande échelle. La répartition des richesses, le partage, la mise en communs des biens et la suppression de la propriété foncière étaient à la base de leurs principes :  « Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur. » (Actes II, 44-46)

 

« La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un coeur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin. » (Actes IV, 32-35)   

 

En complément, nous pourrions aussi nous référer à II Corinthiens VIII, 13-15, ainsi qu’à I Timothée VI,18 où le texte original dit littéralement « soyez communistes » (κοινωνικούς/ koinônikos ; de Koinos : commun). Non au sens où on l’entend aujourd’hui, mais dans le sens de la charité chrétienne, de la gratuité. Ceci est la preuve que jamais, en tant que disciples du Christ, nous ne pourrions être dans une optique libérale, capitaliste, de recherche de notre intérêt propre en dépit de celui de notre prochain. Ainsi ces versets devraient vraiment nous faire réfléchir sur les alternatives sociales possibles dans le but de préparer la Christocratie.


Conclusion

En somme, ce que nous pourrions retenir de tout cela, c'est que les chrétiens devraient être des ouvriers qui travaillent principalement pour l'instauration de la Christocratie, des véritables révolutionnaires ! Notre combat devrait être social et spirituel, comme la croix est horizontale et verticale. Aussi le « Notre Père » nous le rappelle : « …que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, sur la terre comme aux cieux. »

 

Par ailleurs, on a traduit à tort la Grande Mission que Jésus nous confiait comme une invitation à faire quelques chrétiens parmi les nations, alors que le texte dit « Faites de toutes les nations des disciples ». Convertir les nations devrait être l’un des principaux buts de notre vie sur terre. Rajoutons enfin que le « Royaume de Dieu » est à la fois « en nous » et en dehors de nous. Là encore il y a une sorte de dualité. Le passage de Luc XVII, 21 souvent traduit par « le Royaume de Dieu est au milieu de vous », devrait plutôt l’être par  « le Royaume de Dieu est en vous » , ou comme l’avait assez justement traduit David Martin dans sa Bible : « le Règne de Dieu est au-dedans de vous ». En effet, le texte grec « entos humôn » ne semble guère signifier autre chose. Cette Parole de Jésus-Christ nous enseigne donc qu’il ne faut pas seulement attendre la Christocratie de l’extérieur, puisque le Règne de Dieu est déjà, dans une certaine mesure, « à l'intérieur de nous ». Par conséquent, cela rejoint tout ce qui a été dit sur la nécessité d'un engagement christocrate ici et maintenant. 

 

 

 

 

 

Textes inspirés de : La Bible, Présence au monde moderne (J.Ellul, 1948), divers...


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