Prédestination ou Libre arbitre ?

« En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes… »  

(La Bible, Actes X,34)


Introduction 

La question du « libre arbitre » face au « déterminisme » (ou destin) a toujours intrigué les penseurs, et ce, depuis des siècles. Dans le monde païen, l'idée du destin était considérée comme une vérité incontestable : les dieux étaient suprêmes et décidaient du sort des hommes.

 

C’est donc à partir de l’avènement du christianisme (du moins en Occident) que le débat commença véritablement à prendre corps. Les chrétiens ont en effet très vite été divisés sur cette question, puisqu’on trouve dans la Bible, comme chez les pères de l'Église, des citations pouvant paraître favorable au libre arbitre comme à la prédestination. Ainsi choisir l’une ou l’autre notion n’allait donc pas être une tâche facile. Concilier les deux non plus. Au IVe siècle, S.Augustin écrivit l’ouvrage De libero arbitrio (Du Libre arbitre) pour répondre aux manichéens. Puis, le même Augustin défendra plus tard la doctrine de la prédestination en réponse, cette fois-ci, aux pélagiens qui dévoyaient le sens de libre arbitre. Son exemple illustre bien la complexité du sujet.

 

Bien plus tard, à l’époque de la Réforme, le débat devint très vif. Contre la doctrine catholique, la plupart des réformateurs « classiques » adoptèrent la notion de prédestination ; mais les radicaux, eux, préférèrent la notion de libre arbitre tout en rejetant la doctrine catholique du « salut par les oeuvres ». On peut d’ailleurs, dans la continuité de l’article précédent, relever une autre divergence entre Martin Luther et Thomas Müntzer. Celui-ci écrira : « Quelle infamie, en vérité, que de mépriser aussi impudemment l’humanité en niant le libre arbitre.» – à propos de la doctrine de Luther sur le serf arbitre.

 

Plus connue sera la controverse théologique entre le calvinisme (de Jean Calvin) et l'arminianisme (de Jacobus Arminius).

 

Ce sujet a donc son importance. En effet, nous savons que les idées façonnent notre monde et notre manière de vivre. C’est pourquoi, il nous semble capital de traiter cette question, même sommairement, ne serait-ce pour avoir une meilleure grille de lecture. Bien entendu, nous ne pourrions entrer dans tous les détails de ces deux perspectives, tant il y en a. Nous ne saurons donner ici qu’une définition théologique et « subjective » de ces deux doctrines, puisque nous nous inscrivons dans un anarchisme chrétien hérité de la Réforme radicale. Et à cet égard, il nous faut reconnaître un parti pris : celui de concilier la grâce de Dieu avec le libre arbitre donné à l’homme. Nous y reviendrons. Mais avant cela, présentons déjà brièvement ces deux définitions :


Qu'est-ce que la prédestination ?

La prédestination est une doctrine qui enseigne que Dieu aurait déterminé par avance le sort des hommes : ceux qui seraient sauvés et, par extension, ceux qui seraient damnés. Certains théologiens préfèrent toutefois parler de « double prédestination » lorsqu’il s’agit d’englober les deux. En outre, la prédestination est intimement liée au concept de Providence, à savoir Dieu, en tant qu’ordonnateur de toutes choses. Autrement dit, chaque mouvement que vous faites et tout ce qui vous arrive, bon ou mauvais, aurait été prédéterminé par Dieu.

 

Pour Martin Luther, la prédestination (ou serf arbitre) résulterait surtout de sa compréhension de la grâce de Dieu (Sola Gratia). Pour lui, la notion de libre arbitre impliquerait nécessairement une sorte de « salut par les oeuvres » qui serait donc incompatible avec la grâce. Celle-ci est offerte à l’homme, mais son choix de l’accepter ou non vient également de Dieu. Autrement dit, l’homme serait trop corrompu pour avoir la capacité d’accepter quelque chose de bon, quelque chose qui vient de Dieu, s’il n’y était poussé, prédestiné.

 

Jean Calvin, dans l’ Institution de la religion chrétienne (III, XXI, 5) donne la définition suivante : « Nous appelons prédestination, le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie. »

 

Ulrich Zwingli faisait déjà le lien avec la Providence : « En effet toute la question de la prédestination…repose sur le problème de la providence…la providence est mère de la prédestination en fait…la prédestination…naît de la providence, bien plus que cela, elle est la providence. »

 

La confession de foi de Westminster l’établit comme suit : 

 

III. Par le décret de Dieu, pour la manifestation de sa gloire, certains hommes et certains anges (I Tm V,21; Mt XXV, 41) sont prédestinés à la vie éternelle; et d'autres pré-ordonnés à la mort éternelle (Rm IX,22,23; Ep I,5,6).

 

IV. Ces anges et ces hommes, ainsi prédestinés et pré-ordonnés, sont précisément et immuablement inscrits dans le décret; et leur nombre est si certain et fixé qu'il ne peut être ni augmenté, ni diminué (II Tm II,19; Jn XIII, 18).

 

Application sociale / Capitalisme

Par la suite, cette doctrine fut poussée à l’extrême par tout un courant de pensée qui, dans un élan mystique et politique (franc-maçonnerie ?), mélangea ces concepts de Providence et de prédestination pour en faire une sorte de dogme économico-social. La Providence et la prédestination devinrent alors utiles pour expliquer, voire justifier les inégalités : la condition du riche ou du pauvre se comprendra désormais de la même manière que le salut ou la condamnation, c’est-dire par ce fameux « décret divin ». Autrement dit, la réussite sociale et professionnelle est interprétée comme le signe d’une approbation divine, alors que l’échec est perçu comme un anathème. Paradoxalement, cette doctrine est assez proche de la vision athée du darwinisme social, qui apparaîtra ultérieurement. Dans la même veine, on pourrait alors parler de « prédestination sociale » (dont le pasteur et économiste anglais Thomas Malthus fut une des figures emblématiques).

 

A noter que ce subterfuge continue de séduire de nombreux « chrétiens ». Aujourd’hui encore, plusieurs courants croient que la richesse est un signe de bénédiction divine en vertu de la Providence et de la prédestination. Les dérives évangéliques l’illustre bien.

 

Cependant, tous les partisans de la doctrine de la prédestination ne sont pas forcément responsables de son application sociale. Par prédestination, de nombreux théologiens sérieux et de chrétiens fidèles ont simplement souhaité expliquer certains textes bibliques qui leur semblaient aller dans ce sens.


Qu'est-ce que le libre arbitre ?

De façon générale, le libre arbitre peut être défini comme la capacité de choisir, de vouloir, de faire une chose ou son contraire, en dehors des déterministes ; volonté non contrainte. Cela fait de l’homme un être singulier qui le distingue des animaux, qui eux, sont prédéterminés par ce que l’instinct commande. C’est aussi en cela que l’homme fut créé à l’image de Dieu (Gn. I,26).

 

Le libre arbitre entraîne alors une autre notion : celle de responsabilité. En effet, sans le libre arbitre l’homme ne pourrait être tenu pour responsable de quoi que ce soit, ni du bien ni du mal qu’il fait. D’autre part, s’il y aurait prédestination, alors cela voudrait dire – dans l’absolu – que Dieu fait aussi le mal. Or, cela est opposé tout d’abord aux témoignages de notre conscience, puis aux déclarations de l’Ecriture (Gn. I,31 ; Ps. V,4 ; Ja. I,13-15).

 

Le libre arbitre dans la Bible

Le terme de libre arbitre n’apparaît pas littéralement dans la Bible mais en filigrane. Dans la Genèse déjà, nous voyons que l’homme a été créé avec la capacité de choisir librement, au point même qu’il put désobéir au seul commandement donné par Dieu (Gn. II,16-17). La chute en Genèse III, c’est-à-dire la désobéissance d’Adam et Eve, les premiers humains, a entraîné l’humanité entière dans le péché, avec les conséquences que nous connaissons. Et cela n’a pu provenir que de leur libre arbitre.

 

Plus loin, dans Genèse VI, 6 il est écrit : « L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre… L'Eternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur. » Si Dieu les avait prédestinés à cela, ce texte n’aurait aucun sens. En Deutéronome XXX,19 nous lisons : « j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. » Là encore, Dieu s’adresse au libre arbitre de l’homme. Nous pourrions encore citer les passages de Josué XXIV, 15 : « choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir…Moi et ma maison, nous servirons l’Eternel » ; Proverbes XVI,1 : « Les projets que forme le coeur dépendent de l'homme, Mais la réponse que donne la bouche vient de l’Eternel » ; Ecclésiaste VII, 29 : « Seulement, voici ce que j'ai trouvé, c'est que Dieu a fait les hommes droits; mais ils ont cherché beaucoup de détours. » ; Esaïe I,19-20 : « Si vous obéissez volontairement, vous mangerez le meilleur du pays…Mais si vous refusez d’obéir, et si vous êtes rebelles…» ; Esaïe LV, 7-8 : « Que le méchant abandonne sa voie, Et l'homme d'iniquité ses pensées; Qu'il retourne à l'Eternel, qui aura pitié de lui…Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies…»Etc.

 

Libre arbitre et Grâce de Dieu

Avec la doctrine de la prédestination, nous le savons, les réformateurs classiques ont surtout voulu s’opposer à la doctrine catholique du salut par les oeuvres. Cela part donc d’une bonne intention, du moins chez Martin Luther. Seulement, si nous ne pouvons guère souscrire à la doctrine catholique et anti-biblique du « salut par les oeuvres », nous ne pouvons pas davantage accepter les idées des réformateurs classiques sur la prédestination. En effet, ils ont fait de la grâce une telle part dans le salut, et ils ont attribué à cette grâce une action si irrésistible, si inconditionnelle que toute activité et toute responsabilité humaine disparaissent. Or cette passivité totale de l’homme dans le salut n’est pas conforme à la Parole.

 

Certes, la grâce nous cherche, elle nous attire, elle nous montre où est le salut ; mais elle nous l’indique, elle ne nous l’impose pas. Il n’y a aucune contrainte. Nous pouvons l’accepter et c’est notre devoir et notre salut ; mais nous pouvons aussi la rejeter, et c’est notre perte. La grâce de Dieu ne nous fait pas violence : aussi bien au moment de la conversion que dans tout le cours de la vie chrétienne. De plus, l’affirmation selon laquelle Dieu aurait choisi d’avance les uns pour le salut et les autres pour la damnation, et cela sans motif apparent, est arbitraire et injuste quoi qu’on en dise. Elle rend inutile l’incarnation et le sacrifice de Christ (donc aussi la prédication de l’Evangile) et contredit les nombreux textes sur l’universalité de la grâce, comme par exemple : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean III,16) ; « Il veut que tous les hommes soient sauvés » (II Timothée II,4) ; « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. » (Tite II,11) ; « il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.» (II Pierre III, 9) ; « Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde. » (I Jean II,2) ; et bien d'autres encore...

 

Ainsi nous voyons clairement que la grâce est offerte à tous ; ceux qui la recherchent et l’acceptent seront sauvés, les autres périront, non en vertu d’une prédestination antérieure à leur naissance ou d’une vie religieuse et morale, mais par leur faute. Il n’y a donc ni prédestination ni salut par les oeuvres. La plupart des réformateurs radicaux ont donc vu juste en rejetant à la fois la théologie « catholique » et « réformée » sur ce sujet. L’homme ne peut en rien se glorifier, car son salut ne dépend pas de Lui, si ce n’est par son choix d’accepter ou non la grâce. C’est pourquoi Paul écrit : « comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut » (Hébreux II,3).

 

En d’autres termes, Dieu ne nous sauve pas sans nous. Il ne nous convertit qu’avec notre concours : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui…» (Apocalypse III,20)

 

Libre arbitre et corruption

Viens alors une autre question fondamentale : si nous croyons à la Chute, au péché originel, à la corruption de l’homme, comment croire qu’il puisse en même temps se décider parfois pour le bien ? La réponse n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît. De fait, l’homme est corrompu et ses décisions sont influencées à la fois par le péché hérité d’Adam et les puissances mauvaises. Son libre arbitre n’est donc pas totalement libre ; mais en même temps il n’est pas totalement esclave. En effet, malgré la Chute, l’homme reste une créature de Dieu dans laquelle brille encore une petite étincelle de vie et de bien qui lui permet de faire des choix « librement ». Saint Paul écrit en Romains II, 14-15: « Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour.»

 

Alors, certes, depuis la Chute chaque être humain est moralement handicapé de naissance, et incapable de faire continuellement le bien pour plaire à Dieu ; toutefois, l’étincelle de bien qui lui reste produit le libre arbitre, lui permettant ainsi de croire ou de ne pas croire, de résister ou d’accepter la grâce de Dieu.

 

Par ailleurs, profitons de rappeler ici que, plus nous nous approchons de Dieu en Jésus-Christ, plus nous sommes libres (Galates V,1) ; et plus nous nous éloignons de Lui plus nous sommes esclaves. Les chrétiens restent soumis aux difficultés de la chair (Rm. VII, 14-24) mais ne peuvent pas être possédés par les puissances du Mal, contrairement aux non-chrétiens (Rm. VIII,10 ; Ep. II, 1-5 ; Col. I,13-14 ; I Jn IV. ,4). Petite parenthèse importante.

 

Opposition au libre arbitre

Nous sommes conscients qu’il existe aussi de nombreux arguments que l’on pourrait opposer au libre arbitre. Outre la tentation de croire – comme les pélagiens et les catholiques – qu’avec le libre arbitre un salut est possible par les oeuvres, il en est d’autres qui viennent directement de l’Ecriture. Un des passages favoris de ceux qui nient le libre arbitre se trouve en Exode VII, 3-4 où il est écrit que Dieu endurcit le coeur du Pharaon. A cela, nous pourrions simplement répondre que le coeur du Pharaon était déjà probablement dur avant l’intervention de Dieu, qu’il avait déjà fait le choix d’être un dictateur sanguinaire, et qu’il n’était sans doute pas un tendre et doux monarque. Cela ne signifie donc pas que Dieu a tordu le coeur d’un Pharaon qui était droit. Il a juste ramené à la surface ce qui était déjà dans son coeur afin d’accélérer un jugement bien mérité, et surtout pour amener la délivrance de son peuple.

 

D’autres textes parlent d’élection, d’élus et même de prédestinés, alors comment concilier cela avec un prétendu libre arbitre ? Dans l’Ancien Testament, par exemple, Israël est présenté comme le peuple élu. Ce peuple est choisi, mis à part, pour transmettre la Parole de Dieu. Mais depuis, Jésus est devenu l’élu de Dieu par excellence. Ainsi l’homme qui, par la foi, s’unit mystiquement au Christ, devient membre du corps de Christ (l’Eglise), et par cela même, il est aussi élu et prédestiné (Rm. VIII, 33-34). C’est donc en Christ que nous sommes élus ; et s’il y a des réprouvés, ce n’est pas qu’ils soient prédestinés à l’être, mais leur incrédulité et leur rejet de la grâce, les a placés en dehors de Christ. « Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d’élus » (Mt.  XXIV, 14). Nous pourrions aussi dire que s’il y a « prédestination », ce ne peut être qu’au salut.

 

La Providence

Pour terminer, essayons de traiter une notion que l’on attribue souvent à Dieu et qui est intimement liée au concept de prédestination : la Providence. À ce sujet, laissons répondre Jacques Ellul, qui avait brièvement mais brillamment traité cette question : « L’histoire n’est pas un produit de l’action de Dieu ! Mais alors cela remet en cause une conception presque unanime chez les théologiens : celle de la Providence. Dieu en tant que providence, non seulement sait tout et prévoit tout, mais encore combine tout. Chaque vie est dirigée entièrement par cette providence et chaque mouvement de l’histoire est en réalité un acte de Dieu. Cette conception me semble inexacte bibliquement et fausse théologiquement…Si Dieu fait tout, Il le fait bien mal puisque la nature aussi bien que l’histoire marchent très mal ! Cette idée de providence s’est imposée à une pensée logique, qui voulait une cohérence à partir de la conception du Dieu tout-puissant. Elle a évacué la liberté de l’homme et a impliqué celle de Dieu dans l’aventure de la création. Je ne crois pas qu’il y a de providence. Si elle existait, la volonté de Dieu serait irrémissiblement faite en chaque circonstance et le règne de Dieu serait incontestable. Mais alors que signifierait la double demande que Jésus nous a enseignée lorsqu’il nous dit de prier pour que « Ton règne vienne…Ta volonté soit faite » ? Pourquoi prier si le règne est déjà présent dans cette providence ? Pourquoi prier si la volonté de Dieu est faite du fait de la Providence ? »

 

Un autre texte de Jacques Ellul permet de préciser sa pensée sur le sujet : « La scandaleuse révélation de la liberté du Dieu biblique consiste à ne
 pas écarter le libre-arbitre humain. Dieu est incognito – secret –, mais en 
même temps il est présent. Dieu est transcendant, mais en même temps il 
intervient ponctuellement dans l'Histoire, laissant Sa créature libre de son
 destin. Dieu est le Tout-Puissant mais en même temps, il a choisi la voie 
de la non-puissance pour s'adresser aux hommes.»


Conclusion

Loin de nous la prétention d’avoir répondu à tout dans cette modeste rubrique. Bien des questions pourraient encore être soulevées. D’ailleurs, de nombreux ouvrages écrits par des érudits vont bien au-delà de ce que nous serions capables de produire, ne serait-ce qu’en pensée. L’idée ici n’était pas d’essayer, comme beaucoup le font, de concilier la prédestination et le libre arbitre, mais simplement de concilier le libre arbitre de l’homme avec la grâce de Dieu.

 

Il s’agissait avant tout de montrer que l’homme, bien qu’il ait un libre arbitre, n’en est pas moins pécheur et ne saurait donc gagner son salut par ses oeuvres. Ainsi, pour reprendre les cinq solas auxquels nous sommes attachés : l’homme ne contribue en rien à son salut si ce n’est en acceptant l’oeuvre de Dieu par l’Ecriture seule, la Grâce seule, la Foi seule (qui est aussi un don de Dieu), et en Christ seul ! Il n’y a donc aucune glorification possible pour l’homme : son libre arbitre lui permettant juste de répondre à l’appel de la grâce Divine. Rien de plus. C’est pourquoi nous pouvons vraiment conclure en affirmant: A Dieu seul la Gloire !



Inspiration : La Bible ; Ce que je crois (J.Ellul) ; Érasme et Luther, leur discussion sur le libre arbitre et la grâce (E.-S. Marseille) ; divers articles…


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