L'islam en question

« Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet; car il n'a point fait de miracles, il n'a point été prédit ; nul ne peut faire ce qu'a fait Jésus-Christ. »  (Blaise Pascal)


Islam, démographie, critiques diverses...

Le débat autour de l’islam fait rage un peu partout en Occident. En effet, depuis le 11 septembre 2001 (et sûrement même avant) une peur immodérée a envahi nos contrées. Une crainte largement utilisée par certains politiciens pour des motifs électoraux; et occultée par d’autres pour les mêmes raisons. Mais si les caricatures sont évidentes, le phénomène, lui, demeure bien réel. Il n’est pas seulement lié au terrorisme islamiste ou à la propagande politique anti-islam, mais trouve surtout racine dans l’évolution démographique de ces dernières années. Changement sans précédent dans l’histoire : le vieillissement de la population, le taux de natalité en baisse, les nombreux avortements ainsi que la modification des structures familiales sont compensés par un apport massif « d’immigration musulmane ». Sans parler, bien sûr, des « musulmans indigènes » et des nombreuses conversions. Face à ce constat, certains y voient déjà une conquête islamique de l’Occident. Mais alors, en admettant que cela soit vrai, que pourrait-on bien y faire ? Peut-on reprocher aux musulmans de faire plus d’enfants que nous ? Peut-on leur reprocher notre propre déclin ? Peut-on leur reprocher notre propre politique qui a favorisé leur arrivée ? Peut-on leur reprocher de vouloir garder une spiritualité alors que nous n’en avons plus ? Assurément non. Dès lors, qu’est-ce qui nous dérange tant dans l’islam ?

 

Parlons peu mais parlons vrai

On a l’habitude d’entendre dire que l’islam constitue une menace pour la laïcité, car ses valeurs seraient, dit-on, incompatibles aux "nôtres". Les lois de leur dieu sont au-dessus de celles des hommes ; leurs femmes mettent un voile alors que les nôtres portent des mini-jupes ; certains musulmans sont polygames alors que nos lois ne permettent que l’adultère, la pornographie et le mariage gay ; beaucoup d’entre eux préfèrent aller prier dans des mosquées plutôt que dans nos temples de la consommation (en réalité, la majorité d'entre eux ne sont pas moins technolâtres et consuméristes que les autres, y compris dans les pays musulmans). Et surtout, il y a des extrémistes qui tuent des hommes au nom de l’islam, alors que la laïcité ne permet que de tuer des bébés… Bref, une attitude inacceptable et contraire à "nos mœurs" et "nos valeurs"! Mais en fait, de quelles mœurs et valeurs parle-t-on exactement ? Nous voilà plongés dans un débat sans queue ni tête, car nous opposons une culture (et encore) à une religion ; un matérialisme à une spiritualité. C'est un non-sens absolu.

 

Et le « christianisme » dans tout ça ?

C’est généralement à ce moment-là du débat que ressurgit ce bon vieux christianisme. Ah! cette foi chrétienne si critiquée revient comme par magie dans le vocabulaire de nos politiciens véreux. "Nous sommes une civilisation chrétienne", disent-ils ! Vraiment ? Il est intéressant de voir cette foi chrétienne que nous n’avions tolérée que dans une sphère strictement privée, ressurgir subitement dans le débat public. Une belle hypocrisie. Mais le plus navrant, peut-être, est d’entendre les chrétiens répéter les mêmes slogans: "Le voile est le symbole d’oppression des femmes!"; "leurs femmes sont soumises!"  ; "ils ne tolèrent pas l’adultère!" ; "la polygamie est une pratique barbare!"; "Ils ne mangent pas de porc!", etc. Les laïcards qui jadis détestaient tant les chrétiens et le christianisme peuvent désormais compter sur ces ouailles pour fustiger l’islam de leurs critiques. L’alliance stratégique est faite. Pourtant, avant de condamner l’islam sur ces bases, certains chrétiens feraient bien de jeter un petit coup d’œil dans la Bible. Ainsi, ils y verraient :

 

  • Une polygamie tolérée* (voir Abraham, Jacob, Moïse, David, Salomon, etc.), quoique vraisemblablement exclue pour les évêques (anciens) et les diacres d’une Assemblée (voir I Tm. III, 2-12). 

 

  • Le voile recommandé aux femmes chrétiennes, en particulier dans les Assemblées (voir I Co XI, 5, 13-15). 

 

  • Des exhortations d’obéissance de la femme à l’homme (voir I Co XIV, 34 ; Ép. V, 22 ; Col. III 18 ; I Tm. II, 12).    

 

  • Le porc, animal impur (en héb. tame), bien que sous la Nouvelle Alliance la consommation de sa chair soit, semble-t-il, laissée à la libre appréciation de chacun** (cf. Lév. XI; Deut. XIV, 1-21; Rm. XIV, 1-14).

 

  • L’adultère illégal (voir Ex XX, 14 ; Lv XX, 10 ; Mt V, 27-32).         

 

Dès lors, si l’on veut être honnête et cohérent, il faut reconnaître que les critiques émises par les laïcards ne trouvent pas d’appui théologique pour les chrétiens. Au contraire, la morale musulmane est sur bien des aspects assez proche de celle des autres religions monothéistes (quoique la foi chrétienne est bien plus qu'une religion). 

 

 

*Notons que "tolérer" ne signifie pas nécessairement "approuver": Dieu n'approuve pas tout ce qu'il tolère. Quant à l'exhortation faite aux évêques et aux diacres d'être littéralement "homme d'une seule femme", ceci pourrait aussi signifier: "d'une seule femme officielle".

 

** En revanche, il nous paraît probable qu'il faille toujours s'abstenir des animaux "répugnants" – c.-à-d. qu'il faut "avoir en horreur" (sheqets ou shaqats, cf. Lév. XI, 10) –, soit de la plupart des insectes (sauf certains criquets), reptiles, amphibiens, rongeurs, canidés, félidés, équidés, rapaces, chauves-souris, singes, fruits de mer, crustacés, mollusques, mammifères marins, certains poissons (anguille, épinoche, espadon, esturgeon et caviar, marlin, poisson-chat, requin, turbot…), etc.


Le problème se situe dans la « révélation »

Pour les chrétiens, le problème avec l’islam se situe (ou devrait se situer) dans un tout autre domaine : celui de la révélation. En effet, selon l’islam le Coran serait inspiré de Dieu et Mohammed serait son dernier prophète. Jésus ne serait pas vraiment le Fils de Dieu, mais plutôt un prophète comme un autre (quoique certains textes laissent entendre autre chose, comme on le verra plus loin). La crucifixion n’aurait pas eu lieu et le salut ne s'obtiendrait pas par la Grâce, au moyen de la foi, mais par les œuvres.  Par conséquent, les chrétiens ne peuvent pas reconnaître Mohammed en tant que prophète, puisque celui-ci ne confirme pas vraiment les écrits bibliques. En effet, pour qu’un prophète soit reconnu comme tel, et pour que ses écrits soient considérés comme inspirés, ils doivent impérativement confirmer les écrits plus anciens. C’est d’ailleurs sur ces mêmes critères que la Bible a été perçue comme étant la Parole inspirée de Dieu. Car elle rassemble les écrits d’une quarantaine d’auteurs qui différaient par l’âge, le niveau d’instruction et la position sociale; rédigés sur une période de treize à quinze siècles. Les soixante-six (ou septante-deux) livres dits "canoniques" le sont justement parce qu’ils présentent une unité et une harmonie remarquable. Jésus-Christ lui-même avait été annoncé à plusieurs reprises bien avant son arrivée sur terre (voir les prophéties d'Isaïe, notamment). De sa naissance à sa crucifixion, les prophéties de l’Ancien Testament se sont pleinement réalisées et ont donc confirmé son authenticité messianique. Ce qui n’est apparemment pas le cas du Coran et de Mohammed.  

 

Un problème éthique (controverse au sujet d’Aïcha)

Il est aussi un autre problème qui vient s’ajouter au précédent. Un problème éthique sur la vie de Mohammed qui, aux yeux des chrétiens, le disqualifie du rang de « prophète de Dieu ». En effet, d’après certains hadiths (notamment le 114 dans le Sahîh de Muslim ; ou le Sahît Bukhari vol.8 livre 73 n°151, ainsi que dans plusieurs autres) il est fait mention d’une des femmes de Mohammed, Aïcha, qui n’aurait eu que 6 ans au mariage, et 9 ans lors de la relation conjugale. En clair, une fillette. Certains musulmans réfutent ces textes. Mais on pourrait alors leur rétorquer un passage du Coran (65:4) qui semble lui aussi assez suspect. D’autres musulmans tentent alors de justifier l’acte en mettant en avant le contexte culturel. Mais à notre connaissance aucune culture – sauf peut-être les plus païennes et primitives – n’autorisait de rapport sexuel avant la puberté. De plus, si Mohammed était véritablement un prophète de Dieu, ne se serait-il pas au moins dégagé des pratiques païennes les plus abjectes ? Quoi qu’il en soit, vrai ou faux, c’est aux musulmans de se poser ce genre de questions.

 

Les persécutions antichrists de l'islam

Il ne fait aujourd'hui aucun doute que Mohammed ait été un guerrier féroce et impitoyable qui terrorisa littéralement ses adversaires par des pillages, des tortures, des massacres, et qui réduisit femmes et enfants de ses ennemis en esclavage. Mais en vérité, cela touchait particulièrement les païens qui agissaient d'ailleurs de même en cas de victoire. L'intensité de la violence n'était donc pas plus grande chez les mahométans que chez les polythéistes. De plus, il faut admettre que l'attitude de Mohammed envers les juifs et les chrétiens fut quelque peu différente. Les gens du Livre, comme ils sont appelés dans le Coran, n'ont pas eu à subir les mêmes violences que les païens au début de l'islam. Hormis le massacre de la tribu juive des Banu Qurayza, qui aurait été perpétré non pas en raison d'une appartenance religieuse mais plutôt parce que ce groupe aurait soutenu une armée rivale, il n'y a pas vraiment de trace historique d'une politique particulièrement cruelle envers les juifs et les chrétiens durant la vie de Mohammed, ou alors bien moins extrême que les persécutions antichrists perpétrées par les païens auparavant.

 

En revanche, juifs comme chrétiens devaient se soumettre à la dhimmitude, c'est-à-dire à un statut inférieur qui ne leur donnait pas les mêmes droits qu'aux musulmans. Ils pouvaient certes pratiquer leur religion, mais discrètement, et devaient payer un impôt particulier, la jizîa, pour espérer vivre dans une relative tranquillité en terre d'islam (Coran 9, 29). Malgré cette épée de Damoclès et quelques autres écrits coraniques hostiles aux chrétiens (par ex. Coran 3, 71; 5, 51; 9, 30-33), ceux-ci n'auraient apparemment pas eu à subir de violences significatives de la part des musulmans durant la première moitié du VIIe siècle. Si bien que les chrétiens ont naturellement préféré le régime islamique aux anciens régimes païens. Il convient donc de ne pas faire d'anachronisme: l'islam primitif a été paradoxalement bien moins sauvage et antichrist que celui qui lui succèdera ensuite. Mohammed aurait d'ailleurs eu comme proche ami un chrétien nommé Waraqa ibn Nawfal. Aussi avait-il apprécié la foi et l'humilité de certains chrétiens et invité les musulmans à suivre leur exemple et à les interroger sur la Bible (Coran 5, 82; 10, 94).

 

Ce n'est donc qu'après la mort de Mohammed, vers l'an 632, que les califes (successeurs) commencèrent à mener une politique beaucoup plus antichrist. Selon toute vraisemblance, les premiers chrétiens à avoir été violemment persécutés par l'islam furent ceux du Levant. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Maronites (disciples de Maron, un anachorète syriaque du IVe ou Ve siècle) ont commencé à fuir la Syrie pour trouver refuge dans les montagnes du Liban. D'aucuns ont laissé entendre que les grandes persécutions menées par les musulmans contre les chrétiens auraient commencé en l'an 666.

L'islam, une religion syncrétique

dieu lunaire babylonien
dieu lunaire babylonien

Selon la tradition islamique, c'est vers l'an 610 que Mohammed aurait reçu une première révélation de la part de l'ange Gabriel. Très vite, il commença à prêcher sa nouvelle doctrine qui était en réalité un assemblage de monothéiste juif et chrétien avec la culture et les rites païens locaux. En effet, un dieu lunaire était déjà établi et vénéré par les Arabes, lesquels priaient d'ailleurs en direction de la Mecque plusieurs fois par jour et procédaient à une sorte de pèlerinage annuel à la Kaaba. Aussi ces païens touchaient-ils, en son sein, une idole de pierre noire à qui ils attribuaient des pouvoirs magiques. En outre, à côté d'autres dieux, la divinité allah était déjà connue et vénérée par les païens, lesquels lui associaient également des enfants, notamment les déesses Manat, Al-Uzza et Al-Lat. Bref, ce culte et tous ces rites étaient donc déjà pratiqués bien avant la venue de Mohammed, c'est pourquoi celui-ci n'eût certainement aucune peine à se faire des disciples en épurant les anciens rites. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un hasard si le croissant de Lune est devenu un des symboles de l'islam (apparaissant au sommet des mosquées ou sur des drapeaux).

 

Cependant, il faut tout de même se garder de faire des raccourcis trop simplistes. Car si l'islam fut incontestablement une religion syncrétique – comme d'autres religions – et que le mot allah pût effectivement renvoyer à une divinité païenne, on ne doit pas nécessairement en déduire qu'il en fut toujours forcément ainsi pour tous les arabophones. Car le nom Allah peut aussi très bien dériver de l'hébreu El ou Eloah (et Elohim) qui étaient les noms communs (mais non propres) utilisés pour désigner tantôt le Dieu unique, tantôt quelque divinité étrangère (tout comme notre mot français "Dieu"). Le nom de Celui qui Est, c'est-à-dire du Créateur, étant évidemment inconnu (même à travers YHWH, nom ineffable et imprononçable), tous les autres noms qu'on lui donne ne peuvent qu'être impropres. Ils dépendent donc largement de l'intention et de la disposition de cœur de ceux qui l'invoquent. Autrement dit, un homme de foi qui appelle le Créateur Allah n'est pas nécessairement moins pieux que celui qui l'appelle Dieu. Quoi qu'il en soit, pour le Chrétien, ce problème d'appellation est résolu dans la mesure où il s'adresse en général au vrai Dieu par le Nom de Jésus, seul Nom qui ouvre l'accès à Dieu et à son Salut. Yeshuah signifiant d'ailleurs "Salut" (cf. Jean XIV, 13-14; XVI, 23-28; Actes IV, 11-12).

 

Bref, la plupart des musulmans ne savent pas forcément qu'ils adorent peut-être un dieu lunaire, pas plus qu'ils ne savent pourquoi le croissant de Lune se trouve au sommet de leurs mosquées ou sur des drapeaux. Cette révélation pourrait leur paraître choquante et les pousser soit à la colère, soit au déni, soit à une remise en question drastique mais salutaire. Ils ont été tenus dans l'ignorance par les Mollahs et les Imams qui auraient certainement perdu de leur influence si la vérité leur avait été révélée sur ces sujets. Car à l'instar du catholicisme-romain, de l'orthodoxie et des autres formes de foi paganisée, tout porte à croire que l’islam a lui aussi été construit ou mélangé avec des expressions païennes.

 

Mais heureusement, puisque l'islam n'est pas uniquement basé sur un mensonge (contrairement au paganisme et à l'athéisme), on trouvera aussi quelques vérités dans le Coran, notamment que le Christ est né de Dieu, porté par une vierge, Messie et pur (sans péché), etc. (cf. Coran 2,87; 2, 253; 3,45-47; 19, 19-21).

 

Conclusion

 

Si tu es dans le doute sur ce qui t'a été envoyé d'en haut, interroge ceux qui lisent les Écritures envoyées avant toi.Coran, Sourate 10,94

 

Une sage recommandation coranique qui invite chaque musulman à se référer à La Bible. 


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