Credo du christocrate


Introduction

Ce credo, qui résume la plupart de nos écrits et convictions, est le fruit d'un long cheminement spirituel qui ne s'est pas fait sans peines. Outre le fait qu'il nous a fallu faire table rase de tous nos critères culturels, nous avons également dû être prudent en ce qui concerne certaines idées reçues religieuses encore tenaces. Autrement dit, nous avons essayé de repartir à zéro comme si nous découvrions une foi chrétienne libérée des siècles de mélanges et de corruptions, sans pour autant nous refuser à la penser pour aujourd'hui, puisque la Parole de Dieu est toujours vivante. À cela s'ajoute une difficulté d'ordre rédactionnel pour tenter d'être le plus synthétique et concis possible tout en évitant de trop appauvrir ce que nous avions reçu en esprit. Aussi, malgré l'apparente simplicité de ce credo, il nous a fallu passer beaucoup de temps d'études, de réflexions, de prières et faire preuve de persévérance. Persévérance et prières qui nous ont par ailleurs déjà aidé à supporter jusqu'ici les nombreuses attaques, oppositions, critiques, trahisons ou simplement la lâcheté et l'indifférence des mondains comme des faux-frères. Sans oublier des problèmes d'ordre privé qu'il ne convient pas d'exposer ici. Mais par la grâce de Dieu, toutes ces difficultés et faiblesses ont pu être retournées en force (II Co. XII, 10). Pour toutes ces raisons et d'autres encore, nous vous demandons de ne pas pas recopier nos textes et en particulier ce credo, même partiellement, sans en citer la source. Si vous êtes touché par la vérité, œuvrez avec nous plutôt que de votre côté. Si vous ne respectez pas cela, que l'Éternel (El Neqamot) vous juge comme il convient.

 

Enfin, notez que le but de ce credo n'est pas de fonder une nouvelle religion mais simplement de revenir à l'essentiel de la vraie foi chrétienne. Ce credo n'est pas non plus "gravé dans le marbre" et pourra donc subir quelques légères modifications si nécessaire. Ce que nous souhaitons surtout, c'est de pouvoir regrouper tous les disciples de Jésus-Christ qui reconnaissent l'essentiel de ces vérités et qui n'ont pas peur de s'engager réellement. Puisse le Seigneur réunir les siens par l'intermédiaire de notre modeste contribution.

 

Spirituellement,

        Beno Profetyk

 

I. Dieu

  Je crois en un seul Dieu, créateur du règne spirituel et des premiers éléments de la matière (particules/atomes). Je crois qu'il a formé les cieux, les eaux, la terre, et les premiers êtres. Je crois qu’Il est celui qui est, le Principe, le seul existant par soi (aséité). Je crois que nulle chair ne l’a vu mais qu’Il s’est manifesté à ses saints sous une autre forme (Théophanie) ou par l’action de son Esprit ; que la preuve de son existence est implantée en chacun et perceptible par la création (Ge. I ; Ex. III, 14 ; XXXIII, 11, 20 ; De. VI, 4 ; Za. VII, 12 ; Ro. I, 19-22 ; I Co. II, 10).

  Je crois que Dieu est de toute éternité, hors du temps, omnipotent et omniscient, mais qu’Il fait généralement le choix de la non-puissance (qui n’est pas l’impuissance) et du secret, pour laisser ses créatures raisonnables ‘libres’ d’exercer leur volonté (Ge. I, 27 ; VI, 5-6 ; XVII, 1 ; De. XXX, 19 ; Ps. XCIII,2 ; CXXXIX ; Pr. XXV, 2 ; Ha. I, 1-4). Je crois qu’Il est le bien absolu, et que tout ce qu’Il a créé à l’origine était très bon ; que le mal, qui est l’absence de bien, résulte plutôt du choix des créatures ‘libres’ (Ge. I, 31 ; II, 16-17 ; III, 4-7 ; Is. XIV, 12-15 ; Éz. XXVIII,16 ; Ha. I, 13 ; Ja. I, 13). Je crois qu'il ne fait pas l'histoire mais qu'il y intervient parfois quand le mal atteint son comble et/ou pour aider ses enfants (Ge. VI, 5-8 ; XV, 16 ; XVIII, 20, 32 ; XIX, 24 ; Is. LIX, 1-4).

    Je crois que les noms que l’on donne au Très-Haut sont plutôt des symboles ou des attributs ; qu’en ce sens, selon les Écritures, je conçois que le Père est Dieu, que le Fils est sa manifestation visible (Théophanie), et que le Saint-Esprit est un ‘souffle’, une ‘force’ ou la ‘parole’ de Dieu (Ge. I, 1-3 et Jn. I, 1-3 ; Mt. XXVIII, 19 ; Lu. I, 35 ; II Co. IV, 4 ; Ép. IV, 5-6 ; Col. I, 15).

   J’admets que l’on sait moins ce qu’Il est que ce qu’Il n’est pas, et que tous nos mots et nos concepts sont impropres pour le définir ; qu’en conséquence beaucoup de querelles et de divisions à ce sujet sont vaines (Is. XL, 25 ; LV, 8 ; I Co. XIII, 9 ; II Ti. II, 14).

 

 

II. Jésus-Christ

     Je crois que Jésus est le Christ (Messie), le dernier Adam, le Rédempteur (Goel), le Sauveur (Yeshoua), celui qui était annoncé dès les temps anciens, apparu aux fidèles et figuré par les libérateurs et les victimes expiatoires (cf. Ge. III, 15 ; Ex. II, 11-12 ; XII ; Jg. III, 9, 15 ; Ps. II ; XXII, 16-19 ; Is. XI, 2 ; LIII, 5-7 ; Mi. V, 1 ; Za. XII, 10 ; Jn. I, 29 ; VIII, 58 ; Ac. III,18 ; I Co. XV, 45-49 ; Hé. X, 1-10).

    Je crois qu’il est le Fils de Dieu, non pas à la manière des anges, ni du premier homme ni des fidèles, mais en tant que Verbe de Dieu fait chair, né de la vierge Marie par la vertu du Saint-Esprit (Is. VII, 14 ; Mt. I, 20-23 ; Lu. I,34-35 ; Jn. I, 14-18).

   Je crois qu’il est venu sur terre pour révéler et instaurer le royaume de Dieu, pour établir une alliance nouvelle, pour offrir sa vie immaculée en sacrifice pour le péché afin que quiconque croit en Lui, en sa mort substitutive et expiatrice, obtienne le pardon divin et la vie éternelle (Mt. III, 2 ; IV, 17 ; V, 1-16 ; VI, 33 ; Mc. I,15 ; Lu. IV, 43 ; XVII, 21 ; XXII, 19-20 ; Jn. III, 3-5, 16 ; X, 17-18 ; Ac. I, 3 ; Ro. III, 23-24 ; II Co. V, 21 ; Hé. IX, 26-28 ; XII, 24 ; I Jn. II, 2).

    Je crois qu'il s'est fait pauvre de riche qu'il était ; qu’il a tout accompli par sa vie, son enseignement et son sacrifice à la Croix, mal qu’il a retourné en bien pour nous libérer de tout esclavage, de toute servitude et de toute condamnation ; qu’Il a vaincu et dépouillé toutes les autorités et les dominations – physiques comme spirituelles – et qu'il a ainsi confirmé qu’il est le seul Maître légitime (Is. LXI, 1-2 ; Lu. IV,18-21 ; Jn. VIII, 32 ; XIX, 30 ; Ro. VI, 22  ; II Co. VIII, 9 ; Ga. V, 1 ; Col. II, 14-15).

     Je crois qu’il est la voie, la vérité et la vie, le médiateur entre Dieu et les hommes, celui par qui la grâce est venue, le nom par lequel nous accédons à Dieu, le Roi-Sacrificateur du saint royaume (Ps. CX ; Lu. I, 31-33 ; Jn. I, 17-28 ; XIV, 6, 13-14 ; XVI, 23-28 ; Ac. IV, 12 ; I Ti. II, 5 ; Hé. VII, 1-17).

    Je crois qu’après sa mort il est ressuscité pour sceller la réconciliation et la résurrection future des fidèles (Lu. XXIV, 6 ; Jn. V, 21-25 ; Ro. IV, 23-25 ; I Co. VI, 14 ; XV, 16-20 ; Ép. I, 20-22 ; I Th. IV, 14). Je crois qu’il est monté au ciel, s'est assis à la droite de Dieu (‘dans sa puissance’), d’où il viendra pour juger les vivants et les morts à un moment que nul ne sait (Ps. CXVIII, 16 ; Mt. XVI, 27 ; XXIV, 36-39 ; XXV, 31-32 ; Mc. XVI, 19 ; Ac. X, 42 ; Ro. VIII, 34 ; II Co. V, 10 ; I Th. IV, 16-17 ; V, 1-2 ; II Ti. IV, 1 ; II P. III, 10).

 

III. Le Saint-Esprit

       Je crois que le Saint-Esprit est la parole, un souffle, une force ou une puissance mystérieuse de Dieu – supérieure à toutes les autres – qui éveille l’esprit du fidèle, le change, le régénère, le console, le libère, le vivifie, le sanctifie, le visite ou l’habite parfois pour lui permettre de communier avec Dieu et les membres de l’Église universelle (Ge. I, 1-2 ; Jn. I, 1-2 ; I S. X, 6 ; Esd. I, 1, ; Is. XI, 2 ; Mi. III, 8 ; Ag. I, 14 ; Mc. XIII, 11 ; Lu. I, 35 ; Jn. III, 8 ; VI, 63 ; XIV, 16-17 ; XX, 22 ; Ac. I, 8 ; II, 1-4 ; IV, 31 ; Ro. VIII, 2 ; XV, 13, 19 ; I Co. I, 9 ; VI, 17-19 ; II Co. III, 6, 17-18 ; XIII, 13/14 ; Ép. II, 18 ; IV, 4 ; Ph. II, 1 ; II Th. II, 13 ; II Ti. I, 7 ; Tit. III, 5 ; I Jn. I, 3, 7 ; Ap. IV, 5).

      Je crois que c’est par le Saint-Esprit que les prophètes et les apôtres ont pu prophétiser et rédiger les Saintes Écritures (I S. XIX, 20 ; Éz. XXXVII, 9-10 ; Jo. II, 28 ou III,1 ; Ac. I, 16 ; II Ti. III, 16 ; I P. I, 10-12 ; II P. I, 20-21) ; que c’est par le même Esprit qu'on peut les comprendre et les interpréter correctement (Ac. VIII, 29-38 ; I Co. II, 10-14) ; que nul ne peut vraiment saisir le mystère de la foi, de l’Incarnation, du salut par la grâce, ni garder le bon dépôt et confesser Jésus-Christ sans son aide (II Ti. I, 14 ; I Jn. IV, 1-3) ; que la prière qui monte vers Dieu se fait par son Esprit (Jn. IV, 23-24 ; Ép. VI, 18).

     Je crois que l'onction d'huile sainte sous l’Ancienne Alliance et le baptême d'eau sous la Nouvelle Alliance sont des symboles de la descente ou du baptême du Saint-Esprit (I S. X, 1 ; XVI, 13 ; Mt. III, 14-17 ; Lu. III, 16 ; IV, 18 ; Ac. X, 44-47 ; XIX, 1-6) ; que celui-ci est le vrai baptême qui fait naître de nouveau, c’est-à-dire spirituellement (Jn. III, 5-7).

      Je crois que le don de l’Esprit ne peut ni s’acheter ni se vendre, mais qu’il s’obtient par la grâce de Dieu, la pénitence et la foi de l’homme (Ps. LI, 11-19 ; Ac. II, 38 ; VIII, 19-20 ; Ga. III, 2-9). Je crois que l'Esprit distribue les dons spirituels parmi lesquels celui de prophétie est le plus important en ce qu’il permet de communiquer aux autres les vérités supérieures (I Co. XII, 1-11 ; XIV, 1-4).

     Je crois que le Saint-Esprit donne la vraie sagesse, la vraie intelligence, la vraie connaissance qui paraissent des folies pour les profanes ; qu’il produit le désir du royaume de Dieu et de séparation d'avec le monde impie ; qu’il convainc en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement (Ex. XXXI, 3 ; De. XXXIV, 9 ; Lu. XVII, 21 ; Jn. XVI, 7-8 ; Ro. XII, 2 ; I Co. I, 18 ; II, 4 ; III, 18).

       Je crois que l’homme de foi peut ainsi devenir un temple mobile que le Saint-Esprit visitera (I Co. III, 16 ; VI, 19-20 ; II Co. VI, 16). Je crois qu’avoir l’esprit de Christ signifie être visité ou habité par le Saint-Esprit, puisque le Christ est le Verbe de Dieu incarné (Jn. I, 14 ; Ro. VIII, 9 ; Ph. I, 19).

       Je crois que l’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, au premier siècle, fut une œuvre singulière dans l’histoire destinée à consoler et impulser la jeune Église de la Nouvelle Alliance après la Passion, la Résurrection et l’Ascension de Christ. Je crois que l'Esprit avait permis aux saints d’avoir la science infuse pour parler d’autres langues et opérer des miracles et des prodiges, tout en donnant force et courage aux saints martyrs (Jn. XVI, 7 ; Ac. II, 1-13 ; V, 12 ; XIV, 3 ; XV, 12) ; mais que ces opérations se feront plus rares à mesure que la foi diminuera (Lu. XVIII, 8).

     Je crois que le Saint-Esprit peut être attristé par des mauvais comportements et ne plus visiter tel homme impénitent, lequel est alors livré aux mauvais esprits (I S. XVI, 14 ; Is. LXIII, 10 ; Lu. XI, 24-26 ; Ép. IV, 30). Je crois que mentir au Saint-Esprit est extrêmement grave, et que le blasphème contre le Saint-Esprit est un péché irrémissible qui concerne notamment l'inversion volontaire du bien et du mal, ainsi que l’apostasie (Is. V, 20 ; Mt. XII, 24-32 ; Mc. III, 29 ; Lu. XII, 10 ; Ac. V, 3-11 ; Hé. VI, 4-6 ; X, 26-31).

 

IV. Les anges

       Je crois que les anges sont des créatures spirituelles diverses (chérubins, séraphins, archanges…) qui ont vraisemblablement été créés le premier jour de la création, sous-entendus derrière les mots ‘cieux’ et ‘lumière’ (Ge. I, 1-5). Je crois qu’ils ont été pourvus d'un libre arbitre dont la majorité d’entre eux ont fait bon usage en restant fidèles à Dieu. Je crois que les saints anges sont les messagers de Dieu ; qu'ils sont volontairement à son service et qu’ils l’adorent sans cesse ; qu’ils peuvent aider les hommes de bonne volonté et se réjouissent lors de chaque conversion. Je crois que les hommes ne doivent pas les adorer ni leur rendre un culte malgré leur dignité (Ge. III, 24 ; XIX, 15 ; Ps. XCI, 11 ; Is. VI, 2-3 ; Da. X, 13 ; Lu. II, 9-14 ; XV, 7 ; I Th. IV, 16 ; Hé. I, 6-7 ; Jud. 9 ; Ap. IV, 8 ; V, 11-14 ; XXII, 9). Je crois qu’ils ont une langue spécifique (langue sacrée) mais qu’ils connaissent aussi celles des hommes (I Co. XIII, 1).

      Je crois qu’il existe également des anges déchus, appelés aussi ‘mauvais esprits’, ‘démons’, ‘esprits impurs’ ou ‘esprits méchants’. Je crois que le premier d’entre eux était l’un des anges de Dieu les plus éminents, préposé à la musique, et appelé communément Lucifer (‘porte-lumière’). Par orgueil et volonté de puissance, il a cherché à égaler Dieu et est tombé pour devenir l'adversaire, Satan, le diable, c’est-à-dire l’esprit du mal, entraînant vraisemblablement dans sa chute un tiers des anges (Is. XIV,12-17 ; Éz. XXVIII, 12-17 ; Lu. X, 18 ; Ap. XII, 4).

     Je crois que c’est lui qui a séduit Ève et mené l’humanité dans le péché (Ge. III, 1-15). Je crois qu’il est le père du mensonge, l'instigateur des crimes, le prince de ce monde impie et qu'il règne parce que la majorité des hommes le suit ; que sa ruse la plus efficace est de faire croire qu'il n'existe pas et que Dieu non plus ; je crois que les démons ou les esprits méchants influencent profondément les puissants et peuvent posséder des corps – sauf ceux des fidèles – et habiter des objets de culte, des images, des idoles, des techniques, etc. (Mt. VIII, 28-34 ; Lu. IV, 6-8 ; XI, 26 ; Jn. VIII, 44 ; Ro. VIII, 10 ; I Co. X,19-20 ; Ép. II, 1-6 ; Col. I, 13-14 ; I Jn. IV, 4 ; Ap. IX, 20; XVI, 14). Je crois qu'actuellement les possessions démoniaques les plus courantes sont liées aux fausses religions, aux images perverses, aux sciences et aux techniques (films, jeux, objets techniques, etc.) ; je crois que le diable se cache souvent derrière les choses a priori ‘rationnelles’, ‘scientifiques’, ‘positives’ ou ‘attrayantes’, ou parfois même derrière des Églises et des doctrines ‘pseudo-chrétiennes’ séduisantes (II Co. XI, 14-15).

     Je crois néanmoins que le diable et ses sbires ont déjà été vaincus par le Christ à la Croix et qu'ils sont promis à l'anéantissement total ; qu'ils peuvent en conséquence déjà être liés et chassés par les fidèles au nom de Jésus-Christ (Ge. III, 15 ; Mt. XXV, 41 ; Mc XVI, 17 ; Jn. XII, 31 ; XVI, 11 ; Ac. XIX, 12-20 ; Ap. XX, 2-10).

 

V. La création corporelle

    Je crois que l’eau, la terre, les végétaux, les corps célestes, les minéraux et les animaux n’ont point d’âme subsistante, mais qu’ils sont utiles et peuvent être riches en révélations naturelles et en symboles spirituels (Ge. I, 1-25 ; Ex. XXVIII, 5-14 ; Ps. LXXXIV, 11/12 ; XCII, 12/13 ; Pr. XXX, 24-31 ; Jé. VIII, 7 ; Mt. V, 13 ; XIII, 31-43 ; Lu. VIII, 4-15 ; XII, 27-28 ; Jn. III, 5 ; IV, 10-15 ; Ac. VIII, 32-35 ; Ro. I, 20 ; Ap. XXI, 18-21).

     Je crois que l’eau symbolise souvent la repentance, la purification, l’esprit ; et la terre le corps (Gen. II, 7 ; III, 19 ; Ac. XIX, 2-7 ; I Jn. V, 6-8). Je crois que Dieu a créé les premiers végétaux et animaux avec tout le potentiel génétique pour leur permettre de reproduire d’autres espèces selon leur ‘genre’ ou leur ‘sorte’ (Ge. I, 12, 21, 25) ; que de ces êtres ‘génériques’ ont découlé différentes espèces, sous-espèces, et divers accidents après la chute de l’homme. Je crois qu’il y a des micro-évolutions (ou variations d'espèces) au sein d'un même genre mais qu'il n'y a pas de macro-évolutions, c’est-à-dire de transformations majeures ou de mutations supra-génériques. Je crois que les prédateurs, les parasites, les épineux, les végétaux hétérotrophes ou toxiques, les animaux coprophages ou nécrophages, etc. sont apparus après le péché de l’homme (Ge. I, 31 ; III, 17 ; Is. LXV, 25). Je crois que les végétaux furent les premiers vivants formés sur terre avant même l'apparition des luminaires célestes (Ge. I, 10-13). Je crois qu’ils possèdent la faculté de se nourrir, de croître et d’engendrer, et qu’ils ont une forme primaire de sensibilité ; qu’ils furent les premiers aliments de l’homme et des animaux (Ge. I, 29-30 ; II, 16).

     Je crois que les corps célestes ont été initialement actionnés pour se mouvoir selon un cycle particulier afin de déterminer le temps (jour/nuit/saisons) et de participer à la vie, mais également pour témoigner de l'ordre et de la majesté de Dieu. Je crois qu'ils n'ont pas d'influence significative sur les enfants de Dieu et qu'ils ne doivent pas être un objet de culte ou d'augure, bien qu'ils puissent parfois servir de signes (cf. Ge. I, 16-18 ; XV, 5 ; De. IV, 19 ; XVIII, 10 ; Ps. VIII, 1-5 ; Mal. IV, 2 ; Mt. II, 1-12).

   Je crois que les animaux ont une âme sensitive (siège des fonction physiologiques : respiration, circulation, digestion, excrétion, instinct de reproduction, de conservation, etc.) et donc une sensibilité plus élevée que les autres créatures purement corporelles (Ge. I, 20-25 ; Ap. XVI, 3). Je crois que les hommes peuvent les domestiquer, les exploiter et consommer la chair de certains d’entre eux, mais qu’ils n’ont pas le droit d’en abuser, ni de les faire souffrir, de les hybrider, de les manger vivants, etc. (Ge. IX, 2-5 ; Lé. XI, 1-47 ; XVIII, 23 ; XIX, 19 ; De. XXV, 4).

     Dans l’ensemble, je crois que l’homme a reçu la création en gestion et qu’il peut s’en servir pour autant qu’il vive en équilibre avec elle, c'est-à-dire en respectant rigoureusement les lois divines, en laissant la terre en repos une année par période septennale (cf. Lé. XXV, 4 ; De. XV, 1-2), en évitant aussi le pillage et toutes les techniques trop nuisibles (bruyantes et polluantes), ainsi que les disproportions entre le naturel et l’artificiel, etc. Je crois que l’eurythmie doit primer.

    Je crois que l’homme ne doit ni adorer ou vénérer la création (paganisme antique) ni la déprécier et la saccager (matérialisme/utilitarisme/athéisme/techno-capitalisme), mais qu’il doit la voir et la respecter comme un bien précieux.

    Je crois que les dérèglements de la création se sont souvent faits par mimétisme de l’homme (Ge. III, 17). Je crois que, mystérieusement, la création toute entière souffre sous les règnes impies et qu’elle attend avec impatience le royaume de Dieu (Ro. VIII, 19-23). Je crois que le Seigneur jugera les mauvais comportements des hommes envers la création (Ap. XI, 18).

 

VI. L'homme

    Je crois que l’homme est un être spirituel et corporel ; qu’à l’origine Dieu l’a créé directement à son image et à sa ressemblance, c’est-à-dire doué d’esprit, d’intelligence, de raison, de libre arbitre, de maîtrise de soi et de dilection (Ge. I, 26 ; II, 7). Je crois que le premier homme fut créé droit, mature et dans un état d’innocence ; qu’il a reçu la science infuse lui permettant de penser, de parler, d’écrire et d’établir une nomenclature ; qu’il a été créé par amour et pour la gloire de Dieu, pour vivre une relation de dilection avec lui et pour jouir de la sagesse et de toutes les merveilles de la création (Ge. II, 8-25 ; V, 1-2 ; Ec. VII, 29 ; Is. XLIII, 7 ; I Jn. IV, 8, 16).

    Je crois que l’homme est ternaire, c’est-à-dire corps, âme et esprit ; que l’esprit désigne la partie de l’âme subsistante qui peut communiquer avec l’Esprit de Dieu ; que l’âme subsistante est l’essence de l’homme, son être profond et immatériel (siège de la personnalité, des émotions et sentiments) ; que celle-ci interagit mystérieusement avec l’âme sensitive (siège des fonctions physiologiques) qui anime le corps (cf. Is. XXVI, 9 ; Mt. X, 28 ; XVI, 26 ; Lu. X, 27 ; Ac. XX, 10 ; I Th. V, 23 ; Hé. IV, 12). Je crois qu’il y avait à l’origine une parfaite harmonie entre ces trois composantes.

     Je crois que la première femme a été créée à partir de l’homme pour lui être une aide semblable (Ge. II, 18-25) ; qu’elle fut séduite par l’esprit du mal ; que par orgueil elle transgressa l’ordre divin et entraîna l’homme avec elle (Ge. III, 1-6) ; qu’ils furent néanmoins coresponsables ayant tous les deux voulu connaître le mal et la mort ; que la connaissance ou la science est donc vaine sans la sagesse (Job XXVIII) ; qu’ainsi fut commis le péché originel causant une rupture avec Dieu, une disharmonie générale, et la mort (Ge. III, 14-24 ; IV, 7-8 ;VI, 5 ; Ro. V, 12 ; VII, 14-25) ; que la femme souffre depuis les douleurs de l'enfantement même sans enfanter, et qu'elle désire dominer l’homme mais qu’elle doit lui être soumise et se comporter comme une douce mère (avec ou sans enfant) pour évoluer spirituellement ; que l'homme doit réfréner les désirs de domination de celle-ci ainsi que ses propres mauvais penchants, et apprendre la sagesse et l'amour à travers les souffrances (Ge. III, 16-19 ; Ép. V, 22-23 ; Col. III, 18 ; I Ti. II, 11-15 ; I P. III,1).

     Je crois que depuis ce premier péché, l'image de Dieu s'est brisée en l'homme, la matière est devenue périssable et le corps s'est transformé en cette prison douloureuse, nuisible ou faussement agréable pour l’âme subsistante ; que celle-ci peut néanmoins progresser et connaître une vie éternelle après la mort du corps en acceptant la grâce de Dieu par la foi et en pratiquant ce qui est juste (Mc. XIV, 38 ; Lu. X, 25-28 ; Jn. III, 6, 16, 36 ; IV, 36 ; V, 24 ; VI, 40 ; XII, 25 ; XVII, 3 ; Ac. XV, 11 ; Ro. III, 10-24 ; V, 20-21 ; Ép. II, 8) ; qu'en conséquence, l'exercice physique et tout ce qui entretient trop le corps sont superflus (cf. Jn. VI, 63 ; I Ti. IV, 8).

     Je crois que le péché s’est transmis et a été délibérément répété par tous les hommes, de génération en génération, à l’exception du dernier Adam (Ec. VII, 20 ; Ps. LI, 5-7 ; Ro. III, 23 ; II Co. V, 21 ; Hé. IV, 15). Je crois que bien que la nature humaine soit corrompue, une certaine empreinte divine se transmet aussi par héritage depuis Adam ; que l’homme possède donc toujours un libre arbitre qui lui permet d’accepter ou refuser la grâce, sans quoi il ne pourrait être tenu pour responsable, et sans quoi les conseils, les préceptes, les exhortations, les lois seraient vains (De. XXX, 19 ; Jos. XXIV, 15 ; Éz. XVIII, 32 ; Ro. II, 14-15 ; Ap. III,20). Je crois que la conscience – qui est l’esprit correcteur – en est le signe, bien qu’elle puisse être cautérisée ou étouffée (Ac. XXIV, 16 ; I Ti. IV, 2) ; qu’un tel homme a l’esprit endormi ou occupé par des démons, et qu’en poursuivant cette voie son âme périra à jamais (Mt. V, 29-30 ; X, 28 ; XII, 43-45 ; Ap. II, 11 ; XX, 14-15) ; qu’en sens contraire, avoir l’esprit éveillé en Jésus-Christ fait naître de nouveau (Jn. III, 5-7).

      Je crois qu’il y a trois catégories d’hommes : 1. L’homme animal ou ‘naturel’ (matérialiste), guidé par les sens, voire démonisé ; 2. L’homme ‘éthique’ ou le ‘chrétien charnel’ (dualiste) dont l’âme est plus évoluée mais qui ne peut saisir que les vérités élémentaires ; 3. L’homme spirituel (ou homme de foi) qui marche davantage selon l’esprit et peut supporter de la ‘nourriture solide’  (I Co. II, 14 ; III, 1-2 ; Ja. III, 15 ; II P. II, 12 ; Jud. 19).

   Je crois que Dieu n’a créé que le premier couple humain de qui descendent tous les hommes (monogénisme) ; que la première humanité a péri sous un déluge universel à l'exception de Noé et sa famille (Ge. VI-IX) ; qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine composée primitivement de trois grandes familles ou ‘races’ : les Sémites (teint médian), les Chamites (mélanoderme/xanthoderme), les Japhétites (leucoderme) – et de 70 ou 72 peuples (Ge. X) ; qu'il est bien de s'unir au sein de sa race ou de sa nation mais mieux encore au sein de sa nation spirituelle (cf. Col. III, 11 ; I P. II, 9).

   Je crois que l'identité se transmet principalement par le père mais que l’âme humaine n’est que virtuellement dans le gamète mâle ; que seule la fécondation naturelle peut faire naître une nouvelle âme subsistante ; qu’en conséquence toute reproduction artificielle de l’humain est une grave atteinte à l’ordre créationnel, à l’âme humaine en général, et à l’âme particulière du fait qu’elle ne surgit ni d’un acte d’amour ni d’un acte de passion mais de procédés démoniaques, contre-nature, infâmes et souvent adultères (Lé. XVIII, 20  ; Ps. XXII, 11 ; LVIII, 4 ; LXXI, 6 ; CXXXIX, 13-16 ; Pr. VI, 29 ; Is. XLIV, 24 ; Jé. I, 5 ; Lu. I, 41-45 ; Ro. I, 26 ; I Co. V, 11 ; VI, 9, 18 ; Hé. XIII, 4). Je crois que l’homicide prénatal (avortement) ou la congélation d’embryon humain est un crime (Ex. XX, 13-14) ; que l’eugénisme (ou diagnostic préimplantatoire) ou toute autre attaque contre les plus faibles et les handicapés (physiques ou mentaux) sont des attentats contre Dieu et l’humanité entière, puisque le Seigneur s'identifie à l'humanité pauvre et souffrante et que la faiblesse des uns rappelle aux autres la leur – qui peut se transformer en force par la sagesse et l'entraide (Lé. XIX, 14 ; Ps. LXXXII, 3-4 ; Is. III, 15 ; Jon. IV, 11 ; Mt. V, 3 ; XXV, 31-46 ; Jn. III, 16 ; Ac. XX, 35 ; Ro. XV, 1 ; II Co. XII, 10). Je crois en revanche que la contraception préalable (avant fécondation) n'est pas forcément un péché (cf. Job III, 1-3 ; Jé. XVI, 2 ; XX, 14 ; Mt. XXIV, 19)

       Je pense qu'il est préférable d'éviter les transfusions sanguines et les transplantations d'organes, car le sang représente l'âme sensitive ; qu'il faut toujours consulter Dieu avant le médecin ; et qu'après la mort, bien que le corps ne serve plus à rien, l'ensevelissement doit primer sur l'incinération (sauf incinération partielle s'il y a profanation) en raison du symbole païen ou de jugement que cette pratique représente (Ge. IX, 4-6 ; Ex. XIII, 19 ; XLIX, 29 ; Lé. XVII, 14 ; XXI, 9 ; I Sa. XXXI, 11-13 ; II R. XXI, 6 ; II Ch. XVI, 12 ; Jo. VII, 15, 25 ; Jé. VIII, 1-2 ; Mt. XVIII, 9 ; Ac. XV, 20).

     Je crois qu’aussi longtemps que l’âme subsistante vit dans un corps, elle a besoin des organes corporels pour mener ses opérations parce qu’il y a des interactions ; que si le corps est malade, l’âme en est affectée et réciproquement. Je crois que l’expression du libre arbitre, de la raison, de l’intelligence peut diminuer ou se perdre par la maladie ou l’éloignement de Dieu ; que si l’homme n’est pas forcément directement responsable de l’une (maladie), il l’est toujours de l’autre (éloignement de Dieu). Je crois qu’il est réservé à l’homme de mourir une seule fois sur terre après quoi vient le jugement pour la seconde mort (de l’âme subsistante) ou la vie éternelle (Mt. XXV, 46 ; Jn. III, 16 ; I Co. VI, 9-11 ; XV, 26 ; II Co. V, 10 ; Hé. IX, 27 ; Ap. XX,11-15).

 

VII. L'Église

       Je crois que l'Église est l'assemblée appelée hors du monde (gr. Ekklesia); qu'elle a commencé du temps de Seth et qu'elle a continué dans l'assemblée (héb. qahal) d'Israël, l'assemblée des prophètes et l'assemblée des fidèles (Ge. IV, 26 ; Ex. XII, 6 ; I S. XIX, 20 ; Ps. CXLIX, 1). Je crois qu'elle a toujours désigné un reste de fidèles : la lignée sethite par rapport à celle de Caïn ; Israël par rapport au monde ; Juda par rapport à Israël ; la nouvelle Église par rapport à Juda ; l'Église fidèle par rapport à l'Église apostate.

         Je crois que l'Église a pris toute son amplitude sous la Nouvelle Alliance du fait qu'elle a été rétablie et renouvelée par Jésus-Christ, qui l'a ouverte aux convertis de toutes les nations (cf. Mt. III, 9 ; XVI, 18 ; Jn. IV, 21-23 ; Ac. X, 44-48 ; XV, 3 ; Ro. XVI, 4).

     Je crois que l'Église a une double dimension: spirituelle et terrestre ; que l'Église spirituelle ou universelle est unique et constituée d'anges, puis de tous les disciples qui ont accepté le salut et la loi du Christ et qui sont en communion par le Saint-Esprit ; je crois qu'ils forment l'épouse, le corps mystique de Jésus-Christ, la nouvelle Sion, la Jérusalem céleste, laquelle représente aussi le royaume des cieux (cf. Is. LIV, 1 ; Ac. II, 47 ; XI, 26 ; Ro. VIII, 9 ; I Co XII, 13, 27 ; II Co. XI, 2 ; Ga. IV, 21-31 ; Ép. I, 13, 22-23 ; IV, 4 ; V, 22-24 ; Col. I, 18 ; Hé. XII, 22-24 ; Ap. XIX, 7-8 ; XXI, 2, 9 ; XXII, 17). Je crois que l'Église terrestre ou locale est la manifestation visible de cette réalité invisible ; qu'elle commence là où deux ou trois personnes s'assemblent au nom de Jésus (Mt. XVIII, 20 ; Ac. XIV, 23 ; XV, 41 ; XVI, 5 ; XX, 17 ; Ro. XVI, 5, 16 ; I Co. IV, 17).

       Je crois que le Christ est le seul chef de l'Église, universelle comme locale, et qu'aucun homme ne peut revendiquer ce titre (I Co. III, 11; Ép. I, 22 ; IV, 15 ; V, 23 ; Col. I, 18). Je crois qu'aucun des douze apôtres n'a été élu chef suprême de l'Église et qu'aucune Église locale – hormis celle de Jérusalem à l'origine – n'a reçu la primauté sur les autres Églises ; je crois que le Christ est la pierre principale, la pierre angulaire, la pierre de fondation de ce saint édifice dont il est aussi le ciment ; que les douze apôtres furent les premières pierres vivantes posées dessus et sur lesquelles les autres pierres vivantes se sont ajoutées au fil du temps – disciples, prophètes, enseignants, martyrs, etc. (Mt. XVI, 18-20 ; Mc. IX, 35 ; Ac. XI, 22-26 ; XXI, 17-26 ; I Co. III, 11 ; XII, 28 ; I P. II, 4-8 ; Ap. XXI, 14).

      Je crois qu'il y a deux grands ordres dans l'Église : le sacerdoce (prêtrise) et le diaconat ; que le sacerdoce est universel, c'est-à-dire non réservé à une famille ou à une catégorie d'hommes diplômés de quelque école (autre que celle du Saint-Esprit), mais qu'il est toutefois exclusivement masculin. Je crois que les apôtres furent dans cet ordre (le sacerdoce) et que s'y inscrivent aussi ceux que la Bible nomme indifféremment ‘évêques’ ou ‘anciens’ (probablement du fait de leur maturité spirituelle et non de leur âge charnel), parmi lesquels sont aussi les pasteurs et les docteurs (enseignants) ; je crois qu'il y a également dans cet ordre les évangélistes (qui prêchent principalement la bonne nouvelle du salut en Jésus) et les prophètes qui sont un peu à part (anachorètes, ermites, gyrovagues, moines, etc.– cf. Jé. XV, 17). Je crois que ces différentes charges sont de véritables vocations et non des fonctions établies par des hommes ; qu'un disciple peut occuper plusieurs charges et que ce n'est que dans une fédération d'Églises (ou grande Église) que les spécialisations se justifient. Je crois que si plusieurs hommes se proposent à une même charge, ils doivent être tirés au sort après une prière (cf. Ac. I, 26 ; XIV, 23 ; XX, 17, 28 ; Ro. XII, 6-8 ; Ép. IV, 11-12 ; I Ti. I, 3 ; IV, 12; V, 17; Tt. I, 5-9 ; I P. V, 1-3). Je crois que dans l'ensemble le sacerdoce regroupe surtout les charges liées à l'enseignement, à la prédication, à la théologie, à la surveillance doctrinale et structurelle, aux stratégies pour le royaume de Dieu, à l'office du baptême, de la cène, à l'oraison funèbre, etc.

        Je crois que le diaconat (service) est ouvert aussi bien aux hommes qu'aux femmes ; qu'il regroupe surtout les charges liées aux œuvres de charité (répartition des biens, aide aux malades et aux plus faibles, soins, médecines, obsèques, etc.), à l'entretien, à la musique et à toutes les diverses assistances que requiert une communauté. Je crois que le diacre peut aussi occuper une charge sacerdotale, mais pas une diaconesse ; que les diaconesses peuvent enseigner d'autres sœurs, des enfants et si nécessaire des incroyants ; qu'elles peuvent avoir le don de prophétie mais qu'elles doivent passer par un frère pour qu'il transmette la parole à l'Église (Lu. II, 36 ; Ac. VI, 1-6 ; XXI, 8-9 ; Ro. XVI, 1 ; I Co. XIV, 34-35 ; I Ti. II, 11-12 ; III, 8-13).

            Je crois que les sœurs doivent être habillées de manière décente, pudique, modeste, et se couvrir la tête dans l'assemblée ; et que les hommes doivent plutôt prier et prophétiser la tête découverte en certaines circonstances (I Co. XI, 4-7 ; I Ti II, 9-10 ; cp. Ex. XXVIII, 40 ; Lé. VIII, 13). Je crois que dans l'Église et selon l'Esprit du Christ, il n'y a pas d'ordre mineur ou majeur, ni un rôle supérieur ou inférieur, digne ou moins digne, mais qu'il y a complémentarité ; que les plus grands sont toujours des serviteurs (Mt. XX, 27 ; XXIII, 11-12 ; Mc. X, 43 ; I Co. XI, 11-12 ; Ga. III, 28).

         Je crois que l'Église peut se réunir provisoirement partout (maison, appartement, forêt, montagne, etc.) en évitant toutefois les lieux trop profanes ; que dans l'idéal il faudrait un édifice spécialement construit pour Dieu et l'Église ; une sainte maison qui soit la plus distincte possible du monde profane et inspirée du tabernacle avec trois espaces différents : un espace où chacun pourrait entendre l'évangile, les louanges et où certains instruments seraient admis (de musique, enregistreur sonore mais non visuel, etc.) ; un deuxième espace où seuls les baptisés pourraient entrer et dans lequel il n'y aurait que des Bibles et des bougies, et où tout objet profane serait banni (lieu saint); un troisième espace à définir (saint des saints). Je crois qu'à défaut de pouvoir compartimenter la demeure, celle-ci devrait ressembler plus ou moins au deuxième espace précité afin que le fidèle se dépouille le plus possible de ce qui est profane, pour découvrir le sacré. Je crois que la séparation du profane et du sacré est absolument nécessaire et que le voile intérieur du temple qui s'était déchiré à la mort du Christ ne signifie nullement la fin de celle-ci, mais simplement l'accomplissement de l'Ancienne Alliance (et le commencement de la Nouvelle) qui venait ouvrir l'Église aux fidèles de toutes les nations (Ex. XXV-XXVII ; II Co. VI, 14-18 ; Ép. V, 27 ; Hé. IX, 1-28 ; X, 19-22 ; Ja. I, 27 ; I P. II, 9).

            Je crois que l'Église devrait se réunir le plus souvent possible mais au moins une fois par semaine (samedi ou dimanche), plutôt de nuit, afin que les bougies puissent symboliser la lumière du Christ qui nous éclaire intérieurement malgré les ténèbres du monde (cf. Ps. CXXXIV, 1 ; Lu. XI, 35-36 ; Jn. I, 5 ; III, 19 ; VIII, 12 ; XII, 46 ; Ac. XX, 7-8 ; XXVI, 18 ; II Co. IV, 6).

             Je crois que l'Église est la colonne et l'appui de la vérité, qu'elle doit agir pour le royaume des cieux dont elle a les clefs qui lui permettent d'ouvrir et de fermer certaines portes, de lier et délier certaines choses (Mt. XVI, 19 ; XVIII, 18 ; Jn. XX, 22-23 ; I Ti. III, 15 ; Ap. XX, 2). Je crois qu'il appartient à l'Église (et en particulier aux anciens) d'examiner rigoureusement chaque chose, chaque technique, ancienne comme nouvelle, à la lumière de la Bible et du Saint-Esprit afin de savoir si l'on peut ou non l'accepter ou l'utiliser, et dans quelle mesure ; que dans une Église fidèle tout ce qui est techniquement faisable ou efficace ne doit pas être accepté ni primer sur la morale et la vie du disciple, mais plutôt l'inverse (cf. I Th. V, 19-22). Je crois que les membres de l'Église, en cas de différends, ne devraient jamais faire appel à une juridiction étrangère (cf. I Co. VI, 4-7 ; X, 29).

        Je crois que le péché originel des Églises est le conformisme et le syncrétisme qui mènent à l'apostasie ; que la plupart des communautés qui portent aujourd'hui le nom d'Églises n'en sont pas ou plus vraiment ; que les Églises infidèles sont comparées à des femmes adultères ou à des prostituées ; que ce sont des Églises de Judas qui ont trahi le Christ, et que ces impostures sont connues depuis fort longtemps (Ps. CXIX, 158 ; Jé. II, 8 ; III, 1-2, 8 ; V, 7 ; Os. I, 2 ; IV, 12 ; Mt. XXIV, 12, 24 ; Lu. XXII, 3-6, 48 ; Ro. XII, 2 ; II Co XI, 13-15 ; II Ti. III, 13 ; II P. II, 1-3 ; I Jn. V, 21 ; Ap. II, 2-4 ; III, 9 ; IX, 20 ; XVII, 1) ; qu'en conséquence il faut en tirer les bonnes leçons pour éviter que le peuple de Dieu soit davantage détruit (Os. IV, 6).

          Je crois néanmoins que l'Église n'est pas une parenthèse historique destinée à être enlevée pour faire place à un nouvel âge (ou une nouvelle dispensation) sur terre, mais qu'il restera toujours une Église fidèle jusqu'à la fin des temps, jusqu'à la Parousie du Christ qui viendra la chercher avant d'exercer le jugement final (Mt. XXVIII, 20 ; I Co XV, 23, 51-52 ; I Th. IV, 13-18 ; II Th II, 1 ; II P III, 8-10).

 

VIII. Les deux royaumes

         Je crois qu'il y a deux royaumes : le royaume de Dieu et le royaume du mal (avec différents degrés entre les deux). Je crois que les partisans du premier souhaitent retrouver l'image de Dieu en eux, tandis que les partisans du second veulent être comme Dieu (volonté de puissance). Je crois que cette opposition est apparue chez les premiers hommes à travers deux attitudes religieuses : celle d'Abel qui accepta la révélation divine et fit une offrande symbolisant le sacrifice expiatoire du Christ, et celle de Caïn qui inventa sa religion et son propre moyen de rédemption. Je crois que Caïn fut le premier homicide et l'initiateur de la religion mythologique, de la foi imaginaire et de la société civile ou laïque (Ge. IV, 3-8, 17 ; Hé. IX, 22 ; XI, 4 ; I Jn. III, 12 ; Jud. 11). Je crois que la plupart des hommes ont suivi son exemple et se sont établis des dieux (anges, ancêtres, puissants, idoles, techniques, métaux précieux, ego, etc.) et ont institué des empires, des royaumes et des États appartenant plus ou moins au règne du mal (cf. Ge. VI, 5 ; X, 8-10 ; XI, 1-9 ; Ex. I, 13 ; XXIII, 24 ; De. XII, 30-32 ; I R. XVII, 15, 29 ; Ps. CXXXV, 15).

        Je crois qu'une minorité d'hommes sont toujours restés fidèles au royaume de Dieu, depuis Seth, le remplaçant d'Abel, jusqu'à aujourd'hui ; que le peuple d'Israël (puis de Juda) fut longtemps le représentant de ce royaume sur terre avant de sombrer progressivement dans le conformisme (mondain), le syncrétisme, puis dans l'apostasie sous des rois impies (Ex. XIX, 6 ; Jg. VIII, 23 ; I S. VIII, 6-7 ; I R. XV, 26, 34 ; XVI, 30 ; XXI, 25 ; XXII, 53).

      Je crois que Jésus est venu sur terre pour réformer ce royaume, en expliquer la profondeur et les mystères, et pour en devenir le Roi-Sacrificateur ; qu'il dut préalablement se faire serviteur et accomplir le sacrifice ultime avant d'y être sacré (Mt. II, 2 ; IV, 17, 23 ; Mc. I, 15 ; XI, 9-10 ; XV, 2 ; Lu. I, 31-33 ; IV, 43 ; Jn. VI, 15 ; X, 15-18 ; XVIII, 33-36 ; XIX, 12 ; Hé. VII, 1-17 ; X, 12 ; XII, 2 ; I P. III, 22).

       Je crois que de même que le Christ est la jonction entre le divin et l'humain, le ciel et la terre, de même le royaume de Dieu (ou des cieux) est une réalité céleste qui doit se matérialiser dans le temporel ; qu'il désigne à la fois le paradis, la venue et l'œuvre du Christ, sa maturation dans le fidèle, puis son instauration collective, soit la grande mission de convertir toutes les nations (Is. LXV, 17, 20 ; Mt. V, 1-12 ; VI, 10 ; VIII, 11 ; XII, 28 ; XXVIII, 18 ; Lu. XVII, 21 ; Ap. XX-XXI).

      Je crois que le royaume de Dieu ne peut pas être vraiment compris sans être né de l'Esprit et qu'en conséquence la majorité des chrétiens ont généralement suivi une foi imaginaire ou très partielle (Lu. VIII, 10 ; Jn. III, 3) ; que Jésus annonça que le royaume serait donné à une autre nation qu'Israël mais que la plupart de ceux qui s'y réclament n'en sont pas (Mt. VII, 21-23 ; XXI, 43 ; Lu. VI, 46 ; I P. II, 9). Je crois qu'il est plus difficile aux riches de le vouloir et d'y entrer, aussi bien dans le temporel (en raison du partage et du fait qu'il ne faudrait plus ni riche ni pauvre) que dans le céleste (Pr. XXX, 8-9 ; Mt. XIX, 23-24 ; XXV, 34-46 ; Lu. XVIII, 24-25 ; Ac. II, 44-46).

           Je crois que le royaume de Dieu doit primer dans la vie du disciple de Jésus-Christ et que l'usage de la force n'est pas illégitime pour atteindre ce but (Ps. CXLIX, 5-9 ; Mt. VI, 33 ; XI, 12 ; Lu. IX, 62 ; XII, 31 ; XVI, 16 ; XIX, 27 ; XXII, 36) ; que tous ceux qui ne sont pas avec Christ et pour son royaume sont contre lui et donc pour le règne antichrist (Mt. IV, 8-10 ; VI, 24 ; Lu. IV, 5-7 ; XI, 23 ; I Jn. II, 18) ; qu'ils servent à degré variable l'esprit du mal (dragon), la Bête (États, puissances organisées) et portent déjà spirituellement sa marque, le 666, qui représente l'accumulation des imperfections et la volonté de puissance (cf. Ap. XIII). Je crois qu'ils sont sous une puissance d'égarement (II Th. II, 10-12).

        Je crois que le principe, le règne, l'autorité, la domination, le pouvoir, la puissance, la seigneurie (gr. arkhé, basileia, exousia, dunamis, kuriotês) appartiennent à Dieu seul ; que les esprits et les hommes (et leurs idoles) qui exercent l'autorité indépendamment du Seigneur sont des usurpateurs et des tyrans qui asservissent au lieu de servir Dieu et leurs prochains ; que Jésus-Christ les a tous dépouillés et que ses disciples doivent suivre la même voie en commençant à renoncer eux-mêmes à la volonté de puissance (Mt. V, 10 ; XX, 25-26 ; XXIII, 8-12 ; Jn. XV, 20 ; I Co. XV, 24-25 ; Ép. I, 20-21 ; Col. II, 15). Je crois que ni une théocratie non christique ni une monarchie, ni une autocratie ni aristocratie, ni une oligarchie ni une ploutocratie, ni une démocratie ni une ochlocratie, ni une scientocratie ni une technocratie, ni une dictature du prolétariat ni aucune autre forme de gouvernement ou d'ordre n'est légitime ; que sous ces différents régimes le disciple du Jésus-Christ est forcément anarchiste (an-arkhé) et étranger, c'est-à-dire négateur de toute autorité ; qu'il ne doit ni prêter serment ni exercer quelque fonction liée à l'ordre ou au pouvoir impie, à moins que ce soit pour le noyauter (Ps. LXVIII, 19 ; CXIX, 19 ; CXXVII, 1 ; Mt. V, 34-37 ; Lu. IV, 5-7; XVI, 8-13; II Co. V, 20; Ja. IV, 4 ; V, 12 ; I Jn II, 15) ; qu'il peut néanmoins se résigner à l'autorité en place de manière relative et partielle aussi longtemps que celle-ci ne s'éloigne pas trop de la vraie justice (cf. Éz. XXXIV, 2-25 ; Ro. XIII, 1-7). Je crois que la seule bonne hiérarchie est le Christ en tant que chef de l'homme, l'homme comme chef de la femme, et les deux comme chefs des enfants ; mais que cela aussi est relatif dans la mesure où chacun doit d'abord obéir au Seigneur qui est notre seul vrai Juge, Législateur et Roi (Is. XXXIII, 22 ; Ac. V, 29 ; I Co. XI, 3 ; Ép. V, 23 ; VI, 1).

         Je crois que la Christocratie terrestre permettrait de lier l'action de l'esprit du mal (cf. Mt. XVIII, 18 ; Ap. XX, 1-10) ; que si elle ne sera jamais parfaite en raison des manquements des hommes, le fait même qu'elle restera un point de mire contribuera à l'améliorer en permanence, à progresser dans la sagesse et la connaissance, et donc à en faire l'ordre le plus souhaitable. Je crois que les piliers d'une Christocratie sont les deux lois fondamentales (aimer Dieu en premier, puis son prochain comme soi-même), la règle d'or (faire aux autres ce qu'on aimerait qu'ils fassent pour nous), la liberté et l'égalité chrétiennes (Is. LVIII, 6 ; Mt. VII, 12 ; XXII, 36-40 ; Jn. VIII, 32; Ac. II, 44-46 ; IV, 32-35 ; Ga. V, 1 ; Ja. II, 12).

 

IX. Le salut

        Je crois que le salut s’obtient par la foi en la grâce de Dieu accomplie par l’œuvre rédemptrice de Jésus-Christ sur la Croix ; que l'homme est ainsi justifié sur cette base (Lu. II, 30-32 ; Jn. III, 16-17 ; Ac. IV, 12 ; XIII, 26-39 ; XVI, 30-31 ; Ro. V, 1 ; X, 9 ; Ép. I, 7 ; II, 8-9 ; I P. I, 9, 18-19).

      Je crois que cette grâce de Dieu appelle tous les hommes, sans distinction, et qu’aucun n’est prédestiné à la damnation mais qu’au contraire tous le sont au salut ; qu’il y en a cependant peu qui y répondent et qui persévèrent dans la foi, et que ceux-ci sont appelés les élus (Mt. XXII, 14 ; Ro. VIII, 29-30 ; Ép. I, 4-5, 11 ; I Ti. II, 4 ; Tit. II, 11 ; II P. III, 9 ; I Jn. II, 2).

        Je crois que la bonne tristesse produit la repentance, laquelle précède l’espérance qui réveille la foi, laquelle est ‘la substance des choses qu’on espère, la démonstration de celle qu’on ne voit pas’ (Mt. IV, 17 ; Lu. XXIV, 46-47 ; Ac. II, 38 ; III, 19 ; I Co. XIII, 13 ; II Co. VII, 9-10 ; Ép. II,8 ; Hé. XI, 1). Je crois que malgré la ferme assurance que peut avoir un élu, il doit demeurer toujours dans une attitude équilibrée de pénitence et de foi, afin que la joie intérieure que lui procure la grâce ne se transforme pas en une espérance présomptueuse, et qu’inversement la tristesse occasionnée par sa condition de pécheur et par ce monde impie ne le fasse pas sombrer dans le désespoir (Ps. XXXIV,18/19 ; LI, 17/19 ; Mt. V, 4 ; Jn. XVI, 20 ; II Co. VI,9-10 ; I Th. V, 16 ; Ja. IV, 9).

        Je crois que l’homme, étant pécheur, ne peut nullement se sauver lui-même par les œuvres de la loi, puisque le péché est précisément la transgression de la loi divine devant laquelle tous sont coupables (Ec. VII, 20 ; Is. LXIV, 5/6 ; Ro. III,20-28 ; VII, 14-25 ; XI, 26 ; Ga. II, 16 ; III, 11-13). Je crois néanmoins que l’homme doit s’appliquer à pratiquer les œuvres de la loi christique, non pas pour être justifié par elles mais parce que cela témoigne d’une vraie foi, la renforce, l’augmente et participe à la sanctification du fidèle ; je crois donc que celui qui dit avoir la foi sans pratiquer quelques bonnes œuvres (démonstration de l’amour de Dieu et du prochain, séparation d'avec le monde, engagement pour le royaume, etc.) l’a perdue ou poursuit une foi imaginaire ; je crois que ce n’est pas l’absence de bonnes œuvres qui éloigne du salut par la grâce, mais l’absence de foi dont témoignent les œuvres mortes (Mt. V, 16 ; I Ti. VI, 18 ; Hé. VI, 1 ; X, 24 ; Ja. II, 14-26 ; IV, 4).

         Je crois en cet équilibre entre la grâce et la loi pour le salut ; je crois que le salut est gratuit mais qu’il nous pousse à porter notre croix et à suivre le chemin étroit que Jésus nous a tracé (Mt. VII, 13-14 ; X, 37-38 ; XVI, 24 ; Lu. XIV, 27 ; Jn. XIV, 6).

       Je crois par ailleurs à la nécessité d’une forme de ‘salut’ collectif et temporel sur terre, à travers le royaume de Dieu que les fidèles doivent mettre en place pour l’amélioration de la condition humaine (cf. Mt. VI, 33 ; XXVIII, 19 ; Lu. XVII, 21 ; Ac. II, 44-46 ; IV, 32-35 ; I Co. IV, 20 ; Col. IV, 11 ; Ap. I, 9 ; XII, 10).

        Je crois que le salut, les normes et la sagesse de Dieu sont considérés comme un scandale ou une folie pour ceux qui périssent, et qu’en conséquence le fidèle ne doit pas hésiter à se faire fou, selon la science et les critères mondains, afin de devenir sage (Is. XXIX, 24 ; Ro. I, 22 ; I Co. I, 18-27 ; II, 14 ; III, 18-19 ; IV, 10 ; Ac. XXVI, 24-25).

      Je crois que tous les fidèles qui ont vécu avant Jésus-Christ ont été sauvés de la même manière, quoiqu’ils n’eussent pas encore reçu toutes les révélations que nous avons en Christ (Pr. XXI, 3 ; Is. I, 11-17 ; LIII, 4-5 ; LVIII, 6-8 ; Ha. II, 4 ; Ro. I, 17 ; IV, 13-22 ; Hé. XI, 1-40).

       Je crois que ceux qui négligent un si grand salut ne pourront pas être sauvés et que ceux qui n’en ont jamais entendu parler (ou alors seulement dans une version déformée) seront jugés selon les lumières qu’ils ont reçues et selon leurs œuvres, de la manière la plus juste qui soit (Mt. XVI, 27 ; Jn. III, 36 ; Ro. II, 5-16 ; Hé. II, 3). 

 

X. Saintes Écritures et théologie

         Je crois que les Saintes Écritures forment la révélation écrite la plus divinement inspirée ; que les soixante-six Livres canoniques ont reçu l'inspiration la plus élevée mais qu'au moins quatre Livres deutérocanoniques (Maccabées, Sagesse, Ecclésiastique, Baruch) sont aussi partiellement inspirés (septante) ; que d'autres écrits peuvent l'être et servir à la foi mais qu'inférieurement. Je crois que la sélection des Livres du canon biblique n'a pas été le fruit de l'arbitraire humain mais de l'Esprit.

           Je crois que bien que l'on ne possède plus les manuscrits autographes, les nombreux copistes n'ont pas omis de retranscrire les vérités essentielles ; que les nombreuses traductions, malgré quelques défauts inévitables, permettent généralement encore de les saisir (cf. Is. LV, 11 ; Mt. XXIV, 35).

       Je crois en l'historicité de la Genèse, au fait que ce Livre des origines est le seul qui contient fidèlement les récits transmis de père en fils depuis le premier homme (en opposition aux mythes et déformations).

        Je crois que la Bible renferme la Parole de Dieu écrite, qu'elle est l'unique source infaillible de la vérité, la loi et la sagesse supérieures, l'autorité suprême en matière de foi et de pratique (Ps. CXIX, 160 ; Jé. XXX, 2 ; Mt. V, 18 ; Jn. XVI, 12-13 ; XVII, 17 ; I Co. XIV, 37 ; I Th. II, 13 ; II Ti. III, 15-17 ; Hé. IV, 12 ; II P. I, 20-21). Je crois que la Bible ne peut pas être bien comprise ni bien interprétée sans la foi et l'aide de l'Esprit ; que la lire sans cela revient à lire une lettre en pleine nuit, sans lumière, donc une lettre morte (cf. Ps. CXIX, 105 ; Mt. XXII, 29 ; Jn. V, 39 ; II Co. III, 6 ; IV, 6). Je crois qu'il faut l'aborder dans l'humilité et la pénitence pour en retirer toutes les richesses, le sens profond et ce qu'elle peut nous enseigner dans notre présent ; je crois que ce n'est pas un livre de recettes mais une parole vivante qui nous oblige à réfléchir et à nous questionner. Je crois qu'une lecture ‘scientiste’, pseudo-savante ou historico-critique n'a pratiquement aucun intérêt, à l'inverse d'une lecture fidéiste (cf. II Co. X, 5 ; Col. II, 8 ; Ja. IV, 5).

          Je crois qu'aucune école, aucune université, aucune institution humaine ne peut aider qui que ce soit à appréhender les Écritures mais que seule la volonté de l'homme, l'expérience et l'école du Saint-Esprit sont les bons pédagogues.

       Je crois néanmoins que si la foi est indispensable, l'intelligence de la foi n'est pas superflue ; que la vraie théologie est la science la plus importante si elle désigne l'apprentissage et l'intelligence de la foi. Je crois que tout homme est invité à devenir savant de cette manière.

       Je crois au double sens de l'Écriture : littéral et spirituel ; que le sens spirituel est le plus important mais aussi le plus difficile, puisque multiple. Je crois que l'Ancien et le Nouveau Testaments ne s'excluent pas mais se complètent ; que les six ‘alliances’ (adamique, sethite, noachique, abrahamique, mosaïque, davidique), appelées ‘Ancienne alliance’, préparaient et annonçaient toutes, d'une manière ou d'une autre, la Nouvelle Alliance, excellente et éternelle, qui est l'Alliance Christique (Ge. I, 26-30 ; II, 17 ; III, 16-19 ; IV, 26 ; VI, 18 ; IX, 1-19 ; XVII, 1-27 ; XXIV, 7 ; Ex. XX, 1-17 ; XXIV, 7 ; De. XXVII-XXX ; II Sa. VII, 8-16 ; XXIII, 1-7 ; Mt. XXVI, 28 ; II Co. III, 6 ; Hé. VII, 22 ; XIII, 20).

   Je crois que la Parole de Dieu est à la fois douce (grâce/liberté/résurrection) et amère (sanctification/loi/crucifixion).

       Je crois que la lecture dialectique, par la foi et avec l'aide de l'Esprit, est la meilleure façon d'interpréter la Bible en ce qu'elle permet de tenir compte de l'Écriture dans son ensemble et de trouver l'équilibre entre deux propositions a priori contradictoires, comme par exemple la Loi ancienne (justice/loi) et la Loi nouvelle (charité/grâce), l'amertume et la douceur (cf. Ap. X, 10). Je crois que dans un monde idéal la Loi nouvelle suffirait en soi mais pas dans un monde où l'homme est spirituellement immature ; je crois que l'homme est spirituellement trop handicapé pour se passer de l'un ou l'autre Testament ; que sans le Nouveau Testament, il tombe dans le légalisme et le formalisme religieux, et sans l'Ancien il choit dans le laxisme et une grâce chimérique. Je crois que l'homme a donc besoin de ces deux béquilles et de l'assistance de l'Esprit Saint pour tenir en équilibre et marcher droit.

        Je crois que la pertinence de la dialectique se démontre très facilement, par exemple avec l'opposition biblique entre l'interdit de tuer et la recommandation de se défendre contre les agents du mal dont la synthèse est l'interdiction de verser tout sang humain ‘innocent’ (cf. Ex. XX, 13 ; XXI, 12-14 ; Lé. XX, 10-16 ; De. XIX, 10-13).

      Je crois que la théologie hétérodoxe (‘autre/différente opinion’) est supérieure à toutes les théologies conformistes et homodoxes, parce que celles-ci suivent l'air du temps, qui est changeant, tandis que celle-là suit l'Esprit de Dieu qui est immuable.

      Je crois qu'il peut y avoir diversité d'interprétations sur certains mystères sans que cela n'occasionne de division, mais que ce qui apparaît clairement tout au long de la Bible ne peut nullement être invalidé par quelque homme ou science que ce soit. Je crois que la vérité est toujours du côté de Dieu (Ro. III, 4).

 

XI. Sacrements, unions, lois

        Je crois qu'il y a trois sacrements : le baptême, la sainte cène, l'amour ou la charité (Mt. XXII, 36-40 ; Mc. XVI, 16 ; Lu. XXII, 17-20).

      Je crois que le baptême d'eau doit se faire par immersion, sur confession de foi (donc à l'âge de raison), au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ou simplement au nom de Jésus-Christ (Mt. XXVIII, 19 ; Ac. II, 37-38 ; VIII, 36-38). Je crois que le baptême d'eau signifie que le disciple se repent et reconnaît la mort et la résurrection du Seigneur ; qu'il s'identifie au Maître pour mourir à lui-même et renaître spirituellement ; qu'il renonce au monde et à ses œuvres mortes pour s'engager pour le royaume de Dieu ; qu'il témoigne de son entrée dans l'Église universelle et du baptême du Saint-Esprit qu'il a déjà reçu ou qu'il attend avec foi (Jn. XX, 22 ; Ac. I, 5-8 ; II, 1-4, 38-47 ; VIII, 15-17 ; XIII, 24 ; XIX, 1-7 ; Ro. VI, 1-11 ; I Co. XII, 13 ; Ga. III, 27 ; Col. II, 12). Je crois qu'il n'est pas besoin de formation préalable pour baptiser ou être baptisé mais seulement d'une conversion au Seigneur Jésus et d'une résolution ferme et décidée à le suivre.

       Je crois que le baptême des tout-petits n'est pas interdit mais simplement inutile dans la mesure où seul le baptême volontaire, sur confession de foi, est valable ; que personne ne naît disciple de Jésus, mais qu'on le devient par la repentance, la foi et l'engagement (cf. Ps. LI, 7 ; Mt. XVI, 24 ; Jn. XI, 25-27 ; Ro. IV, 16 ; X, 9 ; Ph. III, 8-10 ; II Ti. III, 15). Je crois que si quelqu'un s'est converti mais meurt avant d'avoir pu être baptisé, un autre peut se faire baptiser en son nom (I Co. XV, 29).

       Je crois que la sainte cène est la commémoration symbolique du corps de Jésus-Christ livré pour nous et du précieux sang de l'Alliance versé pour nos péchés ; que le pain qui est pris lors de cette cérémonie symbolise son corps et qu'il doit donc être préparé sans levain (ni levure) et de préférence par un frère ou une sœur, et que le vin symbolise son sang (Ex. XII, 7-11 ; Mt. XXVI, 26-30 ; Mc. VIII, 15 ; Jn. VI, 51 ; I Co. V, 6-8 ; Ga. V, 9 ; Hé. IX, 11-20). Je crois que ce rite peut être fait une fois par année (jeudi saint ou Pâques) ou plus, mais que nul ne doit prendre la cène sans discernement ou indignement, c'est-à-dire sans en comprendre le mystère et sans faire pénitence et actions de grâces (cf. I Co. XI, 25-30).

     Je crois que l'amour (charité ou dilection) est à la fois un sacrement et une loi christique ; que ce sacrement désigne plutôt la mise en pratique concrète de la dilection, c'est-à-dire la capacité à sacrifier sa vie pour Jésus-Christ et son Royaume, comme lui-même l'a sacrifiée pour nous (Mt. X, 34-40 ; Jn. XV, 13-14). Je crois que ce sacrement est le plus difficile à suivre mais que nul ne peut vraiment se dire disciple de Jésus-Christ, Chrétien ou Christocrate, s'il n'est pas prêt à suivre le Maître jusqu'au bout, à être persécuté pour son Nom et même à mourir pour Lui et son Règne (cf. Mt. V, 10 ; VI, 33 ; Mc. X, 29-30 ; Lu. IX, 24 ; XIX, 27 ; Jn. XII, 25 ; XV, 19-20 ; Ac. XV, 26 ; Ro. VIII, 38-39 ; Ph. I, 21 ; II Ti. III, 12 ; Ap. XII, 11).

      Je crois que l'union ou le mariage (gr. gamos) n'est pas un sacrement, puisque cette forme d'amour existe aussi chez les profanes, mais qu'elle est une chose honorable selon la Loi. Je crois que la Bible ne reconnaît que trois formes d'unions : le célibat volontaire pour le royaume de Dieu, qui est l'union suprême puisque mue par la dilection (Mt. XIX, 10-12 ; I Co. VII, 1-9, 32-38) ; l'union entre un homme et une femme pour devenir une seule chair, au sens propre (enfant) ou figuré (Ge. II, 24 ; Mc. X, 6-8) ; puis la polygynie qui est la dernière forme tolérée d'union, notamment pour faire de grandes familles (cf. Ge. XVI, 1-3 ; XXV, 1 ; XXX, 1-22 ; Ex. II, 21 ; No. XII, 1 ; Jg. VIII, 30 ; II S. V, 13 ; I R. XI, 3).

    Je crois que toutes les autres formes d'unions ou de relations sexuelles (zoophilie, pédophilie, polyandrie, homosexualité, pornographie, orgie, sodomie, etc.) sont des perversions ou des abominations condamnées par la Bible (cf. Ge. XIII, 13 ; XVIII, 20 ; XIX, 4-11 ; Lé. XVIII, 6-24 ; XX, 10-22 ; Mt. XVIII, 6 ; Ro. I, 26-27 ; I Co. VI, 9-10 ; Ga. V, 19 ; Ép. V, 5 ; I Ti. I, 9-10 ; Hé. XIII, 4). Je crois que l'adultère, soit le fait pour un homme de prendre la femme d'un autre et pour une femme toute relation extraconjugale, est condamné (Ex. XX, 14 ; Lé. XX, 10 ; II S. XII, 7-9 ; Mt. XIX, 9-10) ; que le divorce ou la séparation, sauf pour cause d'infidélité (charnelle ou spirituelle), est proscrit (Mt. V, 31-32). Je crois que dès qu'il y a rapport charnel il y a union, et que le seul mariage valable se fait devant Dieu et en conformité à sa Loi (cf. Is. XXXIII, 22).

       Je crois que Jésus n'est pas venu pour abroger la Loi ancienne mais pour l'accomplir et l'abréger, en rappelant notamment les deux principaux commandements qui les résument tous : 1. Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée ; 2. Aimer son prochain comme soi-même (cf. Mt. V, 17-20 ; XXII, 36-40 ; Mc. XII, 30-31 ; Lu. X, 27 ; Jn. XIV, 15 ; I Jn. II, 3-4 ; III, 24 ; V, 3 ; II Jn. I, 6 ; Ap. XIV, 12). Je crois que par ‘prochain’ il faut d'abord entendre les frères et les sœurs en Christ, ensuite les personnes charitables, et moins les impies puisque l'amour du prochain ne doit pas se transformer en détestation de soi ni en inimité contre Dieu (cf. Ps. CXXXIX, 21-22 ; Mt. XII, 48-50 ; Mc. III, 33-35 ; Lu. X, 29-37 ; Jn. XIII, 35 ; II Co. VI, 14-15 ; Ja. IV, 4 ; I Jn. II, 15). Je crois qu'aimer Dieu consiste, entre autres, à ne pas avoir d'autre loi que la sienne, à ne pas adorer qui que ce soit d'autre que Lui (y compris la sainte Vierge et les saints) et à ne pas se conformer au monde actuel (cf. Ex. XX, 3 ; Jé. IX, 12-14 ; Ro. XII, 2). Je crois que les dix commandements ont tous été confirmés, d'une manière ou d'une autre, sous la Nouvelle Alliance, à l'exception du sabbat qui peut être un samedi ou un dimanche – ou les deux (cf. Ac. XIV, 15 ; XX, 7 ; I Co. VI, 9-10 ; Ép. IV, 28 ; V, 3 ; VI, 1-2 ; Col. II, 16-17 ; III, 9 ; Ja. V, 12 ; I Jn. III, 15 ; V, 21 ; Ap. XXI, 8).

      Je crois que les autres commandements anciens sont aussi valables (ne pas se tatouer, se faire des incisions ou des piercings ; ne pas imiter les coutumes et modes païennes ; ne pas pratiquer l'usure et le prêt à intérêt ; ne pas se livrer à la magie, l'astrologie, le spiritisme, etc.), hormis ceux concernant spécifiquement l'Israël antique et la sacrificature, puisque l'Israël spirituel, la nouvelle Église, reconnaît le sacrifice ultime (cf. Ex. XXII, 24-25 ; Lé. XIX, 28 ; XX, 23 ; XXV, 36-37 ; De. XVIII, 10-12 ; Jé. X, 2 ; Ro. IX, 6-8 ; Ga. VI, 16 ; Hé. VII, 26-28 ; X, 1-2).

        Je crois que l'interdit de l'idolâtrie ne concerne pas seulement la forme ancienne de culte des statues et des images mais également les formes nouvelles et plus insidieuses, comme la technolâtrie (addiction ou vénération des techniques), le culte de soi (selfies, vidéos, exhibitionnisme), le culte de la politique, du sport, des jeux, des animaux de compagnie, des acteurs, de l'argent, etc. (cf. Ex. XX, 3-5).

      Je crois que la surveillance de masse (espionnage/voyeurisme) est aussi une violation de la Loi biblique et de la liberté chrétienne.

         Je crois que contrairement aux lois humaines qui reposent sur la loi du plus fort (donc du mal), la Loi du vrai Législateur est une garantie de la liberté et de l'intérêt général en ce qu'elle condamne tout ce qui réduit, asservit, pervertit, avilit et méprise l'homme, et qu'elle favorise au contraire tout ce qui élève son âme. Je crois donc à l'autorité de la Loi du Christ, qui est la Loi de la Liberté (cf. I Ch. XXI, 1 ; Is. XXXIII, 22 ; Ps CXIX ; Lu. IV, 18-19 ; Jn. VIII, 32-36 ; Ga. IV, 30-31 ; V, 1 ; I Co. VI, 12 ; VII, 21 ; X, 29 ; Ja. II, 12 ; I P. II, 16).

 

XII. Fin des temps, mort, résurrection, éternité

         Je crois que l'humanité non régénérée se dirige naturellement vers le pire – aussi bien par entropie que ‘néguentropie’ –, en raison de la malédiction du péché qui se répète et s'accroît lorsque qu'il n'y a pas de repentance (gr. metanoïa, changement de pensée ou d'intention) ; qu'elle est par conséquent gouvernée par l'esprit du mal (cf. Ge. III, 5 ; VI, 5 ; Ps. XIV, 1-3 ; Mt. XV, 19 ; Lu. IV, 5-8 ; Ro. I, 28-32 ; Ép. II, 1-3). Je crois que la Bête (États/puissances organisées) est le sbire de l'esprit du mal et que la majorité des hommes la suivent et portent déjà spirituellement sa marque (front), le 666, qui représente l'accumulation des péchés des impénitents qui veulent atteindre par eux-mêmes – sans l'aide de Dieu et sa sainte Loi – l'ordre, la justice, la liberté et la perfection (7), velléités qui se transforment inévitablement en désordre, en injustices, en esclavages et en imperfections ; que cette marque peut devenir une réalité matérielle (main) par tatouage, puçage ou quelque autre moyen de contrôle et de ‘sécurité’ que les fidèles doivent refuser quoi qu'il en coûte (cf. Ap. XIII).

         Je crois que la fin des temps telle qu'annoncée par les saints prophètes décrit un monde où la volonté de puissance, le contrôle du vivant, l'idolâtrie (ou la technolâtrie), l'injustice, la perversion, la haine de Dieu, du Christ et de sa sainte Loi atteindraient leur paroxysme ; un monde d'inversion du bien et du mal (cf. Is. V, 20 ; LIX, 7-8 ; Ps. LII, 3-5 ; CIX, 4 ; Pr. XXVIII, 4-5 ; Da. VII, 24-27 ; Mt. XXIV, 10-12 ; Jn. III, 20 ; Ro. I, 18-32 ; II Ti. III, 13 ; IV, 3 ; Ap. XVII, 3). Je crois que la fin des temps aurait déjà pu arriver plusieurs fois dans l'histoire puisque l'esprit de l'antichrist est présent depuis longtemps et qu'il y a eu et qu'il y a plusieurs antichrists (cf. I Jn. II, 18 ; IV, 3). Je crois que l'Antichrist (singulier) n'est pas forcément une personne mais peut être une entité ou un système ; que la Bible en parle parfois comme d'un personnage dans la mesure où ses prédécesseurs se sont présentés ainsi, mais que la prophétie parle en figure, a de multiple sens, une portée lointaine et se réactualise (cf. Da. IX, 27 ; Mt. XXIV, 15 ; II Th. II, 3-7 ; II P. I, 20-21 ; Ap. XIII, 13-18).

      Je crois que jusqu'à présent une minorité de fidèles ont permis de ‘retenir’ la pleine réalisation du règne antichrist malgré l'apostasie galopante. Je crois que le scénario apocalyptique d'une évolution du mal sur terre avant le jugement final est probable mais pas inéluctable ; que les prophéties négatives dépendent toujours du comportement des hommes, en particulier de ceux qui les reçoivent (cf. II Ch. XII, 5-7 ; Ps. LXXVIII, 38 ; Jon. III, 3-10) ; qu'en conséquence il appartient à ceux qui les connaissent d'œuvrer activement pour le royaume de Dieu afin de prendre une autre direction ; que le millenium pourrait alors désigner cet âge d'or qui verrait l'esprit du mal lié et le triomphe de la vraie foi (Mt. VI, 10, 33 ; XVI, 19 ; XVIII, 18 ; Lu. XIX, 27 ; Ap. VI, 2 ; XIX, 11-15 ; XX, 1-6). Je crois que le conformisme, l'indifférence ou l'attente passive est une forme de complicité ou de consentement ; que cette attitude nuit à la foi et fait disparaître le katechon ; que c'est à cause de cela que l'on commence à voir le règne de l'antichrist progresser mondialement avec tout son cortège de crimes (immoralités, cruautés, injustices, inégalités sociales, technolâtrie, décréation, pollutions aériennes, visuelles et sonores, surveillance de masse, homicides prénataux et postnataux, eugénisme, hybridations, procréations artificielles, transhumanisme, etc.) ; qu'il faut s'en séparer et s'organiser pour s'en libérer.

        Je crois que l'expression ‘jour de l'Éternel’ ou ‘jour du Seigneur’ peut désigner un dimanche (Ap. I, 10), mais plus souvent une intervention divine imminente (avec ou sans les fidèles) qui freine la progression d'un règne impie, ou alors le grand jour de la fin où le Seigneur exercera le Jugement (cf. Is. II, 12 ; XIII, 6 ; Éz. XIII, 5 ; XXX, 3 ; Jo. I, 15 ; II, 1, 11; Am. V, 18-20 ; Ab. 15 ; So. I, 7, 14 ; Za. XIV, 1 ; Ac. II, 20 ; I Co. V, 5 ; II Co. I, 14 ; I Th. V, 2 ; II Th. II, 2). Je crois que le sens de la vie charnelle est la mort ; que tout homme, à cause du péché, est condamné à mourir physiquement et qu'aucun remède humain ne le sauvera (Ro. VI, 23 ; Hé. IX, 27). Je crois qu'après la mort, l'âme subsistante se détache du corps et reste consciente ; que l'âme des impies et de ceux qui ont refusé la grâce est tourmentée proportionnellement à ce qu'ils ont fait, tandis que l'âme des justifiés vit une première forme de félicité (Lu. XVI, 19-31 ; XXIII, 42-43 ; Ro. VIII, 6, 38-39 ; Jn. VI, 63). Je crois que cet état durera jusqu'à la Parousie du Seigneur pour le jugement final où les morts et les vivants ressusciteront (Da. XII, 2 ; Jn. V, 22, 29 ; VI, 39 ; I Co. VI, 14 ; XV, 51-58 ; I Th. IV, 13-18 ; I Jn. II, 28).

        Je crois que les déchus seront confrontés à leurs fautes puis définitivement anéantis dans une sorte de feu – comme des déchets dans une décharge (gay-hinnom) – ainsi que leur maître Satan et tous les esprits mauvais, et en dernier lieu la mort et le séjour des morts ; de sorte que tous les partisans du règne du néant finiront conformément à ce qu'ils ont été et qu'ainsi plus aucun mal n'existera (cf. Jé. II, 5 ; Mt. X, 28 ; XXIII, 33 ; XXIV, 51 ; XXV, 41 ; Mc. IX, 43-44 ; I Co. XV, 26 ; Ap. XX, 10, 14).

       Je crois que les fidèles auront un corps nouveau, glorieux et incorruptible, et vivront dans le paradis, dans une nouvelle terre et de nouveaux cieux, avec une nouvelle Jérusalem, dans une parfaite béatitude, dans un cadre et un bonheur qui dépassent toute espérance et toute imagination, et cela pour l'éternité, dans la présence du Seigneur (cf. Mt. XXV, 46 ; Jn. III, 16, 36 ; VI, 39 ; Ro. VI, 22 ; I Co. VI, 14 ; XV, 42-44 ; Ph. III, 20-21 ; I Ti. VI, 12 ; II P. III, 4-14 ; I Jn. V, 11 ; Ap. XXI, 1-27 ; XXII, 1-5).