Confusionnisme évangélique

« Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus…» (La Bible, Matthieu VII, 22-23)


Introduction

L’histoire nous a montré les erreurs des Églises catholique-romaine et orthodoxe: Jésus et les Apôtres n’ont jamais enseigné le papisme, ni à adorer des images, ni à prier Marie et les Saints, par exemple. Cela étant, ces choses sont suffisamment connues sans qu'il ait vraiment besoin d'en rajouter. On pourrait alors éventuellement se pencher sur les Témoins de Jéhovah, les Mormons et toutes les autres sectes modernes made in USA. Mais là encore, il nous semble assez inutile de trop s'attarder sur elles, non seulement parce que leurs doctrines fallacieuses et non-bibliques ont déjà été suffisamment exposées par d'autres chrétiens, mais aussi parce que ces sectes américaines et celles qui leur ressemblent sont bien trop nombreuses pour les étudier toutes séparément. Par ailleurs, s'il faut retenir quelque chose d'elles, c'est qu'elles n'ont été finalement qu'un formidable moyen de division des chrétiens. De plus, quoique différentes sur quelques aspects, ces sectes partagent généralement une même généalogie protestante (Réforme magistérielle) et aussi le même mammonisme, le même conformisme, le même confusionnisme que la branche que nous allons exposer ci-après, si bien qu'au final les correspondances sont assez simples à établir.

 

Nous traiterons donc ici des évangéliques, qui forment un mouvement néo-protestant très hétéroclite et très actif, mais dont les dérives sont aussi nombreuses que ses composantes. 

 

Pourquoi parler des évangéliques ?

Ce sujet semble important à traiter pour au moins trois raisons. Primo, parce que les mouvements évangéliques sont les principaux vecteurs d'expansion du "christianisme". En effet, un quart des deux milliards de chrétiens appartiennent aujourd'hui à cette famille "spirituelle". Secundo, parce que les évangéliques sont souvent les plus "zélés" pour annoncer l'Évangile et théoriquement les plus "biblocentrés" en matière de théologie. Et tertio, parce que ce sont souvent les premiers à critiquer les dérives des autres confessions chrétiennes. Or, nous verrons ici que les catholiques du Vatican ne sont pas vraiment les seuls à vivre à l'opposé du "vœu de pauvreté" des premiers chrétiens, et que le conformisme et le syncrétisme ne touchent pas uniquement les vieilles institutions religieuses impériales ou étatiques.

 

Origine du mot et brève histoire du mouvement "évangélique"

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut déjà commencer par écarter tout malentendu concernant les termes "évangélique" et "évangéliste". Car ces mots sont tous deux tirés du grec euangelion qui signifie simplement "bonne nouvelle", c'est-à-dire celle du Salut en Jésus-Christ rapportée dans les quatre Évangiles. Ainsi sont appelés "évangélistes" en premier lieu les auteurs des Évangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean), puis tous les chrétiens qui annoncent et retransmettent cette bonne nouvelle (Act. XXI, 8; Éph. IV, 11). Quant à l'adjectif "évangélique", il signifie premièrement "conforme ou relatif à l'Évangile". En ce sens, tout chrétien ou toute production chrétienne est a priori "évangélique".

 

Mais c'est vraisemblablement à partir du XVIe siècle, lors de la Réforme, que certains se feront plus spécialement connaître comme "évangéliques". Étant donné que la Réforme magistérielle était portée aussi bien par les disciples de Luther que par ceux de Calvin (sans parler de Zwingli), les luthériens se diront "évangéliques" pour se distinguer des calvinistes qui, eux, resteront plus connus sous le nom de "réformés" (bien que tous les protestants peuvent également être appelés ainsi). Cette tradition se prolongea plus ou moins au sein des "Églises" luthériennes institutionnelles ou étatiques dont plusieurs sont encore aujourd'hui dites "évangéliques". Mais ce n'est pas d'elles que nous parlerons ici, bien qu'elles aient précédé leurs petites sœurs dans les funestes dérives, voire dans l'apostasie.

 

Au XVIIe siècle, alors que le luthéranisme commençait déjà à s'étioler (religion institutionnelle oblige), un renouveau protestant vit le jour sous l'impulsion du théologien luthérien Philippe-Jacob Spener: le piétisme. Comme son nom l'indique, ce mouvement se voulait d'abord un retour à la piété, c'est-à-dire à un attachement religieux plus strict et authentique, mais également à une foi plus "vivante" et "émotive" que le luthéranisme classique. L'accent était aussi mis sur une "transformation personnelle". Le piétisme participera ainsi activement aux réveils religieux du XVIIIe siècle qui secouèrent les pays protestants, notamment à travers les contributions de personnalités comme le comte de Zinzendorf. À peu près à la même époque, en Grande-Bretagne, le réveil religieux s'exprima surtout à travers le méthodisme, mouvement fondé par le théologien John Wesley, tandis que le "grand réveil" d'Amérique du Nord fut notamment promu par le théologien puritain Jonathan Edwards (il y eut évidemment beaucoup d'autres prédicateurs, missionnaires, mécènes qui ont joué un rôle important). C'est ici, croyons-nous, que commença à éclore l'évangélisme en tant que mouvement.

 

Le renouveau protestant se poursuivit tout le long du XIXe siècle, notamment dans les pays anglo-saxons. La forte croissance des Églises qui en furent issues les poussa à se fédérer et c'est ainsi qu'en 1846, à Londres, fut formée l'Alliance évangélique [mondiale]. C'est vraisemblablement à partir de cette époque que commença à essaimer un peu partout les missionnaires évangéliques américains et britanniques. Leur expansion se prolongea au cours du XXe siècle, surtout après la Seconde Guerre mondiale, grâce à de nombreuses campagnes d'évangélisation, comme celles du célèbre prédicateur américain Billy Graham. Les divers organismes évangéliques de productions littéraires, radiophoniques et musicales jouèrent également un rôle important. Bref, c'est ici que prit véritablement forme l'évangélisme contemporain dans toute sa diversité (baptisme, darbysme, pentecôtisme, mouvements charismatiques, etc.).

 

Une confession pro-système, contre-révolutionnaire et contre-christocratique

Malgré le caractère plutôt hétéroclite de l'évangélisme, l'historien britannique David Bebbington crut trouver au moins quatre points communs entre ses différentes composantes*: biblicisme (attention particulière à la Bible); crucicentrisme (accent sur l'œuvre expiatoire du Christ sur la croix); conversionnisme (tous les êtres humains ont besoin d'être convertis); activisme (effort pour que l'Évangile soit diffusé). Cependant, cette définition est en réalité bien trop élogieuse et incomplète pour satisfaire aux exigences. Car il faudrait lui ajouter au moins un aspect positif, qui est le credo-baptisme (baptême à l'âge de raison, sur confession de foi), – sacrement venant d'une lecture littérale de la Bible qui fut remis à jour à l'origine par certains Réformateurs radicaux (anabaptistes) –, mais également trois points négatifs qu'on pourrait désigner comme suit: conformisme, syncrétisme et confusionnisme. Ce sont ces trois aspects particuliers qui nous intéresserons ici.

 

Conformisme

"Ne vous conformez pas à ce siècle", dit l'Écriture (Rm XII, 2). Or il faut savoir que l'essor de l'évangélisme s'explique en partie par sa formidable capacité d'adaptation au monde moderne ainsi qu'aux divers régimes politiques et cultures socio-religieuses. Et tout particulièrement au techno-libéralisme occidental. En ce sens, l'évangélisme est resté dans la droite ligne de la Réforme magistérielle (luthérienne, calviniste ou zwinglienne) qui avait donné sa main d'association aux oppresseurs, en prêchant la soumission aux autorités à la classe opprimée. Soit tout le contraire de la Réforme radicale. Aussi, par une méthode plus douce, les évangéliques ont continué l'œuvre contre-révolutionnaire de leurs prédécesseurs en contribuant à éteindre pratiquement tout ce qui restait du brasier révolutionnaire laissé par la Réforme radicale et les Hussites. En effet, au XVIIIe siècle déjà, le comte de Zinzendorf demanda aux missionnaires hussites (aussi appelés "frères moraves") – qui s'étaient réfugiés en Allemagne et en Suisse et jouaient un rôle d'avant-garde dans le réveil qui se préparait –, d'adopter la très luthérienne Confession d'Augsbourg. Or celle-ci, dans son article 16 (Du Gouvernement Civil), condamnait formellement les Anabaptistes en stipulant que les lois et les autorités civiles (quelles qu'elles soient) sont voulues et établies par Dieu. Autrement dit, pour pouvoir entrer dans le club évangélique naissant il fallait abandonner au préalable toute idée d'une Christocratie terrestre: ces chrétiens devaient accepter l'ordre civil établi, car seul le ciel devait maintenant les préoccuper.

 

Quelque part, cette pensée dominera toujours les évangéliques et influencera aussi progressivement les anabaptistes – devenus principalement mennonites –, lesquels finiront par abandonner les idées révolutionnaires de leurs pères spirituels. Sans oublier tous les efforts entrepris par certains évangéliques pour "convertir" les Amish au monde moderne. Par conséquent, l'affirmation de l'historien marxiste britannique Edward Palmer Thompson selon laquelle les évangéliques ont été des agents de la domination capitaliste sur les classes populaires** n'est peut-être pas si éloignée que cela du réel. Car si les visées légitimes et même centrales du ciel servent finalement de divertissement pour faire oublier les injustices terrestres (et par la même occasion les aspirations légitimes à la Christocratie), cela pour le plus grand bénéfice des exploiteurs et des antichrists, alors un tel christianisme doit être regardé comme suspect.

 

On retrouve d'ailleurs plus ou moins ce type d'artifice dans la doctrine évangélique et eschatologique de l'enlèvement de l'Église (promue à l'origine par Darby, puis Scofield) qui postule, en gros, que l'évolution du mal sur terre est inéluctable, mais que les chrétiens seront heureusement enlevés au ciel par Jésus avant le chaos total, et avant que le Sauveur n'installe lui-même son Royaume sur Terre pour mille ans (voir Regard sur l'Apocalypse). Interprétation pour le moins douteuse d'un passage biblique qui semble en réalité plutôt faire allusion à la Parousie du Christ qui "cherchera" les fidèles (entraînés vraisemblablement dans les airs par sa force d'attraction) avant d'exercer le jugement final (I Th. IV, 13-18). Or, en insufflant l'idée que le Royaume de Dieu ne peut venir que d'en haut, alors qu'il est en réalité déjà censé naître à l'intérieur de nous ("entos humon", dit Luc XVII, 21) – et qu'il nécessite donc aussi un engagement pour le préparer hic et nunc –, la doctrine de l'enlèvement de l'Église est par nature contre-révolutionnaire et contre-christocratique. Car elle neutralise quelque part toute aspiration légitime à la Christocratie terrestre, en plus de laisser entendre que l'Église est une sorte de "parenthèse" historique intégrée dans une dispensation particulière qui prendra fin (affirmation pourtant réfutée par Mt XXVIII, 20). Autrement dit, une théorie selon laquelle les chrétiens doivent toujours rester passifs et spectateurs face au mal, en attendant le grand jour où ils seront "enlevés", n'est finalement qu'un fatalisme et une résignation, voire une forme de lâcheté qui correspond assez peu à l'esprit du Christ, des saints Apôtres et des saints Martyrs. Ces évangéliques semblent ainsi dire: "après nous le déluge!", tout en se gardant bien de construire une "arche" puisqu'ils sont convaincus qu'ils seront enlevés avant quelque forme de cataclysme. Une telle attitude est évidemment profitable aux ennemis du Christ.

 

Mais il y a pire encore. Une partie des évangéliques vont parfois bien au-delà du simple rôle d'agents neutralisants au service du système: ils en deviennent les prédicateurs zélés. En effet, bon nombre de pasteurs et membres d'Églises évangéliques vouent un véritable culte à Mammon*** et justifient le mode de vie techno-capitaliste en enseignant que le succès et les richesses terrestres sont le signe visible de la bénédiction et du salut de Dieu, tandis que l'échec et la pauvreté seraient un anathème divin (assertion déjà démentie par Mt XIX, 23-24 et Luc XVI, 19-31). Les autres signes seraient une vie douce et une parfaite santé physique (ce qui exclurait d'office Jésus et les premiers Chrétiens). Les nombreuses conférences évangéliques dédiées à la "guérison" qui s'accompagnent d'appels aux dons et de vente de produits "miracles" en témoignent. Du reste, il est à noter que ce genre de pasteurs et d'églises évangéliques ressemblent souvent curieusement aux conférenciers et aux grandes manifestations dédiés au techno-capitalisme et à la vente de nouveaux produits technologiques (ou alors à des discothèques). La séparation du profane et du sacré semble donc inexistante chez eux. C'est peut-être la raison pour laquelle leur lieu de culte se trouve fréquemment dans des anciens centres commerciaux, des anciennes discothèques ou plus rarement d'anciennes maisons closes. Bien entendu, rien de grave si c'était faute de moyens ou d'autre option, mais il semblerait que ce soit plutôt intentionnel, un peu à l'image des catholiques qui transformaient jadis plusieurs hauts-lieux païens en églises (sans forcément les "purifier" au préalable).

 

Un autre fait saisissant vient de leur "technolâtrie" presque assumée, si bien qu'il paraît difficile de trouver aujourd'hui une seule église évangélique qui n'ait pas un arsenal d'appareils techniques (grands écrans, luminaires sophistiqués, amplificateurs, ordiphones et ordinateurs, etc.). Sans parler de la musique pop-rock qui met l'ambiance et sans laquelle un culte évangélique n'en serait pas vraiment un. Certes, ces musiques peuvent être agréables et même spirituelles, mais le problème vient surtout du fait que la simplicité chrétienne et la séparation du profane et du sacré sont quasiment inexistants, voire proscrits. Autrement dit, la musique pop-rock et les divers objets techniques paraissent être les médiums indispensables pour entrer en "extase".

 

Notons encore que la plupart de ces "Églises" emploient des stratégies et une communication assez similaires. Il est aussi intéressant de relever que même les Églises non-anglophones portent très souvent des noms anglais (par exemple en Suisse: ICF Church, Gospel center, C3 Church, etc.) et chantent des louanges à Dieu dans cette langue. Ainsi, comme jadis le latin pour les catholiques – qui au moins pouvaient justifier la primauté du latin par le fait que cette langue était plus riche que les langues dites "barbares" –, la langue liturgique de ces évangéliques serait celle du "Nouvel Empire". On voit donc ici très nettement une forme d'impérialisme socio-culturel s'exercer à travers ce courant religieux, autrement dit le "soft power" des élites globalistes qui ont fait de l'anglais la langue internationale.

 

Enfin, à cela s'ajoute bien sûr toute une série d'autres fausses doctrines (partagées également par les néo-protestants "traditionnels"), comme le jézabélisme**** (sacerdoce féminin, voire féminisme), le strict respect de la laïcité et parfois même l'ouverture aux unions homosexuelles et à la reproduction artificielle d'enfants (DPI, FIV, PMA, GPA, etc.). Il faut en effet savoir que les évangéliques mettent généralement un poing d'honneur à vivre le plus conformément possible à l'esprit du temps, ceci pour éviter tout conflit avec les autorités et, bien sûr, pour s'attirer aussi le plus de "clients".

 

Syncrétisme

Le syncrétisme découle d'une certaine manière du conformisme. Car à vouloir trop s'adapter à l'esprit du temps, à la modernité ou à la culture dans laquelle on évolue, on finit inévitablement par associer des philosophies et des cultes étrangers à la véritable foi. S'il est difficile d'échapper complètement aux influences du milieu, il est en revanche indispensable de ne pas mélanger les différentes expressions du paganisme à la sainte foi, comme il est dit (I Jn V, 21): "gardez-vous des idoles." Tenter de se détacher individuellement des puissances d'égarement qui sévissent à notre époque est un combat de tous les jours, mais si en plus de cela une Église qui est censée être hors du monde (c'est le sens profond du mot Ekklesia), colonne et appui de la vérité (I Tm III, 15), cellule visible de l'Église universelle (corps mystique de Jésus-Christ), et communauté active pour le Royaume de Dieu, bref si une telle Assemblée se trouve elle-même porteuse du virus du conformisme et du paganisme, en quoi servirait-elle d'appui à la vérité ou même de soutien et de protection au plus petit membre du corps de Christ, à savoir du Chrétien ? À rien (nous en avons déjà parlé ici). Or les Églises évangéliques, en étant trop conformes au techno-capitalisme, associent quelque part des cultes étrangers à la foi chrétienne. Car il n'existe pas de système spirituellement "neutre" ou "laïc". Il y a au contraire toujours des puissances derrière. Adhérer pleinement au techno-capitalisme quand on est chrétien revient donc à associer le mammonisme et la technolâtrie à la foi. Par conséquent, c'est une forme de syncrétisme et pas uniquement une affaire de conformisme. D'autre part, on peut trouver dans un certain nombre d'Églises évangéliques des relents de New Age occidental (pensée positive, développement personnel, etc.) et de cultes païens d'origine africaine ou sud-américaine (vaudou, santeria, candomblé, etc.).

 

Pour toutes ces raisons (et sûrement d'autres encore), nous pouvons affirmer que l'évangélisme est une religion syncrétique.  

 

Confusionnisme

Il existe incontestablement des vrais hommes de foi parmi les évangéliques, comme il en existe dans d'autres confessions chrétiennes. Certains d'entre eux diront alors ne pas se reconnaître dans ce fast-food religieux que nous avons exposé ici. Certes, les évangéliques sont très variés, nous l'avons dit, et ne sont donc pas forcément tous des zélateurs du mammonisme (capitalisme), du jézabelisme (féminisme) et de la technolâtrie. En d'autres termes, ce sont pas tous des conformistes et des syncrétistes purs et durs. Selon eux, ces dérives concerneraient plutôt une branche spécifique de l'évangélisme promouvant une théologie désignée sous l'appellation commune d'évangile de prospérité, qui ne ferait pas l'unanimité. Soit. Mais si tel est le cas, il faut au moins reconnaître que ce sont ces évangéliques de la prospérité qui séduisent actuellement le plus de gens (des jeunes en particulier). Par conséquent, on pourrait quand même se poser les questions suivantes: Comment est-il possible de percevoir ne serait-ce qu'une petite dose d'Évangile chez ces évangéliques ? Quelles mouches les ont piqués ? Faut-il en rire ou en pleurer ? Pourquoi cherchent-ils à faire un amalgame entre foi chrétienne et foi crétine ? En quoi sont-ils "chrétiens" s'ils justifient spirituellement une société antichrist? Et surtout: pourquoi les autres courants évangéliques – qui ont tant fustigé le catholicisme – sont restés si longtemps muets face aux dérives de leurs "frères de confession" ? Enfin, quel intérêt y a-t-il à se fédérer si l'on se prétend toujours si différents les uns des autres ?

 

En vérité, le succès croissant de ces drôles d'évangéliques de la "prospérité" semble avoir longuement bénéficié du consentement tacite des autres évangéliques. Autrement dit, même si l'on veut bien croire que les évangéliques n'ont pas tous été d'accord avec cette doctrine de la prospérité elle-même, la réussite des tenants de cette théologie (en terme de nombre de convertis et d'argent) aura su imposer le silence aux autres. Un silence quelque part complice.

 

En conséquence, après tout ce que nous avons pu dire ici, on devrait au moins s'accorder sur le fait que l'évangélisme est en tout cas un confusionnisme contre-révolutionnaire et contre-christocratique. Or, comme il est dit (I Cor. XIV, 8): "si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat?"

 

 

*Evangelicalism in Modern Britain: A History from the 1730s to the 1980s

** Mark Hutchinson, John Wolffe, A Short History of Global Evangelicalism

*** Mammon: divinité païenne, symbole de richesse matérielle et d'avarice (cf. Mt. VI, 24).

**** Mot tiré de Jézabel, princesse phénicienne, fille d'un prêtre d'Astarté. Elle fut l'épouse du roi Achab d'Israël qui,  sous sa funeste influence, restaura le culte de Baal et persécuta les vrais prophètes de Dieu qui s'y opposaient. Jézabel symbolise le féminisme, le syncrétisme, et les fausses doctrines, entre autres (cf. Apoc. II, 20).


Bible vs évangéliques

Pour terminer cette petite rubrique sur une touche un peu plus légère, voici un florilège de propos "évangéliques" qui contrastent assez nettement avec les enseignements bibliques.

 

Quelques citations d'évangéliques

 

"Si vous voulez être bénis, vous devez trouver l’évangéliste ou le pasteur le plus béni que vous puissiez trouver parce que celui à qui l’on a beaucoup donné reçoit beaucoup, celui qui a peu, même ce qu’il a lui sera ôté. Si vous trouvez le prédicateur le plus béni et le plus prospère et que vous lui donnez de l’argent, alors vous serez bénis. Il sera encore plus béni, si vous, vous donnez à ceux qui sont les plus bénis"…

 

 

"Si une pauvre veuve vivant d’une allocation vous tend un billet de 5 dollars, vous feriez mieux de le prendre...Vous êtes celui qui est oint, vous le méritez, vous devez le prendre".

 

 

"J’habite dans une maison de 750 m2. Je vais me faire construire une maison plus grande maintenant. Une maison dont le roi Salomon sera fier. J’ai payé seulement 15000 dollars pour avoir un chien. Vous voyez ce magnifique anneau autour de mon doigt, j’étais en Jamaïque et je l’ai acheté pour seulement 32000 dollars. Je veux que vous sachiez que, lorsque les gens dans ma ville passeront devant mon manoir et qu’ils verront ma Rolls Royce couchée dans l’allée, ils sauront qu’il y a un Dieu dans le ciel."

 

 

"Nous avons fait une alliance avec le frère Copeland comme quoi pendant les 365 prochains jours, aucun de nous n’allait souffrir un seul jour. Nous ne connaîtrons aucun moment de découragement. Nous ne serons jamais malades ou dans le besoin. Nous allons jouir de toutes les bénédictions. Nous rejetons toute souffrance, toute douleur, tout problème financier." Tout ceci est formidable si vous êtes en haut de la pile".

 

"Satan, via des hommes en mal de dominer les femmes, a toujours su qu’au moment où les femmes se débarrasseraient de ce joug de silence que l’on a fait peser sur elle, l’évangile se propagerait beaucoup plus vite. Tentons donc de tordre le cou à cette fausse doctrine qui met encore tant de sœurs en Christ sous le boisseau !"

 

"Le Saint-Esprit ne peut pas être répandu sur vous à moins que vous ne soyez d’abord dans le flot de l’argent. A moins que vous ne prospériez, le Saint-Esprit ne peut pas accomplir Son œuvre".

 

 

 

"Courez pour l’argent"

 

 

Slogan d'une église : "Because God believes in you ! "Parce que Dieu croit en toi"

 

Quelques citations bibliques :

 

Ne vous amassez pas des trésors sur la terre...

(Mt VI, 19)

 

Jésus dit à ses disciples : Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.

(Mt XIX, 23-24)

 

 

Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide. (Luc I, 53)

 

Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ! (Luc VI, 24)

 

 

Comme une cage est remplie d'oiseaux, leurs maisons sont remplies de fraude ; c'est ainsi qu'ils deviennent puissants et riches. (Jr V, 27)

 

 

Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés…

(I Tm VI, 10)

 

 

 

 

Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain ! car, qu'est-ce votre vie ? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. (Jc IV, 14)

 

 

Ne te vante pas du lendemain, car tu ne sais pas ce qu'un jour peut enfanter. (Pv XXVII, 1)

 

 

 

Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence. (I Tm II, 12)

 

 

 

 

Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit. (Ac II, 38)

 

 

À vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. 

(Jc V, 1) 

 

Jésus dit : Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. (Jn XIV, 1)

 

 

 



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