La Banque et l'état

« On ne peut pas créer une société juste avec des moyens injustes... On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d'esclaves. » (Jacques Ellul)


Comprendre l'asservissement des peuples

La Banque et l’État sont les 2 tenailles complémentaires et indissociables de l’asservissement des peuples. Aux origines de l’humanité, les premières sociétés furent organisées sans états et sans banques. Les premiers peuples furent structurés en confédérations familiales: plusieurs individus s’associent en famille, plusieurs familles s’associent en clan, plusieurs clans s’associent en tribu, plusieurs tribus s’associent en nation… Chaque niveau supérieur est une association de niveaux inférieur. Chaque cellule est auto-gestionnaire, et obéit donc au principe de subsidiarité (prises de décision au niveau le plus local possible), base du confédéralisme. Chaque cellule (famille, clan, tribu, nation…) est une collectivité familiale, une association, disposant chacune d’une propriété collective indivisible. Il y avait donc plusieurs niveaux de propriété, entre la propriété individuelle et la propriété collective de la nation (le patrimoine : les biens publics).

 

L’État et la Banque se substituant à la structure clanique :

 L’État et la banque sont nés de l’atomisation de la structure clanique.

Tout ce qu’il y avait entre l’individu et la nation a été aboli. Il ne reste plus aujourd’hui que la propriété individuelle, et la propriété collective de la nation, sous la garde de l’administration étatique.

 

- Il a donc fallu remplacer les cellules familiales confédérales autogestionnaires par une administration séparée du peuple : l’État est né.

 

- En détruisant le statut juridique de la famille (la famille n’est plus une collectivité), et donc, en abolissant la propriété collective familiale (clanique, tribale…), on a supprimé au peuple le pouvoir de mutualiser par lui-même ses richesses. Désormais, le seul moyen pour les individus de mutualiser leurs biens est de passer par des entités parasites : banques, états, assurances, mutuelles…

 

Naissance des forces de l’ordre : la garantie du pouvoir de l’État

Le clan était défendu par ses membres volontaires, qui se faisaient guerriers (“déterrer la hache de guerre”). Il n’y avait ni armée, ni soldat, ni aucunes forces de l’ordre (guerrier = membre du clan en armes). Il est bénévole. Les guerriers étaient menés au combat par un chef de guerre (le général). Le général et ses guerriers étaient tous du même clan. Le butin était donc destiné à la collectivité du clan.
A la disparition des structures claniques et donc, des propriétés collectives, le général et ses guerriers n’étaient plus du même clan, et n’étaient donc plus copropriétaires d’une communauté de biens indivisibles. Le général partagea alors le butin entre chacun de ses guerriers et ainsi les acheta : l’armée était née. Le guerrier devient soldat : du mot solde, paye, ou en anglais « sold », vendu. L’armée se retourna contre le peuple ainsi désarmé. Le général devint chef de l’État, et l’État employeur des soldats. Le pouvoir de l’État (forces de l’ordre) repose sur la division du peuple.

 

*Texte inspiré de L'origine de la propriété privée et de l'Etat.

 

Conclusion

Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !…Ô personnalité humaine ! se peut-il que pendant soixante siècles tu aies croupi dans cette abjection ! 

P.-J. Proudhon


Page d'accueil - Christocrate.ch