L'Antisionisme Décrypté

... et le sionisme expliqué (part. 2)

« Qu'ils soient confondus et qu'ils reculent, tous ceux qui haïssent Sion ! »  

( La Bible, Psaumes CXXIX, 5)


Introduction

L’antisionisme est devenu la forme moderne la plus dangereuse et efficace de la judéophobie*, à travers la délégitimation systématique, la diffamation et la diabolisation d'Israël. Les vieux stéréotypes tels que "le lobby juif", "la conspiration mondiale exclusivement juive", "les protocoles des sages de Sion", etc. jouissent d'une renaissance spectaculaire. En effet, de plus en plus de personnes diffusent continuellement leur propagande de haine contre les Juifs, tout en se cachant derrière une pseudo compassion pour le peuple palestinien. Certes, il ne fait aucun doute que le conflit au moyen-orient inquiète, et que chaque victime (d’un côté comme de l’autre) y est à déplorer ; mais il n’en demeure pas moins que cette situation sert de prétexte à beaucoup, pour ressortir de la poubelle de l’histoire les anciennes thèses du nazisme. L’occasion était trop belle pour eux. Désormais, les judéophobes de tous bords peuvent se réunir main dans la main sous un même étendard : l’antisionisme. 

 

*Nous utiliserons ici le terme judéophobie à la place d'antisémitisme.


I. Antisionisme : les nouveaux faiseurs d’opinions

1. Alain Soral (Egalité & Réconciliation)

Alain Soral jouit d’une popularité exponentielle sur internet, mais pas seulement. Son éloquence indiscutable, doté d’un certain charisme, séduit à gauche autant qu’à droite, notamment ceux qui ne se retrouvent pas dans la dictature des plus riches, la mondialisation, ainsi que dans l'« évolution » des moeurs dans nos sociétés (mariage homo, féminisme, etc.). Ce genre de discours n'est pas à déplaire. Seulement voilà, en gros pour Soral : «tout ça c'est la faute aux sionistes !»  Cette vision un peu grotesque des choses, ressemble étrangement à la propagande du Troisième Reich. Alain Soral n'hésite d'ailleurs pas à utiliser les mêmes méthodes – les mensonges bien placés au milieu des discours – afin que l'auditeur puisse adopter ses conclusions. Décryptage  :   

 

Alain Soral se fait d'abord connaître du public par le biais des grands médias. Grand ami de Thierry Ardisson, il est invité à plusieurs reprises sur le plateau de Tout le monde en parle, émission du « système » pour bobos de tous bords. Il faut dire qu’Alain Soral n’est pas un véritable inconnu. Alain Bonnet de Soral, de son vrai nom, est le frère de l’actrice Agnès Soral. Il est né d’une famille riche qui lui a sans doute ouvert bien des portes dans le milieu. Chez Ardisson, Soral se fit remarquer en parlant amicalement de Staline, Ben Laden, Khadafi et d’autres figures "bienveillantes". Cet aspect "j’ose tout et j’assume" , interpelle… et plait. Peu importe le fond d’ailleurs. Alain Soral est un ancien communiste qui a milité au PCF dans sa jeunesse. Puis, quand il s’est rendu compte que le vent tournait, il a préféré rejoindre le Front National, qu'il quittera finalement en 2009, n’ayant pas d’affinité avec Marine Le Pen (mais à qui il demandera pardon par la suite…). Il tente alors sa chance en solo en créant l'association politique Egalité et Réconciliation, dont l’un des buts est de réconcilier et rassembler les néo-nazis, les islamistes, les suprémacistes blancs et noirs, les cathos-tradis, etc. afin de créer une sorte d’union sacrée nazislamiste ! Par ailleurs, bien que Soral soit darwiniste, il n’hésite pas à détourner quelques textes bibliques et coraniques à sa guise, pour séduire quelques « croyants » mal affermis. La même méthode est d’ailleurs employée avec les textes de certains auteurs célèbres de toutes sensibilités politiques et philosophiques. Ainsi, en puisant large, il s’assure le succès et fonde une maison d'édition baptisée Kontre Kulture. Une affaire qui roule.  

 

Très vite, il devient aussi l'ami de Dieudonné, avec lequel il partage « l’antisionisme » et cultive la responsabilité du juif dans le mal-être des pauvres. Ensemble, ils réussiront peu à peu à dénaturer le mot « sioniste », pour le faire devenir aux yeux de leurs ouailles, synonyme d’une sorte d’oligarchie satanique, maçonnique, et complotiste. Par le même tour de passe-passe, ils présenteront aussi le régime iranien – en dépit de ses persécutions anti-chrétiennes – comme un exemple à suivre. L’entreprise nazislamiste est née.

 

2. Dieudonné M'bala M'bala

Dieudonné s’est d’abord fait connaître en duo avec Elie Semoun, en tant qu’humoriste et « militant antiraciste ». Son basculement vers la judéophobie commence, semble-t-il, le jour où il se voit refuser des subventions pour son film « Le code noir », sur la traite négrière. « Avec l’argent public on fait 150 films sur la Shoah, moi je demande à faire un film sur la traite des Noirs, et on me dit que ce n’est pas un sujet » dira-t-il. La concurrence victimaire est donc à l’origine de sa guerre contre le « sionisme ».

 

Depuis lors, Dieudonné enchaine les dérapages judéophobes et les rapprochements avec les nazislamistes. De déclarations en fréquentations douteuses, « l’humoriste » a progressivement franchi la ligne rouge. En 2003, il crée la polémique avec son fameux sketch du rabbin nazi sur France 3. En 2004, il participe à la campagne EuroPalestine avant d’être exclu par le collectif qui lui reproche sa promiscuité avec Alain Soral et Ginette Skandrani. Il poursuit sa lancée en participant à un voyage au Liban, toujours accompagné de Soral et sa clique, pour aller rencontrer le Hezbollah. Par la suite, il n’hésitera pas, en grand mécène, à mettre son théâtre de la Main-d’or à disposition de Kemi Seba ou d’Egalité et Réconciliation. Le 26 décembre 2008, à l’occasion d’une représentation au Zénith, il sombre définitivement. Devant 5000 personnes, il invite le négationniste Robert Faurisson à monter sur scène. Au cours d’une mise en scène macabre, un technicien habillé en déporté juif portant une étoile de David sur la poitrine remet à Faurisson « le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence ». En 2009 il rentre, avec Alain Soral, dans le Parti Anti Sioniste fondé par son ami Yahia Gouasmi, un personnage sulfureux qui prétendit, entre autre « que derrière chaque divorce, il y a un sioniste…» (ben voyons !). Puis, il soutiendra (sous couvert d’humour) Youssouf Fofana, le meurtrier d’Ilan Halimi. Par la suite, il produira aussi un film intitulé « l’antisémite » co-produit par l’Iran. 

 

Entre temps, Dieudonné continue tranquillement à faire son business – au nom de la liberté d’expression et toujours sous couvert d’humour – en salissant fréquemment la mémoire des millions de victimes de la barbarie nazie. Plus récemment, dans une vidéo, il minimisera aussi le sort des chrétiens et autres victimes persécutés par les nazislamistes d’Irak. Décidément son « humour noir » ne peut vraiment plaire qu’à des malades (fruits de notre époque dégénérée).

 

La mode de la quenelle

"Glisser une quenelle", selon l'expression inventée par Dieudonné, consiste à placer le bras tendu vers le bas et à placer son autre main sur l'épaule. Une forme de salut nazi détourné, ou de bras d'honneur modifié, diront certains. Un geste puéril devenu le symbole de ralliement à l'idéologie de Dieudonné et Soral, très en vogue aujourd'hui. En effet, se faire prendre en photo en "glissant une quenelle" est pour beaucoup (en particulier chez les jeunes) considéré comme une forme d'insoumission au «système».  

3. Kemi Seba

Kemi Seba s’est fait connaître par des actions judéophobes violentes au début des années 2000, ainsi que par des propos profondément anti-blancs. Inspiré par les thèses de certains suprémacistes afro-américains, Kemi Seba croit que le peuple noir (bien que supérieur) a toujours été victime des juifs et des "leucodermes". Il refuse ainsi de voir la responsabilité commune (toutes races confondues) dans les traites négrières et autres injustices subies par ce peuple. Sans nuance ni auto-critique, ses discours victimaires et haineux séduiront toutefois quelques personnes.

En bref...

Ces trois visages, parmi tant d'autres, représentent un phénomène qui prend toujours plus d'ampleur. En se positionnant comme les seuls rebelles face au « système », ces mouvements renouent avec un discours teinté d’anticapitalisme et d’antisionisme qui cultive une ambiguïté malsaine. En désignant les « Juifs » comme responsables de la crise, ces associations entendent souffler sur les braises encore vivaces d’une judéophobie historique qui ne demande qu’à reprendre corps dans la société et sur fond de conflit palestino-israélien parmi les populations issues de l’immigration. Le délitement des solidarités de classe remplacées dans certains quartiers par un repli communautaire ou individualiste dans un contexte de destruction des droits sociaux est un terreau propice au développement de telles idéologies. L'Iran et plusieurs lobbys l'ont d'ailleurs très bien compris, raison pour laquelle ils ont financé en grande partie les campagnes de Soral et M'Bala M'Bala. 

En définitive, ces personnages ne valent pas beaucoup mieux que ceux du « système » qu’ils prétendent combattre. Ils participent à la même hypocrisie, aux mêmes jeux de pouvoir, à la seule exception qu’ils ont choisi le camp adverse. Ce sont des démagogues, des sophistes, et des opportunistes, au même titre que les politiciens. C’est pourquoi, afin de contrebalancer ces discours nazislamistes  à la mode, il semble aujourd'hui nécessaire de diffuser une véritable définition du sionisme, ainsi qu'une réponse plus historique et adaptée à la question territoriale qui préoccupe tant de gens. C'est ce que verrons ci-dessous.  


II. Le sionisme expliqué

Qu'est-ce que le sionisme ?

Le sionisme est un mouvement religieux et politique incluant de nombreuses nuances et différentes factions ; les divers commentateurs ont offert des définitions du sionisme variées en fonction de leurs objectifs. Il ne sont pas tous historiquement ou idéologiquement précis et ils font souvent des généralisations. Ici il s'agira d'essayer de donner une définition plus large et correcte du sionisme.    

 

Le sionisme a plusieurs significations différentes :  

 

Une idéologie 

L'idéologie sioniste soutient que le peuple juif est un peuple comme les autres et qu’il devrait se rassembler dans un seul pays. Le sionisme était identique aux mouvements de libération nationaux italiens et allemands du dix-neuvième siècle. Le terme "sionisme" a été apparemment inventé en 1891 par le publiciste Nathan Birnbaum, pour décrire les premiers efforts et idées visant à faire retourner les juifs vers leur patrie d’origine sur la base de différentes raisons. Le sionisme est une idéologie qui concerne aussi certaines mouvances chrétiennes, qui croient aux prophéties bibliques relative au retour du peuple juif en Israël, avant l’avènement de Jésus Christ. Enfin, il est également employé pour décrire n'importe qui, croyant que les juifs devraient retourner vers leur patrie antique.  

 

Un terme précis 

L’étymologie du mot sionisme correspond au mont Sion à Jerusalem. Il a également une forte connotation biblique puisque dans celle-ci, Sion désigne la ville de Jérusalem et, par extension, tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu. Toujours dans la Bible, le terme « Fille de Sion » peut désigner aussi Jérusalem et sa population, ainsi que l'ensemble du peuple juif.  

 

Un mouvement 

Le mouvement sioniste a été fondé par Théodore Herzl en 1897, incorporant les idées de ces prédécesseurs juifs, tel que l’association Les Amants de Sion (חובבי ציון, Hovevei Tsion).

 

William Hechler
William Hechler

Le sionisme chrétien

Certains chrétiens – comme le pasteur William Hechler – ont joué un rôle déterminant pour le mouvement sioniste du XIXe siècle. En effet,  Théodore Herzl examinait les possibilités d'une nation juive au Congo ou au Mozambique, mais c'est sous l'impulsion de William Hechler qu'il se décidera pour Israël. Notons aussi que certains ouvrages chrétiens ont été écrit bien avant celui de Théodore Herzl, comme par exemple le livre de Thomas Brightman Revelation of the revelation (sorti au début du XVIIe siècle), Le Destin d'Israël (1856) d'Emile Guers, le petit traité de William Hechler The Restoration of the Jews to Palestine (1884), ou encore Essai sur l’Apocalypse de Frédéric Godet (sorti juste après l’ouvrage de T. Herzl), entre autres. Leur lecture des Saintes Ecritures les ont tous amenés à croire que les Juifs retourneraient un jour vers leur patrie antique. Et l’histoire leur a donné raison. 

Émile Guers
Emile Guers

Voici par exemple une phrase étonnante tirée du livre Le Destin d’Israël (1856) d’Emile Guers, dont on pourrait presque croire qu’elle fut écrite après 1948  :

 

Un nombre considérable de Juifs, forts sans doutes des encouragements et du concours des grandes puissances occidentales, viennent de rentrer dans leur patrie et d’y reconstituer leur antique nationalité…les Juifs sont donc bien revenus alors dans leur patrie, et ils y sont revenus incrédules et impénitents pour la plupart…

 

Selon lui, ce retour politique et humain serait la première phase de 7 étapes nécessaires à la Restauration d’Israël.

 

John Nelson Darby
J.N Darby

Le dispensationalisme

On ne pourrait bien comprendre le sionisme chrétien (contemporain), sans comprendre au préalable la doctrine dispensationaliste de John Nelson Darby (lui-même probablement inspiré par les travaux de Pierre Poiret). Doctrine dont l'une des bases est la distinction entre Israël et l'Eglise dans le plan de Dieu (en opposition à la théologie catholique dite « de la substitution »). Et, quoique discutable sur quelques points*, cette méthode d'interprétation permit à certains chrétiens de comprendre que Dieu n'a pas rejeté son peuple, qu'un reste est parvenu (et parviendra) au salut, et que des promesses subsistent pour les Juifs. (voir Romains XI)

 

*En effet, précisons qu'il est difficile de souscrire à l'ensemble de cette interprétation, car comme toute théologie systématique, elle tend à mécaniser la Parole de Dieu, la rendant ainsi faillible puisque limitée à un schéma humain. En outre, cette interprétation contient pas mal d'extrapolation et semble parfois oublier que nous ne connaissons qu'en partie (I Co XIII, 9 ). Bien entendu tout n'est pas à rejeter, mais comme nous dit la Bible : « examiner toute chose, retenez ce qui est bon ». (I Th V,21)

 

Conclusion : une approche véritablement chrétienne du sionisme

Ainsi nous avons pu voir qu'il y a diverses approches possibles du sionisme ( juives, chrétiennes ou autres), et que cela n'implique pas nécessairement qu'on soit d'accord avec toutes les positions qu’on lui attribue, ni avec toutes les options politiques et militaires de l’État d’Israël. En effet, les partis de droite et de gauche israéliens sont parfois tout autant ennemi du peuple juif, que l’autorité palestinienne l’est du peuple palestinien. C’est pourquoi, dans une approche chrétienne en particulier, le sionisme devrait simplement se limiter à la conviction que la terre d'Israël a été l’héritage accordé à la descendance physique d’Isaac (père de Jacob ; des Israélites) et non à celle d’Ismaël (père des Arabes), ces derniers bénéficiant déjà des territoires frontaliers et bien plus encore. Par conséquent, le sionisme chrétien en tant que croyance en l’accomplissement prophétique du retour des Juifs dans leur pays, concorde avec l’enseignement biblique (Ézéchiel XXXVII, 21 et bien d’autres passages) ; en revanche, le sionisme chrétien dans son aspect « activiste politique » ne semble pas concorder avec l’enseignement de la Bible pour l’Église. L'Apocalypse (III, 9-10) nous met d'ailleurs en garde contre la « synagogue de Satan », « ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas ». Autrement dit : ceux qui détestent le Christ et les chrétiens, tout en les utilisants à des fins politiques et financières (voir aussi Tite I, 10-14).  Par ailleurs, ce verset de l’Apocalypse semble aussi indiquer que certains Juifs se font passer pour des descendants d’Abraham, Isaac, Jacob, alors même qu’ils n’ont aucun lien de parenté avec ces patriarches.

 

Retenons donc que les chrétiens devraient trouver un certain équilibre pour ne tomber ni dans l'antisionisme ou la judéophobie des uns, ni dans la judéophilie parfois excessive des autres (notamment avec la droite évangélique américaine). En effet, le judaïsme tel qu'il est appliqué aujourd'hui  (talmudique/kabbalistique) rejette avec véhémence le Christ ; il n'y a donc pas lieu de soutenir cette religion plutôt qu'une autre, fut-elle « inspirée de la Bible ». Rappelons aussi que le simple fait d’appartenir à cette religion ne donne - bibliquement parlant - pas droit à la terre d’Israël, car seule la filiation physique compte (la filiation spirituelle ayant été transférée à l’Église). Cela devrait nous faire réfléchir. 

 

Néanmoins, toujours d'après les Écritures, il ne fait aucun doute que les « Juifs » (en tant que peuple descendant d'Abraham, Isaac, Jacob) ont reçu en héritage cette terre d'Israël qui garde une place importante dans l'eschatologie chrétienne. C'est peut-être ici aussi le « mystère d'Israël » évoqué dans l'épître aux Romains (XI,25). 

 

Pour terminer cette rubrique, nous examinerons en dernier lieu la question "territoriale", avec un vieil article (toujours d'actualité) du brillant Jacques Ellul.


III. A qui appartient « la Palestine » ? par Jacques Ellul

Article apparu en 1981, dans le journal « Réforme »

 

Je m’excuse d’encombrer les colonnes de « Réforme » en revenant sur la question de la Palestine, mais il est assez difficile de laisser passer certaines affirmations péremptoires. Je me bornerai à 6 remarques.

 

1. - Tout d’abord on ne peut tirer aucun argument des statistiques de l’époque ottomane et même de l’entre-deux-guerres : elles sont totalement fantaisistes. Pour la même année, les sources ottomanes varient de 300 à 650 000 habitants pour la Palestine, de 20 à 60 000 habitants pour Jérusalem. Allez donc faire des pourcentages de Juifs et d’Arabes là-dessus. A cela s’ajoute le fait de la grande quantité de nomades (bédouins) impossible à dénombrer. Mais ce que l’on sait, c’est qu’entre les deux guerres, s’il y a eu arrivée des Juifs dont on parle toujours, Il y a eu aussi une entrée massive d’Arabes en Palestine sous mandat britannique.

 

2. - Les Palestiniens n’existaient pas en tant que groupe significatif, ethnique, culturel. Ils n’ont rien de commun avec des peuples comme les Kurdes, les Turcs, les Druzes, les Maronites qui sont une entité spécifique. Les Palestiniens étaient simplement des Arabes habitant en Palestine, et qui auraient pu, sans mal, habiter ailleurs, en Jordanie, en Syrie ou en... Arabie. On répondra que maintenant grâce à leur lutte, grâce à l’O.L.P., ils forment un peuple spécifique. Je veux bien, mais alors il faut appliquer le même critère aux Juifs, dont on dispose aisément. « Qu’ils retournent chez eux ! » Désolé ! Depuis 35 ans qu’ils luttent, ils forment un peuple, une nation, une réalité politique spécifique encore plus forte que celle des Palestiniens.

 

3. - « Il est évident que la Palestine appartient en droit comme en fait aux Arabes». On croit rêver ! (il est vrai que dans « Le Monde » on a pu lire que les Palestiniens descendaient en droite ligne des Philistins, antérieurs aux Hébreux !) Car enfin comment les Arabes sont-ils venus en Palestine ? Ils sont tombés du ciel comme de bons anges ? En réalité ils se sont installés là par la guerre, la conquête, la violence, le massacre. Jusqu’à eux et que ce soit sous les Grecs, sous les Romains ou sous Byzance, la Palestine était d’abord peuplée de Juifs. Les Juifs ont été chassés par les Arabes. En face de cela les Juifs y sont revenus avec mandat international, rachat de terres, etc. Et, entre temps, la Palestine avait été sous des dominations multiples, française, ottomane, égyptienne, etc. Et il ne faut pas oublier que les Turcs ne sont pas des Arabes ! Il n’y a rien « d’évident » quant à la propriété des Arabes sur cette terre.

 

4. - Quoique cela soit très désagréable, et parmi les choses qu’il ne convient pas de dire, il faut rappeler que les Arabes de Palestine sous la haute direction du Grand Muphti de Jérusalem ont été des alliés décidés des nazis, ont reconnu le régime hitlérien et ont combattu les armées des nations antifascistes. On a admis que les peuples alliés aux nazis devaient être « punis... » mais il ne fallait pas, bien sûr, toucher aux Palestiniens !

 

5. - Jérusalem ville sainte... de tout le monde ! Il ne faut pas exagérer. Pour les Arabes elle est aussi, et accessoirement une ville sainte, bien après La Mecque et Médine. Pour les protestants, il n’y a pas de ville sainte ; pour les catholiques c’est d’abord Rome et secondairement Jérusalem. Il n’y a que pour les Juifs qu’elle soit une ville sainte, unique et absolue. L’histoire de « Jérusalem, ville sainte indispensable aux musulmans » est un pur argument ad hoc polémique.

 

6. - Enfin je voudrais rappeler comment la ville sainte fut traitée par les Arabes quand elle était sous domination jordanienne. Non seulement les Juifs de Jérusalem furent progressivement exclus de leur quartier où il était interdit de reconstruire les maisons juives en mauvais état. Mais entre cent autres, deux faits : il y a à l’est de Jérusalem le cimetière juif, le plus sacré de tous. Les Arabes en ont arraché les pierres tombales et ont construit avec des cabinets publics (je l’ai vu). Il y a un lieu où se situe la « Tombe du Jardin », où des fouilles archéologiques avaient découvert une tombe qui pourrait être le plus vraisemblable des sépulcres de Jésus. Les Arabes ont largement entamé ce lieu pour y construire une station d’autobus. Et finalement je ne cesserai jamais de dire que si les Palestiniens ont été très malheureux en tant qu’expulsés et personnes déplacées, ils partagent le sort de dizaines de millions ; y compris les Français d’Algérie.

 

Pourquoi seuls les Palestiniens provoquent-ils une telle passion, un tel amour, pourquoi sont-ils seuls comptés comme des « pauvres », des déshérités*... ? Ce n’est pas la justice qui anime ces discours, mais la haine du Juif.

 

*A propos de « pauvres, déshérités », notons que les Palestiniens reçoivent énormément d’argent de la part des pays occidentaux, arabes et autres, ainsi que d’instituts privés. Malheureusement, cet argent ne sert pas vraiment à aider les plus pauvres ni à financer des projets sociaux, etc. mais plutôt à entretenir le conflit (achat d’armes, financement de groupes terroristes, etc.) ainsi qu’à payer des fonctionnaires et dirigeants palestiniens souvent corrompus. Arafat en était le parfait exemple : milliardaire pseudo-révolutionnaire, pendant que son peuple crevait la dalle !…Les propagandistes antisionistes et les médias mainstream (souvent financés par des pays du golfe) se gardent bien de dévoiler cette vérité là. Sans doute préfèrent-t-ils entretenir le mythe d’un Israël méchant, impérialiste et colonialiste responsable de la misère palestinienne.


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