Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps.


Le vrai christianisme est la foi la moins partagée dans le monde

août 2020

En mai dernier, nous avons eu à cœur d'écrire un courrier à une trentaine de responsables de communauté soi-disant "chrétienne" afin de les mettre en garde contre certaines pratiques païennes, et pour les exhorter à se repentir et à ne plus suivre l'air du temps (technolâtrie, capitalisme, homodoxie, etc.). Un appel qui, semble-t-il, est resté lettre morte. Comme très souvent, la vérité a peu d'écho dans un désert spirituel. Le prophète Jérémie passa plus de vingt-trois ans à prêcher sans succès (Jé. XXV, 3) ; il faut donc s'armer de patience lorsqu'on sert le Seigneur dans les temps d'apostasie.

 

Car pour l'heure, c'est le triomphe de la foi imaginaire, du syncrétisme et du conformisme ; l'imposture règne dans la plupart des start-up religieuses que certains osent encore appeler "Églises". Même le pasteur du supermarché évangélique Porte Ouverte de Strasbourg, qui nous avait pourtant semblé plus réceptif suite à l'épidémie de coronavirus qui a frappé sa communauté, n'a pas donné de signe concret de repentance. Les "cultes" en live continuent ; le profane et le sacré sont mélangés et l'on utilise toujours le nom du Seigneur en vain (Éz. XXII, 26). C'est ainsi que les choses se passent dans cet Occident moderne et pagano-chrétien.

 

Récemment, nous avons appris qu'un "évangéliste" suisse relativement jeune est décédé sur le coup, vraisemblablement en plein prêche. Il se trouve que nous avions rencontré par le passé les "responsables" de cette communauté, lesquels nous avaient assuré être attachés au vrai christianisme. Mais nous avions vite découvert que c'était du bluff. Nous les avions toutefois mis en garde à plusieurs reprises au sujet de leur technolâtrie assumée puisqu'ils ont, comme beaucoup d'autres, la manie de se filmer pratiquement tout le temps. Mais ils n'avaient rien voulu entendre.

 

Il ne s'agit bien sûr pas d'insinuer que cet homme est mort à cause de sa technolâtrie, ni d'accuser qui que ce soit sur le plan individuel, mais simplement de faire remarquer que lorsque le péché est encouragé à un niveau collectif, qui plus est au nom du Seigneur, cela peut être dangereux. Cette communauté aurait dû freiner son délire de filmer tout ce qu'elle fait ou du moins ne pas associer ce culte des images – ou ce culte de soi – à la foi chrétienne. Car c'est incontestablement une forme d'idolâtrie, voire de possession. Mais évidemment, ces personnes semblent prendre la Bible comme un simple bouquin d'histoire au lieu de la lire comme une Parole vivante, de sorte que, pour eux, le commandement de ne pas se faire d'image vise spécifiquement les formes anciennes d'idolâtrie. Ils ne se sentent donc pas concernés. D'ailleurs, à peine cet homme venait-il de mourir que déjà les responsables de sa communauté (en l'occurence ses frères) souhaitaient faire un « ensevelissement livestream », autrement dit une cérémonie funéraire filmée et transmise en direct sur internet. Leur besoin de faire des images est si démesuré que même le dernier hommage – qui aurait plutôt dû être un moment d'intimité, de recueillement et d'humilité – allait être filmé. Quel manque de sagesse et de décence! Nous avons alors tenté d'écrire une dernière fois à l'un des frères pour que cette chose ne se fasse pas. Mais l'intéressé nous a fait comprendre qu'il ne voyait pas de différence entre écrire un texto et filmer, y compris pour une cérémonie funéraire. Nous sommes resté pantois.

 

Mais avec le recul, cette attitude n'est pas si surprenante. Car ces chrétiens technolâtres reproduisent finalement ce qu'avaient fait les catholiques quand ils instituèrent l'iconolâtrie et le culte marial pour compenser le manque d'idoles que le christianisme avait entraîné. Le but étant jadis de séduire les masses vulgaires encore largement païennes, tandis que celui d'aujourd'hui consiste à se conformer et gagner les masses technolâtres. L'esprit est donc le même. Les catholiques ou les orthodoxes ne se sentent pas plus idolâtres avec leur culte des icônes que les néo-protestants avec leur culte de la technique. Tous disent n'adorer que Dieu : icônes et techniques ne seraient pour eux qu'un moyen. Mais précisément, le piège de l'idolâtrie ou de la technolâtrie vient du fait qu'on n'arrive pas toujours à distinguer le moyen de l'idole. L'art chrétien n'est pas forcément un mal, mais la sacralisation des icônes si. Toutes les techniques ne sont pas forcément mauvaises, mais se prendre en photo et se filmer de la naissance à l'enterrement, en passant par les cultes, si. C'est une violation du commandement de ne pas se faire d'image. Et le Nouveau Testament confirme qu'il faut fuir l'idolâtrie (cf. Ex. XX, 4-5 ; I Co. X, 14 ; I Jn. V, 21).

 

En vérité, ces zélateurs du pagano-christianisme moderne suivent leur culture et leurs émotions plutôt que la Bible et l'Esprit de Dieu. D'ailleurs, transporté par la frénésie médiatique, l'un de ces hommes a pu écrire que George Floyd (l'Afro-américain assassiné par un policier blanc au mois de mai) était chrétien. Or, certaines sources laissent entendre que ce malheureux tournait dans des films X et qu'il était videur dans une discothèque. Naturellement, si se filmer de la naissance à la mort n'est pas un mal ni une forme d'exhibitionnisme, peut-être que se filmer en train de copuler ne l'est pas non plus.

 

Nous voilà donc au cœur du problème. Car le beau nom de chrétien a tellement été galvaudé qu'on ne sait finalement plus distinguer le vrai du faux. Pourtant, contrairement à la plupart des traditions religieuses, on ne naît pas chrétien, mais on le devient. Il ne suffit donc pas de se dire chrétien, comme on se dirait juif, musulman, hindouiste ou autres, pour l'être réellement. Il ne suffit pas non plus de parler de Jésus et de sa Grâce pour être son disciple. Mais il faut aimer Dieu et œuvrer pour Son Règne. La foi chrétienne implique une repentance, une attitude pénitente, une conversion, un baptême (d'eau et d'Esprit), mais aussi de porter sa croix, de suivre le chemin étroit et de ne pas se conformer au monde profane, entre autres (cf. Mt. VI, 33 ; VII, 13-14 ; X, 37-39 ; Luc X, 27 ; Ro. XII, 2). S'il en avait été autrement, les chrétiens des premiers siècles n'auraient jamais souffert le martyre pour éviter de se conformer aux coutumes païennes de l'empire romain. Ils auraient accepté l'idolâtrie de leur temps, assisté aux jeux du cirque et participé aux différentes orgies. Mais ce ne fut pas le cas. En conséquence, il faut bien admettre qu'il y a aujourd'hui une majorité d'imposteurs qui se disent chrétiens.

 

« Gardons-nous de juger ! » diront peut-être les pseudo-chrétiens modernes. D'autant que nombre d'entre eux sont sûrement meilleurs que nous à bien des égards. Bons citoyens, de mœurs conservatrices, ils travaillent "honnêtement" pour la techno-dictature et téléchargent peut-être déjà l'application Swiss-Covid pour une meilleure traçabilité. Mais là encore, il y a méprise : avoir une morale plutôt "conservatrice" ne fait pas un chrétien, surtout s'il y a conformisme. Les Deutsche Christen de l'Allemagne nazie avaient, eux aussi, une morale conservatrice, mais ce n'étaient pas pour autant des disciples de Jésus-Christ.

 

Mais alors, qui est chrétien ? Selon les statistiques des technocrates, le christianisme serait la religion ayant le plus d'adhérents dans le monde, soit environ 30% de la population mondiale. Et selon les statistiques officielles suisses, il y aurait à peu près 70% de chrétiens dans ce pays. Qui pourrait sérieusement croire à de pareilles sottises ? Dans un monde et un pays où l'on encourage pratiquement tout ce qui contraire au message du Seigneur (usure, prêt à intérêt, inégalités sociales, oppression, asservissement, injustices, procréation artificielle, eugénisme, surveillance de masse, etc.), comment pourrait-il y avoir autant de chrétiens ? Même divisé par dix, ce nombre serait sûrement encore supérieur à la réalité. Quant à nous, nous sommes classé parmi les incroyants, puisque notre foi n'est pas reconnue par l'État suisse (comme les Anabaptistes autrefois).

 

Nous voyons donc très clairement qu'il y a quiproquo et imposture à tous les niveaux. Le monde actuel est complètement fallacieux. Nos pères spirituels sont morts dans d'atroces souffrances pour ne pas se conformer au paganisme romain. Il en résulte que l'un des traits spécifiques du vrai chrétien est de ne pas se conformer au monde profane et d'essayer de fuir toute forme d'idolâtrie. Autrement dit, d'être iconoclaste, voire aujourd'hui technoclaste. Ainsi, de toute évidence, le vrai christianisme est la foi la moins partagée et pratiquée en Suisse comme dans le reste du monde…

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Confusionnisme évangélique ; L'erreur du papisme ; Système technicien et technolâtrie ; Révolution et Christocratie


« Aucun ne se repent… tous reprennent leur course » (Jé. VIII, 6-7)

juillet 2020

La "pandémie" de coronavirus n'aura pas eu d'effet positif. Les mauvaises habitudes sont vite revenues et les réflexes stupides n'ont pas été balayés par une réflexion collective et salutaire. Comme l'avait dit le physicien britannique Thomas Fuller (1654-1734): "La foule a beaucoup de têtes et pas de cervelle." Nous dirions plutôt "pas d'esprit".

 

Très peu d'hommes ont réalisé que cette épidémie allait servir à accélérer la dictature technicienne. Les incitations au traçage (ou plutôt "traquage") numérique, aux paiements électroniques, au télétravail, etc. s'intensifient. Sans oublier les "philanthropes" qui souhaiteraient vacciner et "protéger" tout le monde. En Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou a même proposé d'implanter une puce sous-cutanée aux enfants pour leur "sécurité". Ce qui a heureusement déclenché un tollé en Israël, surtout dans les milieux religieux qui ne sont pas trop inféodés au pouvoir.

 

En Suisse, l'aliénation technicienne et l'immoralité ont repris de plus belle. Avec l'arrivée des beaux jours, les motards et tous les amis du bruit et de la pollution n'ont pas manqué de nous rappeler à quel point notre civilisation était évoluée et à quel point la liberté d'importuner était sauve. À défaut d'avoir de vraies libertés, autant entretenir les fausses, quitte à déranger tous ceux qui préfèrent le chant des oiseaux au bruit des grosses cylindrées, de la musique techno, du metal ou même du pseudo-rap!

 

Les parlementaires suisses nous ont aussi rappelé combien ils étaient indispensables pour le bien du pays. Non contents d'avoir fait passer la loi contre l'homophobie juste avant le coronavirus, ils proposent maintenant d'ouvrir le mariage aux homosexuels. Un dossier de la plus haute importance pour les techno-libéraux de gauche comme de droite, puisqu'ils s'attendent à un accroissement de la fabrication et de la marchandisation des enfants.

 

Pendant ce temps, les pseudo-églises ont suivi le courant pour se transformer en start-up, notamment en proposant des cultes en "live". Une évolution logique vu la technolâtrie dans laquelle elles étaient déjà plongées. L'Esprit étant absent de ces start-up religieuses, il fallait bien compenser ce manque par un médium technique. Il semblerait par ailleurs que même des funérailles se soient faites en ligne, comme pour nous montrer que la technolâtrie nous accompagne de la naissance à la mort.

 

Mais tandis que le "progrès" progresse, les médias et les suiveurs se sont mobilisés un peu partout contre le racisme, suite à l'assassinat d'un homme noir par un policier blanc aux États-Unis. Nul ne savait encore si le mobile était raciste ou s'il s'agissait d'un abus de pouvoir d'un agent assermenté (comme il y en a souvent), mais tous avaient déjà conclu au meurtre raciste. Cela est peut-être vrai, mais dans le cas contraire ce crime aurait-il été moins odieux ? Et pourquoi monter en épingle cet homicide plutôt qu'un autre ? Difficile de ne pas y voir quelques basses récupérations politiciennes et élitistes. Car où étaient tous ces indignés d'un jour lorsque des policiers avaient éborgné des gilets jaunes? Et où sont-ils lorsque les États assassinent des millions de bébés chaque année? Cette indignation sélective cache évidemment quelque chose. Certains manifestants blancs se sont alors mis à genoux devant des Noirs et leur ont même baisé les pieds. Comme quoi, les impies sont prêts à se repentir devant des hommes pour des crimes qu'ils n'ont pas commis plutôt que devant Dieu pour des crimes qu'ils ont réellement faits. Mais que signifie ce spectacle désolant ? De fait, les élites essaient de nous vendre la lutte des "races", comme ils nous vendent la lutte des "genres", c'est-à-dire des luttes purement charnelles pour mieux diviser les hommes et détourner leur attention des véritables combats à mener: le combat de la foi, la lutte des classes, et la lutte contre la technocratie et la déshumanisation. Aussi essaient-ils de faire culpabiliser les prolétaires et sous-prolétaires blancs au sujet de la traite négrière, alors qu'il est peu probable que leurs ancêtres en aient bénéficié. Historiquement, ce sont plutôt des grands capitalistes et des grands bourgeois occidentaux qui, avec la complicité de marchands arabes et de chefs de tribus africaines, se sont enrichis avec ce commerce infâme. Que les aristocrates, les bourgeois et leurs vassaux cessent donc de salir la mémoire de tous les Blancs et qu'ils aillent eux-mêmes baiser les pieds des hommes noirs si cela leur chantent.

 

En substance, on nous ressort l'esclavage ancien et brutal peut-être pour mieux masquer l'esclavage moderne et subtil. Car le salariat et la technocratie sont des chaînes, même si beaucoup d'hommes y consentent. Par conséquent, il est vain de déboulonner les statues d'esclavagistes d'hier sans dénoncer et déboulonner les esclavagistes d'aujourd'hui. Les hommes n'évolueront réellement que lorsqu'ils feront pénitence devant Dieu et qu'ils diront : "À bas tous les régimes et tous les pouvoirs! Vive la Christocratie!"


Le Saint-Esprit, puissance ou personne divine ?

juin 2020

Cinquante jours après Pâques et dix jours après l'Ascension vient la Pentecôte, qui correspond à la fête juive de Shavouot (fête des moissons). Pour les chrétiens, la Pentecôte commémore la descente du Saint-Esprit sur les premiers disciples (Actes II). Jésus leur avait en effet promis qu'un autre "consolateur" (parakletos), l'Esprit Saint, viendrait les aider dans la foi après son départ (Jean XIV, 16, 26 ; XV, 26 ; XVI, 7). Et puisque ce mois de juin 2020 s'ouvre avec un lundi de Pentecôte, soit le lendemain de ladite commémoration, il nous a paru utile de dire quelques mots sur le Saint-Esprit.

 

Tout d'abord, il faut savoir que depuis le quatrième siècle, quand le christianisme a commencé à se mélanger au pouvoir romain, les Églises ont progressivement adopté la doctrine de la Trinité (conçue vraisemblablement au IIIe s. par Tertullien), c'est-à-dire l'idée d'un seul Dieu en trois personnes distinctes et consubstantielles (Père, Fils, Saint-Esprit). Bien que le terme Trinité n'apparaisse pas dans les Écritures, pas plus que le terme "personne" pour qualifier les trois Noms (même si Jésus fut évidemment une "personne"), la plupart des Églises et des chrétiens ont adopté ce dogme et continuent toujours de le soutenir. Il est vrai que le mot "personne" peut s'interpréter diversement et que d'authentiques chrétiens ont pu partager cette vision d'un Dieu unique en trois personnes sans que cela n'entache de manière apparente et significative leur foi et leurs œuvres. Nous nous garderons donc d'accuser tous les trinitaires d'être des polythéistes ou des païens déguisés. D'autant qu'Elohim, un des Noms donnés à Dieu en hébreu, est un pluriel. Ce qui nous indique que Dieu est le Singulier Pluriel qui échappe à toutes nos références. Néanmoins, il nous semble devoir admettre que le dogme de la Trinité a ouvert la voie à des pratiques bien plus douteuses et païennes (comme le culte marial, l'iconolâtrie, le culte des reliques, la technolâtrie, etc.), pour la simple raison que la Trinité fut l'une des premières doctrines véritablement extra-bibliques à être adoptée par une majorité de chrétiens, tandis que la minorité qui demeurait plus fidèlement attachée aux Saintes Écritures fut qualifiée d'hérétique. Pourtant, si les saints Apôtres avaient reçu une telle révélation sur Dieu, il est certain qu'ils l'auraient clairement enseignée et retranscrite pour les fidèles suivants. Mais il n'en fut rien. De sorte que nous pensons qu'il n'est ni sage ni prudent d'aller au-delà de ce que disent les Saintes Écritures sur un sujet aussi sensible que la nature de Dieu. Pour sûr, les premiers disciples se contentaient de savoir que l'Éternel est Un (Adonaï Ehad).

 

Le brillant Augustin d'Hippone, lui-même convaincu par le dogme de la Trinité, reconnut dans un ouvrage consacré à cette question qu'en "parlant de trois personnes, on a parlé non pour dire quelque chose, mais pour ne pas rester silencieux." Or, le silence est souvent d'or.

 

Nous partageons plus encore l'avis du Pseudo-Denys l'Aréopagite qui avait écrit dans son ouvrage sur les Noms Divins: "Il faut se refuser la hardiesse de dire ou de penser quoi que ce soit de la Divinité supersubstantielle et cachée en dehors des termes dont l'expression nous est donnée par les Saintes Écritures."  Mais en Dieu, tout est quelque part "supersubstantiel" et mystérieux. Partant, que nous disent les Saintes Écritures sur le Saint-Esprit ?

 

Premièrement, en hébreu comme en grec, le mot "esprit" évoque un "souffle" ou un "vent". Deuxièmement, dans le Nouveau Testament nous trouvons que le Saint-Esprit est présenté comme une "force" ou une "puissance" de Dieu (Luc I, 35). Troisièmement, si l'on met en parallèle les textes de Genèse I, 2 et Jean I, 1-2 qui traitent du commencement des choses, on s'aperçoit que l'un parle de l'Esprit de Dieu où l'autre évoque sa Parole, de sorte que ces deux termes semblent identiques (la parole n'est-elle pas un souffle?). De plus, dans la deuxième épître à Timothée (III, 16) il est dit que "toute Écriture est inspirée de Dieu". Or le mot grec qu'on traduit par "inspirée de Dieu" est theopneutos, composé de Theos (Dieu) et pneo (souffler), ce qui nous donne aussi une indication sur le Saint-Esprit en tant qu'inspirateur des écrivains sacrés (à l'origine de la Parole de Dieu écrite). Par ailleurs, dans l'Apocalypse (III, 1 ; V, 6), il est parlé des "sept esprits de Dieu." Bien qu'il s'agisse probablement d'un symbole (le chiffre 7 symbolise souvent la plénitude), on imagine assez mal qu'il eût été employé pour parler d'une seule Personne de la Divinité. Bref, rien dans les Saintes Écritures ne permet vraiment d'affirmer que le Saint-Esprit est une Personne. Par conséquent, il vaudra toujours mieux abandonner une tradition au profit de la révélation biblique.

 

Quoi qu'il en soit, nous savons que même les mots "souffle", "force", "inspiration", etc. ne veulent pas dire grand chose pour celui qui n'a jamais été visité par le Saint-Esprit. En d'autres termes, le Saint-Esprit est difficilement définissable et ne se conceptualise pas par l'intelligence : il s'expérimente spirituellement.

 

Voir aussi : Credo du christocrate


Appel aux disciples de Jésus-Christ !

mai 2020

Depuis de nombreuses années nous écrivons sur ce site sans vraiment savoir l'impact que nos écrits ont (hormis quelques rares retours sympathiques et quelques livres vendus). Nous avons refusé depuis longtemps de connaître les statistiques liées à ce site dans la mesure où nous ne voulons participer à aucune sorte de pistage (les cookies et autres ne sont pas de notre ressort mais viennent de l'hébergeur). Récemment nous avons eu à cœur d'essayer de donner une nouvelle orientation à ce site afin qu'il puisse servir à regrouper (réellement) tous les fidèles de Jésus-Christ, pour autant qu'il y en ait encore quelques-uns qui surfent sur internet (la plupart, à raison, s'en privent comme les Amish).

 

À cette fin, nous avons écrit un credo du christocrate qui est un résumé de nos principales convictions basées sur la Bible et l'Esprit. Si vous vous y reconnaissez et que vous souhaitez réellement vous engager pour servir le Seigneur, si vous êtes une personne de foi, fidèle, constante, digne de confiance, et plutôt humble (ayant davantage de plaisir à donner qu'à recevoir), et enfin si vous souhaitez apporter quelque chose et devenir membre d'une modeste communauté qui n'est pas destinée à rester virtuelle, contactez-nous (adresse mail en page d'intro). Que la paix du Christ soit avec vous ! 


Coronavirus: pandémie salutaire ou cheval de Troie du techno-capitalisme?

mars/avril 2020

À l'heure où nous écrivons (mars), la pandémie de coronavirus n'a pas fait autant de morts qu'une grippe saisonnière. Cependant, la rapidité de sa propagation et sa forte médiatisation a provoqué une panique générale et des mesures assez drastiques commencent à être mises en place pour éviter une contagion de plus grande ampleur. Dans ces conditions, les propos contradictoires et les avis personnels ne manquent pas. Mais comme d'habitude, nous voulons observer les choses avec le regard de la foi, le seul capable de nous apporter un éclairage convenable. Nous analyserons donc ici les possibles causes et conséquences de cette pandémie.

 

Les causes

D'après les informations dont nous disposons, l'épidémie de coronavirus aurait commencé en décembre 2019, dans un marché de gros de fruits de mer (et autres aliments douteux), à Wuhan, en Chine. Certains chercheurs ont avancé l'hypothèse que ce virus provenait d'une consommation de chauve-souris ou de reptile. Aliments peu ragoûtants dont certains néo-Siniens (Chinois) sont friands. Nous ignorons si cela est vrai ou faux, mais la question que cette hypothèse soulève n'est pas inintéressante. Car elle nous pousse au moins à nous demander si tous les régimes alimentaires se valent, autrement dit s'il ne s'agit que d'une question de culture, de goût ou de choix personnel. De l'anthropophage au végan, chacun pense que son régime est le bon. Le relativisme semble a priori s'imposer. Mais n'y a-t-il vraiment aucun absolu à ce sujet? En réalité, la Bible nous donne toute une liste d'animaux qu'il faudrait éviter de consommer (Lév. XI). Et si les gens n'ont généralement retenu que le porc, qui est dit "impur" (en hébreu tame), ils oublient trop souvent la liste des animaux "répugnants", c'est-à-dire qu'il faudrait "avoir en horreur" (en héb. shaqats), parmi lesquels se trouvent les reptiles, amphibiens, rongeurs, canidés, félidés, équidés, rapaces, chauves-souris, singes, fruits de mer, crustacés, mollusques, etc. Ce chapitre du Lévitique semble donc distinguer trois catégories d'animaux: les animaux qu'on peut consommer, ceux qu'il vaudrait mieux éviter, et ceux dont il faudrait absolument s'abstenir. Bien entendu, la plupart des théologiens chrétiens ont pensé que les restrictions alimentaires n'étaient plus valables sous la Nouvelle Alliance, en se basant notamment sur la vision de saint Pierre sur les animaux impurs (Actes X). Or, en lisant ce texte plus attentivement on remarque que cette vision n'était pas destinée à abolir les restrictions alimentaires, mais plutôt à enseigner à l'Apôtre qu'il ne devait plus regarder tous les païens comme des impurs, car l'Église allait s'ouvrir aux convertis venant de toutes les nations (cf. Act. X, 17, 28). Certes, comme pour d'autres sujets, la Nouvelle Alliance semble laisser la question des aliments à la libre appréciation des fidèles qui sont censés suivre l'Esprit et rendre grâces avant de manger (cf. Rm XIV, 1-4). Cependant, si les animaux shaqats ont été désignés ainsi, ce n'est sans doute pas pour rien. Il vaudra donc toujours mieux, par principe, s'en abstenir.

 

Mais il y a plus intéressant encore: la ville de Wuhan est réputée pour être l'un des hauts lieux de la technolâtrie mondiale. Elle fut d'ailleurs établie en 2019 comme première zone de démonstration pour la cinquième génération (5G) de système cellulaire, technique destinée à développer l'internet des objets, la domotique, le télétravail (et la télémédecine), les véhicules autonomes, etc. Soit à une automatisation, une déshumanisation et un flicage toujours plus accrus. Or on sait que cette technologie "5G" augmente considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques et donc les effets nuisibles sur notre santé et l'environnement. Au point que le biologiste suisse Daniel Favre avait pu parler de "possible crime contre l'humanité" en cas de déploiement de ce réseau mortifère. Par conséquent, sachant que l'action des champs électromagnétiques affaiblit notre système immunitaire (entre autres), il n'est pas déraisonnable d'y voir quelque lien avec la pandémie actuelle, ne serait-ce que comme un signe d'avertissement sur les dangers de cette nouvelle technologie. Il serait en effet absurde de penser qu'il ne s'agit là que d'une simple coïncidence.

 

Une autre cause que l'on retiendra ici concerne plutôt la propagation de ce virus à travers le monde. Depuis l'Antiquité, les hommes savent normalement que le meilleur moyen d'endiguer une pandémie est de séparer le plus tôt possible les biens portants des malades, ceci afin d'éviter une plus grande contagion. En ce sens, les frontières peuvent être utiles. Malheureusement, par idéologie mondialiste et pour défendre les intérêts techno-capitalistes, la plupart des dirigeants des pays ont refusé de fermer leurs frontières, alors même qu'ils savaient que le foyer d'infection était en train de grossir. Et tandis que le président français assurait à son peuple qu'un virus n'a pas de passeport et donc que la fermeture des frontières lui semblait inutile, les autorités helvétiques fanfaronnaient en disant n'avoir nullement besoin de fermer les leurs, puisqu'il n'y avait encore aucun malade. Puis, formidable cynisme, lorsque le virus a débarqué en Suisse, ces mêmes autorités déclarèrent qu'il ne servait plus à rien de fermer les frontières, puisque le virus était maintenant dans le pays. Résultat: les dirigeants sont désormais en train d'établir un peu partout des frontières intérieures bien plus petites encore, appelées "confinement". Les pyromanes deviennent ainsi des pompiers. Et les médias aux ordres les applaudissent d'avoir osé prendre de bonnes décisions.

 

Enfin, dans cette contagion, il ne faut bien sûr pas oublier le facteur démographique: car la forte densité de population dans nos pays est incontestablement une bombe polluante, sonore et virale. Surtout dans un système comme le nôtre qui encourage les déplacements incessants et la surconsommation. Les promoteurs de la croissance en tout genre – ou plutôt de la démesure – qui rêvent de pays surpeuplés et de villes "vertes" et "intelligentes" pour compenser la belle nature qui disparaît jour après jour ont bien sûr leur part de responsabilité.

 

Les conséquences

Venons-en maintenant aux conséquences. La première leçon qu'il aurait fallu tirer dans ce genre de situation est de se souvenir que nous sommes mortels et donc des malades en puissance. Si ce n'est pas une grippe qui nous tuera, ce sera autre chose. Cette pandémie devrait donc nous rappeler qu'il faut se préoccuper avant tout de notre âme. Venir au pied de la Croix et faire pénitence devant le Seigneur est la meilleure attitude à avoir. Notre salut en dépend. Malheureusement, au lieu de cela, la majorité des gens n'ont pas été plus dignes que leurs dirigeants. Ils ont continué d'agir comme des matérialistes et des hédonistes qui ne considèrent que la matière et qui établissent comme principe suprême la recherche du plaisir. Ils se sont ainsi précipités dans les magasins pour les dévaliser comme des affamés. "Mangeons et buvons, car demain nous mourrons!"– semblaient-ils dire. Credo matérialiste que déplorait déjà en son temps le prophète Isaïe (Is XXII, 13). Pourtant, l'homme ne vivra pas de pain seulement (Luc IV, 4).

 

Cette attitude délétère pourrait entraîner des conséquences bien plus sérieuses pour l'ensemble des individus. Car à cause d'une majorité aussi matérialiste et hédoniste, manipulable à souhait, et généralement prête à tout sacrifier pour un peu plus de sécurité, il se pourrait que le coronavirus serve en définitive – comme au lendemain du 11 septembre 2001 – de prétexte pour accentuer la surveillance de masse et accélérer le "tout numérique" (télétravail, télémédecine, école numérique, disparition du cash au profit de la monnaie électronique, etc.). Dans ce cas, nous pourrions réellement parler de cheval de Troie du techno-capitalisme.

 

En revanche, pour être un peu plus optimiste, cette pandémie pourrait tout aussi bien produire un sursaut chez les travailleurs au chômage technique qui ont désormais la possibilité de s'arrêter pour lire et mieux réfléchir, puisque même les usines abrutissantes comme les discothèques et les matchs de foot sont à l'arrêt (il en reste bien sûr d'autres, comme la TV, les vidéos débiles sur internet, etc.). Donc, si un certain nombre d'entre eux commencent sérieusement à se poser des questions sur leur âme et sur le fonctionnement du techno-capitalisme, il se peut qu'ils découvrent avec horreur la folie de ce système qui ne repose que sur la réification de tout, la croissance infinie, la surconsommation, la destruction de la création, les métiers de service, l'interdépendance dangereuse des nations, etc. En d'autres termes, si de plus en plus de gens prennent conscience qu'il faut absolument changer d'orientation, construire un monde à taille humaine, en équilibre avec le reste de la création, privilégier les choses importantes comme la sagesse, l'agriculture durable, la santé, le social, l'autonomie, etc. alors on pourra dire que cette pandémie fut un mal salutaire. Mais "cheval de Troie" ou "mal salutaire", seul l'avenir nous le dira…

 

Voir aussi: Condamné à mort; Révolution et Christocratie; Système technicien et technolâtrie


« Comme Sodome, ils publient leur crime, sans dissimuler » (Is III, 9)

mars 2020

Le 9 février 2020 la Suisse est officiellement entrée dans le club des démocraties abjectes qui favorisent le sodomisme et criminalisent les "homophobes", c'est-à-dire potentiellement tous ceux qui ne trouvent pas forcément cool ni même moral de pratiquer la sodomie et d'être "LGBTQ". Sur les 41% d'électeurs suisses qui ont participé à cette mascarade démocratique, 63% d'entre eux ont répondu aux attentes des élites techno-libérales suisses, et cinquante-sept pour-cent les ont également suivies en rejetant l'initiative sur les "logements abordables". Le résultat de ces deux votes nous donne une idée assez claire du climat délétère qui règne en Suisse en cette première moitié de XXIe siècle: une haine de toute vraie morale et un mépris de classe assumé de la bourgeoisie envers les plus modestes. Deux caractéristiques propres aux peuples impies (cf. Is III, 12-15; V, 20; X, 1-2). Qu'on se souvienne à ce titre des précédents résultats sur le passeport biométrique, l'homicide prénatal (remboursement de l'IVG), l'eugénisme (diagnostic pré-implantatoire), le flicage des assurés, etc. Certes, les gens qui acceptent tout cela ne sont pas forcément tous issus de la bourgeoisie, mais ils sont néanmoins embourgeoisés et dépravés, peut-être à force d'avaler toute la propagande techno-libérale du groupe Tamedia (20 minutes, 24heures, Tribune de Genève, etc.) ou encore celle de la RTS, entre autres.

 

Quoi qu'il en soit, les initiés de la foi comprendront certainement que ces transformations morales, sociales ou sociétales s'inscrivent dans un contexte beaucoup plus large, c'est-à-dire qu'elles ne sont finalement que des symptômes du système antichrist mondial, et qu'il est par conséquent vain de s'engager en politique (et même de voter) en croyant pouvoir moraliser la Bête immonde. Car celle-ci est par nature immoralisable. Sodome et Gomorrhe, l'Égypte, Canaan, l'Assyrie, Babylone, l'empire séleucide, l'empire romain, le troisième Reich et leurs semblables étaient tous irréformables. C'est pourquoi, les fidèles les plus lucides n'ont jamais rien souhaité d'autre que leur ruine. Aujourd'hui, la puissance technologique et antichrist chinoise – locomotive de la croissance mondiale – et les États-Unis, soit grosso modo les deux têtes de l'empire techno-capitaliste, ne semblent pas davantage moralisables. Pas plus que ne le sont ceux qui se soumettent à leur modèle abject. Mais aussi puissants et invulnérables qu'ils puissent paraître actuellement, la nouvelle Égypte ou le nouvel empire romain (États-Unis) et la nouvelle Sin (Chine) pourront également tomber s'ils persistent dans leur voie criminelle (cf. Éz. XXX, 15). Et avec eux, tous leurs serviles vassaux.

 

Pour les profanes encore suffisamment honnêtes et conscients, la lecture de ces évènements n'est pas davantage compliquée: le but de la caste techno-libérale consiste toujours à démoraliser, laminer, abrutir les prolétaires et sous-prolétaires à travers toute une palette de vices – pornographie, sodomisme, téléréalité, féminisme, publicités, jeux-vidéos, discothèques, objets techniques, etc. –, afin de les réduire en de zombiesques consommateurs et technolâtres. C'est pourquoi, aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, les anarcho-socialistes de la Première Internationale avaient notamment compris l'imposture du féminisme (d'où leur refus, à l'origine, du travail des femmes). Aussi Proudhon, le père de l'anarchisme laïque, voyait d'un très mauvais œil la progression de l'homosexualité, signe de décadence bourgeoise. Il écrivit même à ce sujet: "Sans aller jusqu'à la mort, je regrette que cette infamie qui commence à se propager parmi nous, soit traitée avec tant d'indulgence. Je voudrais qu'elle fût, en tous les cas, assimilée au viol, et punie de vingt ans de réclusion. Mais le mieux serait d'y trouver un antidote…" D'où l'on voit qu'à l'origine l'anarchisme et même le socialisme se distinguaient assez nettement du libéralisme pernicieux. Ce sont en réalité des libéraux de gauche qui phagocyteront progressivement les mouvements révolutionnaires, de la même manière que les homodoxes ont phagocyté la plupart des Églises.

 

Enfin, une dernière remarque s'impose: si les "LGBTQ" sont incontestablement devenus l'une des nouvelles coqueluches du techno-libéralisme, c'est en partie pour les raisons invoquées supra, mais également parce qu'ils constituent des couples infertiles susceptibles de former une clientèle importante pour le marché de la reproduction artificielle d'enfants. Un marché en pleine expansion. Et puisque le droit est évidemment le bras armé des classes possédantes, il était naturel qu'il évolue de cette manière dans la plupart des pays occidentaux. Du reste, gageons que si les braves électeurs suisses avaient eu l'audace de refuser cette loi, leurs maîtres les auraient vite rappelés à l'ordre en leur demandant de revoter après une nouvelle pédagogie, ou alors auraient-ils simplement imposé cette loi en invoquant un cas de force majeure. Car c'est ainsi que les choses fonctionnent dans une démocratie bourgeoise inféodée au système antichrist.

 

Voir aussi: La Suisse de l'injustice; Effondrement moral; Le système antichrist


La Parole de Dieu est douce-amère

fév. 20

À un moment charnière de la vision de saint Jean, dans l'Apocalypse, nous trouvons ce passage étonnant où il lui est demandé d'avaler un petit livre avec la promesse qu'il lui serait doux en bouche, mais amer à ses entrailles. Et effectivement, dès que l'Apôtre l'eut avalé, il ressentit ce goût étrange (Ap. X, 10): "Il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais dès que je l'eus mangé mon ventre fut rempli d'amertume." Puis on lui dit: "Il faut que tu prophétises…" Selon toute vraisemblance, le livre en question doit être la Parole de Dieu qui produit en nous cette sensation douce-amère. Douce quand elle affirme que nous sommes sauvés par la Grâce; amère quand elle agit comme un miroir qui réfléchit notre nature pécheresse et nous pousse à la pénitence. Douce quand elle nous fait renaître spirituellement et nous choie comme des nourrissons; amère quand elle nous laisse grandir dans la souffrance et les tribulations. Douce quand elle nous montre le bon chemin à suivre; amère quand elle nous avertit qu'il sera étroit et difficile. Douce quand elle nous appelle "enfants de Dieu"; amère quand elle nous annonce que l'on aura probablement pour ennemis des gens de notre propre famille. Douce quand elle nous souffle que le salut est gratuit; amère quand elle nous fait connaître le prix de la sanctification. Douce quand elle nous parle du Royaume de Dieu; amère quand elle nous révèle la nature profonde des royaumes de ce monde. Douce quand elle évoque la vie éternelle et la résurrection; amère quand elle nous parle de croix et de crucifixion. Bref, nous pourrions sans doute multiplier les exemples de ce type.

 

C'est justement en considérant cette dualité mystique que le théologien révolutionnaire Thomas Müntzer avait pu parler de "Christ doux" et de "Christ amer", réalité qu'il avait lui-même expérimentée en abandonnant sa fonction et ses prérogatives au sein du clergé réformé pour s'engager dans la lutte sociale aux côtés des opprimés. Cela, en opposition à la théologie borgne des adeptes de la Réforme magistérielle qui, sous couvert de la Grâce et du Christ doux (mais aussi des dogmes de la "soumission aux autorités" et de la "Providence"), justifiaient implicitement le pouvoir tyrannique, quand ils n'y collaboraient pas directement. Le Christ doux des protestants devint alors une sorte de Christ doucereux, tolérant et neutre, servant de base à leurs discours mielleux qui venaient comme anesthésier le peuple opprimé tout en neutralisant les aspirations christocratiques des Réformés radicaux. Car ces derniers, au contraire des protestants "classiques", avaient tenu compte du chrétien dans son ensemble, à la fois comme un être individuel et social, n'ayant pas seulement à lutter contre sa propre nature mais aussi contre la société qui l'attaque, l'aliène et le corrompt davantage. Ils étaient donc une menace pour l'ordre établi. Or, puisque la classe dominante soutint évidemment la Réforme magistérielle, tout en persécutant les Réformés radicaux, et puisque l'homme a généralement tendance à privilégier tout ce qui le caresse et le flatte, plutôt que ce qui le remet en question et l'engage dans une voie difficile, le concept de "Christ amer" fut progressivement abandonné par tous les chrétiens.

 

C'est ainsi que l'on peut comprendre, en partie du moins, comment le christianisme est devenu cette religion du "bien-être" et du "développement personnel", basée presque exclusivement sur la certitude du salut, mais aussi comment est née la théologie homodoxe qui sévit actuellement. Pourtant, si le christianisme a changé plusieurs fois en cours de route, la Parole de Dieu, elle, est restée la même, à savoir douce-amère. Elle nous invite toujours à considérer cette dualité mystique et à penser de manière dialectique, non pas pour chercher la voie médiane en toutes choses – car il faudrait alors être neutre, tiède, androgyne, etc. – mais plutôt pour être capable tantôt de trouver l'équilibre, tantôt d'opter pour l'une ou l'autre chose selon les circonstances. Or ni équilibre ni résolution véritable n'est possible là où ne s'offre à nous qu'une seule et même option en chaque occasion.

 

Mais évidemment, la pensée homodoxe ne conçoit pas cela. Elle est incapable de comprendre qu'on puisse, par exemple, aimer une chose et en haïr une autre, parce qu'elle s'imagine que le "Christ doux" exclut d'office le "Christ amer". Par conséquent, elle croit pouvoir aimer Dieu et le monde ou même servir deux Maîtres opposés parce qu'elle n'envisage qu'une seule et même attitude dans chaque situation. Cela, sans tenir aucun compte des Écritures qui disent pourtant que l'amour du monde est inimité contre Dieu et que nul ne peut servir deux Maîtres (Mt VI, 24; Jc IV, 4).

 

De cette façon, elle ne conçoit pas non plus qu'on puisse être anarchiste chrétien malgré toute la pertinence de cette position. Or, en temps normal, nous n'aurions même pas besoin de dire pourquoi l'être, mais plutôt pourquoi ne pas l'être. Car en vérité, pour des chrétiens, comment ne pas être anarchistes devant des puissances impies auxquelles on ne devrait reconnaître – sinon en acte, au moins en pensée – aucun droit de nous gouverner, ne serait-ce que parce que la place de Maître est déjà occupée dans nos cœurs? Se pourrait-il d'ailleurs qu'il y ait des êtres plus illustres que Jésus-Christ pour nous servir d'exemple et nous donner des lois supérieures à celles qu'il nous a données? Devrions-nous plier les genoux devant les dirigeants de Sodome et de Babylone qui méprisent les lois les plus élémentaires et feignent toujours de confondre intérêt général et intérêt particulier? Pour nous, les réponses à ces questions sont claires. C'est pourquoi, autant la Parole de Dieu est douce-amère, autant nous sommes chrétien anarchiste…

 

Voir aussi: Anarchisme Chrétien; Révolution et Christocratie


Un temps pour aimer, un temps pour haïr...

janv. 2020

S'il est un lieu commun dans lequel se rejoignent pratiquement tous les chrétiens modernes, c'est l'amour. Et plus précisément, l'amour du prochain. Si bien que le christianisme est devenu, pour ainsi dire, une religion symboliquement "féminine" empreinte d'amour et de tolérance. Sur cette base, les LGBTQ qui s'aiment seraient chrétiennement corrects, de même que les couples infertiles (homos ou hétéros) qui contribuent à la reproduction artificielle d'êtres humains (DPI, FIV, IAD, PMA). Que ne ferait-on pas au nom de l'amour? Les plus viles abjections!

 

Tout anarchiste chrétien que nous soyons, il nous serait difficile de dire que l'amour n'occupe pas une place centrale dans le Nouveau Testament (nous l'avons d'ailleurs déjà dit). Nous savons en effet que Dieu est Amour et que le deuxième plus grand commandement est d'aimer son prochain comme soi-même (Mt XXII, 39; I Jn IV, 8). Pour autant, Dieu n'est pas qu'Amour et il faudrait aussi s'entendre sur le sens des mots. Car l'amour dont parle la Bible n'est pas vraiment cette émotion vague et abstraite, variable selon l'air du temps, mais plutôt une dilection stable et intemporelle, exigeante de surcroît, qui évolue sans modifier son essence et qui réclame une sorte de "don de soi", autrement dit c'est une disposition presque sacrificielle, comme il est écrit (Jean XV, 13): "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En ce sens, Jésus nous a bien sûr aimés comme nul autre. Quant au mot "prochain", son radical nous donne déjà un élément de réponse: il s'agit d'abord de celui qui nous est proche, soit un frère ou une sœur en Christ (cf. Mt XII, 47-50; Jean XIII, 34-35).

 

Il faut donc se garder de trop élargir ces définitions, car à vouloir aimer tout le monde on finirait par n'aimer personne (ou du moins pas ceux qu'il convient d'aimer en premier). En outre, ce serait oublier que l'amour du monde est inimitié contre Dieu (cf. Jc IV, 4; I Jn II, 15). En d'autres termes, si le deuxième plus grand commandement (aimer son prochain) contrevient au premier (aimer Dieu), c'est qu'il y a un problème quelque part. Un problème que la théologie dite "orthodoxe" (au sens d'opinion conforme), que nous qualifions plutôt d'homodoxe ("conforme au monde"), ne permet pas de résoudre. Au contraire, elle en égare plusieurs. Lire la suite...


Le Roi-Sacrificateur

déc. 2019

Nul ne sait exactement quand il est né (entre -7 à 0, un mois de janvier, de décembre, de septembre?). Nul ne sait non plus exactement quand il est mort, quoique l'on sache qu'elle eut lieu lors d'une Pâque juive (11 avril 27; 7 avril 30; 3 avril 33; 23 avril 34?). Cependant, les "spécialistes" se querellent déjà sur les "trois jours" qui vont de sa mort à sa résurrection, entre ceux qui soutiennent l'interprétation classique selon laquelle il serait mort un vendredi et ressuscité un dimanche; ceux qui pensent plutôt qu'il serait mort un jeudi (afin que les "trois jours et trois nuits" annoncés en Matthieu XII, 40 puissent être pris littéralement); ou encore les judaïsants qui placent la Passion un mercredi et la résurrection un samedi pour la faire coïncider avec le sabbat (hypothèse la moins probable si l'on tient compte de Marc XVI, 9 et Luc XXIV, 1 et 21).

 

Au demeurant, nul ne connaît non plus l'emplacement exact de son tombeau éphémère. Si la plupart des chrétiens pensent qu'il s'agit du "Saint-Sépulcre" désigné sous le règne de Constantin Ier  – soit quand le christianisme commençait véritablement à s'institutionnaliser –, les protestants modernes, eux, partagent plutôt l'opinion du général britannique Gordon qui situa l'endroit au "Jardin de la Tombe". Mais à notre sens, aucun des deux sites n'est le bon, et tant mieux. Car au vu de tous les touristes idolâtres et technolâtres qui viennent aujourd'hui souiller Jérusalem (sans parler des locaux), il est peut-être préférable que le véritable tombeau reste enfoui quelque part dans cette ville.

 

Bref, tout cela pour dire que, sur la forme, on ne connaît pas grand chose de Jésus. Les "rationalistes" ou techno-scientistes resteront donc plus ou moins frustrés. En revanche, sur le fond, l'essentiel est bien connu. Et puisque ce mois de décembre est censé être celui de la commémoration de sa naissance – du moins sous nos latitudes –, et malgré le fait qu'elle est aujourd'hui largement supplantée par des festivités techno-capitalistes, rappelons brièvement quelques points importants sur la vie et l'étant du Sauveur.

 

Jésus est né d'une vierge, par la vertu du Saint-Esprit, et ainsi "Fils de Dieu", non pas à la manière des anges (Job I, 6; Ps. LXXXIX, 7; Héb. I, 4-13), ni à la manière d'Adam – seul homme directement créé par Dieu – ni à celle des membres de l'Église fidèle (Gen. I, 26-27; II, 7; Ps. XXIX, 1; Jean I, 12), mais véritablement comme la Parole de Dieu faite chair, laquelle fut destinée à réparer les effets potentiellement éternels du péché hérité d'Adam (Jean I, 1-14; III, 16). C'est pourquoi Jésus sera aussi appelé le "dernier Adam" (I Cor. XV, 45-49).

 

Il est venu au monde à Bethléem, au sein d'une famille très modeste, dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. Seuls quelques mages et quelques bergers sont venus célébrer sa naissance (Mat. II; Luc II). Il n'y avait alors ni docteurs en Écriture ni grands de ce monde à son chevet.

 

Durant son ministère terrestre, Jésus a enseigné sur le Royaume de Dieu et a accompli plusieurs miracles et guérisons pour confirmer qu'il était bien celui qui avait été annoncé par les saints prophètes (cf. Ps. II; Is. VII, 14; IX, 5; Mich. V, 1, etc.). Aussi s'est-il choisi douze disciples issus de la classe inférieure (des marins-pêcheurs pour la plupart) afin de l'accompagner et de porter sa Parole dans le monde. "Douze faquins", selon l'expression méprisante du bourgeois Voltaire.

 

Il a enfin subi le châtiment suprême, le supplice de la Croix, changeant le mal en bien, la condamnation en libération afin que, par ses meurtrissures et son sang versé, tous ceux qui croient en lui puissent être sauvés (Is. LIII, 4-5; Jean III, 16, 36; Act. IV, 12; Rom. V, 1; X, 9). Puis il est ressuscité pour sceller la réconciliation et la résurrection future des fidèles (Luc XXIV, 6; Jean V, 21-25; Rom. IV, 23-25; I Cor. VI, 14; Éph. I, 20). Il a enfin quitté la terre devant ses disciples pour "s'asseoir à la droite de Dieu", c'est-à-dire, selon nous, "retourner dans sa puissance" (cf. Ps. CVIII, 7; CXVIII, 16; Marc XVI, 19; Rom. VIII, 34).

 

Jusqu'ici, ce que nous venons d'écrire est plus ou moins conforme au credo des chrétiens institutionnels. Mais ce n'est pourtant pas tout ce qu'il fallait dire. Car si le Seigneur règne aux cieux et dans le cœur de certains de ses disciples, il doit aussi nécessairement régner sur la Terre. Car le Christ a été la "jonction" entre le spirituel et le terrestre, entre le divin et l'humain, non pas pour que nous devenions "comme Dieu" (mensonge satanique), mais pour que nous retrouvions l'image de Dieu en nous, source de salut. Or cette "image" devrait normalement faire naître en nous le désir profond du Royaume de Dieu, avant de se projeter vers l'extérieur (Luc XVII, 21: "Hê basileia tou Theou entos humon estin"). C'est pourquoi le Christ doit régner dans nos vies individuelles comme collectives. C'est d'ailleurs aussi la raison pour laquelle il fut charnellement issu de la tribu royale de Juda, et spirituellement de la lignée sacerdotale de Melchisédek – nom de ce mystérieux sacrificateur qu'avait rencontré le patriarche Abraham et qui était sans doute une "christophanie" (Gen. XIV, 17-20; Héb. VII, 1-17).

 

Par ailleurs, le Psaume CX annonçait déjà le Roi-Sacrificateur, lequel ne pouvait être que le Christ, puisque le roi David l'appelle "son Seigneur". Du reste, aucun autre que le Sauveur – ni historiquement ni dans l'absolu – n'a pu unir la royauté et la sacrificature; Christ s'étant lui-même offert en sacrifice expiatoire une fois pour toutes. C'est pourquoi il est dit: "Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Mélchisédek." Mais c'est bien sûr aux hommes qu'il revient de lui remettre le sceptre afin de le faire Roi sur Terre. Car avant le jugement final, Christ ne s'imposera pas. Nous avons donc le choix entre Lui et les antichrists, sachant que tous ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui (Luc XI, 23). Voilà donc ce qu'il aurait fallu ajouter à tous les "credos".

 

En conclusion, il importe assez peu de savoir quand il est né, quand il est mort ou encore où son tombeau se trouve; ce qui importe, c'est ce qu'il a fait et ce qu'il représente. Il est le Roi-Sacrificateur appelé à régner dans nos cœurs et sur toutes les nations. C'est là encore un scandale et une folie pour ceux qui le rejettent, mais puissance et sagesse de Dieu pour ceux qui le reconnaissent (cf. I Cor. I, 23-24)

 

Voir aussi: Révolution et Christocratie


De l'idolâtrie à la technolâtrie, il n'y a qu'un pas

nov. 2019

Les protestants évangéliques et réformés ne sont désormais plus les seuls "chrétiens" à intégrer pleinement le dieu Tekhnê à leur culte. Ils sont rejoints par les papistes de la vieille institution romaine, laquelle, a-t-on appris, vient de lancer sur le marché un "chapelet connecté" qui s'active en faisant le signe de croix. Comme quoi, tous les moyens sont bons pour s'offrir une cure de jouvence et s'attirer de nouveaux clients.

 

Au-delà du côté insolite de cet objet technique, de son prix excessif, ou encore du fait qu'il serait facilement piratable, c'est surtout le symbole qu'il représente qui a de quoi indigner. Car il faut rappeler que si le Christ a souffert à la Croix, c'est justement pour nous délivrer des effets potentiellement indéfectibles du péché et pour nous libérer des puissances et des idoles qui nous enchaînent. Or la technique en est aujourd'hui l'une des plus redoutables, de sorte qu'associer la Croix qui nous libère à la technique qui nous asservit est un contresens et une infamie. Naturellement, l'institution romaine n'en est pas à son premier coup d'essai, car toute son histoire est jalonnée de mélanges contre nature entre le christianisme et le paganisme, entre Jésus-Christ et les puissances ennemies. Elle est d'ailleurs à l'origine du confusionnisme et du conformisme ambiants qui sévissent actuellement dans la plupart des Églises – ou plutôt dans les institutions qui portent ce nom sans en avoir la substance et les qualités. Car l'Église restera toujours, par définition, l'Assemblée hors du monde, la communauté des fidèles, le corps mystique de Jésus-Christ. Par conséquent, l'Église visible devrait être un rempart contre le monde, un refuge contre ses souillures, une fraternité et des lieux au sein desquels les choses profanes sont abandonnées pour entrer dans le domaine du sacré, du spirituel, de l'immuable. Malheureusement, le mélange des genres est tel aujourd'hui que l'on confond aussi très souvent le profane et le sacré.

 

Certes, comme autrefois pour l'art, certaines techniques peuvent être des moyens de faire connaître le Saint et son message, autrement dit des outils pour diffuser le bon enseignement. Cependant, jamais elles n'auraient dû être associées au culte. Car c'est là précisément que réside tout le problème: jadis, tant que les dessins et les peintures restaient au service de l'homme et de la bonne cause, ils étaient profitables; dès lors qu'ils ont été sacralisés et associés au culte, ils sont devenus des idoles délétères. Il en va de même de certaines techniques, quand celles-ci ne sont pas intrinsèquement mauvaises.

 

Nous pensons donc que pour éviter les dérives idolâtriques ou technolâtriques et pour retrouver le véritable sens de l'Église, il faudrait peut-être former des Assemblées dans lesquels il n'y aurait que des frères, des Bibles et des bougies, soit un retour à la simplicité chrétienne. Car il faut rechercher l'humilité et se garder des idoles, nous disent les Saintes Écritures (Sophonie II, 3; I Jean V, 21).

 

Voir aussi: L'apostasie dans l'Église; Système technicien et technolâtrie


Filtrer le moucheron et avaler le chameau

oct.2019

À l'origine, le Maître utilisa cette drôle de métaphore pour dénoncer l'hypocrisie des dirigeants religieux de son temps, lesquels étaient très scrupuleux sur des points de détail ou des jurisprudences, alors qu'ils délaissaient les prescriptions élémentaires de la loi (justice, charité, liberté, etc.).

 

A priori, on pourrait penser que cette remontrance ne s'adressait qu'aux religieux de l'Antiquité, voire aux religieux hypocrites de tout temps, mais comme d'habitude la Bible a une portée plus générale. En effet, les dirigeants laïques d'aujourd'hui ne sont pas moins pharisaïques que les conducteurs religieux d'hier. Pour s'en convaincre, arrêtons-nous un instant sur quelques cas bien connus.

 

Songeons par exemple à ces prétendus "amis de la liberté" que prétendent être les libéraux. Ils s'offusquent à la moindre petite limitation faite au libre marché et s'opposent toujours aux plus modestes impôts sur les entreprises au nom de la liberté, mais ils restent néanmoins parfaitement silencieux, pour ne pas dire complices, quant aux lois et mesures liberticides qui touchent la majorité des gens (surveillance généralisée, biométrie, compte bancaire obligatoire, etc.). Aussi ces libéraux prônent-ils la liberté des grands voleurs et des peines sévères pour les petits maraudeurs.

 

Songeons aussi à ces nationalistes ou populistes qui affirment s'engager pour la démocratie, l'emploi, la tradition, le peuple indigène et la préférence nationale. Ils s'opposent farouchement à l'immigration, mais soutiennent en même temps la croissance techno-capitaliste, en faisant mine de ne pas savoir que celle-ci nécessite forcément une robotisation accrue et une main-d'œuvre à bas coût pour augmenter la plus-value des techno-capitalistes. Sans parler, bien sûr, du fait que leur problème avec les étrangers est souvent à géométrie variable: les immigrés pauvres les importunent, tandis que les entreprises étrangères, les touristes, les riches, et même les influences et les sous étrangers – comme ceux de la dictature chinoise – sont les bienvenus (sur ce point, l'UDC en Suisse et la Lega en Italie sont sur la même longueur d'onde).

 

Que dire encore de ces justiciers de l'autre bord qui s'engagent à fond contre les "discriminations" que subiraient les femmes – notamment au sujet de leur sous-représentation dans certains secteurs professionnels, mais aussi des petites différences salariales –, et qui proposent donc, pour y remédier, d'imposer une discrimination positive par l'entremise d'un quota de femmes dans certaines professions (mais curieusement pas tellement chez les éboueurs, balayeurs, ferrailleurs, maçons… ou même chez les SDF où les hommes sont pourtant sur-représentés!). Ainsi ne voient-ils pas ou feignent-ils de ne pas voir la plus grande inégalité et injustice de l'histoire, à savoir l'inégalité sociale. Or, si l'on compare les revenus et la position d'un ouvrier du bâtiment ou d'un agriculteur à ceux d'un financier ou d'un technocrate, on s'aperçoit facilement que les discriminations et les différences salariales entre classes sociales sont nettement supérieures à celles entre genres.

 

Que l'on songe enfin à tous ces écotartuffes qui disent lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique en pointant principalement du doigt les voitures au diesel et l'agriculture intensive – soit grosso modo le vieux modèle techno-capitaliste à l'agonie –, tout en se gardant bien de dénoncer le nouveau modèle qui progresse en parallèle. Celui-ci est pourtant tout aussi polluant et dangereux que l'ancien. Que ce soit l'extraction d'hydrocarbures et l'activité minière pour fabriquer tous les nouveaux objets techniques (un seul ordiphone nécessite déjà des dizaines de métaux différents), mais aussi les éoliennes, les caméras, les ondes, les data centers, etc. Tout cela est évidemment très polluant et énergivore. Mais puisque pratiquement tout le monde est accro aux nouvelles technologies, la nouvelle "vache sacrée" échappe à la critique des pseudo-révolutionnaires qui suivent Greta Thunberg sur les réseaux sociaux (réseaux aussi polluants). Les écotartuffes préfèrent d'ailleurs présenter ce modèle comme une "alternative verte"; un vert bien artificiel, semblable à celui que certains propriétaires californiens utilisent pour peindre leur gazon afin de cacher la sécheresse.

 

Bref, nous pourrions encore multiplier les exemples de ce genre.

 

En conclusion, puisque notre article coïncide plus ou moins avec les élections fédérales suisses, demandez-vous, chers électeurs qui nous lisez, s'il vaut vraiment la peine de voter pour des gens et des partis qui vous promettent de filtrer tel ou tel moucheron (même s'il est vrai qu'il y en a de plus grands que d'autres) tout en laissant passer le chameau. Quant à nous, nous avons souvent essayé de montrer tous les chameaux que les élites religieuses, politiques, scientifiques, médiatiques nous font avaler, avec ou sans notre consentement, ceci dans l'espoir d'éviter l'indigestion générale et de faire prendre conscience au plus grand nombre de la nécessité d'une Christocratie. Car la véritable foi chrétienne est le seul bon et solide filtre.


« Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde s'il perdait son âme ? »

sept. 2019

Cette parole christique fait partie de celles dont on se souvient aisément tant elle questionne notre manière d'appréhender la vie. Elle est d'autant plus remarquable à une époque où la majorité des gens semblent envisager leur vie à partir d'une question inverse: "À quoi bon sauver son âme s'il faut renoncer aux mondanités?", se disent-ils. Pour certains d'entre eux, accepter le Christ irait encore, mais puisque la foi entraîne nécessairement une repentance et donc une sorte de renoncement au conformisme ambiant et aux vanités mondaines, ils préfèrent se calfeutrer dans une incrédulité morbide. Du moins, pour ce qui concerne la révélation chrétienne. Car ils ont en revanche une foi énorme en la techno-science, non seulement parce que celle-ci leur offre des amulettes électroniques captivantes, mais aussi parce qu'elle leur raconte une histoire des origines qui convient mieux à leur mode de vie. En effet, la religion techno-scientiste affirme que l'homme n'est qu'un agrégat d'atomes résultant d'un accident cosmique auquel aurait succédé, au fil du temps, de multiples transformations pour aboutir finalement à cet "animal" qui pense : Homo sapiens. Les plus sceptiques diront bien sûr que c'est un mythe basé sur des conventions, mais les adeptes de cette religion répliqueront que c'est de la science. Et on ne badine pas avec la science. Car ce que dit la science à valeur de dogme, comme autrefois ce que disait le pape.

 

Quoiqu'il en soit, ce mythe scientifique a permis de satisfaire tous ceux pour qui le sens de la vie devait se résumer à jouir, consommer, et se faire un nom. Or, pour nombre d'Occidentaux, les deux premiers objectifs semblent plus ou moins atteints: il y a du pain, du sexe et des jeux en abondance. Certes, il existe toujours une minorité pour laquelle le nécessaire manque (un toit, des aliments, des soins adaptés, etc.) ou pour qui le bonheur ne saurait se trouver dans ces offres; mais ce qui compte dans une démocratie techno-libérale, c'est de satisfaire la majorité. En revanche, le but consistant à se faire un nom semble davantage compliqué pour tout le monde, car il y a beaucoup de gens en lice qui aspirent à leur minute de gloire et qui ne manquent pas d'audace et d'imagination pour l'atteindre. Surtout depuis l'apparition des réseaux sociaux. En outre, tout ou presque a déjà été fait: filmer ses accidents, ses challenges, ses colères, ses violences, ses moments insolites, ses rires, ses larmes, sa vie intime, etc. Bref, que n'a-t-on pas déjà fait pour une minute de gloire et quelques pouces levés? C'est pourtant ici l'ultime but à atteindre pour toute une génération d'idiots. Aller se promener seul dans une forêt, sans son ordiphone ni quelque autre objet technique à portée de main, tout simplement pour respirer le bon air, voir de belles choses, réfléchir un peu, sans penser un seul instant "aux pouces levés" qu'on pourrait obtenir en filmant ce moment, paraît trop ringard aujourd'hui.

 

Le narcissisme est devenu si endémique au sein de cette génération que certains des plus désespérés d'entre eux se filment en direct tandis qu'ils s'apprêtent à mettre fin à leur jour, ceci dans l'espoir de connaître littéralement leur "dernière minute de gloire" et de voir quelques derniers pouces levés avant de perdre définitivement leur âme. Ce sont des cas extrêmes, dira-t-on, mais en réalité tous les autres "winners" se dirigent exactement vers la même fin tragique s'ils ne réalisent pas qu'à vouloir gagner le monde, on risque effectivement de perdre son âme.

 

Voir aussi: Condamné à mort; Système technicien et technolâtrie


Soyons démodés pour rester dans le coup !

août 2019

Il est des modes qui nous enseignent beaucoup de choses à la fois sur les gens qui les suivent et les sociétés qui les promeuvent. Les vulgaires les voient défiler sans les comprendre, tandis que les hommes faits devraient les comprendre sans y défiler.

C'est le cas par exemple de la mode des tatouages et des piercings. Ces pratiques disgracieuses furent proscrites par la Bible (Lév. XIX, 28) notamment parce qu'elles symbolisent le paganisme et l'esclavagisme. En effet, les païens se scarifiaient la peau pour former des motifs – avec ou sans matières colorantes – afin d'honorer leurs idoles ou leurs morts, et les esclaves portaient généralement sur leur peau la marque de leur condition ou le sceau de leur maître. Bien plus tard, en Occident, ce sont principalement des prisonniers, des bandits, des marins, des soldats et des toxicomanes qui se tatouaient. Quant aux piercings, cette coutume est aussi d'origine païenne quoique le perçage des lobes des oreilles des filles fut assez tôt intégré aux autres traditions culturelles et religieuses.

Or, si ces pratiques sont aujourd'hui très en vogue, il nous semble que cela vient en partie du fait qu'elles reflètent nos sociétés technolâtres et asservissantes. Aussi la dictature techno-libérale les encourage-t-elle (notamment à travers ses ambassadeurs que sont les célébrités) peut-être pour mieux préparer les gens à modifier leur corps plus facilement, selon les souhaits des transhumanistes.

 

Semblablement, l'homosexualisme, le féminisme, le "transgenrisme" sont à la mode aujourd'hui parce qu'ils symbolisent également le paganisme et l'esclavagisme. Ils sont en outre encouragés par toute la caste techno-libérale qui voit dans ces perversions un formidable moyen de démoralisation générale susceptible d'empêcher toute révolte sérieuse en même temps qu'elles ouvrent des portes à de nouveaux marchés (bébés éprouvettes, mères porteuses, etc.). Ainsi n'avons-nous pas été surpris de voir récemment la ville de Genève – cité de Calvin devenue cité de Sodome – accueillir la gay pride 2019 avec autant de zèle, soit en mettant un peu partout des affiches et en arborant les couleurs des LGBTQ+. On ne pouvait évidemment pas attendre autre chose de cette nouvelle "putain de Babylone" qu'une prise de position claire sur cette alliance objective entre le monde politique, celui de la technique, de la finance et du divertissement pervertisseur (ce qui est aujourd'hui presque un pléonasme). En d'autres termes, les maîtres du monde ont tout intérêt à ce que notre esprit et notre sphincter anal restent le plus ouverts possible afin de maintenir leur vile domination. Et ils veulent qu'on le sache. Alors, au risque de paraître un peu trop fermé, nous sommes d'avis qu'il faudra probablement devenir toujours plus démodé pour rester dans le coup !

 

Voir aussi: Effondrement moral; Système technicien et technolâtrie


Sur la grâce et la liberté chrétienne

juillet 2019

Lorsqu'on devient chrétien et que l'on commence à réfléchir sur la foi, on se trouve assez vite confronté à quelques questions difficiles, comme par exemple: "si je suis réellement libre en Christ, comment se fait-il que je sois encore tenu de respecter certaines lois bibliques?" Autrement dit, peut-on vraiment parler de liberté quand certaines choses nous restent interdites? Ce type de question résulte quelque part de la fameuse tension entre la grâce et les œuvres (de la loi), et donc, avant d'y répondre, il faut déjà commencer par "détendre" celle-ci. Lire la suite...


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