Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps.


De l'idolâtrie à la technolâtrie, il n'y a qu'un pas

nov. 2019

Les protestants évangéliques et réformés ne sont désormais plus les seuls "chrétiens" à intégrer pleinement le dieu Tekhnê à leur culte. Ils sont rejoints par les papistes de la vieille institution romaine, laquelle, a-t-on appris, vient de lancer sur le marché un "chapelet connecté" qui s'active en faisant le signe de croix. Comme quoi, tous les moyens sont bons pour s'offrir une cure de jouvence et s'attirer de nouveaux clients.

 

Au-delà du côté insolite de cet objet technique, de son prix excessif, ou encore du fait qu'il serait facilement piratable, c'est surtout le symbole qu'il représente qui a de quoi indigner. Car il faut rappeler que si le Christ a souffert à la Croix, c'est justement pour nous délivrer des effets potentiellement indéfectibles du péché et pour nous libérer des puissances et des idoles qui nous enchaînent. Or la technique en est aujourd'hui l'une des plus redoutables, de sorte qu'associer la Croix qui nous libère à la technique qui nous asservit est un contresens et une infamie. Naturellement, l'institution romaine n'en est pas à son premier coup d'essai, car toute son histoire est jalonnée de mélanges contre nature entre le christianisme et le paganisme, entre Jésus-Christ et les puissances ennemies. Elle est d'ailleurs à l'origine du confusionnisme et du conformisme ambiants qui sévissent actuellement dans la plupart des Églises – ou plutôt dans les institutions qui portent ce nom sans en avoir la substance et les qualités. Car l'Église restera toujours, par définition, l'Assemblée hors du monde, la communauté des fidèles, le corps mystique de Jésus-Christ. Par conséquent, l'Église visible devrait être un rempart contre le monde, un refuge contre ses souillures, une fraternité et des lieux au sein desquels les choses profanes sont abandonnées pour entrer dans le domaine du sacré, du spirituel, de l'immuable. Malheureusement, le mélange des genres est tel aujourd'hui que l'on confond aussi très souvent le profane et le sacré.

 

Certes, comme autrefois pour l'art, certaines techniques peuvent être des moyens de faire connaître le Saint et son message, autrement dit des outils pour diffuser le bon enseignement. Cependant, jamais elles n'auraient dû être associées au culte. Car c'est là précisément que réside tout le problème: jadis, tant que les dessins et les peintures restaient au service de l'homme et de la bonne cause, ils étaient profitables; dès lors qu'ils ont été sacralisés et associés au culte, ils sont devenus des idoles délétères. Il en va de même de certaines techniques, quand celles-ci ne sont pas intrinsèquement mauvaises.

 

Nous pensons donc que pour éviter les dérives idolâtriques ou technolâtriques et pour retrouver le véritable sens de l'Église, il faudrait peut-être former des Assemblées dans lesquels il n'y aurait que des frères, des Bibles et des bougies, soit un retour à la simplicité chrétienne. Car il faut rechercher l'humilité et se garder des idoles, nous disent les Saintes Écritures (Sophonie II, 3; I Jean V, 21).

 

Voir aussi: L'apostasie dans l'Église; Système technicien et technolâtrie


Filtrer le moucheron et avaler le chameau

oct.2019

À l'origine, le Maître utilisa cette drôle de métaphore pour dénoncer l'hypocrisie des dirigeants religieux de son temps, lesquels étaient très scrupuleux sur des points de détail ou des jurisprudences, alors qu'ils délaissaient les prescriptions élémentaires de la loi (justice, charité, liberté, etc.).

 

A priori, on pourrait penser que cette remontrance ne s'adressait qu'aux religieux de l'Antiquité, voire aux religieux hypocrites de tout temps, mais comme d'habitude la Bible a une portée plus générale. En effet, les dirigeants laïques d'aujourd'hui ne sont pas moins pharisaïques que les conducteurs religieux d'hier. Pour s'en convaincre, arrêtons-nous un instant sur quelques cas bien connus.

 

Songeons par exemple à ces prétendus "amis de la liberté" que prétendent être les libéraux. Ils s'offusquent à la moindre petite limitation faite au libre marché et s'opposent toujours aux plus modestes impôts sur les entreprises au nom de la liberté, mais ils restent néanmoins parfaitement silencieux, pour ne pas dire complices, quant aux lois et mesures liberticides qui touchent la majorité des gens (surveillance généralisée, biométrie, compte bancaire obligatoire, etc.). Aussi ces libéraux prônent-ils la liberté des grands voleurs et des peines sévères pour les petits maraudeurs.

 

Songeons aussi à ces nationalistes ou populistes qui affirment s'engager pour la démocratie, l'emploi, la tradition, le peuple indigène et la préférence nationale. Ils s'opposent farouchement à l'immigration, mais soutiennent en même temps la croissance techno-capitaliste, en faisant mine de ne pas savoir que celle-ci nécessite forcément une robotisation accrue et une main-d'œuvre à bas coût pour augmenter la plus-value des techno-capitalistes. Sans parler, bien sûr, du fait que leur problème avec les étrangers est souvent à géométrie variable: les immigrés pauvres les importunent, tandis que les entreprises étrangères, les touristes, les riches, et même les influences et les sous étrangers – comme ceux de la dictature chinoise – sont les bienvenus (sur ce point, l'UDC en Suisse et la Lega en Italie sont sur la même longueur d'onde).

 

Que dire encore de ces justiciers de l'autre bord qui s'engagent à fond contre les "discriminations" que subiraient les femmes – notamment au sujet de leur sous-représentation dans certains secteurs professionnels, mais aussi des petites différences salariales –, et qui proposent donc, pour y remédier, d'imposer une discrimination positive par l'entremise d'un quota de femmes dans certaines professions (mais curieusement pas tellement chez les éboueurs, balayeurs, ferrailleurs, maçons… ou même chez les SDF où les hommes sont pourtant sur-représentés!). Ainsi ne voient-ils pas ou feignent-ils de ne pas voir la plus grande inégalité et injustice de l'histoire, à savoir l'inégalité sociale. Or, si l'on compare les revenus et la position d'un ouvrier du bâtiment ou d'un agriculteur à ceux d'un financier ou d'un technocrate, on s'aperçoit facilement que les discriminations et les différences salariales entre classes sociales sont nettement supérieures à celles entre genres.

 

Que l'on songe enfin à tous ces écotartuffes qui disent lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique en pointant principalement du doigt les voitures au diesel et l'agriculture intensive – soit grosso modo le vieux modèle techno-capitaliste à l'agonie –, tout en se gardant bien de dénoncer le nouveau modèle qui progresse en parallèle. Celui-ci est pourtant tout aussi polluant et dangereux que l'ancien. Que ce soit l'extraction d'hydrocarbures et l'activité minière pour fabriquer tous les nouveaux objets techniques (un seul ordiphone nécessite déjà des dizaines de métaux différents), mais aussi les éoliennes, les caméras, les ondes, les data centers, etc. Tout cela est évidemment très polluant et énergivore. Mais puisque pratiquement tout le monde est accro aux nouvelles technologies, la nouvelle "vache sacrée" échappe à la critique des pseudo-révolutionnaires qui suivent Greta Thunberg sur les réseaux sociaux (réseaux aussi polluants). Les écotartuffes préfèrent d'ailleurs présenter ce modèle comme une "alternative verte"; un vert bien artificiel, semblable à celui que certains propriétaires californiens utilisent pour peindre leur gazon afin de cacher la sécheresse.

 

Bref, nous pourrions encore multiplier les exemples de ce genre.

 

En conclusion, puisque notre article coïncide plus ou moins avec les élections fédérales suisses, demandez-vous, chers électeurs qui nous lisez, s'il vaut vraiment la peine de voter pour des gens et des partis qui vous promettent de filtrer tel ou tel moucheron (même s'il est vrai qu'il y en a de plus grands que d'autres) tout en laissant passer le chameau. Quant à nous, nous avons souvent essayé de montrer tous les chameaux que les élites religieuses, politiques, scientifiques, médiatiques nous font avaler, avec ou sans notre consentement, ceci dans l'espoir d'éviter l'indigestion générale et de faire prendre conscience au plus grand nombre de la nécessité d'une Christocratie. Car la véritable foi chrétienne est le seul bon et solide filtre.


« Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde s'il perdait son âme ? »

sept. 2019

Cette parole christique fait partie de celles dont on se souvient aisément tant elle questionne notre manière d'appréhender la vie. Elle est d'autant plus remarquable à une époque où la majorité des gens semblent envisager leur vie à partir d'une question inverse: "À quoi bon sauver son âme s'il faut renoncer aux mondanités?", se disent-ils. Pour certains d'entre eux, accepter le Christ irait encore, mais puisque la foi entraîne nécessairement une repentance et donc une sorte de renoncement au conformisme ambiant et aux vanités mondaines, ils préfèrent se calfeutrer dans une incrédulité morbide. Du moins, pour ce qui concerne la révélation chrétienne. Car ils ont en revanche une foi énorme en la techno-science, non seulement parce que celle-ci leur offre des amulettes électroniques captivantes, mais aussi parce qu'elle leur raconte une histoire des origines qui convient mieux à leur mode de vie. En effet, la religion techno-scientiste affirme que l'homme n'est qu'un agrégat d'atomes résultant d'un accident cosmique auquel aurait succédé, au fil du temps, de multiples transformations pour aboutir finalement à cet "animal" qui pense : Homo sapiens. Les plus sceptiques diront bien sûr que c'est un mythe basé sur des conventions, mais les adeptes de cette religion répliqueront que c'est de la science. Et on ne badine pas avec la science. Car ce que dit la science à valeur de dogme, comme autrefois ce que disait le pape.

 

Quoiqu'il en soit, ce mythe scientifique a permis de satisfaire tous ceux pour qui le sens de la vie devait se résumer à jouir, consommer, et se faire un nom. Or, pour nombre d'Occidentaux, les deux premiers objectifs semblent plus ou moins atteints: il y a du pain, du sexe et des jeux en abondance. Certes, il existe toujours une minorité pour laquelle le nécessaire manque (un toit, des aliments, des soins adaptés, etc.) ou pour qui le bonheur ne saurait se trouver dans ces offres; mais ce qui compte dans une démocratie techno-libérale, c'est de satisfaire la majorité. En revanche, le but consistant à se faire un nom semble davantage compliqué pour tout le monde, car il y a beaucoup de gens en lice qui aspirent à leur minute de gloire et qui ne manquent pas d'audace et d'imagination pour l'atteindre. Surtout depuis l'apparition des réseaux sociaux. En outre, tout ou presque a déjà été fait: filmer ses accidents, ses challenges, ses colères, ses violences, ses moments insolites, ses rires, ses larmes, sa vie intime, etc. Bref, que n'a-t-on pas déjà fait pour une minute de gloire et quelques pouces levés? C'est pourtant ici l'ultime but à atteindre pour toute une génération d'idiots. Aller se promener seul dans une forêt, sans son ordiphone ni quelque autre objet technique à portée de main, tout simplement pour respirer le bon air, voir de belles choses, réfléchir un peu, sans penser un seul instant "aux pouces levés" qu'on pourrait obtenir en filmant ce moment, paraît trop ringard aujourd'hui.

 

Le narcissisme est devenu si endémique au sein de cette génération que certains des plus désespérés d'entre eux se filment en direct tandis qu'ils s'apprêtent à mettre fin à leur jour, ceci dans l'espoir de connaître littéralement leur "dernière minute de gloire" et de voir quelques derniers pouces levés avant de perdre définitivement leur âme. Ce sont des cas extrêmes, dira-t-on, mais en réalité tous les autres "winners" se dirigent exactement vers la même fin tragique s'ils ne réalisent pas qu'à vouloir gagner le monde, on risque effectivement de perdre son âme.

 

Voir aussi: Condamné à mort; Système technicien et technolâtrie


Soyons démodés pour rester dans le coup !

août 2019

Il est des modes qui nous enseignent beaucoup de choses à la fois sur les gens qui les suivent et les sociétés qui les promeuvent. Les vulgaires les voient défiler sans les comprendre, tandis que les hommes faits devraient les comprendre sans y défiler.

C'est le cas par exemple de la mode des tatouages et des piercings. Ces pratiques disgracieuses furent proscrites par la Bible (Lév. XIX, 28) notamment parce qu'elles symbolisent le paganisme et l'esclavagisme. En effet, les païens se scarifiaient la peau pour former des motifs – avec ou sans matières colorantes – afin d'honorer leurs idoles ou leurs morts, et les esclaves portaient généralement sur leur peau la marque de leur condition ou le sceau de leur maître. Bien plus tard, en Occident, ce sont principalement des prisonniers, des bandits, des marins, des soldats et des toxicomanes qui se tatouaient. Quant aux piercings, cette coutume est aussi d'origine païenne quoique le perçage des lobes des oreilles des filles fut assez tôt intégré aux autres traditions culturelles et religieuses.

Or, si ces pratiques sont aujourd'hui très en vogue, il nous semble que cela vient en partie du fait qu'elles reflètent nos sociétés technolâtres et asservissantes. Aussi la dictature techno-libérale les encourage-t-elle (notamment à travers ses ambassadeurs que sont les célébrités) peut-être pour mieux préparer les gens à modifier leur corps plus facilement, selon les souhaits des transhumanistes.

 

Semblablement, l'homosexualisme, le féminisme, le "transgenrisme" sont à la mode aujourd'hui parce qu'ils symbolisent également le paganisme et l'esclavagisme. Ils sont en outre encouragés par toute la caste techno-libérale qui voit dans ces perversions un formidable moyen de démoralisation générale susceptible d'empêcher toute révolte sérieuse en même temps qu'elles ouvrent des portes à de nouveaux marchés (bébés éprouvettes, mères porteuses, etc.). Ainsi n'avons-nous pas été surpris de voir récemment la ville de Genève – cité de Calvin devenue cité de Sodome – accueillir la gay pride 2019 avec autant de zèle, soit en mettant un peu partout des affiches et en arborant les couleurs des LGBTQ+. On ne pouvait évidemment pas attendre autre chose de cette nouvelle "putain de Babylone" qu'une prise de position claire sur cette alliance objective entre le monde politique, celui de la technique, de la finance et du divertissement pervertisseur (ce qui est aujourd'hui presque un pléonasme). En d'autres termes, les maîtres du monde ont tout intérêt à ce que notre esprit et notre sphincter anal restent le plus ouverts possible afin de maintenir leur vile domination. Et ils veulent qu'on le sache. Alors, au risque de paraître un peu trop fermé, nous sommes d'avis qu'il faudra probablement devenir toujours plus démodé pour rester dans le coup !

 

Voir aussi: Effondrement moral; Système technicien et technolâtrie


Sur la grâce et la liberté chrétienne

juillet 2019

Lorsqu'on devient chrétien et que l'on commence à réfléchir sur la foi, on se trouve assez vite confronté à quelques questions difficiles, comme par exemple: "si je suis réellement libre en Christ, comment se fait-il que je sois encore tenu de respecter certaines lois bibliques?" Autrement dit, peut-on vraiment parler de liberté quand certaines choses nous restent interdites? Ce type de question résulte quelque part de la fameuse tension entre la grâce et les œuvres (de la loi), et donc, avant d'y répondre, il faut déjà commencer par "détendre" celle-ci. Lire la suite...


Qu'est-ce que le système antichrist ?

juin 2019

Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer à plusieurs reprises le terme de "système antichrist" sur notre site, sans en dire davantage, en partant du principe qu'il serait compris de tous dans la mesure où il renvoie spontanément à l'idée d'un ensemble de pratiques et d'institutions opposées à Christ, à son œuvre, à sa Loi et à ses disciples. Ce qui est suffisamment visible aujourd'hui. Aussi dans notre rubrique "Regard sur l'Apocalypse" nous sommes-nous déjà penché sur le terme "antichrist", en relevant notamment que cette traduction du grec antikhristos était plus fidèle que le mot '"antéchrist" traditionnellement rendu (l'élément anté- signifie "avant", tandis qu'anti- signifie "contre"). Par ailleurs, nous avons également souligné le fait que saint Jean, dans sa première épître, parle d'antichrist au singulier et au pluriel, mais aussi d'un esprit antichrist. 

 

Tout cela va nous servir maintenant pour cet exposé. Car nous avons été comme "poussé" à nous arrêter plus longuement sur ce sujet capital, tant ses effets sont mortels. Dans cette perspective, nous survolerons d'abord rapidement le développement historique du système antichrist avant de montrer à quel stade il se trouve actuellement. Lire la suite...


Ces critiques qui n'en sont pas

mai 2019

Depuis plusieurs décennies nous assistons à un formidable retournement des valeurs en Occident: ce qui était bien est devenu mal et inversement. La chose est connue et suffisamment visible à tous les niveaux. Le bon sens s'étiole et le sens des mots se perd. Nous en faisons d'ailleurs personnellement les frais.

 

En effet, depuis que nous tenons ce site et que nous avons écrit notre livre pour tenter de diffuser un christianisme dépouillé de ses siècles de corruptions, nous avons dû faire face à de nombreuses critiques venant aussi bien de calotins que de laïcards: les uns nous reprochant notre "anarchisme" (et surtout le fait que nous soutenons la foi chrétienne plus que des institutions qui prétendent s'appuyer sur elle), tandis que les autres nous accusent d'intégrisme, de fondamentalisme, de rigorisme, etc. Tout cela aurait pu nous décourager si nous n'avions pas conscience que Jésus lui-même avait dû subir l'hostilité des religieux et des laïcards de son temps. Aussi serions-nous probablement plus affecté si nous ne connaissions pas le sens des mots. C'est sur ce point que nous nous pencherons dans cet article.

 

Pour répondre aux premiers, rappelons encore une fois que le mot "anarchie" signifie étymologiquement négation ou absence de pouvoir, ou "opposition au gouvernement", et que s'il est devenu plus tard, dans le langage courant, un synonyme d'anomie, c'est-à-dire de désordre ou d'absence de loi, cela n'est pas notre affaire. D'ailleurs, si le simple fait d'avoir des maîtres humains suffisaient à garantir le bon ordre et la justice, cela se saurait. Or, l'histoire et l'actualité nous apprennent exactement l'inverse: esclavages, déshumanisations, guerres, usures, idolâtries, manipulations, pollutions, perversions, violences, crimes, inégalités, injustices, etc. Bref, la liste des "bienveillances" du pouvoir serait trop longue. À ce qu'on sache, tout cela ne s'est pas produit en l'absence de gouvernement. Ainsi l'anarchie, qui était selon les mots de Proudhon la recherche de l'ordre sans le pouvoir et l'autorité de la loi, n'est pas du tout une "anomie". C'est au contraire le seul modèle qui puisse être compatible avec la foi chrétienne, puisque pour les Chrétiens il ne devrait y avoir de maître que le Christ, et sa Loi est la seule qui puisse nous régir. En ce sens, le vrai christianisme est évidemment "anarchiste" puisque tous les hommes sont évidemment égaux devant cette Loi.

 

De même, le fait d'être taxé par les autres de fondamentaliste, d'intégriste, de rigoriste est plutôt un compliment qu'une critique si l'on tient compte du sens profond de ces mots. En effet, fondamentaliste dérive de fondement (du latin fundamentum "fondation, base"); intégriste d'intègre (lat. integer "entier"); et rigoriste de rigueur, c'est-à-dire d'exactitude, voire d'une certaine "rigidité" (lat. rigidus) pour éviter de déformer ou corrompre ce que l'on estime être la vérité. Le contraire de ces mots seraient donc de cet ordre: instable, bancal, flottant, laxiste, modéré, déloyal, corruptible, vendu, etc. Rien de très glorieux donc.

 

En vérité, notre Seigneur qui nous a aimés jusqu'à se sacrifier pour nous (c'est-à-dire pour tous ceux qui ont foi en lui) n'a pas vraiment fait preuve de modération dans sa Passion. De même, on ne peut pas vraiment dire que les saints Apôtres et les saints Martyrs qui l'ont suivi et qui ont résisté jusqu'au sang à l'idolâtrie et aux lois païennes se soient comportés en petits-bourgeois.

Certes, être fondamentaliste, rigoriste, intégriste dans le crime, l'erreur, le mensonge et le mal peut évidemment être dangereux. En revanche, porter ces mêmes qualités dans la vérité, la justice et le bien ne peut être que positif. À titre d'exemples: il vaudra toujours mieux pour un habitant quelconque de résider dans une maison qui a de bons fondements, de même qu'il vaudra toujours mieux pour un malade d'être pris en charge par un médecin qui pratique sa science avec rigueur et intégrité. Les bracaillons peuvent être des gens fort sympathiques pour s'amuser, mais mieux vaut ne pas leur confier des choses trop importantes. Or, nous croyons précisément que la théologie et l'analyse de notre époque sont des affaires très sérieuses. En outre, nous croyons justement que si la société, les "Églises", les individus sont spirituellement si malades, c'est en partie parce que la plupart des chrétiens qui devaient porter la vraie Lumière pour guérir les âmes et montrer la bonne direction à suivre sont devenus trop modérés, pour ne pas dire des "je-m'en-foutistes".

 

Par conséquent, nous sommes profondément honoré de pouvoir être perçu par certains de nos contemporains comme anarchiste, fondamentaliste, intégriste et rigoriste dans le Seigneur. Cependant, une petite introspection nous oblige quand même à modérer quelque peu ces éloges, car nous sommes encore loin de ce qu'il faudrait pour être un bon disciple du Seigneur. Si nous l'étions, il est peu probable que nous aurions une connexion internet pour disserter: nous serions plutôt dans l'action pure ou alors totalement retiré du système pour vivre dans la contemplation. À bon entendeur...


Peut-on déplorer les effets quand on soutient les causes?

avril 2019

Ces dernières semaines, quelques "nouvelles" ont retenu notre attention dans le flot ininterrompu d'informations vaines.

 

La première se passe en Suisse où l'a appris qu'un petit parti politique, l'UDF – qui se positionne entre autres comme défenseur de certaines "valeurs chrétiennes" –, a lancé un référendum contre la "loi contre l'homophobie" qui avait été adoptée par le parlement, et sur laquelle nous avions déjà eu l'occasion de nous exprimer (voir infra notre article de janvier). Bien entendu, les chiens de garde du système, c'est-à-dire les médias de masse, ont rapidement montré les crocs et crié à l'homophobie et à l'obscurantisme contre ce parti. Loin de nous, bien sûr, l'idée d'aboyer avec eux.

Cependant, si l'UDF a incontestablement fait preuve ici d'un certain courage politique – qualité qui apparemment manque cruellement aux deux autres formations prétendues "chrétiennes", comme le Parti évangélique et le PDC (à qui l'on devrait ôter le "C"), nous avons quand même toujours beaucoup de mal à comprendre comment des gens qui chérissent et défendent le techno-libéralisme et sa démocratie abjecte puissent en même temps s'opposer aux effets pervers qui en découlent. D'autant plus pour des chrétiens. Bref, nous avons suffisamment montré sur notre site à quel point la position la plus logique et appropriée pour un chrétien, dans un système antichrist, est évidemment anarchiste.

 

La seconde nouvelle qui a retenu notre attention nous vient des États-Unis et concerne la "télémédecine", qui commence aussi à faire son bonhomme de chemin sur le Vieux Continent. Elle faisait écho à une consultation en ligne pendant laquelle un patient américain s'est vu annoncé sa mort prochaine par un médecin au moyen de webcams interposées. Et effectivement, l'homme décéda le lendemain. La famille du défunt et de nombreux Américains se sont très vite indignés contre ce médecin, lui reprochant notamment sa méthode froide et inhumaine, sans pour autant remettre en question le principe même de télémédecine. Or, que peut-on réellement attendre d'un médecin qui exerce en ligne, sinon qu'il se comporte aussi froidement qu'un robot? En effet, plus personne ne peut aujourd'hui ignorer que la Technique – ou plutôt le "tout Technique" – conditionne le comportement des êtres humains. Nous avons donc là encore affaire à des gens qui déplorent un effet tout en approuvant la cause.

 

Enfin, la troisième nouvelle concerne ce fameux avion de la marque Boeing 737-Max qui s'est crashé le 10 mars 2019, causant la mort de 157 personnes, soit à peine quatre mois après qu'un même appareil se soit écrasé en mer. Là encore, beaucoup de gens se sont indignés. Or, selon plusieurs experts, ces deux accidents ont en fait une même origine: un "problème" technique dû à l'autonomie de l'appareil empêchant les pilotes de prendre le contrôle de l'avion. Autrement dit, ces deux accidents auraient pu être évités si la direction de l'appareil avait pu être plus simplement actionnée en "mode manuel". Or, tous les bien-pensants qui déplorent cet effet feraient bien de regarder la cause: le véhicule autonome et plus largement l'autonomie technicienne qui est en train de supplanter l'homme à tous les niveaux. Ainsi les joyeux technocrates et technolâtres de tous bords, qui soutiennent la civilisation de la machine, ne peuvent pas en même temps regretter qu'elle fasse des victimes collatérales. Car il faut bien comprendre que tous les sacrifices – de quelque nature qu'ils soient – sont nécessaires au développement de la religion technicienne. La loi de Gabor est formelle: "Tout ce qui est techniquement faisable doit être fait". L'être humain et les valeurs morales sont donc relayés au second plan.

 

Bref, on pourrait encore parler de cette funeste technologie 5G qui commence gentiment à s'implanter en Occident et à travers laquelle on peut voir aussi très clairement que les intérêts techno-capitalistes priment sur la santé physique et mentale des individus. En Suisse, certains citoyens se sont toutefois mobilisés pour demander un moratoire. C'est déjà un petit signe de lucidité, mais c'est très insuffisant. Car en définitive, toutes ces choses ne sont que les maillons d'une même chaîne, les effets d'une même cause perverse que nous dénonçons depuis plusieurs années. Il ne suffit donc pas de regretter l'aspect que prennent certains maillons; il faut briser la chaîne! Il ne suffit pas de déplorer certains effets; il faut s'opposer aux causes!

 

Voir aussi: Système technicien et technolâtrie; Effondrement moral; Anarchisme Chrétien; Révolution & Christocratie.


La démocratie comme paravent de la ploutocratie techno-libérale

mars 2019

Il est de bon ton de nos jours de croire que plus de démocratie résoudrait nombre de problèmes causés par la dictature techno-libérale mondiale. En France, par exemple, les "Gilets jaunes" réclament le RIC (Référendum d'Initiative Citoyenne) en prenant pour modèle la démocratie semi-directe suisse dans laquelle, il est vrai, l'initiative populaire (100'000 signatures) et le référendum facultatif (50'000 signatures) existent depuis fort longtemps. Les citoyens sont ici appelés à voter sur divers objets environ quatre fois par an. Seulement, l'initiative populaire doit d'abord passer par le filtre de l'administration fédérale avant d'être soumise en votation. Par ailleurs, s'il avère que les Suisses ne votent pas conformément aux recommandations du pouvoir – chose assez rare –, l'objet peut être annulé ou revoté.

 

Pour qui sait réfléchir un peu, il est bien clair que la démocratie suisse n'est pas très différente des autres: c'est aussi une ploutocratie techno-libérale déguisée, c'est-à-dire une forme de gouvernement par et pour les plus riches, lesquels ont mené une politique astucieuse et efficace pour sauvegarder leur privilège à travers des techniques de manipulation, d'abrutissement et de contrôle des masses. C'est pourquoi nous pouvons réellement parler de ploutocratie techno-capitaliste ou techno-libérale, puisqu'ici comme ailleurs les plus riches sont évidemment les maîtres, et que la Technique et l'Argent sont leurs instruments de contrôle.

 

À notre sens, la seule petite différence en Suisse réside en ce que l'ingénierie sociale a estimé que la majorité était suffisamment "mature", c'est-à-dire formatée, pour lui donner un peu plus voix au chapitre, tandis que dans une démocratie représentative le peuple est généralement uniquement appelé à élire ses maîtres. Cela ne signifie pas nécessairement que le peuple sous ce régime est moins formaté ou "formatable" qu'en Suisse, mais ce procès a été décidé vraisemblablement pour éviter des dépenses jugées "inutiles".

 

Quoi qu'il en soit, amis Français et démocrates de tous bords qui nous lisez, croyez-vous sérieusement que la majorité de votre peuple qui a voté Chirac, Sarkozy, Hollande et récemment Macron deviendrait soudainement plus sage si on lui donnait le RIC? Croyez-vous que les citoyens de votre pays deviendraient plus altruistes et qu'ils réussiraient à penser à l'intérêt général avant leurs intérêts particuliers après toutes ces années de biberonnage à l'égoïsme et à la bêtise? Il ne faut pas se leurrer! La majorité des Français ne voteraient pas mieux que la majorité des Suisses et vice-versa. Car pratiquement toutes les masses du monde sont pareilles, malléables à souhait, et dramatiquement mauvaises. Hier encore, elles ont accompagné Mussolini et Hitler dans leur folie, et aujourd'hui elles accompagnent le totalitarisme techno-capitaliste dans la sienne. L'ethos est exactement le même. Les personnes qui ont étudié les masses le savent très bien. C'est pourquoi la démocratie ne sera jamais une solution, mais toujours un problème.

 

En vérité, la seule solution, le seul régime juste et convenable reste et restera toujours la Christocratie, c'est-à-dire l'autorité de la véritable Loi à la Lumière de la Parole du Christ. C'est la seule orientation capable de briser nos chaînes, de libérer l'homme et d'amener une authentique égalité sociale et une fraternité réelle. Tout le reste n'est que perversion et inversion des principes du Royaume de Dieu.

 

Voir aussi: Manipulation des masses; Système technicien et technolâtrie; Le Mammonisme, ou la peine du Capital; Révolution et Christocratie


Légitime violence...

fév. 2019

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire, ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile », avait écrit Rousseau dans son fameux Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.

 

La Bible nous révèle peut-être qui est cet homme, ou du moins nous permet-elle de connaître l'identité de celui qui fut vraisemblablement le père spirituel de la société civile et de l'autorité séculière: il s'agit de Caïn, le premier meurtrier et bâtisseur de ville de l'histoire (Gen. IV, 8, 17). Seth étant le père spirituel des partisans du Royaume de Dieu (Gen. IV, 25-26).

 

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, comme on dit, mais les esclaves conscients ont toujours su que l'ordre séculier ou faussement religieux est contraire à l'ordre véritable, et que toute société civile s'est établie par la manipulation, le vol et la contrainte. Malheureusement, tous ces siècles de domestication humaine ont laissé une empreinte quasi indélébile sur la plupart des hommes, tant et si bien que lorsque les maîtres ou ceux qui agissent en leurs noms emploient la violence, celle-ci leur semble toujours légitime. Peu leur importe qu'elle s'exerce ou non pour la justice. En d'autres mots, il suffit pour eux de la voir exécutée par des hommes pourvus d'une licence ou revêtus d'un uniforme pour la juger convenable. D'une manière fâcheuse, cette opinion recueille une large adhésion dans la communauté humaine, y compris – et peut-être surtout – parmi les chrétiens institutionnels. Certes, convenons-en, elle a l'avantage de nous dispenser de penser et de remettre à d'autres notre libre-arbitre et notre capacité d'appréciation. Mais c'est justement la raison pour laquelle elle est inacceptable d'un point de vue éthique et théologique. Car la facilité et la concession de notre libre-arbitre mènent rarement sur le bon chemin.

 

En vérité, d'où qu'elle vienne, il n'y a de violence légitime qu'en celle qui est mue par et pour la vraie justice. C'était là aussi l'avis du théologien révolutionnaire Thomas Müntzer. On comprend dès lors mieux pourquoi cet homme a toujours été mal considéré par tous les partisans du compromis et de l'homodoxie. Car évidemment, un tel parti n'est pas sans risque.

 

Bref, nous savons maintenant pourquoi la majorité des citoyens trouvent toujours plus moral de voir un policier ou un juge faire violence à un autre homme, sans se poser de question, tout simplement parce qu'il est payé pour, qu'un individu lambda faire de même par réaction impulsive ou conviction plus élevée. L'inverse sera vrai pour un chrétien anarchiste.

 

Voir aussi: Anarchisme Chrétien; Désobéissance civile; Paix et Amour


Loi contre l'homophobie en Suisse: la Gaystapo locale pourra poursuivre les "phobiques"

janv. 2019

Qu'il est bon de vivre dans un État de droit où les libertés individuelles et sociales sont garanties! Et dire qu'il existe encore des pays où les simples libertés de conscience et d'expression sont bafouées! Heureusement que ce n'est pas le cas en Suisse! ou plutôt, heureusement que quand il y a des dérogations particulières, personne ne s'en rend compte. Car en vérité, il arrive aussi que la Suisse doive bâillonner certaines personnes, mais seulement celles qui disent ou croient des choses qu'il ne faudrait pas; les autres n'ont bien sûr pas à s'inquiéter.

 

On se souvient par exemple de l'affaire Gerhard Ulrich: cette espèce d'anarchiste – même pas encadré par la gauche techno-libérale – s'était permis de dire publiquement que la justice suisse dysfonctionnait et même qu'il y avait de nombreux francs-maçons dans la magistrature. Alors évidemment, l'État suisse ne pouvait laisser impuni l'auteur de tels propos. Il fallait sévir. D'ailleurs, ce bandit soixantenaire (à l'époque des faits) était une menace si sérieuse pour l'ordre public qu'on avait dû faire appel à l'unité spéciale d'intervention Tigris pour l'arrêter. Preuve que l'homme était vraiment dangereux. Aussi les médias suisses – dont personne ne douterait qu'ils ne fussent pas objectifs et indépendants – l'ont dit: Ulrich est un quérulent, autrement dit il se plaint d'injustices qui n'existent pas! Il fallait donc bien censurer et mettre en prison une telle canaille! C'était là un cas de force majeure.

 

On se souvient aussi, quoique l'affaire fut nettement moins grave et sérieuse, de ce journaliste jurassien indépendant qui avait osé outrager l'élue écotartuffe Isabelle Chevalley, sous prétexte que celle-ci avait contribué à défigurer son Jura natal avec des éoliennes. Ce "béotien" fut condamné à quelques jours-amendes. Là encore, la sanction était justifiée pour l'État: car on n'insulte pas impunément une politicienne doublée d'une artiste dont le chef d'œuvre, mêlant nature jurassienne et tas de ferraille, est reconnu d'utilité publique et même écologique!

 

Mais bon, hormis quelques cas de ce genre, tout va bien en Suisse! Les libertés de conscience et d'expression sont rigoureusement respectées. La preuve: les riches ont tout à fait le droit de se moquer ouvertement des pauvres ici! Ils ont même le droit de payer proportionnellement moins d'impôts que les autres; sans parler des grandes entreprises et des assurances qui ont tout le loisir d'écraser leurs clients et même désormais de les traquer. Elle n'est pas belle la vie?

 

Plus sérieusement, on voit ici toute la violence de cet ordre bourgeois abject qui amende, pressure, toise, tourmente, censure, vole, houspille, robotise, humilie, inspecte, brutalise un certain nombre de personnes en toute impunité et dans l'indifférence la plus complète. Car c'est là son seul génie: rendre les gens suffisamment ignorants et égoïstes pour qu'ils ne se soucient plus de rien d'autre que de leur propre confort matériel. Il n'y a donc pas que les fonctionnaires du système qui sont capables d'étouffer leur conscience contre un revenu assuré, mais pratiquement tous les citoyens.

 

La chasse aux "phobiques"

Voilà pourtant que cette Suisse bourgeoise et antichrist (ou "christianophobe" pour être dans l'air du temps) n'est pas encore repue de tous ses vices. En réalité, comme les autres Bêtes immondes, elle n'en aura jamais assez que lorsqu'elle aura tout anéanti, c'est-à-dire lorsqu'elle aura réduit chaque individu à l'état de pur automate, sans âme, sans force morale, sans conscience propre, et donc sans réaction. C'est ainsi qu'il faut comprendre tous ses efforts visant à démoraliser et pervertir l'ensemble du corps social et donc à blâmer, poursuivre et condamner sans relâche tous les derniers réfractaires. En conséquence, tout homme qui se trouve encore choqué par l'injustice, le mammonisme, le féminisme, le technicisme, l'homosexualisme doit être "psychiatrisé" avant d'être "criminalisé". Et c'est tout naturellement dans cet ordre d'idées que s'inscrit cette nouvelle loi contre l'homophobie.

 

Or, il se trouve justement que nous sommes atteint de cette "phobie", en plus d'être légèrement atteint de "technophobie","mammonophobie", "féminismophobie", et autres troubles délictueux. Pire, nous détestons viscéralement tout ce que représentent les LGBTQ: leur mode, leurs marches, leurs fiertés et leurs revendications contre-natures (allant du changement de genre à l'homoparentalité, au moyen de la science et des techniques). Nous exécrons d'autant plus leurs actes qu'ils contribuent à réifier l'être humain et à en faire une vulgaire marchandise, selon les bons vœux du techno-libéralisme. 

 

De plus, la voix révolutionnaire que nous écoutons, c'est-à-dire la Parole de Dieu, n'a jamais cessé de qualifier ces actes d'abominations. Certes, on pourra toujours trouver nombre de crétins (théologiens, pasteurs, prêtres, etc.) pour dire le contraire de la vérité au nom d'un amour abstrait ou simplement par pur opportunisme. Mais en réalité ces gens-là sont des réprouvés, des disciples de Judas, des traîtres. Ce sont les mêmes qui jadis étaient aux côtés de l'Empire romain pour persécuter la véritable Église; les mêmes qui se trouvaient aux côtés des autorités pour combattre les Vaudois, les Hussites, Jérôme Savonarole, Thomas Müntzer, les Anabaptistes, Jakob Amman et les Amish. Les mêmes enfin qui ont collaboré avec les nazis au sein des Deutsche Christen contre Dietrich Bonhoeffer et l'Église confessante. Bref, cette engeance ne date pas d'hier: elle a toujours existé dans l'histoire, sous différentes formes (selon l'air du temps); et c'est la même qui prône aujourd'hui l'homodoxie.

 

Bref, ne nous perdons pas en digression. Nous sommes bien conscient qu'en tant qu'anarchiste chrétien – hétérodoxe de surcroît – nous risquons un jour d'être censuré et poursuivi par la "Gaystapo" locale. Mais que pouvons-nous bien y faire? Céder serait aller contre notre nature, car nous sommes né comme ça. Ce n'est pas de notre faute, c'est dans nos gènes, inscrit au plus profond de notre âme. Dès lors, aucun médecin, aucun théologien, aucun juge ne pourra nous aider. Nous sommes définitivement irrécupérable ou incurable. Alors que ces fachos d'un nouveau genre fassent au moins preuve de la tolérance et de l'ouverture d'esprit qu'ils voudraient nous imposer: qu'ils cessent d'être "hétérodoxophobes"!

 

Voir aussi: Effondrement moral; La Suisse de l'injustice


Géocentrisme ou héliocentrisme ? – Quand l'ombre d'un doute "méthodique" plane sur la cosmologie

L'année 2018 touche à sa fin et nous a montré encore une fois que le système antichrist s'accentue un peu partout, tandis que la plupart des braves chrétiens continuent de nous chanter l'antienne d'un amour totalement séparé de la justice et de la loi de Dieu. En d'autres termes, les fils de bélial sont plus actifs pour l'empire de leur maître que les chrétiens pour le Royaume de Christ. Nous ne pouvons que le regretter, quoique de notre côté nous continuions le combat pour sensibiliser chaque individu aux dangers du système technicien ou techno-libéral, c'est-à-dire du triple 6 et de ses nombreux rouages (mammonisme, sodomisme, féminisme, technolâtrie, etc.). Cependant, pour terminer l'année sur une note un peu plus "légère", nous avons choisi ce mois-ci de parler de cosmologie. Bonne lecture et joyeux Noël à tous!

 

déc. 2018

Le débat entre héliocentrisme et géocentrisme n'existe pratiquement plus dans le monde scientifique occidental. Il est mort et enterré depuis que l'intelligentsia a massivement choisi d'abandonner le modèle géocentrique de Claude Ptolémée (v. 90-v. 168) – c'est-à-dire le système selon lequel la Terre est statique et que le Soleil tourne autour d'elle – pour adopter l'héliocentrisme de l'astronome polonais Nicolas Copernic (1473-1543), à savoir la théorie selon laquelle le Soleil est au centre de l'Univers et que la Terre tourne autour de lui (modèle qui fut vraisemblablement déjà présenté au IIe siècle avant notre ère par l'astronome grec Aristarque de Samos). Depuis, chacun d'entre nous a appris que la Terre fait un mouvement de rotation sur elle-même en presque 24 heures et à une vitesse de plus de 1000 kilomètres par heure, et qu'elle orbite autour du Soleil à une distance d'environ 150 millions de kilomètres et à une vitesse de près de 108'000 kilomètres par heure (30 km/s), pour finalement faire sa révolution en 365 jours et quelques heures. De quoi donner le tournis!

 

Malgré cela, l'héliocentrisme fait partie de ces rares modèles qui recueillent la plus large adhésion dans la communauté des chercheurs, y compris parmi les créationnistes "Jeune-Terre". C'est pourtant de cette "vérité" incontestable que nous voudrions ici oser douter au risque de passer encore une fois pour "hérétique". Ce faisant, nous procéderons d'une manière rigoureusement cartésienne, puisque ce sujet de la cosmologie est d'abord et avant tout une vue de l'esprit. Lire la suite dans la rubrique "Science et singerie"…


Quand la Suisse viole sa propre Constitution

nov. 2018

Comme son nom l'indique, la Constitution est ce qui constitue un État. Elle est la loi suprême d'un pays, la charte fondamentale d'une communauté organisée. En Suisse, l'État fédéral moderne fut créé avec sa première Constitution en 1848. Depuis lors, celle-ci ne connut que deux révisions, soit en 1874 et en 1999. Et bien que ses architectes ne furent pas forcément des disciples de Jésus-Christ, ils n'ont jamais trop rechigné à assumer l'héritage chrétien de la Suisse ni à en poursuivre quelques nobles aspirations, comme le montre ces quelques mots tirés du préambule de la Constitution:

 

« Au nom de Dieu Tout-Puissant!

Le peuple et les cantons suisses,

conscients de leur responsabilité envers la Création,

résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie,

l'indépendance et la paix dans un esprit de solidarité […]

sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force

de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. »

 

C'était là un objectif bien louable. Malheureusement, force est de constater ces mots n'ont quasiment plus aucun sens aujourd'hui, ni pour les gouvernants ni même pour la majorité du peuple suisse. En effet, ceux-ci ne semblent plus du tout croire au nom du "Dieu Tout-Puissant", mais plutôt aux dieux Science, Technique et Argent. Il en résulte que le peuple et les cantons suisses ne sont plus conscients de leur responsabilité envers la Création, qu'ils saccagent et souillent abondamment. Aussi acceptent-ils sans broncher que l'on réifie la personne humaine (homicides prénataux, bébés-éprouvette, robotisation, etc.) et que l'on mine les libertés individuelles durement acquises par le passé. Enfin, ils paraissent désormais plus soucieux d'augmenter le superflu des plus forts que de préserver ou obtenir le nécessaire pour les plus faibles.  

 

Et pour confirmer l'exactitude de nos dires, nul besoin d'aller chercher très loin, puisque rien qu'en ce mois de novembre deux nouvelles attaques contre les plus vulnérables et les libertés individuelles se font jour.

 

La première attaque provient d'une loi scélérate fraîchement validée par le Tribunal fédéral interdisant la mendicité dans le canton de Vaud. Celle-ci entrera en vigueur à partir du 1er novembre. Ainsi, les plus pauvres seront désormais doublement punis par la société: à la fois d'être pauvres et de vouloir moins l'être. Et, comble de la vilenie, les victimes de la précarité risqueront une amende entre 50 et 100 francs, de quoi les appauvrir davantage. Assurément, cette loi ne s'appliquera pas seulement aux quelques "professionnels" de la mendicité appartenant à des filières, mais bel et bien à tous les indigents qui chercheraient de l'aide à un moment donné. Il s'agit pourtant d'une violation claire du préambule et de l'article 12 de la Constitution.

 

D'autre part, le 25 novembre le peuple suisse devra se prononcer sur un objet parfaitement anticonstitutionnel et liberticide qui ne devrait normalement même pas être soumis au vote populaire, à savoir la "surveillance des assurés". En gros, cette loi vise à donner le plein pouvoir aux assurances (vieillesse, chômage, invalidité, accidents, etc.), de sorte qu'elles puissent engager des détectives privés pour filmer, photographier, enregistrer n'importe lequel de ses bénéficiaires, et pour n'importe quel motif. Le Conseil fédéral et les partis bourgeois, encouragés sans doute par les enveloppes du lobby des assurances, mettent déjà tout en œuvre pour que cette loi soit acceptée par le peuple, en exposant notamment quelques cas de fraudes pour pouvoir fliquer l'ensemble des assurés. Faire appel à l'émotionnel en prenant des cas particuliers pour généraliser la surveillance ou justifier des restrictions est une tactique classique de manipulation des masses qui s'est malheureusement souvent avérée payante. Un "oui" peut donc tout à fait l'emporter, même si cela violerait le préambule et l'article 13 de la Constitution. Il suffit de se souvenir de tous les objets anticonstitutionnels qui ont été acceptés ces dernières années pour prendre la menace au sérieux (avortement, passeport biométrique, LPMA, loi sur le renseignement, etc., en violation des articles 7; 10, al. 1, 2 et 13 al. 1 ).

 

Bref, du même coup, tout ceci montre que l'initiative de l'UDC pour la primauté du droit suisse sur le droit international est bien superficielle, puisqu'il est manifeste que les juges suisses se moquent autant de la Constitution fédérale que les juges étrangers. En définitive, la Suisse moderne est une oligarchie et une démocrature qui traque les plus pauvres, réduit les libertés individuelles, et donne toujours plus aux riches. À quand donc une nouvelle Constitution plus conforme à ce projet de société païenne ? 

 

Voir aussi: La Suisse de l'injustice


Nouvelle rubrique: « L'erreur du papisme »

oct. 2018

Pour tenter de comprendre l'égarement de la plupart des Églises, et leur apostasie présente, il n'est pas inutile de remonter à l'origine du problème, à savoir depuis la fondation de l'Église catholique romaine du temps de Constantin Ier. Car c'est vraisemblablement à partir de là que l'Église, de manière générale, s'est fourvoyée en se mélangeant progressivement au pouvoir mondain et au paganisme romain, au lieu de continuer la grande mission que Jésus lui avait confiée (Mt. XXVIII, 19). Ce "péché originel" de l'Église, comme on pourrait ainsi le nommer, n'est bien entendu pas propre au catholicisme romain, mais concerne aujourd'hui pratiquement toutes les Églises institutionnelles ou prétendues "libres" (orthodoxes, anglicanes, protestantes, réformées, évangéliques, etc.) qui ont toutes fait le choix du compromis avec le monde à un moment donné.

 

Mais puisque l'Église catholique romaine fut apparemment la première grande Église à s'être égarée de la sorte, et puisqu'elle entraîne avec elle encore aujourd'hui plus de 1 milliard d'individus, il nous semble opportun de montrer ici que le fondement biblique sur lequel elle prétend s'appuyer provient d'une interprétation partielle et erronée. Lire la suite...


Croissance ou décroissance: telle est la question.

septembre 2018

À l'heure où les écotartufes du monde entier nous enjoignent de diminuer notre consommation d'énergie au nom du réchauffement climatique ou pour quelque autre raison environnementale, et qu'ils nous présentent les éoliennes comme des solutions d'énergie "propre" (en dépit de leur pollution visuelle et sonore, et de leur impact sur les oiseaux), il est un domaine aussi énergivore que liberticide qui semble échapper totalement à leurs radars: la surveillance de masse. Or, pour ne prendre qu'un exemple local, rien qu'en supprimant les centres de données (data centers) en Suisse, on arriverait vraisemblablement à réduire près de 30% la consommation d'énergie totale de ce pays. Et plus encore en diminuant le nombre de caméras de surveillance. De cette façon, non seulement une partie de la stratégie énergétique 2050 serait rapidement atteinte, mais en plus l'État et les entreprises montreraient à chaque citoyen le bon exemple à suivre. La diminution d'énergie commencerait ainsi du "haut" vers le "bas".

 

Seulement voilà, la politique actuelle tend à faire exactement l'inverse, conformément à l'adage populaire: "faites ce que je dis, pas ce que je fais". Les caméras de surveillance pullulent à chaque coin de rue dans les villes et bientôt dans les villages et lieux naturels. En effet, on a appris récemment que les offices de tourisme de certains cantons plaçaient un peu partout des webcams 360° qui filment et renvoient des images sur internet en continu, de façon à ce que chacun puisse regarder les beaux paysages suisses derrière son petit écran. Les offices de tourisme se réjouissent d'ores et déjà du succès de leur initiative et s'attendent bien sûr à des retombées financières. Naturellement, la question du caractère potentiellement intrusif de leurs webcams ne s'est même pas posée. Tout ce que l'on sait, c'est que pour l'heure, les visages des promeneurs et des résidents des villages sont encore floutés sur internet. Mais jusqu'à quand?

 

De toute manière, les technolâtres sont si habitués à se photographier et se filmer toutes les deux minutes qu'ils ne voient même pas le caractère intrusif de ces techniques. Ils sont eux-mêmes tellement exhibitionnistes et si formatés par le système technicien qu'ils sont incapables de considérer le voyeurisme privé ou étatique comme une atteinte aux libertés individuelles. Au contraire, une restriction de ce genre de vice leur paraîtrait presque suspecte et liberticide. C'est dire l'époque dans laquelle on vit.

 

Mais pour revenir plus spécifiquement à l'écologie, si les écotartufes institutionnels seraient vraiment préoccupés par l'état de notre planète et réellement soucieux de réduire "notre empreinte écologique", comme ils aiment le répéter, alors peut-être commenceraient-ils à s'attaquer à la consommation gargantuesque liée à la paranoïa publique et privée, à la surveillance de masse, à la récolte des données, ou encore à la vanité sociétale qui incite à fabriquer et vendre des objets techniques toujours plus inutiles et stupides. Mais s'ils ne le font pas, c'est précisément parce qu'ils travaillent pour un système techno-capitaliste pétri de contradictions. Car si chacun sait qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, chacun devrait savoir qu'on ne peut pas prôner une croissance économique et technologique infinie, ni solliciter continuellement les consommateurs par la publicité, tout en priant tout le monde de modérer sa consommation d'énergie et d'être plus sensible aux questions environnementales. Croissance ou décroissance: il faut choisir.

 

Voir aussi: Système technicien et technolâtrie; La peine du Capital.


Réflexion sur l'autorité de la loi

août 2018

Proudhon disait que la liberté est anarchie, et que celle-ci est la recherche de "l'ordre sans le pouvoir" n'admettant que "l'autorité de la loi".

 

Mais encore faudrait-il savoir quelle loi pourrait faire autorité. Car s'il s'agit de la loi naturelle, alors nous devrions admettre que la seule loi qui soit valable est celle du plus fort, et ainsi tous les anarchistes ou libertaires autoproclamés devraient se résoudre à voir nos sociétés comme de bonnes organisations sociales, puisqu'elles ne font en réalité rien d'autre qu'appliquer ce droit. En effet, que ce soit la loi d'un tyran, celle de ploutocrates, ou celle de la majorité d'un peuple, toutes découlent finalement de la seule loi du plus fort. Chacune de ces lois est donc totalement légitime au regard du droit naturel. Affirmer l'inverse, c'est déjà commencer à invoquer un droit supérieur à celui-ci et donc à en appeler à une juridiction plus haute que celle de l'homme, ou du moins à rechercher un Législateur qui soit à même d'établir des lois justes et équitables, autrement dit "une intelligence, qui vît toutes les passions des hommes et qui n'en éprouvât aucune, qui n'eût aucun rapport avec notre nature et qui la connût à fond", pour reprendre une phrase de Rousseau. Et qui donc serait plus élevé que l'homme sinon Dieu ?

 

Par ailleurs, qui pourrait vouloir une société plus juste que celle issue de la loi naturelle, sinon une âme dans laquelle brille encore une petite étincelle de la justice divine ? A-t-on jamais vu dans le règne animal une seule proie demander plus de justice aux prédateurs? Naturellement pas. Partant, si nous n'étions que de simples animaux, nous nous contenterions d'accepter la seule loi du plus fort.

 

Les Juifs et les Chrétiens ne devraient normalement pas être confrontés à ce genre problème, puisque nous sommes censés savoir qu'Il y a un Être suprême qui a tout créé, et donc que la vie n'est pas le produit d'un accident qui aurait ensuite déclenché un processus évolutif par la combinaison de la sélection naturelle et des millions d'années, jusqu'au fameux jour où quelque espèce de singe serait tombé d'un arbre sur la tête avant de se transformer en Homo sapiens. Non, nous savons qu'il y a un Créateur, et donc un ordre, une justice et une loi supérieurs qui doivent nous inspirer pour administrer ce monde; sans quoi le seul règne qui puisse y avoir est celui du néant (donc du mal). Ainsi la loi noachique, les Dix Commandements, et surtout celle du Christ sont les seules qui soient universellement acceptables. Sans elles, il ne peut y avoir que des simulacres de lois et de justice profitables aux seuls puissants. Comme l'avait si bien écrit La Fontaine: "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." Ou encore Rousseau: "Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien."

 

Selon le Christ, il n'y a que deux commandements majeurs: le premier et le plus grand commandement est d'aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, et de toute sa pensée; et le second est d'aimer son prochain comme soi-même (Matthieu XXVII, 37-39). En appliquant ces deux commandements, on respecte à la fois Dieu et sa création, et donc aussi notre prochain. En vérité, il n'y a pas de lois plus élevées, car celles-ci encouragent à ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'ils nous fassent. Par conséquent, nous affirmons que tout droit qui n'est pas fondé sur cette base immuable et solide est fondamentalement illégitime et mauvais.


Le football,  arme et reflet de notre société.

juillet 2018

L'économiste Adam Smith (1723-1790), l'un des grands architectes du système capitaliste, estimait nécessaire de maintenir la plèbe dans un état d'ignorance permanente, afin que la minorité patricienne puisse toujours continuer à la régir et à l'exploiter. La division du travail devait concourir à cet effort, et c'est pourquoi Smith a pu écrire: "Un homme dont toute la vie se passe à exécuter un petit nombre d'opérations simples n'a aucune occasion d'exercer son intelligence. Il devient en général aussi stupide et ignorant qu'il est possible à une créature humaine de l'être." Il ajouta néanmoins que l'État se devait d'instruire le peuple, mais à des doses homéopathiques, afin qu'il ne puisse ni trop s'élever (et se rebeller), ni tomber trop bas dans la déchéance. Ses successeurs seront un peu moins scrupuleux que lui: ils estimeront qu'une instruction même minime était trop risquée, et qu'il fallait plutôt donner au peuple une instruction illusoire, c'est-à-dire uniquement quelques bases pour servir le marché, en évitant rigoureusement de lui apprendre à penser de manière autonome. En d'autres termes, la masse devait rester la plus abrutie possible.

 

Pour conserver et optimiser ce malicieux programme, la classe possédante créa la société du divertissement, laquelle deviendra progressivement l'un des outils les plus efficaces et indispensables de l'ordre bourgeois. Ainsi l'esclave moderne, quand il ne travaillera pas pour enrichir son patron et l'État, devra consacrer tout son temps libre à la consommation et à l'exercice de son propre abrutissement. À cette fin, une panoplie de chaînes ont été mises à sa disposition: la pop, la musique électronique, la moto, la télévision, les médias, la publicité, les discothèques, la pornographie, les nouveaux gadgets technologiques, etc. Bref, quantité d'éléments destinés à lui griller la cervelle et à le maintenir dans un assujettissement volontaire. Et parmi ces fers, il faut bien sûr inclure le football, qui est le divertissement sportif par excellence, puisqu'il bénéficie d'une si grande popularité.

 

Prenons le cas d'un couple moyen: si Madame consomme sa dose quotidienne de séries stupides ou de télé-réalité puérile, Monsieur regarde généralement le football avec une passion quasi religieuse, surtout en cette période de coupe du monde. En temps normal, un ouvrier raisonnable, conscient de vendre sa force de travail et sa santé chaque jour pour agrandir la villa de son patron, alors que lui-même ne vit que dans une cage minable où il entend chaque faits et gestes de ses voisins d'infortune, devrait trouver indécent de regarder et soutenir des jeunes prétentieux qui gagnent des millions de dollars pour s'amuser à taper dans un ballon. Il devrait par conséquent éteindre son téléviseur et se poser quelques questions sur le sens de cette société et de sa propre existence. Mais voilà, l'exploité a été si longuement formaté qu'il ne réalise même plus cette évidence: il est désormais incapable de développer une conscience révolutionnaire. Des bières, des chips et du foot !… rien de tels pour oublier sa condition d'esclave moderne.

 

De plus, la coupe du monde offre un formidable espace de "liberté" pour exposer sa fierté nationale. Sur le terrain, le spectateur ignorant croit voir sa nation respective affronter un ennemi dans un combat à mort, et c'est probablement cela qui lui fait battre son petit coeur. C'est aussi la raison pour laquelle lorsque sa "nation" gagne, l'ignorant prend sa voiture, part en trombe, et klaxonne un peu partout pour faire entendre sa joie et montrer ses couleurs, en criant "on a gagné !", comme s'il avait lui-même été de la partie. Dans son inconscient, le terrain de football représente une sorte de champ de bataille, et le footballeur une sorte de guerrier qui "mouille le maillot" pour faire triompher sa nation.

 

Bien évidemment, ce spectateur est complètement aliéné. Non seulement les joueurs de foot n'ont jamais été des guerriers, mais en plus de cela ils s'adaptent à leur temps et à leur système. La plupart d'entre eux ne défendent ni une couleur ni un pays, mais simplement leurs propres intérêts. Comme nos démocraties, l'équipe nationale de football n'est finalement qu'une somme d'intérêts particuliers; et puisque le techno-capitalisme est aujourd'hui mondialisé, les nations et les hommes enracinés ont tendance à disparaître. Par conséquent, s'il nous fallait faire une comparaison avec une bataille, nous dirions que le joueur de foot ressemble aujourd'hui plus à un mercenaire qu'à un "guerrier". Il ne ressent aucune espèce d'attachement pour le pays qu'il est censé représenter, car sa seule patrie est le capital.

 

Cependant, les capitalistes peuvent dormir tranquilles, car il y aura toujours suffisamment de béotiens pour croire que les footballeurs ne jouent pas seulement pour leur petit égo et leur porte-monnaie, mais aussi pour l'honneur d'une nation ou d'une ville. C'est pourquoi ils s'identifient à eux. Et c'est par ailleurs la raison pour laquelle le "nationalisme footballistique" est l'un des seuls nationalismes toléré en Europe de l'Ouest… puisqu'il rapporte.


Cette Suisse qui sourit au totalitarisme techno-capitaliste.

juin 2018

« Rire c'est bon pour la santé ! », avait déclaré en 2016 notre célèbre guignol national Schneider-Ammann, à l'occasion de la journée des malades. Son allocution prononcée sur un ton morose avait alors fait rire le monde entier. Son message avait ainsi pu passer.

 

Mais derrière ses allures de bon Papi un peu ingénu, mais soucieux du bien être des plus fragiles, se cache un véritable techno-libéral prêt à sacrifier les petits paysans sur l'autel du libre-échange. En effet, quelque temps seulement après le "oui" à la votation du mois de septembre 2017 sur la sécurité alimentaire, Schneider-Ammann se rendait déjà en Amérique du Sud pour discuter d'un futur accord de libre-échange avec les ploutocrates du Mercosur. Et quel accord! Pour faire court: il s'agit d'une contrepartie qui prévoit que les compagnies d'assurances et les entreprises industrielles et technologiques suisses pourront vendre leurs produits plus facilement dans cet immense marché qu'est l'Amérique du Sud; en échange de quoi les agriculteurs industriels du Mercosur (qui ne sont pas soumis aux mêmes normes qu'en Suisse) pourront inonder le nôtre de leurs produits alimentaires. En d'autres termes, il s'agit purement et simplement d'un accord qui brade la "sécurité alimentaire", méprise les petits paysans suisses, et snobe les consommateurs de produits locaux!

 

De plus, il s'agit là purement et simplement d'un enfumage, voire d'un déni de démocratie, un peu à l'image de ce qui s'est passé après la votation de 2014 contre l'immigration massive. Certes, nous n'avons jamais été de ceux qui défendent la loi de la majorité, surtout dans un contexte où celle-ci est aussi crétinisée et inféodée qu'aujourd'hui. Cependant, il serait quand même temps de dire la vérité au peuple: la démocratie n'existe pas! et si elle a existé un jour, elle est depuis longtemps morte et enterrée. Le peuple n'est plus souverain nulle part, pas même chez nous où les effets spéciaux paraissaient pourtant plus réels. Désormais, même les objets les plus insignifiants, c'est-à-dire ceux qui passent par tous les filtres disposés par le pouvoir – 100'000 signatures, consentement de l'Assemblée fédérale, contre-projet, etc. – peuvent être révoqués après votation! Voilà la réalité d'aujourd'hui.

 

Mais alors que les technocrates et les ploutocrates foulent au pied le système politique dans lequel la plupart d'entre nous croyaient vivre, les médias complices préfèrent détourner notre attention en parlant continuellement du mauvais temps qu'il fait à l'étranger. Et  lorsqu'ils daignent enfin se saisir de la météo d'ici, c'est généralement pour tenter vainement de nous faire croire qu'il fait beau partout, ou encore pour nous vanter cette nouvelle Helvetia de plus en plus disgracieuse et techno-capitaliste, avec ses fameux hauts-lieux baptisés pompeusement "Drone Valley" ou "Health Valley" (la santé est un secteur d'avenir, car il faudra très probablement compenser les méfaits de la nourriture aux OGM). Bref, cette Suisse 2.0 se pense gagnante, mais elle est particulièrement délétère, enlaidie par les drones et les éoliennes, oppressante par sa vidéosurveillance massive et ses Data centers. Entre autres. Cette Suisse qu'on nous dessine devra dépasser les 10 millions d'habitants pour répondre à l'appel du progrès, et ainsi devenir toujours plus densifiée, toujours plus croissante, toujours plus compétitive, toujours plus urbanisée, toujours plus polluée, technicisée, contrôlée, etc. Autrement dit, c'est une Suisse dans laquelle seuls les flics, les bobos de tous bords, les ingénieurs, les drogués aux gaz d'échappement, et tous les techno-zombies pourront se sentir à l'aise. D'où l'énorme propagande pour conquérir la petite minorité qui demeure encore hermétique au mythe du progrès.

 

On l'aura compris, la politique de Schneider-Ammann et consorts consiste à créer un milieu technique absolument partout: fini les Guillaume Tell ou Heidi, place aux Musk et Zuckerberg!; fini les belles prairies et les montagnes vierges de technique, place à la transition énergétique!; fini toute idée "physiocratique" ou d'autonomie, place au techno-capitalisme!; fini les petites exploitations agricoles suisses, place aux géants de l'agroalimentaire et aux fermes monstrueuses! La Suisse est de moins en moins autonome sur le plan alimentaire, mais par contre elle produit de plus en plus d'objets techniques! De telle sorte qu'en cas de crise ou de pénurie, au moins, nous pourrons toujours manger des robots, des drones, des caméras, ou des pilules. Voilà qui est rassurant.

 

Bref, en dépit de tout cela, Schneider-Ammann disait quand même la vérité: "Rire c'est bon pour la santé !" Voyez en effet la longévité des hommes politiques qui, à force de se moquer du monde, gardent la super pêche…


1968-2018: 50 ans d'imposture et d'illusion.

mai 2018

Il paraît que quelque chose s'est produit en mai 1968; que des révoltes étudiantes et ouvrières ont ouvert la voie à une nouvelle ère de justice, de paix, de liberté et de prospérité. C'est du moins ce qu'en dit la propagande au service du pouvoir, laquelle commémore en ces jours cette révolution bourgeoise. Or, le simple fait que les puissants et les médias de masse puissent fêter mai 1968 devrait rendre cet évènement suspect à nos yeux. Mais que s'est-il passé au juste à partir de 1968?

 

Pour comprendre la nature de cette révolution bourgeoise, il suffit d'analyser quelques slogans de l'époque (ou un peu plus tardifs), tels que: "Il est interdit d'interdire !", "Faites l'amour pas la guerre !"; ou "Mon corps m'appartient !" (employé par les féministes pour légitimer l'avortement). On pourrait encore ajouter le très célèbre "Sexe, drogue et rock'n'roll", qui colle parfaitement bien à cette période, puisque, justement, la jeunesse en vogue se droguait, écoutait de la pop-rock, et faisait l'amour à tout-va. Pédophiles, homosexuels, zoophiles, échangistes, exhibitionnistes et voyeuristes, tous les dégénérés se tenaient par la main en faisant une joyeuse ronde dans un jardin plein de fleurs. La drogue, le rock, le féminisme, la pornographie, l'avortement, voilà précisément la nature de cette révolution. Les prétendus "progrès" que nous connaissons aujourd'hui viennent à l'origine de ce mouvement bourgeois. Ainsi ce nouvel âge nous aurait ouvert les yeux, un peu comme l'arbre de la connaissance a ouvert ceux de nos premiers parents... pour le pire!

 

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le siège de cette nouvelle industrie se situait au comté de San Francisco (USA), où les hippies, sous LSD, posaient déjà leurs valises à la Silicon Valley. Nous connaissons bien sûr la suite de leur heureuse aventure: les anciens dealers et consommateurs de drogue ont en inventé de nouvelles pour asservir les masses. Ces gens et leurs idoles ont donc été, dès le départ, les bons serviteurs du technico-capitalisme. L'idée des puissants avait été d'affaiblir la jeunesse et de la pervertir au maximum, en lui faisant croire, notamment grâce aux paradis artificiels, qu'elle était devenue plus libre. Une technique qui sera reprise plus tard sous une autre forme.

 

Or, sommes-nous vraiment devenus plus libres depuis 68? La réponse est négative. Pour s'en convaincre, il suffit juste de voir toutes ces caméras de surveillance installées autour de nous qui témoignent à elles-seules de la prison à ciel ouvert dans laquelle nous vivons. Aussi, de manière plus générale, le contrôle social a atteint un niveau jamais égalé depuis l'époque nazie. Sans parler du reste: des avortements à n'en plus finir, des tromperies partout, des divorces en masse, des insanités partout, des mensonges à tous les niveaux, des hommes sans honneur ni parole, des injustices qui s'accumulent, des crispations communautaires et raciales (en raison d'une immigration volontairement massive), etc. Bref, les soixante-huitards n'ont été et ne sont rien d'autre que des imposteurs et des illusionnistes, un peu à l'image de ces prétendus écologistes qui détruisent la terre avec des éoliennes, tout en prétendant agir pour l'environnement!

 

Par conséquent, mai 1968 a seulement ouvert la voie à l'illusion de la liberté. Rien de plus. En cela, ce mouvement fut effectivement "révolutionnaire". Sa politique a si bien fonctionné qu'il n'est aujourd'hui même plus besoin de drogue réelle pour que la majorité se sente libre. Cette dernière le croit si fortement qu'elle n'est même plus capable de voir ses chaînes. C'est ici la grande différence entre les esclaves anciens et les modernes: les anciens se savaient esclaves; les modernes se croient libres.

 

Ô combien il est douloureux de se savoir esclave entouré de gens qui se croient libres sous l'effet du Soma*! Certainement, celui qui n'a pas conscience de sa propre aliénation et de sa condition d'esclave vivra probablement mieux sa vie que celui qui réalise avec horreur cet état de fait. Et à y regarder de loin, on envierait presque cet ignare pour son ignorance, tant il semble en jouir. Mais ce serait là une grossière méprise. Car l'ignorance n'enlève en rien la responsabilité. Comme pour le péché, l'homme conscient – c'est-à-dire celui qui se sait pécheur – est certes malheureux de se savoir impur et indigne, mais cette connaissance peut au moins le conduire à genoux au pied de la Croix, pour chercher et trouver la Grâce de Dieu. En revanche, le pécheur qui s'ignore – délibérément ou non – vit généralement mieux sa vie temporelle, sans grande tension ni repentir, mais la colère demeure sur lui! Ainsi l'un sera sauvé, et l'autre damné à jamais. Il en va plus ou moins de même pour la liberté. En définitive, le fait d'ignorer son état d'esclave ne peut conduire l'homme qu'à se révolter pour se remettre sous un nouveau joug; non pour se libérer. Tel fut le résultat réel de la révolution de 1968.

 

"Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres." (Jean VIII, 32)

 

 

* Soma: médicament utilisé par l'État mondial dans le roman Le Meilleur des mondes (Aldous Huxley) 


Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie...

avril 2018

Le 23 mars 2018 la France a subi une nouvelle attaque terroriste. La scène du drame s'est déroulée dans un supermarché où un djihadiste aurait pris en otage une cinquantaine de personnes, avant d'en exécuter quelques-unes, dont un boucher et un gendarme.

 

Suite à cet attentat, on nous informa que les membres des réseaux sociaux s'étaient enflammés; comme si cela avait quelque importance! La plupart condamnèrent bien sûr la barbarie, tandis que d'autres l'approuvèrent presque ouvertement. Ce fut le cas d'une mangeuse de quinoa – autrement dit d'une militante "végane" – qui publia un commentaire cautionnant la mort du boucher. Il faut en effet savoir que pour les membres de cette secte made in USA, la vie des hommes vaut moins que celle des animaux. Et il y a fort à parier que si l'assaillant aurait crié "gloire aux animaux!" ou "vive Peter Singer et la zoophilie!" plutôt que "allahu akbar!", alors aurait-il bénéficié de la sympathie de toute la communauté végane. Mais passons. Un autre acteur des réseaux sociaux, celui-ci membre d'un parti politique de la gauche caviar française, a quant à lui presque applaudi le meurtre du gendarme. Voilà donc deux petits exemples typiques de nos sociétés relativistes et dégénérées. Pourtant, dans ce salmigondis de 2018, la figure du gendarme sort un peu du lot. Arrêtons-nous-y un instant.

 

Quoique de manière générale nous ne tenions pas vraiment en haute estime les gendarmes, policiers ou même militaires ("gens d'armes" assermentés et souvent en première ligne pour défendre et servir l'oligarchie mondiale et le système antichrist), il nous est impossible de rester indifférent à l'acte de bravoure dont a fait preuve ce lieutenant-colonel français. En effet, lors de l'attaque terroriste, Arnaud Beltrame a donné sa vie en échange d'une otage. Il serait ainsi mort en "martyr", selon le vrai sens du terme. Précisément, plusieurs proches du gendarme ont expliqué son geste héroïque par le fait qu'il s'était converti au christianisme. D'abord franc-maçon, comme nombre d'élites françaises, le lieutenant-colonel aurait peu à peu pris ses distances avec la société initiatique, en même temps qu'il cheminait vers le Christ. Ceci explique donc cela. Cet homme a peut-être vécu en gendarme et accessoirement en franc-maçon, mais il est parti comme un digne chevalier chrétien.

 

Son sacrifice, peu avant la fête de Pâques, ne manque pas de nous rappeler le plus grand sacrifice que l'histoire ait jamais connu: celui du Seigneur Jésus-Christ. Lui n'a pas donné sa vie pour épargner temporairement une seule personne, mais pour sauver des milliards d'âmes pour l'éternité. Jésus nous savait tous captifs d'un ennemi bien plus féroce et destructeur que n'importe quel criminel, terroriste, ou tyran: le péché. Ainsi, en se substituant à nous, Jésus, le seul Être parfait, l'Agneau de Dieu sans défaut et sans tache, l'a rendu sans effet définitif pour ses disciples. En dépit d'un tel sacrifice, il n'a pas eu droit à une cérémonie d'hommage national, ni à l'admiration des masses, mais au mépris public. Au début de cette histoire, seule une poignée d'hommes et de femmes crurent en Lui. Mais leur foi ne fut pas vaine. En effet, ni le tombeau ni même les liens de la mort n'ont pu retenir Jésus-Christ, car Il est Ressuscité!

 

Aujourd'hui encore, le Christ nous appelle et propose à chacun d'entre nous de prendre sa place d'otage. Il donne en outre à tous ceux qui ont foi en Lui la possibilité de devenir enfants de Dieu et d'être sauvés pour l'éternité (Jean I, 12; III, 16). C'est ici le message central du vrai Christianisme. Puisse chaque otage répondre à cet appel... 


God bless the Amish !

mars 2018

Ils vivent au cœur de Babylone depuis plus de deux siècles et pourtant ils ont su se préserver des souillures du monde: ce sont les Amish.

 

Issu de la Réforme radicale, plus spécifiquement de la branche pacifique de l'anabaptisme – dans le sillage des "Frères suisses" –, le mouvement amish fut fondé par un Bernois du nom de Jakob Ammann (v. 1644-1730). Persécutés en Suisse, les Amish se réfugièrent un temps en Alsace avant de s'exiler vers le Nouveau Monde, où ils demeurent depuis. Ces vertueux chrétiens ont réussi à traverser les "Révolutions" industrielles et technologiques sans jamais vraiment déchoir, et cela sans grand capital ni "grands" théologiens pour défendre leur cause. Comment donc ces modestes paysans ont-ils fait pour survivre au système technico-capitaliste, sans succomber à ses séductions?

 

Tout d'abord, il faut savoir que les Amish ont toujours eu plus confiance dans la sagesse de Dieu qu'en celle de l'homme. Ainsi ont-ils promptement rejeté le darwinisme et la religion du progrès. D'autre part, ils ont pris au sérieux certaines recommandations bibliques importantes, généralement délaissées par les autres Églises, telles que "Nul ne peut servir deux maîtres" ou encore "Ne vous conformez pas au siècle présent." Par conséquent, se "séparer du monde" leur a paru être le meilleur moyen de se protéger du virus antichrist. En outre, ils se sont efforcés de pratiquer la communauté de biens (Actes II, 43-46; IV, 32-37) et la vraie religion (Jacques I, 27).

 

Aussi pour structurer leur communauté, les Amish ont-ils suivi l'exemple apostolique plutôt que le modèle démocratique ou méritocratique. Ainsi les ministres du culte ne sont pas choisis en fonction de leurs compétences intellectuelles ou sociales, mais plutôt par tirage au sort (Actes I, 21-26), remettant ce choix à Dieu*. Enfin, ils ont préféré vivre plutôt que discourir le christianisme.

 

Contrairement aux idées reçues, les Amish ne sont pas forcément contre toute nouvelle technique: certaines techniques médicales, par exemple, sont tout à fait acceptées. Cependant, à l'inverse de ce qui se fait chez nous, l'impératif chrétien prime toujours sur les autres intérêts. De cette façon, toute nouvelle technologie potentiellement nuisible à l'homme – donc au chrétien – est rejetée. La facilité qu'elle pourrait leur procurer pour accomplir certaines tâches n'est jamais un gage de qualité et surtout d'innocuité, bien au contraire. Ainsi, lorsqu'ils sont confrontés à une nouvelle technologie, les Amish entreprennent un vrai travail d'éthiciens: ils scrutent, interrogent, essaient parfois, puis rejettent s'il le faut. Pour ce faire, ils se basent tantôt sur leur propre intuition – "selon l'Esprit" –, tantôt sur l'Écriture. Par exemple, pour exclure la photo et la vidéo de leur communauté, les Amish se sont appuyés sur un passage du Décalogue: "Tu ne te feras point d'image taillée." (Ex. XX, 4). En outre, puisque la photo et la vidéo encouragent au voyeurisme et à l'orgueil plus qu'à l'humilité et à la retenue, et qu'elles peuvent également servir d'instruments de puissance et de contrôle social – carte d'identité, vidéosurveillance aujourd'hui –, mieux valait-il les proscrire. Et en effet, lorsqu'on voit à quoi servent la plupart du temps ces appareils techniques (selfies, idioties, violences, pornographie, dérives sécuritaires, etc.), comment ne pas leur donner raison?

 

Au reste, les Amish ont aussi rejeté l'électricité, surtout pour ne point devenir trop dépendants de l'État ou de quelque entreprise privée. Par ailleurs, pour respecter au mieux la Terre, création de Dieu, ils ont délibérément renoncé aux voitures et aux tracteurs – leur préférant toujours l'énergie animale – en même temps qu'ils évitaient, dans la mesure du possible, de recourir aux engrais chimiques et aux pesticides pour le travail agricole. Si bien qu'on peut dire que les Amish mangeaient bio avant l'heure! Et quoique certains d'entre eux fument le tabac qu'ils cultivent, ils sont généralement en bien meilleure santé que les non-Amish. On pourrait ainsi multiplier les exemples…

 

Naturellement, tout n'est pas non plus parfait dans leur société. Il existe évidemment quelques excès, comme une légère tendance au légalisme, un certain repli communautaire, quelques règles extra-bibliques, une fermeture démesurée aux arts et à la musique (justifiable s'il ne s'agirait que des "dérives contemporaines"), une communauté laissant trop peu de place à l'individu, ou encore un certain désengagement pour la "Grande Mission" (Matth. XXVIII, 19). Mais malgré tout, cette communauté reste nettement plus enviable – car moins liberticide, moins criminelle, moins vicieuse, moins aliénée – que nos sociétés. Et de manière générale, leur Église demeure aussi en bien meilleure santé que les nôtres. À ce propos, force est de constater que ces humbles agriculteurs – qui ne connaissent généralement ni le grec ni l'hébreu, ni même l'herméneutique – comprennent bien mieux les Écritures et le christianisme que la plupart des théologiens et pasteurs actuels. Voilà donc un joli camouflet et une preuve de plus, s'il en fallait, que toutes nos universités et tous nos savoirs ne servent à rien... sans la sagesse. 

 

Bref, tout cela pour dire que dans l'ensemble la communauté amish est l'une des plus proches du modèle néo-testamentaire, donc christocratique, c'est pourquoi elle nous donne une si belle leçon de vie et surtout un exemple à suivre pour chaque communauté chrétienne. Alors, God bless the Amish!

 

* Source: J. Légeret, L'énigme amish.


Des fausses inégalités pour faire oublier les vraies

fév. 2018

Suite à la médiatisation de l'affaire Weinstein, beaucoup de femmes ont réalisé qu'elles s'étaient fait violer ou harceler il y a quelques mois ou encore plusieurs années. On s'est alors aperçu qu'il était nécessaire que quelque chose se passe d'abord aux États-Unis et soit transmis par les médias de masse pour qu'un crime soit reconnu comme tel, y compris par nombre de ses victimes. Depuis lors, les hashtags #Metoo ou #BalanceTonPorc pullulent sur les réseaux sociaux. Ces cris de ralliement font souvent office de tribunaux populaires aux procédures douteuses: il suffit d'être une femme et de balancer n'importe quel homme pour être entendue et relayée. Ici la présomption d'innocence n'existe pas: délation ou non, l'accusé masculin est déjà coupable. Que les hommes ne se méprennent donc plus: une drague maladroite peut désormais être considérée comme du harcèlement et un rapport qui pourrait sembler consenti ne l'est pas forcément. En effet, ce n'est pas parce qu'une femme ne dit pas non qu'elle dit oui, qu'on se le dise!

 

Le féminisme contribue ainsi à élargir la judiciarisation des rapports humains pour le plus grand bonheur des avocats et de tous ceux qui vivent de la "justice". Les harpies qui avaient déjà atteint le comble de l'infanticide avec l'avortement, et le comble de l'hystérie avec le mouvement Femen, vont peut-être bientôt atteindre le comble de la quérulence.

 

Parallèlement, la question de l'«inégalité sexuelle» revient en grande pompe: l'écart salarial entre hommes et femmes constituerait l'une des pires injustices en Occident, nous dit-on! L'écart salarial pourtant bien plus important entre employés et cadres – ou même entre ouvriers du primaire et du secondaire et certains employés du tertiaire – ne choque évidemment personne. On l'aura compris, la Femme reste et restera encore et toujours la "classe sociale" opprimée qu'il faut libérer à tout prix. L'Homme, quant à lui, appartiendrait de fait à la classe privilégiée!

 

C'est bien sûr vite oublier que la plupart des sans-abri sont des hommes et qu'ici personne ne songerait à imposer des quotas au nom de l'égalité des sexes. C'est aussi vite oublier que, lors d'un divorce, ce sont généralement aux hommes de payer une pension à leurs ex-femmes, lesquelles bénéficient le plus souvent de l'autorité parentale et du droit de garde sur les enfants (et accessoirement du droit d'accepter ou non que soit appliqué le droit de visite du père). Naturellement, pratiquement personne ici ne semble vouloir demander justice et réparation pour ses malheureux qui sont généralement dans l'obligation de s'appauvrir pour enrichir des femme qui ne sont plus les leurs. Pourtant, eux aussi auraient toutes les raisons du monde de se sentir "violés" (ou au moins "volés") et de prôner une révolution hoministe et une lutte des sexes, avec comme hashtag #BalanceTaTruie!

 

Mais plus sérieusement, à quoi tout cela mènerait-il? À se regarder en chiens de faïence? Au final, il importe assez peu de savoir qu'une infraction soit commise par un homme ou par une femme: vol ou viol, un crime est un crime. Aussi récupérer des cas particuliers pour en faire des généralités – en les associant à un sexe – est une pratique digne des plus mauvais sophistes. Les hommes ne sont pas tous des violeurs et les femmes ne sont pas toutes des féministes. La lutte des sexes est donc parfaitement absurde et inutile. Vouloir rentrer dans ces querelles de cour de récréation revient finalement à faire le jeu de nos élites. Celles-ci ont toujours eu l'art d'inventer, de financer et sponsoriser toutes les fausses luttes, du féminisme à l'antispécisme, en passant par l'homosexualisme (en tant que mouvement qui revendique le droit d'avoir des enfants!). Elles mettent en avant des "inégalités" naturelles – en proposant parfois d'y remédier – afin de nous faire oublier les réelles inégalités sociales, qu'elles ont par ailleurs elles-mêmes produites et dont elles sont les seules bénéficiaires. Prenons un exemple simple.

 

L'usurpation de propriété

Souvenons-nous que la première et peut-être la plus grande inégalité sociale consiste en ce que certains privilégiés possèdent des terres usurpées tandis que d'autres sont obligés de vivre comme locataires, souvent dans des blocs, dans la promiscuité et le bruit, à proximité des routes et de la pollution. L'inégalité fondée sur la propriété est le socle sur lequel repose toute société civile. L'excellent Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) avait très justement écrit: "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire, ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile… vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne."

 

Plus tard, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), le premier qui se déclara ouvertement "anarchiste", écrira: "La propriété, c'est le vol!" Il précisera ensuite que celle-ci pourrait néanmoins devenir une liberté si elle serait donnée à chacun. En cela, il s'opposait aussi bien au capitalisme qu'au collectivisme d'État. Aussi comprit-il rapidement – bien qu'il ne fût pas chrétien (quoique les influences chrétiennes soient indéniables) – que le féminisme naissant était une imposture immorale, anti-naturelle, et surtout destinée à entraver les vraies luttes sociales. Sa lucidité engendrera d'ailleurs un schisme au sein de l'anarchisme: quelques-uns de ses anciens camarades acquis aux idéaux féministes se nommeront alors "libertaires" pour se distinguer de Proudhon. Le libertarisme remplacera au fil du temps l'anarchisme. D'où la confusion récurrente entre ces deux mots.

 

Enfin Léon Tolstoï (1828-1910), homme sage et honnête, ne dira pas autre chose que Rousseau et Proudhon: "Mais tous les faits qui ont amené l'état de choses actuel… étaient les conséquences des lois humaines sur l'impôt, les terres et la propriété… Une loi humaine a décidé que toute étendue de terre pourrait être un objet de propriété individuelle, transmissible par voie d'héritage, de legs ou d'échange; une autre a décidé que tout homme devait payer sans objection les impôts qu'on lui réclamait… Partout ils furent primitivement des tributs levés sur les peuples par des conquérants ou des usurpateurs qui avaient en vue leurs intérêts propres et non le bien de la société…"

 

La classe possédante est donc celle qui est propriétaire des terres et des moyens de production. C'est elle qui a toujours fait les lois et imposé son ordre ignominieux. La classe opprimée est celle qui ne possède rien et qui doit subir l'ordre et la loi des possédants, en même temps qu'elle doit les financer.

 

Ainsi on ne pourra jamais parler d'égalité sans une répartition équitable des terres et des biens. Chaque individu ou famille (selon la densité de population d'un pays) devrait posséder sa propre parcelle de terre, inviolable et invendable, pour constituer lui-même son propre « État ». Sans cela, la notion même d'égalité restera toujours vaine. Les impôts, quant à eux, ne seraient légitimes que pour redistribuer les richesses à "chacun selon ses besoins". Tels seraient les principes élémentaires pour introduire une société "saine" et réellement égalitaire. Cela constituerait aussi un bon début pour libérer l'homme de ses asservissements.

 

Bien entendu, les cupides possédants qui détiennent l'appareil d'État et produisent toute la propagande bourgeoise n'en voudront jamais. C'est la raison pour laquelle ils financent et promeuvent toutes les impostures susceptibles de donner aux esprits faibles l'illusion de liberté ou d'égalité. Par conséquent, les gouvernants, les États, leur ordre social, leur morale, et leur justice factice sont foncièrement illégitimes. C'est pourquoi Tolstoï a aussi pu écrire: "Le christianisme dans sa véritable signification détruit l'État."


Devient-on ce que l'on croit être?

janv. 2018

Parmi le flot d'actualités généralement insignifiantes et abrutissantes servies en boucle par les merdias de masse, il en est une au moins qui aurait mérité de faire la une de tous ces papiers-toilette (imprimés, analogiques ou numériques), s'ils n'en étaient pas. On aurait alors appris que, selon plusieurs études récentes, le quotient intellectuel moyen des Occidentaux a considérablement baissé depuis le XIXe siècle. S'il est vrai que nombre d'études menées ces dernières décennies sont à prendre avec des pincettes, la conclusion apportée par celles-là nous paraît suffisamment visible pour la prendre au sérieux. Que l'on songe un instant à toutes les idoles modernes – les Ronaldo, les Nabilla, les Lady Gaga, les Federer, les Zuckerberg, les Elon Musk, les Steve Job, les Bill Gates, les Larry Page, etc. – dressées en bienfaitrices de l'humanité comme si elles avaient écrit ou composé quelques chefs-d'œuvre ou encore trouvé un remède contre le cancer. Que l'on songe également à tous ces youtubeurs ou autres bouffons des réseaux sociaux qui se rendent continûment un culte à eux-mêmes, en glorifiant simultanément la "sainte" technologie d'avoir donné un sens à leur vie par le moyen de selfies et autres vanités qu'ils peuvent exhiber à la face du monde pour remplir leur vide existentiel et tenter d'obtenir quelque espèce de reconnaissance à travers les nouveaux suffrages que sont les boutons "J'aime" et les "pouces levés". Le shoot à la dopamine est d'ailleurs l'une de ces autres drogues démocratiques qui provoquent l'illusion de liberté. Bref, la liste des niaiseries contemporaines est si longue qu'il faudrait presque des volumes entiers pour tenter d'en faire le tour. Tout cela pour dire que n'importe quel individu, un tant soit peu honnête, reconnaîtra que nous sommes quand même, de manière générale, un peu plus idiots qu'avant.

 

Officiellement, les raisons invoquées pour tenter d'expliquer cette chute d'intelligence sont évidemment multiples et varient en fonction des opinions du chercheur: l'alimentation, l'éducation, la promiscuité, les nuisances sonores, la pollution, le melting-pot, la culture et la musique pop, l'ère technologique (la machine remplaçant de plus en plus l'homme), les réseaux sociaux (nous l'avons dit), les médias, les ondes, etc. Bref, on y trouve un peu de tout. Dans une certaine mesure, chacune de ces explications se défend; il est d'ailleurs vraisemblable que l'accumulation de ces maux ait participé à l'aliénation générale.

 

Nous pensons cependant que cette endémie doit avoir des racines plus profondes, car les agents pathogènes mentionnés ci-haut n'auraient jamais pu prendre autant de place dans un corps "sain", si celui-ci n'eût été longuement et préalablement fragilisé. Ce qui est valable physiquement l'est parfois aussi métaphysiquement.

 

Le diabolique Hitler – ou son ministre de la propagande – aurait dit un jour une vérité éprouvée: "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité."

 

La théorie de l'évolution a justement été l'un de ces gros mensonges qu'on a répété plus de dix mille fois pour le rendre véritable aux yeux des vulgaires. En faisant croire à une majorité d'hommes qu'ils étaient non pas des créatures toutes particulières et aimées de Dieu, mais de simples bêtes du lignage des grands singes, qui plus est d'origine accidentelle, les puissants ont réussi à façonner en quelques décennies une génération d'idiots utiles, c'est-à-dire de bons consommateurs et de bons esclaves. Comment donc grandir en pensée en s'estimant plus bas que terre ou du moins en-dessous de ce que nous sommes réellement? Et pourquoi vouloir la liberté si nous ne sommes finalement que de simples animaux? Assurément, il ne s'agit point ici de vaine prétention de notre part, puisque nous savons bien que l'homme est aussi peu de chose; mais le réduire à la bestialité a été non seulement l'un des plus gros mensonges de l'histoire mais également l'une des thèses scientifiques les plus absurdes et aux conséquences les plus désastreuses. Par ailleurs, après s'être amusées à mélanger les espèces pour mieux asseoir leur domination, les élites souhaiteraient également mélanger les genres: mâle et femelle doivent devenir interchangeables! D'où l'énorme publicité faite au féminisme, à l'homosexualité, et à toutes les absurdes "études de genre". Mais c'est une autre histoire…

 

Certes, l'affaire qui nous occupe est plus complexe qu'elle n'y paraît et ne saurait vraiment être résumée par "les méchants manipulateurs d'un côté et les pauvres et gentilles victimes manipulées de l'autre". Ce serait là nier le libre-arbitre et ainsi tomber dans le piège de nos ennemis. En vérité, il est probable que beaucoup d'hommes ont accepté de céder leur humanité en échange de gamelles et d'objets technologiques donnés par leurs maîtres. De sorte que, contrairement au règne animal où le choix n'existe pas, les proies ont ici, au moins en partie, volontairement accepté la loi des prédateurs. Au fil du temps, à force d'habitude et de mensonges répétés, ces hommes ont fini par s'autopersuader d'être des animaux domestiques ou d'élevage ("sauvages" aurait impliqué une trop grande autonomie).

 

Voilà donc très sommairement notre hypothèse sur l'une des origines profondes de la régression intellectuelle, spirituelle et morale en Occident. Du reste, gageons que si l'on devient ce que l'on croit être, au moins en esprit, nous risquons fort bien d'accomplir le chemin inverse de l'histoire évolutive des Homininés telle que racontée par nos fabulateurs transformistes. Avec en plus, bien sûr, la Technique, qui elle se chargera de compenser toutes les lacunes de la nouvelle espèce d'Homo en devenir: l'Homo technicus (appelons-le ainsi). C'est là notre prédiction pour le futur si rien n'est fait entre-temps. Et nous sommes dans une période charnière.

 

Mais tout bien considéré, un quotient intellectuel plus ou moins élevé n'a pas tant d'importance pour saisir les enjeux de demain ni pour travailler pour le Règne de Dieu. Il faut avant tout chercher à devenir des hommes faits, c'est-à-dire des hommes "augmentés" au sens biblique, autrement dit des hommes spirituels. Cela, aucun robot ni transhumain ne pourra jamais copier.

 

Ainsi quelles que soient ses facultés intellectuelles, l'homme qui s'éloigne de l'Omniscient décline, et celui qui s'en rapproche progresse… car la crainte de l'Éternel est le commencement de la science et de la sagesse, nous dit la Bible (Psaume CXI, 10; Proverbe I, 7). Soli Deo Gloria! 

                                                                                                                                                Votre serviteur,

Beno aka Profetyk


Big Brother et l'écologie à géométrie variable

déc. 2017

Les États technico-capitalistes, c'est-à-dire grosso modo les États bourgeois au service de la technique toute-puissante et des grands groupes privés nationaux et supranationaux, appliquent une politique toujours plus liberticide et déshumanisante. Nous ne le répéterons jamais assez. La Suisse, qui fait évidemment partie de ces États, n'est ainsi pas ou plus – stricto sensu – un pays libre. La vidéosurveillance, par exemple, n'a jamais fait l'objet du moindre débat public et pourtant elle s'est imposée à nous progressivement à partir du 11 septembre 2001. La petite minorité critique a été complètement muselée, tandis que la grande majorité a, comme à son habitude, consenti par un silence éloquent ou par une trop grande crédulité aux paroles du "tout sécuritaire" serinées par les agents du système policier. Le passeport biométrique, quant à lui, avait fait l'objet d'un vote populaire, et fut finalement accepté par une courte majorité moutonnière (50,14%). Le même type de majorité qui, rappelons-le au passage, avait voté pour le parti nazi lors des élections législatives allemandes de mars 1933, et qui, depuis quelques décennies, se prononce toujours en faveur de l'avortement et de l'eugénisme, cela en Suisse comme ailleurs. Bref, une majorité bien conforme qui sert de base légitime aux politiques les plus destructrices.

 

Dans un registre plus ou moins similaire, nos données personnelles – qui ne sont pas vraiment personnelles puisqu'elles ne nous appartiennent pas – seraient, paraît-il, le nouveau pétrole du XXIe siècle. Celles-ci sont stockées dans des Data centers ("centres de données" en français) pour être vendues, revendues, échangées entre divers groupes pour des fins qui nous échappent encore. Il semble toutefois assez évident qu'elles servent d'ores et déjà à nourrir la "Bête", autrement dit Big Brother et le projet d'intelligence artificielle, entre autres. Le concept du "Surhomme", développé par Nietzsche et ses semblables au dix-neuvième siècle, suivi par les nazis au vingtième siècle, puis désormais par tous les adeptes du transhumanisme, serait en train de devenir une réalité. Ce désir de toute-puissance animait déjà les États les plus totalitaires. Et si les nouveaux officiers "nazis" ont l'air plus sympathiques que leurs prédécesseurs, ils n'en demeurent pas moins dangereux. Ce sont souvent de jeunes cadres dynamiques, positifs, souriants, à la tête de Start-up. Et beaucoup d'entre eux ont élu domicile à la Silicon Valley! L'intelligence artificielle et la robotique font partie de leurs projets phares et, comme dans le paganisme, les nouveaux dieux sont créés par et pour les puissants. Dans cette configuration, le "Transhumain" ou le "Robot" ressemble étrangement à l'Aryen des nazis. Mais n'allons pas trop loin…

 

Alors que ce chaos se met gentiment en place, les États nous parlent continûment de dérèglement climatique, de l'urgence de faire quelque chose pour notre planète, d'énergies vertes, etc. La plupart de nos braves dirigeants auraient désormais tous la fibre écologique! N'est-ce pas magnifique? Les lois sur la transition énergétique pullulent un peu partout et sont généralement acceptées démocratiquement (par exemple, la stratégie énergétique 2050, en Suisse). Ces lois permettront de saccager les paysages naturels – notamment avec des éoliennes – en toute bonne conscience! En outre, elles permettront d'augmenter les taxes existantes et d'en créer de nouvelles, ceci afin de nous inciter à réduire notre "empreinte écologique". La facture d'électricité augmentera progressivement, et ce sont bien sûr les plus modestes qui en pâtiront. Le "meilleur des mondes" prophétisé par la Bible, puis entrevu par des écrivains lucides comme Ellul, Huxley, Orwell et d'autres, se met en place sous nos yeux! Pourtant, non seulement nous les fermons pour ne pas voir le caractère déshumanisant et liberticide des nouvelles technologies, mais également pour ne pas poser de questions sur le coût, l'utilité réelle, et la consommation de la vidéosurveillance et du stock des données, bref de toute la machinerie qui sert à faire vivre Big Brother. On a appris récemment que le plus gros Data center de Suisse consommera autant d'énergie que 26'000 habitants! Sachant qu'il y a actuellement environ 400 centres de données en Suisse, leur consommation équivaudrait à peu près à celle de l'ensemble des Helvètes! On vous laisse donc imaginer ce que pourrait être la somme énergétique utilisée par Big Brother à travers le monde! L'écologie est donc bien à géométrie variable.

 

Naturellement, comme dans toutes les dictatures (ou "démocratures", si l'on préfère), il y a des questions qu'il ne vaut mieux pas soulever. L'illusion est une politique très efficace: nous sommes virtuellement libres et écologistes, et cela semble contenter la majorité! Seulement voilà, en tant que chrétiens, nous ne sommes pas appelés à marcher avec le troupeau du monde, ni à prendre le chemin spacieux, mais plutôt à suivre le Bon Berger qui nous a sauvés et affranchis, et ainsi à galérer un peu sur le chemin étroit pour combattre le bon combat... Joyeux Noël à tous! 


Un pasteur d'État pour pacifier les paysans?

nov. 2017

Ce n'est désormais plus un secret pour personne: le monde agricole souffre partout, même en Suisse. Les petites et moyennes exploitations sont constamment mises sous pression au bénéfice de la finance internationale, du capitalisme mondialisé, avec l'assentiment des États bourgeois. L'industrie agroalimentaire et la grande distribution font leur beurre sur le labeur des paysans. Dans le pays de Guillaume Tell, les producteurs laitiers sont rétribués entre 20 et 50 centimes le litre de lait par l'industrie, alors que ce même litre est revendu en moyenne à 1 fr. 40 au consommateur, pour ne prendre que cet exemple. La situation des cultivateurs n'est pas beaucoup plus enviable. Ainsi, pour survivre dans un marché peu scrupuleux, sans frontière et où la concurrence étrangère est féroce, les agriculteurs suisses n'ont souvent d'autres choix que de prendre des crédits pour agrandir leur exploitation (avec les risques d'endettement que cela implique) et d'accélérer la cadence de production. Et qui dit accélération de la cadence dit aussi, bien sûr, impact sur l'environnement et les animaux d'élevage. C'est un cercle vicieux.

 

Alors que l'agriculture était encore l'activité principale en Suisse jusqu'à la fin du XIXe siècle, elle n'a depuis cessé de décliné; elle ne représente aujourd'hui plus que 3 à 4% de l'emploi total et à peine 1% du PIB de la Suisse. Le secteur tertiaire (services) l'a remplacée en occupant près de 74% de l'emploi et en générant pratiquement le même pourcentage en terme de richesse du pays. Autrement dit, le marché n'en a cure du sort des paysans. Le secteur primaire n'est plus considéré comme primordial. Pour les capitalistes, peu importe si la Suisse n'est pas autosuffisante pour la moitié de sa consommation vivrière, car grâce au libre-échange les importations étrangères combleront toujours l'autre moitié. Cette manière d'appréhender les choses n'est qu'un symptôme de plus de cette société malade dans laquelle, par ailleurs, le profit est aussi l'inverse du travail. Ce sont en effet les emplois les plus inutiles générés par internet, la surveillance de masse, la vente des données, la finance, etc. qui rapportent le plus.

 

Dans ce contexte si délétère, plus de mille exploitations ferment chaque année en Suisse, et ce depuis près de vingt ans. Les paysans et les montagnards qui ont façonné ce pays sont désormais sacrifiés sur l'autel du libre-échange et souvent abandonnés par la population et les pouvoirs publics. Aussi le "lobby paysan" censé les défendre à Berne ne semble pas vraiment des plus qualifiés, puisque souvent dirigé par des libéraux.

 

Bref, la situation des agriculteurs est particulièrement moribonde. Les exploitations ferment les unes après les autres, nous l'avons dit, mais il y a pire encore: les suicides se multiplient! Le phénomène est devenu si préoccupant dans le canton de Vaud que les autorités ont décidé d'agir en amont par la prévention. À cette fin, ils ont mandaté un pasteur protestant pour faire en campagne ce qu'un psy ferait en ville, c'est-à-dire tempérer les humeurs, neutraliser les colères légitimes, ou simplement détourner l'attention de l'objet principal pour la fixer sur des accessoires, de telle sorte que la société ne soit jamais vraiment remise en cause.

 

Ainsi dans une émission diffusée en début d'année sur la RTS, consacrée à la détresse paysanne, une discussion entre un pasteur et un agriculteur tourmenté par le suicide de son fils a particulièrement marqué notre attention. La voici résumée:

 

Le pasteur: – Tu es en colère contre Dieu?

L'agriculteur: – Non, j'suis pas en colère, j'ose pas…

Le pasteur: – T'oses pas, mais t'as le droit!

 

Ce pasteur, dont nous n'oserions pas remettre en cause le dévouement auprès des paysans, se positionna presque en "avocat du diable" en imputant à Dieu un crime qui n'est pas de sa juridiction. Mais pourquoi donc cet homme d'Église a-t-il attribué à Dieu une des conséquences funestes de décisions sinon politiques et économiques, au moins humaines? En quoi Dieu serait-il responsable de cela? De deux choses l'une: soit ce pasteur est conduit par cette croyance erronée – et pourtant si tenace parmi les chrétiens –, selon laquelle il y a Providence et prédestination ("Dieu fait l'histoire"), soit il feint de ne pas savoir qui sont les vrais responsables pour une raison qui nous échappe. Quoi qu'il en soit, cette discussion n'aura pas manqué de nous rappeler le fameux conflit du XVIe siècle entre Martin Luther et Thomas Müntzer: le premier défendant le pouvoir et appelant les paysans exploités à la soumission aux autorités, tandis que le second sortit de sa zone de confort pour se mettre du côté des opprimés au Nom du Christ et du Règne de Dieu. Deux visions chrétiennes bien différentes qui, 500 ans après la Réforme, paraissent toujours d'actualité…

 

Voir aussi: Les cinq solas


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