Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps. 


Le mythe de l'origine "judéo-chrétienne" de la civilisation techno-industrielle

mai 2022

Il est un mythe insidieux qui se répand de plus en plus dans les cercles universitaires, dans les médias, et au-delà : celui de l'origine "judéo-chrétienne" du monde moderne et en particulier de ses tares (destruction de la nature, maltraitance animale, technicisation intensive et extensive, transhumanisme, etc.). Récemment encore, lors d'une conférence informelle à laquelle nous avons assisté, un intervenant insinua cette idée. Et certains auditeurs semblaient la partager.

 

Ce mythe repose en fait sur plusieurs types de syllogisme qu'on peut résumer comme suit :

 

  • Une grande partie des antiques païens avaient tendance à sacraliser la nature, voire à adorer certains éléments ou créatures, tandis que les juifs et les chrétiens (et même les musulmans) ne les vénèrent pas. Ils n'adorent théoriquement que le Créateur. Donc les monothéistes "judéo-chrétiens" seraient responsables non seulement de la désacralisation de la nature, mais aussi de sa destruction.
  • Une forme de christianisme a dominé un temps la pensée occidentale, et la révolution industrielle est justement née en Occident. Donc celle-ci serait fille du "judéo-christianisme".
  • Dans le livre de la Genèse (chap. I), Dieu a béni l'humain et lui a permis de dominer la création, aussi bien la terre que les animaux. La Bible aurait donc servi de base au développement techno-industriel.
  • Aux dires de certains, il y aurait aussi un rapport entre la croyance transhumaniste en l'immortalité du corps par la science et les techniques (la volonté d'être comme Dieu), et la foi judéo-chrétienne en la résurrection.
  • Plusieurs chrétiens ou prétendus tels (en vérité la majorité) ont soutenu religieusement le développement du monde moderne, son idéologie, et ses désastres. Donc cela confirmerait cette thèse.

A priori, ces cinq points paraissent tenir la route. Cependant, on connaît la fameuse blague de Ionesco sur les syllogismes : "Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat." Ces cinq types de syllogisme sont du même acabit. Il s'agit en réalité d'une énorme méprise, d'un raisonnement biaisé qui ne résiste absolument pas à un examen rigoureux. Il n'est pas question pour nous de faire de l'apologétique (et certainement pas pour un christianisme institutionnel), mais simplement de rétablir la vérité historique et théologique. Aussi serons-nous bref.

 

Premièrement, on pourrait déjà récuser le terme de "judéo-christianisme" pour qualifier l'une ou l'autre religion "chrétienne" qui a été dominante dans certains pays. Car en vérité, il n'y a jamais eu qu'un pagano-christianisme (catholicisme, orthodoxie, et même à certains égards le protestantisme). En ce sens, seuls les chrétiens des premiers siècles et certains courants marginaux (par exemple la réforme radicale) ont été "judéo-chrétiens". Les courants majoritaires se sont généralement complètement assimilés à la culture de leur milieu, donc au paganisme. D'où l'iconolâtrie, la mariolâtrie, le mamonisme, et peut-être même en partie le dogme de la Trinité (quoiqu'on ne puisse bien sûr pas accuser tous les trinitaires d'être des demi-païens). Et bien sûr, la technolâtrie aujourd'hui (voir l'article du mois passé).

 

Deuxièmement, s'il est vrai que, contrairement aux païens, les juifs et les chrétiens ne sacralisent pas la création, et que, selon la Bible, l'humain a effectivement la primauté sur le reste de la création, cela ne signifie nullement qu'il puisse faire n'importe quoi avec la terre et les animaux. Au contraire, puisqu'il est tenu pour responsable devant Dieu (et s'il croit en un Créateur), il doit d'autant plus respecter la création et chercher à vivre dans un certain équilibre avec elle. Par ailleurs, la Bible se comprend dans son ensemble et selon l'Esprit. Penser la Bible par découpage n'est donc pas très recommandé. Car on peut lui faire dire ce qu'elle ne dit pas. D'une part, le contexte du début de la Genèse est justement celui de la création, et explique ce que devaient faire les premiers humains : se multiplier et "conquérir" la terre (l'habiter partout), la travailler (litt. la servir), et domestiquer les animaux pour leurs besoins (avec plus tard la possibilité de se nourrir de la chair de certains d'entre eux, cf. Ge IX, 3-5 ; Lé XI). Il n'y a là aucune invitation à en abuser, ni à rendre tout artificiel, ni à faire souffrir les animaux. Autrement dit, il n'y a pas d'exhortation à la décréation. Ce qu'enseigne la Bible est même contraire à la pensée industrielle et technicienne. Car les Écritures posent de saines limites qui garantissent le bon équilibre, par exemple : repos au moins un jour par semaine (y compris pour les animaux) ; shemitta, c'est-à-dire laisser la terre en repos chaque septième année (loi qui résoudrait beaucoup de problèmes aujourd'hui et permettrait le renouvèlement des ressources) ; interdiction de faire souffrir les animaux ; interdiction de croiser les animaux (incluant les manipulations génétiques), etc. (cf. Ge IX, 3-5 ; Ex XX, 8-11 ; XXIII, 10-11 ; XXXIV, 21 ; Lé XIX, 19 ; XXV, 4 ; De V, 12-14 ; XV, 1-2). En outre, il est dit explicitement que le Seigneur détruira ceux qui détruisent la terre (Ap XI, 18). Preuve que l'homme ne peut pas faire n'importe quoi avec la création : il sera jugé aussi en fonction de son comportement vis-à-vis d'elle.

 

Par ailleurs, on sait que les juifs et les chrétiens n'assistaient en principe jamais aux jeux romains, qu'ils fuyaient les arènes dans lesquelles les animaux étaient mis en spectacle. Car cela était perçu comme des exhibitions cruelles et stupides. Tout cela montre bien que la Bible, donc le judéo-christianisme, n'a rien à voir avec le monde moderne. Et l'on pourrait encore parler des pollutions aérienne, visuelle, sonore, de la surveillance de masse, et de l'immoralité qui sont caractéristiques du monde présent et complètement contraires aux lois divines les plus élémentaires. D'autant que ces choses nuisent aussi aux enfants de Dieu.

 

Troisièmement, il faut rappeler que la révolution industrielle et tout ce qui s'ensuit est née à une époque où la classe dirigeante était de plus en plus "déchristianisée" (si tant est qu'elle fût chrétienne un jour). Autrement dit, la révélation biblique et la morale chrétienne avaient de moins en moins d'influence : le techno-scientisme remplaçait progressivement l'ancienne religion. D'où le succès du darwinisme comme nouvelle explication du monde. Car chacun peut comprendre que si l'humain n'est qu'un animal plus évolué (résultat d'un accident), et que l'histoire se résume à la lutte pour la survie des plus aptes, alors toute morale peut sauter. L'essentiel étant juste la survie des plus aptes, donc finalement des dominants. De là vient justement la rupture avec les sociétés anciennes dans lesquelles les lois religieuses mettaient au moins quelques limites. Tandis que dans la civilisation contemporaine, qui a émergé à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, puis dans d'autres pays à partir du XIXe siècle, la technique devint progressivement une fin et non plus un moyen.

 

Quatrièmement, il n'y a aucun rapport entre le transhumanisme et le judéo-christianisme, sinon un rapport d'opposition. Car le transhumanisme est une religion purement matérialiste qui prône l'immortalité du corps par le moyen de la science et des techniques, et qui prétend que l'homme "augmenté" (en réalité diminué) par la technique fait simplement partie de l'histoire évolutive de l'homme. Les transhumanistes ont en effet très souvent une vision transformiste (ou évolutionniste) du monde, et certainement pas judéo-chrétienne (donc créationniste). En sens contraire, la doctrine biblique enseigne que ce corps que nous habitons dans le temporel n'est qu'un corps de péché, un corps de mort voué à la destruction, et que seule l'âme est potentiellement immortelle. De plus, le corps que les fidèles revêtiront à la résurrection n'aura vraisemblablement rien à voir avec ce corps corruptible et animal, puisqu'il est parlé de soma pneumatikon, c'est-à-dire d'un corps spirituel (cf. I Co XV, 44). D'autre part, la volonté d'être comme Dieu vient du mensonge du serpent ancien, donc de l'esprit du mal (Ge III, 5). Par conséquent, il ne saurait y avoir quelque correspondance entre la religion du Christ et celle du diable.

 

Au reste, le fait que des prétendus chrétiens aient pris une part active dans l'idéologie et la construction du monde actuel, ou même que la majorité des Églises aient suivi le mouvement, ne signifie nullement que le substrat idéologique de ce monde vienne de la Bible ou du judéo-christianisme. Pas plus que le nazisme venait de là (même si la majorité des "chrétiens" allemands s'y étaient conformés). Cela signifie simplement qu'il y a toujours eu une majorité de "chrétiens" conformistes, indépendamment de ce qu'enseigne la Bible (Ro XII, 2). D'ailleurs, même des antichrists se font parfois passer pour des chrétiens (I Jn II, 18-19).

 

En définitive, le monde techno-industriel ou techno-capitaliste (superstructure du système antichrist) n'est ni le produit du judéo-christianisme ni même celui du pagano-christianisme. Il est au contraire le produit d'un athéisme et d'un matérialisme radical, autrement dit d'un antichristianisme. Et que des athées déplorent la décréation et la déshumanisation qui s'opèrent sous nos yeux est une bonne chose. Cela prouve qu'il leur reste une part de conscience. En revanche, en imputant tous ces maux au judéo-christianisme, ils se mentent à eux-mêmes et font une projection. Car chacun sait au fond de lui-même que ce monde viole éhontément les lois divines les plus élémentaires. Chacun peut comprendre qu'en rejetant le Créateur et ses lois, en proclamant la "mort de Dieu", il ne pouvait rien sortir d'autre qu'une culture de mort : règne de la cupidité (capitalisme), technolâtrie, déviances sexuelles, homicides prénataux, euthanasies abusives, écocide, transhumanisme, etc. Tout cela vient d'un même esprit : celui de l'antichrist.

 

Voir aussi : Le système antichrist ; Système technicien et technolâtrie ; Anarchisme Chrétien ; Révolution et Christocratie


Le culte des images aujourd'hui

avril 2022

L'histoire nous enseigne que la plupart des religions sont des traductions "spirituelles" de production et de rapports matériels d'une époque. Autrement dit, elles sont le reflet de ce qui prédomine dans une société donnée. En ce sens, l'analyse matérialiste de Marx et Engels paraît assez correcte. À ceci près bien sûr que la véritable infrastructure n'est pas l'économie mais le système antichrist, et que le christianisme authentique échappe complètement à la logique matérialiste. Ne serait-ce que parce qu'il est parti du "bas" vers le "haut" (quoique inversement d'un point de vue spirituel), surgissant du milieu des classes inférieures de la société judéenne du premier siècle, avant de se répandre dans le monde entier.

 

Cependant, la grille de lecture matérialiste permet d'expliquer en grande partie le développement du christianisme institutionnel ou conformiste, c'est-à-dire de cette imposture qui s'est imposée à partir du IVe siècle sous Constantin. En effet, avec les rapports de subordination, le culte des icônes, la mariolâtrie et autres, les papistes et les orthodoxes n'ont fait que traduire d'une manière faussement chrétienne la société païenne de leur époque, elle-même expression des rapports matériels. De façon analogue, avec les visio-cultes et les autres artifices techniques d'aujourd'hui, la plupart des "chrétiens" modernes sont dans l'idolâtrie de leur temps, à savoir la technolâtrie. Naturellement, pas plus les uns que les autres ne se perçoivent comme des idolâtres. Les iconolâtres disent ne pas adorer l'icône, mais seulement ce à quoi elle renvoie. L'icône ne serait alors qu'un médium pour s'élever jusqu'à Dieu. De même, les technolâtres affirment ne pas adorer les images vidéos ou les objets techniques, mais seulement les utiliser comme des médiums. En vérité, il s'agit du même esprit.

 

La Bible dit clairement : "Tu ne te feras pas d'image taillée" et "gardez-vous des idoles" (Ex XX, 4 ; I Jn V, 21). Or si les idoles dont la Bible parle ne sont que des formes anciennes et grossières des païens patentés, à quoi bon mettre en garde les chrétiens ? De plus, si la Bible ne parle qu'au passé, alors il faudrait la lire simplement comme un bouquin d'histoire. C'est d'ailleurs ce que beaucoup d'universitaires pensent. En revanche, si la Bible est, comme nous le croyons, une parole prophétique toujours vivante, alors il faut reconnaître qu'elle nous parle aussi aujourd'hui. Et qu'elle nous met en garde contre la technolâtrie.

 

Ainsi, quelles que soient nos bonnes intentions, faire des images de soi-même lors d'un culte, ou rendre indispensable quelque image ou quelque objet technique dans une Église, ou même à titre personnel, c'est prendre le risque de tomber dans l'idolâtrie et de poursuivre une foi imaginaire. Or l'idolâtrie est l'un des péchés les plus graves.

 

Par conséquent, ni icône ni vidéo ne devraient servir de médiums. L'Église du Christ ne devrait en aucune manière participer à la technolâtrie, mais au contraire la combattre. Les cultes doivent se faire en "présentiel", sans aucune caméra et avec le moins d'objets techniques "intrusifs" possible. Car c'est le Saint-Esprit qui relie les membres de l'Église et non pas les réseaux asociaux et les systèmes de visioconférence. Ne pas prendre conscience de cela, c'est mélanger le profane et le sacré, et c'est donc reproduire une nouvelle forme de syncrétisme.

 

Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité, et certainement pas de nouveaux syncrétistes qui adorent en vidéo et en supercherie.

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie ; Eskhatos


Sur la guerre en Ukraine

mars 2022

Tout ou presque a déjà été dit dans notre article du mois passé ainsi que dans d'autres textes, avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier.

 

Les experts en tous genres (militaires, en géopolitique ou géostratégie) nous expliquent, selon leur orientation politique, ce qu'il faut penser de ce conflit, un peu comme les experts en économie nous expliquent les crises successives du techno-capitalisme. C'est-à-dire sans jamais évoquer le cœur du problème. C'est d'ailleurs précisément pour cela qu'ils sont utiles au système. Car ils ont acquis les connaissances nécessaires pour dire avec méthode ce qu'il ne faut pas dire, comme d'ailleurs les sondeurs et les autres acteurs médiatiques.

 

En résumé, du côté occidental, soumis à l'impérialisme américain, la guerre en Ukraine serait à imputer presqu'exclusivement à la Russie de Vladimir Poutine, président belliqueux qui aurait lancé cette offensive militaire parce que c'est un dictateur mégalomane qui veut reformer la Grande Russie. Tandis que du côté russe, l'expansion de l'OTAN (sous tutelle américaine) toujours plus à l'Est est perçue comme une menace. Le spectre d'une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN fut pour ainsi dire la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, déclenchant cette guerre "préventive". En effet, le lien historique qui unit le peuple russe et ukrainien, ajouté au souvenir humiliant de la Russie post-soviétique qui, sous Eltsine, s'était ouverte au libre marché et s'était vue pillée par des vautours yankees et les fameux oligarques – sans parler de l'intervention militaire de l'OTAN contre la Serbie et des désastreuses guerres américaines de ces dernières décennies – font que les Russes, ou du moins leurs dirigeants, voient plutôt d'un mauvais œil ce déploiement "pacifique" de l'OTAN. Qui pourrait les en blâmer ? Les promesses de non-agression ne suffisent pas toujours à lever les suspicions, surtout quand des bases militaires sont installées en parallèle. Si vis pacem, para bellum…

 

Quoiqu'il en soit, d'un côté comme de l'autre, tous se gardent bien de nommer le vrai responsable de cette guerre comme des autres : le pouvoir. Et tandis que des prolétaires et sous-prolétaires s'entre-tuent sur ordre des gouvernants, ces derniers, eux, s'entretiennent. Comme d'habitude, la classe dépossédée croit défendre sa patrie alors qu'elle ne fait en réalité rien d'autre que défendre un État, un système, donc les intérêts de la classe possédante. Les uns se sacrifient pour Poutine et les oligarques russes, et les autres pour les ploutocrates occidentaux.

 

Rien de nouveau sous le soleil. Nous répétons juste ce que beaucoup de vrais "experts" ont déjà dévoilé bien avant nous. Et parmi eux, l'un des plus sages et illustres : notre frère Léon Tolstoï. Ce dernier est d'autant plus qualifié que tous ces experts attitrés qu'il était issu de la classe possédante et qu'il fut même un temps sous-officier dans l'armée russe. Un homme qui, après être devenu chrétien, parla selon la vérité. Voici quelques extraits de ce qu'il a écrit* :

 

"Le fondement du pouvoir est la violence physique ; et la possibilité de faire subir aux hommes une violence physique est due surtout à des individus mal organisés de telle façon qu'ils agissent à l'unisson tout en se soumettant à une seule volonté. Ces réunions d'individus armés qui obéissent à une seule volonté forment l'armée…"

 

"Pour acquérir le pouvoir et le conserver, il faut aimer le pouvoir. Et l'ambition ne s'accorde pas avec la bonté, mais au contraire avec l'orgueil, la ruse, la cruauté. Sans l'exaltation de soi-même et l'humiliation d'autrui, sans l'hypocrisie et la fourberie, sans les prisons, les forteresses, les exécutions, les assassinats, aucun État ne peut naître ni se maintenir."

 

"Dominer veut dire violenter, violenter veut dire faire ce que ne veut pas celui sur lequel est commise la violence et certes ce que ne voudrait pas supporter celui qui la commet ; par conséquent, être au pouvoir veut dire faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît, c'est-à-dire faire du mal…"

 

"Qui force ces paysans, pris hier à la charrue et accoutrés de vêtements disgracieux et inconvenants avec le collet bleu et les boutons dorés, à aller armés de fusils et de sabres, assassiner leurs pères et leurs frères…?"

 

"Toutes ces actions comme celles de tous les tyrans… ne s'expliquent que parce qu'ils sont enivrés par la puissance que leur donne la soumission d'hommes prêts à accomplir tous leurs ordres et qu'ils sentent derrière eux. Toute la force réside donc dans les hommes qui accomplissent de leurs mains les actes de violence, dans les hommes qui servent dans la police, dans l'armée… "

 

Et de conclure : "L'unique sens de la vie est de servir l'humanité en concourant à l'établissement du règne de Dieu, ce qui ne peut se faire que par la reconnaissance et la profession de la vérité par chacun des hommes."

 

*L. Tolstoï, Le Royaume de Dieu est en vous

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist ; Propriété, État, Banque, Capitalisme ; Révolution et Christocratie


« Le gouvernement, c'est la guerre civile »

fév. 2022

Au XIXe siècle, les premiers anarchistes, sensiblement différents des guignols d'aujourd'hui, avaient une vision assez claire des choses. Pour eux, ce n'était pas l'absence de gouvernement, c'est-à-dire l'anarchie qui était source de désordre, mais bien plutôt le gouvernement lui-même. Dans son Manifeste de l'Anarchie, Anselme Bellegarrigue écrivit que "l'anarchie c'est l'ordre" et la "négation du gouvernement", gouvernement qui est quant à lui "négation du peuple" et "guerre civile". Peu avant lui, Proudhon, le premier à s'être ouvertement qualifié d'anarchiste, tout en précisant qu'il était "très ami de l'ordre", avait écrit que la "liberté est anarchie", qu'elle refuse le gouvernement de la volonté, tout en reconnaissant l'autorité de la loi. Reste bien sûr à savoir quelle loi pourrait faire autorité, mais c'est un autre sujet.

 

Le gouvernement, donc, c'est la guerre et le désordre. Inversement, l'absence de gouvernement pourrait créer un ordre meilleur, pour autant bien sûr que les humains réussissent à dépasser le stade primitif et infantile de la volonté de puissance, de l'intérêt personnel, au profit de la solidarité et de l'intérêt général. Cela peut sembler un peu naïf, mais c'était en tout cas le pari des anarchistes: croire que l'humanité, si imparfaite soit-elle, pourrait un jour devenir plus mature. Naturellement, la classe dominante n'allait pas laisser de telles idées contagieuses se répandre au sein des populations sans réagir. Il fallait "vacciner" les esprits contre de telles pensées. Et progressivement, à force de propagandes d'État et de phagocytage des mouvements anarchistes par des sociaux-démocrates et des libéraux-libertaires (féministes, pro-avortement, pro-homosexualité, etc.), le mot anarchie deviendra synonyme de chaos et d'anomie. La classe dominante gagna ainsi la guerre des idées, et le gouvernement resta aux yeux du peuple le seul garant de l'ordre public. Si bien qu'un peuple sans autorité serait comme un enfant orphelin. Le clivage ou l'alternance gauche-droite représenterait alors papa et maman qui se disputent pour le bien de l'enfant, c'est-à-dire du peuple. Celui-ci se dirigeant tantôt plus vers maman, tantôt plus vers papa, et parfois entre les deux (centre). La démocratie permettrait à l'enfant de donner son point de vue sur les débats et les propositions de papa et maman. Voilà la famille bourgeoise "idéale" que l'anarchisme risquait de briser.

 

Pourtant, le narratif de l'autorité garante de l'ordre perd de sa valeur lorsqu'on la mesure à l'aune de l'histoire. Car jusqu'à preuve du contraire, pratiquement toutes les guerres, les injustices, les inégalités, tous les désastres humains, sociaux, environnementaux se sont produits dans des pays ou entre pays gouvernés, ou du moins en passe de l'être. Il en va de même de la division des peuples, d'où cette antique maxime : "Divide ut regnes". Dès lors, est-ce le gouvernement ou l'absence de gouvernement qui est responsable du désordre ? La question mérite d'être posée. Pour nous, la réponse est assez claire, et chaque jour qui passe nous en donne la confirmation. Lorsqu'un président-banquier déclare ouvertement que sa politique est d'emmerder une partie du peuple qui refuse quelque part le nouveau "droit de cuissage" de Big Pharma et l'ausweis technologique, on se dit que les anarchistes du XIXe siècle avaient raison. Et bien sûr, avant eux, les chrétiens radicaux comme Müntzer et tant d'autres. Ainsi, d'où que la vérité vienne, ce qui est vrai est vrai. Nous pouvons donc dire avec Proudhon :

 

"Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !… Ô personnalité humaine ! se peut-il que pendant soixante siècles tu aies croupi dans cette abjection !"  

 

Cependant, si les anarchistes "laïques" ont eu le mérite de voir les effets pervers du gouvernement humain, de la classe dominante écrasant la classe dominée, et de s'élever contre ces injustices, ils en ont souvent ignoré les causes. De sorte que leur vision fut borgne. Car la principale cause de ces phénomènes vient évidemment de la négation de Dieu, de son Règne, de ses lois fondamentales, et donc du rejet du seul Médiateur entre Dieu et l'humain, à savoir le Souverain Prophète et Roi-Sacrificateur Jésus-Christ. Or, si cette cause est normalement connue des chrétiens, il faut ajouter que, dans les faits, la plupart d'entre eux n'ont souvent reconnu Jésus que comme sacrificateur et victime expiatoire, et très rarement comme Roi. Pire, en prônant systématiquement la soumission aux autorités, ils ont généralement foulé aux pieds sa dignité de Roi. De sorte que leur vision fut également borgne.

 

En conséquence, l'anarchisme chrétien, loin d'être l'expression de deux mots antinomiques, est plutôt comme deux yeux qui nous permettent de mieux voir les choses. Voir signifie regarder mais aussi comprendre. L'œil, en hébreu ayin (qui est aussi la seizième lettre de l'alphabet, de valeur numérique 70), symbolise le discernement, la sagesse. L'œil droit évoque plutôt la spiritualité, la pensée ; l'œil gauche, la matérialité, la différenciation. Et les deux sont complémentaires. Il y a donc une dialectique, comme lorsque le Maître dit (Mt X, 16) : "Soyez donc prudents comme les serpents et purs comme les colombes."

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist ; Propriété, État, Banque, Capitalisme


L'intelligence du cœur et l'intelligence du cerveau

janv. 2022

Selon la Bible, l'organe associé à l'intelligence n'est pas le cerveau mais le cœur, organe moral, siège de la vie intérieure, des pensées et des sentiments. Tandis que le mot "cerveau" n'apparaît pas littéralement dans les Écritures, quoiqu'il soit bien sûr sous-entendu derrière les mots "tête" ou "crâne", lesquels symbolisent plutôt la hauteur, le chef (d'où notre mot "couvre-chef"), et la mort. Cela s'explique peut-être par le fait que le cerveau est plus calculateur, accumule et transmet les données (connaissance objective), mais qu'il revient symboliquement au "cœur" (c'est-à-dire à l'âme subsistante) de juger ce qui lui convient, de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal.

 

La plupart des individus modernes souffrent d'une terrible carence d'intelligence du cœur et c'est pourquoi nos sociétés sont aussi malades et immorales, et que l'amour est souvent intéressé ou vénal.

 

D'une certaine manière, on peut comparer le cerveau à la science, à la connaissance ou à la raison humaine, et le cœur à la sagesse. Or la sagesse est toujours supérieure. De fait, pour la pensée chrétienne, un enfant ou un handicapé mental qui aime le Seigneur, quoiqu'il ne connusse que les vérités élémentaires, est plus intelligent que n'importe quel scientifique athée. Car pour la Bible, la véritable intelligence ou la vraie science est inséparable de la sagesse, d'où le fait qu'il est dit tantôt que la crainte de Dieu (ou en langage moderne "le respect de Dieu") est le commencement de la sagesse, tantôt qu'elle est le commencement de la science (Ps CXI, 10 ; Pr I, 7).

 

Et si aujourd'hui certaines machines peuvent déjà dépasser l'intelligence du cerveau, elles ne pourront jamais posséder la moindre intelligence du cœur. Car elles n'ont point d'âme ni d'esprit. Cependant, le problème majeur de notre temps vient du fait que l'intelligence du cerveau a complètement supplanté l'intelligence du cœur. L'homme a ainsi créé des machines plus "intelligentes" que lui (au sens du cerveau), tout en devenant lui-même de plus en plus machinal. Dès lors, l'humain devient l'instrument de ses instruments. Ainsi la nouvelle religion, nous l'avons dit plusieurs fois, est la technolâtrie, le techno-scientisme, ou plus précisément le techno-capitalisme, puisque la course au profit reste encore l'un des vecteurs du système technicien. Ce qui explique la réification de l'être humain, la procréation artificielle, la numérisation tous azimuts, la surveillance de masse, la course à l'intelligence artificielle, le transhumanisme, etc.

 

Les militants politiques occidentaux, de gauche comme de droite, se trompent lourdement en croyant que les plus grands défis de notre siècle sont le "grand remplacement" d'une population par une autre, le grand déclassement ou même le dérèglement climatique. Sans nier certains de ces problèmes, ils sont en réalité secondaires par rapport à la grande déshumanisation qui s'opère sous nos yeux, c'est-à-dire au "grand remplacement" de l'homme par la machine, à son mimétisme, à son assujettissement au sein du milieu technicien. Et la cause de ce problème découle du remplacement de l'intelligence du cœur par l'intelligence du cerveau, autrement dit de la science livrée à elle-même remplaçant la sagesse. De sorte que toutes nos sociétés s'orientent vers le modèle chinois, qui est actuellement le système technicien le plus abouti.

 

Le grand défi de notre temps sera donc de retrouver l'intelligence du cœur pour briser cette dynamique délétère qui nous confine toujours plus dans ce totalitarisme technicien et dans une immoralité hypertrophique. Alors les autres problèmes se résoudront. Mais évidemment, l'intelligence du cœur ne saurait venir sans un réel repentir, sans une conversion, sans un retour à la Source de la sagesse et de l'amour qui, seule, pourra durablement nous délivrer des mauvais pasteurs, du troupeau des esclaves zombiesques, et du joug du péché. Puissiez-vous prendre aujourd'hui cette bonne résolution.

 

Voir aussi :  Science ; Système technicien et technolâtrie ; Covid-19


Vaccinez votre âme !

nov./déc. 2021

Vous nous avez peut-être déjà croisé en ville ou en forêt à vous tendre un de ces tracts de notre campagne de "vaccination" de l'âme. Vous nous avez snobé, souri, moqué, ou vous vous êtes mis dans une grande colère ; ou au contraire, vous avez pris ce tract et son contenu vous a touché. Quelle que fût votre réaction, sachez que ce message vient du Seigneur pour sauver votre âme. C'est l'évangile présenté succinctement, avec des termes d'actualité. Autrement dit, c'est la base, le premier stade de la foi chrétienne. Si vous êtes déjà chrétien, participez également à cette campagne de "vaccination" de l'âme en téléchargeant le PDF ci-dessous, en l'imprimant (format A5) et en le distribuant autour de vous. Car "celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés." (Ja V, 20)

 

Télécharger
Vaccinez votre âme.pdf
Document Adobe Acrobat 67.9 KB

La Bête et les bêtes

oct. 2021

Ce qui se passe actuellement avec la vaccination ou thérapie génique et le passe sanitaire (ou certificat covid) ressemble à certains égards à la marque de la Bête (Apocalypse XIII). C'est du moins une ressemblance typologique, c'est-à-dire un type ou une préfiguration de la marque de la Bête. Et ce n'est pas la première fois dans l'histoire. Il y a eu par exemple la marque des esclaves dans l'empire romain et plus récemment l'imposition de la carte d'identité avec photographie, la carte bancaire quasi obligatoire, et le passeport biométrique, entre autres. Ce sont là des types de marque de la Bête, comme il y a des types d'antichrist avant la possible synthèse finale, c'est-à-dire avant l'accumulation des imperfections et du mal, le fameux 666. Nous disons possible, car la fin des temps peut arriver n'importe quand, ou peut être repoussée (les prophéties négatives n'étant pas inéluctables).

 

Cependant, force est de constater qu'aujourd'hui plus que hier, la majorité des gens sont prêts. Prêts à être traités comme du bétail, puisqu'ils ont eux-mêmes accepté de devenir des bêtes. Et justement, pour que la Bête domine, il faut qu'il y ait une majorité d'hommes et de femmes réduits à leur animalité. Car les États et les puissances ne pourraient pas vraiment incarner la Bête sans une majorité de sujets bestiaux.

 

Ce que nous venons de dire peut paraître choquant, mais il faut se souvenir que l'humain a effectivement une partie animale en lui. Il ne s'en distingue que par sa partie spirituelle. Or, puisque la majorité a accepté la conception purement matérialiste et techniciste de l'humain, au lieu de la conception biblique et ternaire (corps, âme, esprit), ou même dualiste (corps et âme), il n'est pas étonnant que la plupart des gens ressemblent à ce qu'ils croient être : des animaux ou des machines.

 

Bien entendu, les choses sont toujours plus nuancées. Car il y a des personnes prétendument "spirituelles" qui se comportent de manière purement animale ou machinale, et d'autres plutôt fermées à la spiritualité qui se comportent de manière plus spirituelle. Nous le voyons aujourd'hui. En effet, parmi les personnes qui résistent à la politique pseudo-sanitaire, beaucoup n'ont aucune connaissance biblique. Pourtant ils ressentent quand même plus ou moins cette concentration de mal. Tandis que d'autres personnes qui se disent chrétiennes et qui connaissent un peu la Bible se laissent porter par la vague totalitaire. C'est assez paradoxal, mais ce n'est pas la première fois. Souvenons-nous qu'il y avait relativement peu de chrétiens parmi les résistants au nazisme et au fascisme, tandis que les anarchistes, les communistes ou même les patriotes (dans les pays occupés) étaient plus nombreux.

 

Mais aujourd'hui, d'où vient cette méfiance, voire cette résistance alors que les castes techno-scientiste et politico-médiatique nous jurent que la vaccination est seulement là pour "notre bien et celui des plus fragiles" ? Les antivax et les anti-passe-sanitaire seraient-ils des égoïstes comme la propagande le dit ? La vérité est inverse. L'égoïste est précisément celui qui est prêt à recevoir ses doses sans réfléchir, juste pour obtenir le fameux sésame qui lui ouvrira les portes des cafés, des restaurants, des discothèques, des musées, et des avions pour voyager. C'est ici l'attitude servile et animale : celle qui consiste à fermer les yeux pour faire le lit de la tyrannie. Cependant, nous ne rangeons pas forcément dans cette catégorie toutes les personnes qui ont réellement peur à cause de problèmes de santé (au point d'accepter un traitement en phase d'essai) ni celles qui l'ont fait à contrecœur parce qu'elles risquaient de perdre leur emploi, leur revenu, et donc de ne plus pouvoir couvrir leurs besoins élémentaires (nourriture, logement, etc.). Cette attitude, quoiqu'elle soit aussi fâcheuse, n'est pas aussi animale que celle des vaccinés de loisir.

 

Reste que les résistants ont parfaitement raison et ne sont nullement égoïstes. Car il y a clairement une concentration de mal venant des prétendus vaccins contre le covid et du passe sanitaire. Des prétendus vaccins d'abord, parce que la plupart de ceux qui sont actuellement sur le marché (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, etc.) ont utilisé des cellules de fœtus humains avortés dans l’une ou l’autre phase de leur élaboration. Or l'homicide prénatal est une violation du sixième commandement ("tu ne tueras pas"). En effet, ce commandement concerne spécialement le "sang innocent", c'est-à-dire le sang d'un être humain qui n'a rien fait pour mériter qu'un autre lui enlève la vie (cf. Ex XX, 13 ; XXIII, 7 ; De XIX, 10). Dieu seul peut la retirer. Et si la sainte Loi est flexible en ce qui concerne les cas de légitime défense (puisqu'il existait même des peines de mort pour un certain type de crimes), elle est toujours inflexible en ce qui concerne le sang innocent. De sorte qu'accepter volontairement de se faire injecter l'un de ces funestes produits revient quelque part à se faire complice du mal. Les casuistes hypocrites auront beau essayer de dire le contraire, la vérité triomphera toujours de leurs vaines arguties. Aussi l'ignorance n'est pas une excuse.

 

D'après une tradition juive bibliquement fondée, lorsqu'on avorte d'un enfant ou même qu'on tente d'avorter, la neshamah (âme) qui devait venir au monde va tenter de se venger. C'est-à-dire qu'il y a un potentiel d'énergie négative qui vient autour de la personne qui a avorté et, par extension, de toutes celles qui ont participé de près ou de loin à l'homicide prénatal. Le sang crie jusqu'au ciel, un peu comme lorsque Caïn tua Abel. Or le texte biblique relatif à cet épisode dit littéralement (Ge IV, 10) : "La voix des sangs de ton frère" (kol demé ahîkha). Et ce pluriel semble signifier que c'est le sang d'Abel et celui de ses descendants potentiels qui ont crié vers Dieu. Cette voix réclamait apparemment vengeance, c'est-à-dire justice. Il en va de même lors d'un avortement.

 

En conséquence, il y a vraiment une concentration de mal dans ces vaccins. D'autant qu'il y aurait aussi, paraît-il, des nanoparticules lipidiques (LNP). Le mal s'accentue également en raison de la cupidité de tous ceux qui gagnent de l'argent avec ces produits malfaisants, et surtout à cause des mesures coercitives qui sont prises pour forcer les gens à se faire injecter, notamment par le moyen de ce passe sanitaire. Passe de la honte qui instaure une réelle discrimination et prélude une sorte de crédit social à la chinoise. Tout cela est donc bien antichrist.

 

Mais tandis qu'une véritable ségrégation est instaurée sous nos yeux, les bêtes suisses (et c'est un euphémisme !) viennent de voter massivement pour mettre fin à une discrimination qui n'en est pas une. À savoir pour que les couples homosexuels puissent se marier afin d'accéder légalement au marché répugnant de la procréation artificielle de l'humain. Le mariage pour tous, c'est l'enfant pour tous. C'est l'extension de la chosification et de la marchandisation de l'être humain. Pratique qui était bien sûr déjà démoniaque pour les couples hétérosexuels (infertiles). Mais voilà l'abomination redoublée.

 

Bref, tout nous montre que le mal progresse de tous les côtés. La Bête immonde prend ainsi de l'ampleur parce qu'elle est nourrie par des peuples bestiaux. La Bible nous révèle d'ailleurs que la Bête monte de la mer, et la mer symbolise vraisemblablement les peuples (Ap XIII, 1). L'autre Bête, qui monte de la terre et qui est déjà établie au service de la première Bête, symbolise entre autres la propagande, la police, la technique, ainsi que les fausses religions et les fausses Églises, puisqu'elle est aussi appelée "faux prophète" (Ap XIII, 11-16 ; XVI, 13). Fausses Églises qui depuis des siècles enseignent la soumission à la Bête et combattent la véritable Église et les partisans du Royaume de Dieu.

 

En définitive, et pour mieux cerner ce qui est en train de se passer actuellement, il est indispensable de bien comprendre que la bestialité ou la possession démoniaque découle directement de la civilisation technicienne et de la technolâtrie. Si bien que le mot "bête" devient presque désuet : les mots "machine", "robot" ou "automate" seraient plus appropriés. Car une machine peut être pire que la pire des bêtes sauvages, non seulement à cause de sa capacité de nuisance, mais aussi parce qu'elle n'a aucune espèce de sensibilité. Par conséquent, résister à la Bête "machine" est non seulement un devoir religieux mais aussi un devoir humain.

 

Voir aussi : Regard sur l'Apocalypse ; Le système antichrist ; Covid-19 ; Effondrement moral ; Système technicien et technolâtrie


Anarchisme chrétien : Piotr de Goniądz (v. 1525-1573) et Marcin Czechowic (v. 1532-1613)

septembre 2021

À l'heure où l'inquisition techno-sanitaire s'apparente de plus en plus à celle de l'Église romaine d'autrefois ; à l'heure où les hétérodoxes sont poursuivis et discriminés sous le nom de complotistes ; à l'heure où le faux prophète qui siège au Vatican tient le même discours que la Bête immonde ; à l'heure où les hédonistes (la majorité) sont prêts à se faire esclaves et à vendre leur âme pour espérer jouir encore quelques années dans leur corps de mort… bref, à cette heure particulière qui nous rappelle les heures les plus sombres de l'histoire, il est bon de se souvenir des hétérodoxes du passé qui ont osé transgresser la doxa dominante pour penser librement et se rapprocher de la vérité. Les théologiens polonais Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de cette minorité d'hommes qui méritent le nom d'hommes et le beau nom de chrétiens. Car il n'est d'hommes que ceux qui refusent d'être réduits à leur animalité, et il n'est de chrétiens que ceux qui préfèrent suivre le Christ plutôt que les autorités.

 

Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic sont des théologiens polonais, pionniers du mouvement anabaptiste unitarien en Pologne-Lituanie.

 

Au XVIe siècle, alors que les réformés radicaux étaient persécutés un peu partout, aussi bien par les catholiques que les protestants, la Pologne était devenue une terre d'asile pour de nombreux chrétiens hétérodoxes, en raison de la tolérance religieuse du roi Sigismond II (1548-1572). Ceci favorisa l'émergence et le développement des idées de la réforme radicale en Pologne et en Lituanie (après l'union des Deux Nations en 1569). C'est donc là que se constituèrent les premières communautés antitrinitaires, et, dans une moindre mesure, en Transylvanie et en Moravie.

 

Si les théologiens antitrinitaires – c'est-à-dire ceux qui rejettent le dogme d'un Dieu unique en trois Personnes distinctes et consubstantielles – furent relativement nombreux dans l'histoire, peu d'entre eux ont articulé le rejet du dogme de la Trinité, la recherche d'une explication de l'Unité Divine et des Trois Noms (Père, Fils, Saint-Esprit) plus proche de la lettre des Écritures, avec les considérations politico-sociales du christianisme primitif et le rejet du pédobaptisme. Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de ces rares hommes qui ont fait ce travail remarquable pour tenter de retrouver l'esprit du christianisme primitif, autrement dit du judéo-christianisme. Les Bracia polscy ("frères polonais") des premiers temps de l'Église mineure étaient sur cette ligne théologique. Lire la suite…


Révolution ou tyrannie

août 2021

L'histoire nous enseigne que tout pouvoir politique est par essence tyrannique, quel que soit le régime sous lequel il se cache. Et s'il est par moment modérément autoritaire, respectant certaines libertés des sujets, il évoluera tôt ou tard en tyrannie, proportionnellement au degré de servilité d'un peuple. N'en déplaise aux progressistes, tout progrès n'est pas forcément souhaitable. Demandez donc à un malade ce qu'il pense du progrès de sa maladie. Or, le pouvoir de l'homme sur l'homme ou de la machine sur l'homme est une maladie maligne. En effet, le virus de la couronne a toujours fait bien plus de dégâts que n'importe quel autre virus, si bien que s'il fallait se prémunir contre une maladie, il faudrait commencer par trouver un remède contre le pouvoir.

 

Ce qu'on appelle révolution fut le moyen trouvé par les anciens pour stopper le progrès de cette maladie du pouvoir. La Révolution française de 1789 en fut un illustre exemple. Elle mit fin à l'Ancien Régime, c'est-à-dire à cette odieuse monarchie absolue qui se disait de "droit divin" pour mieux légitimer son droit d'exploiter les hommes du tiers état (soit la majorité de la population). L'aristocratie avait pratiquement tous les droits sur ce cheptel humain, y compris parfois le droit de cuissage.

 

La naissance de la Suisse fut aussi consécutive à une sorte de révolution, quoi qu'en disent les historiens bourgeois. C'est d'ailleurs probablement à dessein que la date du premier août 1291 a été choisie comme point de départ de la Confédération. Car le pacte qui fut signé à ce moment-là est nettement moins subversif que la conjuration menée par les confédérés en novembre 1307 (ou peu avant), sur la prairie du Grütli. Pourtant, d'après les sources anciennes, c'est bien lors d'une réunion secrète que les confédérés auraient juré de se libérer du joug des Habsbourg. Et c'est suite à cela qu'ils auraient détruit des châteaux et que les Schwytzois, après une excommunication jugée arbitraire, attaquèrent l'abbaye d'Einsiedeln qui se trouvait sous la tutelle des Habsbourg. Puis que ces mêmes confédérés, pour la plupart paysans et sans expérience militaire, écrasèrent l'armée du duc Léopold Ier  d'Autriche, lors de la bataille de Morgarten (1315). Incontestablement, la Suisse est née d'une sorte de jacquerie teintée d'idéaux chrétiens, d'où la croix blanche sur fond rouge qui apparaîtra comme étendard suisse à partir de la bataille de Laupen (1339).

 

Hélas, les révolutions sont souvent des palliatifs qui atténuent les symptômes de la maladie du pouvoir, sans agir sur sa cause. De sorte que la tyrannie revient souvent au galop. La révolution, comme son étymologie l'indique, devient alors un retour en arrière. En France, comme dans pratiquement tous les pays, l'aristocratie a été remplacée par la bourgeoisie, et le servage par le salariat. Louis XVI et sa cour sont aujourd'hui habillés en costume deux pièces et se disent républicains. Ils n'ont peut-être pas le droit de cuissage (encore que), mais peuvent décider d'un coup de tête d'enfermer tous les hommes du tiers état, de les contraindre à s'injecter une dose d'un produit douteux, et de pourrir la vie de ceux qui n'en voudraient pas. Ils s'arrogent ainsi un droit sur les corps, comme les nobles d'autrefois.

 

En Suisse, les Habsbourg ne viennent plus d'Autriche et ne portent plus le nom de cette dynastie, mais l'esprit habsbourgeois s'est néanmoins perpétué au sein de la classe possédante, laquelle se couvre désormais des oripeaux de la démocratie semi-directe pour mieux asseoir son pouvoir.

 

Voilà donc en gros ce qu'est le progrès des progressistes : une même logique, un même ordre, mais une domination plus subtile sous des noms différents. Évidemment, la majorité d'un peuple qui consent à rester esclave participe au statu quo politique ; la majorité hédoniste qui se satisfait des pains et des jeux contribue à la tyrannie. Ainsi la minorité consciente a au moins deux ennemis politiques redoutables : les maîtres et les esclaves consentant (ou ignorant).

 

Mais il y a un troisième ennemi qui peut s'avérer encore bien plus redoutable : soi-même. Le combat contre soi-même est le premier et le plus important combat à mener, car c'est à l'intérieur de chacun de nous que naissent à la fois la volonté de puissance ou l'orgueil et la lâcheté ou l'acédie. Ainsi la tyrannie du péché peut asservir notre âme d'une manière bien plus funeste que la tyrannie politique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les révolutions ont toujours fini par être un retour en arrière. Toutefois, en acceptant le goel Jésus-Christ et son sacrifice expiatoire pour le salut, et en suivant son chemin, la tyrannie du péché n'a plus le pouvoir de tuer notre âme ; et ainsi la foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la sagesse, la tempérance et le courage peuvent détrôner la volonté de puissance, l'orgueil, la lâcheté, l'avarice, l'indifférence, etc. Et d'une manière analogue, ce qui se passe pour l'individu peut être transposé au corps social. Plus nous aimerons le Saint (béni soit-il !), plus nous reconnaîtrons sa Loi comme seule législation, plus nous œuvrerons pour son Règne, plus nous avancerons vers la terre promise et plus la tyrannie s'éloignera de nous.

 

Cependant, qui ne veut pas avancer vers la Christocratie devra se contenter de rester dans le désert de la tyrannie.

 

Voir aussi : Révolution et Christocratie


La parabole du tournoi de foot

juillet 2021

Il y a bien longtemps, des hommes trouvèrent un terrain abandonné et en friche. Après l'avoir défriché, ils confectionnèrent quelques ballons et se mirent  à jouer régulièrement au foot, tous ensemble. Les matchs restaient amicaux et il n'y avait pas vraiment de compétition. Chacun prenait soin du terrain et s'en sentait responsable, car tous en profitaient. Mais un jour, quelques-uns des plus avides et roublards d'entre eux prétendirent que ce terrain leur appartenait. La plupart de ceux qui avaient pris l'habitude de jouer sans réfléchir les crurent. Mais quelques autres, qui connaissaient encore l'histoire de ce terrain, s'y opposèrent. Alors les hommes déterminés à le posséder s'en emparèrent avec violence, dans le silence complice de la majorité. C'est ainsi qu'ils en devinrent propriétaires.

 

Désormais, tous ceux qui voulaient jouer sur ce terrain devaient leur payer une taxe et donc travailler pour eux. Eux, c'était l'équipe des jaunes. Cette dernière organisa ensuite un tournoi de foot mixte avec ses propres règles du jeu. Des règles censément honnêtes et égalitaires qui devaient permettre à la meilleure équipe de remporter tout ou partie du terrain, ou aux meilleurs joueurs de rejoindre l'élite, c'est-à-dire l'équipe des jaunes. Au début, deux autres équipes se formèrent : l'équipe des rouges et l'équipe des bleus. Tout le monde partait à égalité, sauf, évidemment, l'équipe des jaunes, qui avait 10 points d'avance, puisqu'elle jouait à domicile. C'était aussi la seule équipe professionnelle, car les membres des autres équipes jouaient à côté de leur travail. Cependant, tout le monde en convenait. "Que le meilleur gagne !", disait-on.

 

Au fil des matchs et contre toute attente, les rouges et les bleus commencèrent à gagner quelques points, et ce malgré le fait que leurs meilleurs éléments les quittaient pour rejoindre l'équipe des jaunes. Se sentant menacée, cette dernière se mit alors à soudoyer les arbitres et les juges de touche (qu'elle avait pourtant elle-même placés), de telle sorte que de plus en plus de fautes étaient sifflées et que les cartons rouges pleuvaient. Cependant, les matchs truqués commençaient à se voir de plus en plus et cela déplut au public. Des rumeurs de trucage circulaient un peu partout. Les journalistes avaient beau essayer de les démentir, en répétant que toutes ces fautes sifflées et tous ces cartons rouges étaient justifiés, mais rien n'y faisait. Le public restait dubitatif, car il trouvait curieux que ces fautes et ces cartons profitassent toujours à la même équipe.

 

Face au scepticisme grandissant du public, l'équipe des jaunes fut poussée dans ses retranchements. C'est alors qu'elle trouva une parade ingénieuse pour éclipser ces rumeurs embarrassantes, tout en cassant la dynamique des équipes adverses. Avec l'aide des médias, elle mit les projecteurs sur d'autres problèmes, par exemple les différentes discriminations – réelles ou fictives – qui sévissaient dans les équipes, ainsi que leur responsabilité commune dans la dégradation du terrain, nécessitant par conséquent des réformes et de nouvelles taxes. Tout cela créa des disputes et des divisions au sein des équipes adverses, si bien qu'il se forma de nouvelles équipes,  notamment : l'équipe des bruns, l'équipe des verts, l'équipe des roses et l'équipe des arcs-en-ciel. Divisés comme jamais, l'équipe des rouges et l'équipe des bleus ne gagnaient plus aucun match, d'autant que leurs meilleurs éléments partaient toujours pour rejoindre l'équipe des jaunes. En outre, pour prévenir un possible retour en force de ces équipes, les jaunes firent installer des caméras de surveillance dans les vestiaires, officiellement pour lutter contre les vols.

 

Ainsi les jaunes réussirent à garder leur titre et regagner le cœur du public qui, comme un seul homme, chantait à nouveau ses louanges…

 

Voir aussi : Propriété, État, Banque, Capitalisme


Justice préventive, ou la nouvelle mesure techno-fasciste pour la "paix" et la "sécurité"

juin 2021

Imaginez que vous soyez un jour inculpé, inspecté, toisé, confiné, assigné à résidence, voire mis en détention provisoire sans que vous n'ayez commis la moindre infraction. Sans doute clameriez-vous d'abord votre innocence et répéteriez-vous qu'il y a erreur sur la personne. Mais que penseriez-vous si l'on vous disait que vous êtes coupable de devenir un criminel ? que les algorithmes de la machine sont formels et que cela a été confirmé par la police fédérale ; que même si vous n'avez commis aucun crime, vous pourriez très bien en commettre un. Car tout vous incrimine : vos centres d'intérêt, vos opinions religieuses et politiques, votre situation sociale, votre race, etc.

 

Vous croyez peut-être que cette introduction relève de la science-fiction ? Eh bien, détrompez-vous! Cette dystopie s'appelle "justice préventive" (ou prédictive) et elle est en passe de devenir une réalité dans nos démocraties technocratiques, à l'instar de la médecine préventive (d'où l'actuelle contrainte vaccinale par le moyen d'un passeport).

 

En Suisse, pas plus tard que le 13 juin prochain, le peuple devra se prononcer sur ce nouveau paradigme judiciaire, lequel ne lui sera bien sûr pas présenté en ces termes. Car en général, les lois scélérates sont toujours emballées de manière à convaincre une majorité d'électeurs déjà suffisamment formatée par la propagande pour suivre les recommandations de vote du CF et du Parlement, ou alors incapable de lire entre les lignes ou même de dépasser l'intitulé. De sorte que les lois scélérates sont souvent ratifiées par le peuple lui-même.

 

L'objet servant à introduire la justice préventive en Suisse s'intitule "loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme" (MPT). La majorité va donc très probablement mordre à l'hameçon, puisque dans l'opinion publique le mot "terrorisme" est étroitement lié aux attentats terroristes islamistes. Pourtant, au sens de cette loi, comme au sens de la "loi fédérale sur le renseignement" qui fut acceptée par le peuple en 2016, et qui permet de surveiller légalement à peu près tout le monde, la définition du terrorisme est beaucoup plus large : "les actions destinées à influencer ou à modifier l'ordre étatique", et même "la propagation de la crainte" peuvent être considérées comme des activités terroristes. Cette définition est donc assez inquiétante, d'autant que l'interprétation revient à la police fédérale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle plusieurs organisations suisses de défense des droits humains se sont constituées en comités référendaires – d'où le fait que l'objet est soumis en votation populaire.

 

L'enjeu est en effet énorme, mais le réveil des défenseurs des droits de l'homme est un peu tardif. Car si l'on comprend un peu la logique du système techno-capitaliste, cette évolution de la justice était prévisible. En effet, la substitution de la "présomption d'innocence" par la "présomption de culpabilité" se manifestait déjà par les dispositifs totalitaires comme la vidéosurveillance. De fait, le néo-fascisme était devenu clairement identifiable au moins à partir de l'USA Patriot Act de 2001. Car c'est là que l'empire a réellement commencé sa chasse aux terroristes tous azimuts, allant du réel criminel au simple lanceur d'alerte comme Julian Assange. Les États vassaux n'avaient plus qu'à suivre le pas.

 

Tout cela s'est bien sûr toujours développé au nom de la paix et de la sécurité, indépendamment du fait que ces notions sont détournées. Car chacun sait ou devrait savoir que c'est d'abord l'État et l'industrie de l'armement qui forment le premier foyer de la guerre et de l'insécurité. Cependant, face au matraquage de la propagande sécuritaire, les quelques contradicteurs étaient souvent bien désarmés. Car pour les vulgaires, s'opposer aux mesures sécuritaires revient presque à tolérer le crime et l'insécurité.

 

Ainsi la Bête immonde étend-elle ses tentacules du contrôle et de l'asservissement grâce à ce type de discours. C'est pourquoi nous trouvons dans les Saintes Écritures cette parole prophétique (I Th V, 3) : "Quand les hommes diront : Paix et sécurité ! alors une ruine soudaine les surprendra…" Contextuellement, au premier niveau de lecture, ce passage fait référence à la mentalité de l'humanité de la fin des temps, c'est-à-dire de cette humanité corrompue qui aura commis tellement de péchés qui "crient vers le ciel" que le jour du Seigneur surviendra pour le jugement dernier. Dans le passé, l'humanité prédiluvienne et les gens de Sodome la préfiguraient.

 

Alors, sans forcément prétendre que nous vivons ces temps – puisque l'apocalypse est conditionnelle –, il est pour le moins intéressant de relever que les valeurs partagées par l'humanité apocalyptique sont curieusement les mêmes que celles que partagent la plupart de nos contemporains. En effet, les vulgaires veulent une paix et une sécurité à n'importe quel prix, quitte à devenir des paillassons, des épaves de servitude, des esclaves consentants, des animaux domestiques (darwinisme aidant !). À l'inverse, la conscience révolutionnaire et la soif de liberté naissent chez les hommes qui savent qu'ils ont une âme et qui ne voudraient la vendre pour rien au monde. Or, puisque ces derniers sont à même de comprendre l'imposture des discours de paix et de sécurité de Babylone, principale instigatrice de la guerre et de l'insécurité, il se pourrait bien qu'ils soient un jour poursuivis comme des criminels par cette justice préventive. Nous voilà prévenus !

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie ; Eskhatos ; Regard sur l'Apocalypse ; La Suisse de l'injustice


Retouche de l'article "anarchisme chrétien"

mai 2021

Sur ce site, il arrive assez fréquemment que nous complétions un article dès que nous en avons le temps et l'occasion. Car, comme un dessin, chacun de nos textes est d'abord un croquis qui devient ensuite une ébauche jamais vraiment achevée. Autrement dit, tout est toujours un premier jet. Pour ce mois-ci, nous avons retouché l'article sur l'anarchisme chrétien en y ajoutant notamment quelques figures emblématiques. Et parmi celles-ci, une figure dissidente du IVe siècle, puisque nous avons souvent répété que le christianisme a commencé à déchoir à partir de cette période… À découvrir ici.


« Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi » (Mc VII, 6)

avril 2021

Lorsque Jésus était sur terre, l'ancien territoire d'Israël se trouvait sous occupation romaine. Le pays était découpé en régions administratives entre la Judée, la Samarie, la Galilée, et les districts de Transjordanie. La société "israélienne" était elle-même fractionnée en diverses coteries politiques et religieuses. Il y avait notamment les hérodiens (partisans de la dynastie d'Hérode, nommé "roi des Juifs" par les Romains) ; les pharisiens (adeptes de la loi orale, à l’origine du Talmud) ; les sadducéens (aristocratie sacerdotale qui collaborait avec Rome, rejetait la loi orale, et niait l'immortalité de l'âme) ; les samaritains (communauté ethno-religieuse "métisse" qui ne reconnaissait que le texte du Pentateuque) ; et les zélotes (révolutionnaires juifs qui prônaient une résistance armée contre l’empire romain).

 

Sous un certain angle, cette société proche-orientale du premier siècle ressemble un peu à nos sociétés modernes. Nos nations sont sous la tutelle des impérialistes (États-Unis et Chine) et/ou des grandes puissances privées (multinationales diverses, firmes technologiques, etc.), et sont aussi extrêmement divisées sur le plan politique, philosophique, religieux, etc. Chacun a sa vérité et défend sa petite chapelle.

 

Or, Jésus est venu encore ajouter la division à la division (Mt X, 35). Une division potentiellement unifiante et salutaire, mais une division quand même. Ainsi remit-il pratiquement tout en question, tant sur le plan politique que religieux. Son message authentique et radical, spirituel et social, dérangea et dérange encore toutes les coteries. Les hérodiens, représentant plutôt la bourgeoisie et la droite politique, ne voulaient certainement pas d'un Messie préconisant l'égalité sociale, car ils craignaient de perdre leurs prérogatives ; les zélotes, représentant plutôt les partis révolutionnaires ou non-bourgeois, voulaient bien d'une révolution politique et sociale mais moins d'une révolution spirituelle ; les pharisiens, ces tenants de la loi orale et d'une lecture biblique allégorique, ne consentaient pas à abandonner une tradition qui leur conférait un statut d'exégètes ; les samaritains, secte "étrangère" et méprisée des autres, se complaisaient trop à cultiver leur différence ; et les sadducéens, représentant le haut clergé conservateur et littéraliste, craignaient de perdre leur position dominante et leurs privilèges en tant que membres de la caste sacerdotale. Enfin, l'empire romain, par l'intermédiaire de son préfet Ponce Pilate, tenait simplement à préserver la pax romana dans le territoire, mettant un point d'honneur à éviter tout trouble à l'ordre public. D'autant que la situation était déjà tendue.

 

Jésus a donc surtout recruté ses disciples dans le prolétariat et le sous-prolétariat. Parmi les douze apôtres, on sait qu'il y avait plusieurs marins-pêcheurs, un publicain repenti (Matthieu) et au moins un révolutionnaire politique (Simon le Zélote). On sait également que l'opposition la plus vive contre Jésus venait de l'élite religieuse. C'est d'ailleurs elle qui, par l'intermédiaire du sanhédrin (dont la plupart des sièges étaient occupés par des sadducéens), fit son procès. Cette petite caste avait préalablement pu compter sur le traître Judas, lequel avait vendu le Christ pour trente pièces d'argent. Cette même élite religieuse instrumentalisa ensuite une foule qui fit pression sur le préfet pour que Jésus soit crucifié. Et Ponce Pilate, par lâcheté politique, céda.

 

Mais pourquoi cette caste religieuse vouait-elle à Jésus une haine implacable ? Il y a bien sûr plusieurs réponses à cette question. L'une d'entre elles est que la religion était devenue un commerce comme un autre et que Jésus critiquait violemment les nantis et le mammonisme, c'est-à-dire une forme de pré-capitalisme. Et en particulier le mammonisme mélangé au sacré. Si bien qu'un jour il renversa même les étalages commerciaux dans le parvis du temple et en chassa les marchands (Mt XXI, 12-13). Or, en faisant cela, il s'attaquait quelque part à la religion partagée par la plupart des hommes.

 

En outre, il affirma que les personnes les plus méprisées de la société juive d'alors, à savoir les prostituées et les publicains, risquaient fort bien de dépasser l'élite religieuse. Car plusieurs d'entre eux s'étaient au moins reconnus pécheurs et s'étaient repentis (Mt XXI, 28-32). Plus scandaleux encore, Jésus dénonça à maintes reprises l'hypocrisie religieuse et annonça qu'Israël n'allait plus être le dépositaire du Royaume de Dieu, lequel serait donné à une autre "nation". Autrement dit que l'élection et la "judéité" ne seraient plus l'affaire d'une race, mais d'un état d'esprit et d'une disposition de cœur (cf. Mt III, 9 ; XXI, 42-46 ; Jn IV, 23 ; cp. Ro II, 29). Voilà entre autres les raisons qui motivèrent la crucifixion.

 

Gardons-nous cependant de croire que ce que Jésus a dénoncé au premier siècle n'est plus d'actualité dans un contexte non-juif. Ce serait là ne rien comprendre à la Parole vivante ni même à l'histoire, qui se répète bien souvent. D'ailleurs, à certains égards, le clergé chrétien est bien pire que le clergé juif d'autrefois, dans la mesure où celui-là prétend reconnaître le Christ et l'honorer tout en faisant l'exact inverse de son message.

 

Pour illustrer notre propos, supposons maintenant que Jésus vienne visiter les Églises modernes et qu'il y dénonce publiquement les riches, l'hypocrisie du clergé et des autres cagots ; qu'il renverse les étalages commerciaux, les idoles et les objets techniques ; qu'il traite le pape d'imposteur et condamne aussi les popes, les pasteurs, les théologiens orthodoxes, protestants, évangéliques, jéhovistes, etc. les accusant de mélanger le profane et le sacré ; qu'il jette l'anathème sur le mammonisme et la technolâtrie. Quelle serait alors la réaction de l'élite religieuse et des cagots en général ? Gageons qu'ils appelleraient immédiatement la soldatesque pour qu'elle arrête ce "sacrilège", cet "agitateur", ce "forcené". Ils ne réclameraient peut-être pas qu'il soit crucifié, car ce genre de condamnation n'est plus dans les mœurs d'aujourd'hui, mais leur esprit serait identique à celui des calotins du premier siècle.

 

Cette parole reste donc d'une affligeante actualité : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi."

 

À l'heure où l'on commémore la Passion et la Résurrection du Christ, il est bon de se souvenir que le vrai Jésus, celui des Évangiles, n'est pas ce personnage doucereux et mythologique que nous présentent les religions institutionnelles ; ce n'est pas non plus un leader de start-up, amateur de pop-rock, de développement personnel et de nouvelles technologies ; ce n'est pas davantage un adepte de régime végétarien, de New Age, de pensée positive et de yoga ; ce n'est pas non plus un partisan de l'État d'Israël ni au contraire un militant pro-palestinien ; ce n'est pas non plus un sympathisant des mouvements féministes et LGBTQ ; etc.

 

Non, le vrai Jésus des Évangiles n'est rien de tout cela. Il est en réalité trop clivant et trop révolutionnaire pour être admis au sein des coteries pseudo-chrétiennes. C'est la raison pour laquelle elles l'ont remplacé par un Jésus à leur image, un Jésus qui accepte la religion du commerce et le culte des technologies. Et c'est justement ce type de christianisme homodoxe et bourgeois qui a fait le lit de cette pseudo-fête de Pâques où l'argent règne et où se vendent les petits œufs et les lapins en chocolat. Une fête qui correspond mieux à leur véritable religion : une religion antichrist.

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist


Derrière le voile de la démocratie bourgeoise

mars 2021

Le 7 mars 2021 le peuple suisse est appelé à utiliser son hochet politique, à savoir son droit de vote. C'est un droit auquel les citoyens helvètes sont très attachés car il leur donne l'impression de faire l'histoire et d'être libres. C'est un droit d'autant plus intéressant pour la classe possédante qu'il lui fait l'effet d'être légitime. C'est donc, en apparence, gagnant-gagnant. Surtout que les objets soumis à la votation populaire passent d'abord par les filtres du pouvoir et qu'en plus les Suisses votent généralement comme il faut, c'est-à-dire selon les intérêts bourgeois. Tout semble donc rouler dans le pays d'Heidi. Le spectacle de la démocratie trouve encore son public, malgré le récent passage en force de la technologie 5G.

 

Ce mois-ci, la votation populaire est placée sous le signe identitaire, puisque deux des trois objets ont trait à cette question. Voyons cela de plus près.

 

Le premier objet concerne cette fameuse initiative d'extrême-droite (UDC) intitulée "oui à l'interdiction de se dissimuler le visage", visant particulièrement les quelques femmes musulmanes intégralement voilées dans notre pays. Pour le comité d'initiative, il s'agirait de lutter contre un islam radical mais aussi contre "les personnes qui se dissimulent le visage avec des visées criminelles et destructrices [sic]". Objet pour le moins cocasse à l'heure où le techno-scientisme nous somme de nous masquer un peu partout. Mais cette question serait de toute façon curieuse, car elle supposerait qu'il n'y a qu'une seule manière de s'habiller et que le voile intégral serait un signe d'oppression de la femme, tandis que les tenues lascives seraient l'expression de leur libération. Alors qu'il s'agit en réalité de deux aliénations.

 

Le deuxième objet porte sur cette sinistre pièce d'identité numérique que les technocrates veulent absolument mettre en place. Bien entendu, la question posée n'est pas : "Êtes-vous pour ou contre l'identité électronique ?", car celle-ci a déjà été décidée en amont par les firmes technologiques et les puissances d'argent qui tiennent les politiques, mais concerne plutôt ses modalités. À savoir si des entreprises privées pourront devenir des émetteurs de pièces d'identité ou si cela doit rester de la responsabilité de l'État. Naturellement, il vaut mieux refuser cet objet pour ne pas donner davantage de pouvoir aux entreprises privées en leur cédant nos données, mais la vraie question n'est pas là. Car même si pour l'heure on nous assure que l'identité électronique restera facultative, on peut s'attendre à ce que le manque d'alternative transforme progressivement le facultatif en contrainte par voie de conséquence. C'est d'ailleurs ce qui s'était produit avec les premiers documents d'identité et avec bien d'autres affaires.

 

En outre, dans un pays prétendu "libre", on ne devrait pas discuter des chaînes plus ou moins longues, mais plutôt des moyens de s'en délivrer. Il faudrait donc pouvoir parler sérieusement de l'abolition même de toute pièce d'identité. Car c'est une marque de subordination et d'oppression. En tous les cas, il faudrait que toute pièce d'identité puisse toujours restée facultative ou du moins que chacun puisse choisir la forme qui lui convient (avec ou sans photo, biométrique ou pas, etc.). Voilà donc le vrai sujet. Tout le reste n'est que divertissement.

 

Qu'on ne nous parle donc pas de l'oppression de la femme intégralement voilée, car derrière ce genre de voile peut se cacher le visage d'une belle femme excessivement pudique, tandis que derrière le voile de la démocratie bourgeoisie se cache le visage hideux de l'esclavage. Esclavage majoritairement consenti, certes, mais esclavage quand même. Or, est-il acceptable de forcer une minorité consciente à subir cet état sous prétexte que la majorité daigne rester dans les fers ? Nullement ! D'autant que le Seigneur veut nous en affranchir (Jn VIII, 32 ; Ga V, 1). Par conséquent, il faudrait abolir tous les dispositifs de l'esclavage moderne, et la démocratie bourgeoise en fait partie…

 

Voir aussi : Propriété, État, banque, capitalisme ; Système technicien et technolâtrie


« L'arbre de la science n'est pas celui de la vie »

février 2021

Cette formule, que l'on doit au poète britannique Byron, résume très bien le problème de l'humanité au regard de la science.

 

En effet, le péché originel de l'homme est d'avoir voulu être savant plutôt que sage. C'est l'orgueil d'avoir cru pouvoir devenir comme Dieu par la connaissance, au lieu de conserver et développer l'image de Dieu à travers la sagesse et l'obéissance à la Loi. Telle est l'interprétation que l'on peut tirer de la Genèse lorsqu'elle nous parle de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et que cette histoire soit figurée ou non n'a aucune importance, car l'essentiel est surtout le sens spirituel. Lire la suite...


Page d'accueil - Christocrate.ch