Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps. 


Folie et normalité

août 2022

S'il ne faut pas toujours chercher des liens de cause à effet – car Dieu ne fait pas l'histoire (même s'il y intervient parfois) et chacun ne récolte pas toujours ce qu'il mérite dans le temporel –, il y a parfois des signes qui ne trompent pas. Sodome a beau normaliser les rapports sexuels illicites et à criminaliser ou psychiatriser les comportements sains de ceux qui en sont encore répugnés, certaines maladies se fichent bien des législations païennes. Et lorsqu'une maladie touche principalement des gens en raison de leur orientation sexuelle, qu'elles sont manifestement "homophobes", il faut alors se demander ce que cela signifie et si ce comportement est vraiment normal. C'est du simple bon sens.

 

Les hommes, en raison de leur impulsion mauvaise, de leur nature pécheresse, ne peuvent pas déterminer eux-mêmes ce qui est bien ou mal, juste ou faux, sans tenir compte des lois supérieures qui se trouvent dans la Bible. Certes, les lois fondamentales et la connaissance de Dieu sont normalement inscrites en chaque humain, puisque nous descendons tous d'un même ancêtre qui a été directement créé par Dieu. Mais l'éducation, la culture, le milieu dans lequel on vit, les législations humaines ainsi que nos propres péchés peuvent rendre illisibles ces lettres de vérité en nous. C'est pourquoi nous avons besoin de la Bible, qui contient les paroles de Dieu ou inspirées de Lui dans un support extérieur à nous.

 

Babylone nous incite à nous laisser aller à nos mauvais penchants, à cultiver les vices et même à en être fiers, tandis que la Parole de Dieu nous encourage à la repentance, à lutter contre la mauvaise impulsion et à cultiver les vertus. Autrement dit, à surmonter le mal par le bien (Ro XII, 21). Bien sûr, c'est un combat qu'on ne peut pas gagner tout seuls, par nos seuls efforts, précisément à cause de la mauvaise impulsion. C'est pourquoi nous avons besoin de saisir, par la foi, la grâce de Dieu en Yéshoua, qui nous couvre de sa justice pour notre salut (Jn III, 16 ; Ro V, 1 ; Ép II, 8-9). C'est ainsi que la victoire peut être effective. Cela dit, il faut quand même être dans une bonne dynamique et ne pas rester bêtement sur le chemin large qui mène à la ruine en s'autopersuadant qu'on est sous la grâce. Au contraire, il faut porter sa croix et prendre le chemin étroit du Christ, même en boitant et en tombant plusieurs fois. Car "il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme", pour reprendre une belle phrase d'Augustin.

 

Et pour prendre le bon chemin et devenir plus vertueux, il vaut mieux se référer à la Parole de Dieu qu'aux autorités, lois ou modes humaines. Car seul Dieu peut établir les normes, y compris sexuelles (Lé XVIII). Il faut donc scruter les Saintes Écritures et chercher à suivre cette sagesse pour tenter de devenir objectivement "normal". Car la Bible appelle "fous" ou "insensés" tous ceux qui ne croient pas en Dieu et qui ne tiennent donc pas compte de ses normes : ils ont la honte en partage (Ps XIV, 1 ; Pr III, 35). Elle nous rappelle aussi que "la folie occupe des postes élevés" (Ec X, 6), indiquant par là que les autorités humaines qui font leurs propres lois ne sont absolument pas dignes de confiance. Ni même, d'ailleurs, la majorité des hommes. Voilà entre autres pourquoi la Bible nous exhorte à accepter de devenir "fous", selon ce monde, pour devenir "sages" (I Co III, 18). Autrement dit, à ne pas nous conformer (Ro XII, 2).

 

Au royaume de Sodome, se faire sodomiser – au sens littéral comme au figuré – est normal. Mais les enfants de Dieu n'appartiennent pas à ce royaume ni à quelque autre royaume païen. Nous sommes des étrangers dans ce monde (Ps CXIX, 19).

 

Béni soit Adonaï qui nous aide à rester étrangers dans ce monde, même seuls contre tous, et qui nous donne Ses normes pour nous orienter et Sa grâce justifiante pour nous sauver !


Les sorcières de Moloch

juillet 2022

Le mois dernier, la grève féministe a encore rameuté des masses grégaires dans les rues de Suisse. Les filles de Jézabel et autres hazirs ont à nouveau grogné contre le "patriarcat" suisse qui, selon eux, fait la pluie et le beau temps dans ce pays. Un patriarcat si puissant que même les talibans font pâle figure. Il paraît en effet que la vie d'une femme en Suisse – et plus largement en Occident – est particulièrement pénible et risquée : discriminations permanentes, harcèlements, viols, "vitriolages", féminicides, etc. Il y aurait une conspiration masculine, un patriarcat organisé pour asservir, dépouiller et tuer les pauvres femmes. D'ailleurs, c'est bien connu, la plupart des SDF sont des femmes et les métiers les plus pénibles ou peu valorisants sont exercés par elles (balayeuses, éboueuses, maçonnes, ferrailleuses, etc.). De plus, lors d'un divorce, la garde de l'enfant va systématiquement au père, conformément à la patria potestas. Du reste, la preuve la plus flagrante de cette conspiration masculine contre les femmes vient de ce mépris ou cet ostracisme extraordinaire que subissent les féministes de la part des grands médias. Personne ne parle d'elles, de leurs souffrances, de leurs revendications, sinon pour les mépriser et les condamner brutalement. Les grands médias du capital défendent une vision résolument patriarcale. Bref, les féministes, comme les LGBTQQ, seraient les groupes les plus discriminés au monde, des victimes éternelles. À côté d'eux, les disciples de Jésus-Christ, les pauvres, les Ouïgours, les anarchistes, les technocritiques, les antivax, les complotistes et al. sont bien lotis.

 

Plus sérieusement, le féminisme, c'est un peu comme le foot : ça divertit. Et c'est peut-être là l'origine de son succès. En effet, s'inventer un ennemi chimérique est nettement plus drôle et surtout moins risqué que de s'attaquer au vrai pouvoir. Mais après tout, il y a une multitude de gens prêts à payer pour voir des millionnaires taper dans un ballon, alors pourquoi pas se divertir en criant sur un ennemi chimérique. En tout cas, les techno-capitalistes ont toujours chéri le foot, les grèves féministes et les prides. Car c'est rentable à plus d'un titre. Il y a toujours un retour sur investissement. C'est pourquoi les riches achètent des clubs de foot et sponsorisent volontiers les mouvements féministes et LGBTQQ. La classe dominante a toujours su qu'on gouverne mieux les gens par leurs vices que par leurs vertus, pour reprendre la phrase d'un expert en la matière.

 

Et justement, en parlant de vices, le féminisme, comme son allié LGBTQQ, en a à foison. Il y a encore quelques années, lorsque nous affirmions que le féminisme plonge ses racines spirituelles dans le paganisme et la sorcellerie, les gens étaient plutôt sceptiques, voire condescendants. Désormais, les harpies reconnaissent et revendiquent enfin une partie de leur histoire, comme en témoignent "les marches de sorcières" et autres références au paganisme et à l'occultisme. Être une sorcière, c'est même devenu "cool". Sortilèges, empoisonnements, infanticides étaient quelques-unes des pratiques typiques des sorcières : pratiques que l'on retrouve d'une manière ou d'une autre dans nos sociétés modernes.

 

Par ailleurs, parmi les slogans outranciers des nouvelles sorcières, il en est un qui a retenu toute notre attention : "Le machisme tue tous les jours, le féminisme n'a jms [sic] tué".

 

Cette assertion, tout infantile qu'elle soit, est-elle au moins vraie ? Est-ce que les crimes passionnels, par jalousie ou lors d'une querelle résultent vraiment d'une idéologie machiste, c'est-à-dire de l'idée que l'homme domine socialement la femme ? Pas si sûr. Toutefois, par commodité, admettons qu'un homme qui tue une femme le fait toujours par idéologie plutôt que sous l'impulsion de la colère. En revanche, on ne peut pas concéder que le féminisme n'a jamais tué, car c'est un mensonge un peu trop grossier.

 

En effet, le féminisme tue en moyenne environ 100'000 bébés par jour dans le monde, dont 30 en Suisse et 550 en France. C'est une véritable hécatombe ! Et c'est bien le féminisme qui, avec le concours des cosmocrates, a activement promu l'homicide prénatal et participé à sa légalisation dans de nombreux pays. Donc le féminisme tue tous les jours. Il se trouve que l'infanticide était justement la pratique courante des adorateurs de Moloch, puis des sorcières. Par conséquent, les féministes modernes sont bien les héritières de ces criminelles traditions.

 

Alors non, pas plus les sorcières d'hier que celles d'aujourd'hui sont "cool". Elles ne le seront jamais et maudite soit leur mémoire. Et même si les lois humaines permettent à des tueurs en série d'assassiner des bébés légalement, même si le travail des docteurs Josef Mengele et Kermit Gosnell est devenu "normal" aux yeux de la majorité, autrement dit même si la société approuve largement cette culture de mort, la véritable et sainte Loi condamnera toujours ces crimes. Et il en va de même de son pendant, non moins criminel quoique plus subtil, qu'est la procréation artificielle de l'humain. Les malfaiteurs resteront toujours des malfaiteurs et nul ne sera excusé d'avoir suivi l'esprit du temps. Les mœurs et les lois humaines changent, les hommes et les civilisations naissent et meurent, mais les paroles du Seigneur demeurent…

 

Voir aussi : Effondrement moral


Le sens des mots : anarchie et anomie... et la bonne interprétation

juin 2022

Les mots sont des symboles d'idées. Ils sont indispensables pour expliquer et comprendre les choses, et se comprendre entre humains. Un mot peut exprimer différentes idées ou réalités suivant les époques. Parfois, il s'agit d'une évolution linguistique ou terminologique "naturelle", mais plus souvent il s'agit d'une orientation que des personnes influentes ou suffisamment nombreuses lui donnent. Un mot peut être polysémique parce que sa racine permet d'étendre l'idée première à d'autres idées. Cependant, le phénomène se complique lorsque des gens commencent à utiliser un mot pour exprimer tout autre chose, voire l'inverse de ce qu'il était censé désigner à l'origine. Cela amène une grande confusion dans les idées et participe à la vacuité intellectuelle, morale et spirituelle d'une population. Car en déformant le sens des mots, on peut déformer les idées et donc les valeurs.

 

Prenons un exemple en lien avec l'actualité : la neutralité. Qu'on aime ou pas le signifié et le référent de ce nom, la neutralité a toujours désigné le fait d'être ou de rester neutre, c'est-à-dire de ne pas prendre parti entre des rivaux (États ou particuliers). La racine de ce mot vient du latin neuter, "ni l'un ni l'autre". Par conséquent, prendre parti lors d'un conflit, ce n'est pas être neutre, quoi qu'on en dise. De même, la guerre n'est pas la paix, l'esclavage n'est pas la liberté, la mort n'est pas la vie, etc. Cela paraît évident, mais aujourd'hui même les évidences tendent à disparaître. Il est donc important de revenir aux racines et même d'être, dans un certain sens, "radical" (mot qui est aussi souvent déformé de nos jours). Car c'est en ayant de bonnes racines qu'un arbre peut grandir, sachant que l'arbre symbolise parfois le juste (Ps I, 1-3 ; XCII, 13).

 

Mais venons-en au cœur du sujet. Au sens politique, l'anarchie – ou plus précisément l'anarchisme – n'est pas l'anomie. Même si ces deux mots sont devenus des quasi-synonymes dans le langage courant, et même si la plupart de ceux qui se réclament aujourd'hui de l'anarchisme sont anomiques (ou "anomistes", faudrait-il écrire), ces deux mots ne doivent pas être confondus. Car le mot anarchie désigne plutôt l'absence d'autorité, de souverain, de gouvernement, tandis que l'anomie désigne l'absence de loi, l'illégalité, l'injustice ou l'absence d'ordre. Or ce dernier phénomène ne découle pas forcément du premier. L'ensemble des États sont en vérité anomiques sans être formellement anarchistes. Car leurs lois sont en général des fausses lois, leur justice est injustice, et leur ordre est désordre. Du moins, d'un point de vue biblique.

 

Par suite, on peut dire que tous ceux qui soutiennent ces États sont "anomistes" par rapport à la Bible. Ainsi les chrétiens de la double allégeance, pro-autorité, pro-système (de surcroît souvent idolâtres ou technolâtres), soit la majorité des chrétiens d'aujourd'hui sont finalement anomistes. Car soutenir les autorités mondaines, c'est soutenir leur ordre, leurs valeurs et leurs codes qui s'opposent de facto au Règne de Dieu. C'est par conséquent rejeter les lois fondamentales du Seigneur. "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi", dit le Maître (Lc XI, 23). Et cette parole rejoint évidemment le fait qu'il n'est pas possible de servir deux maîtres (Mt VI, 24).

 

Mais alors, que se passera-t-il pour ces chrétiens lors du Yom Ha'Din, c'est-à-dire le Jour du Jugement ? Seront-ils quand même couverts par la grâce de Dieu en Jésus-Christ, comme beaucoup le pensent ? Pas si sûr… car voici ce que Jésus répondra à nombre de ceux se prétendent chrétiens sans faire la volonté de Dieu (Mt VII, 23) : "Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, ouvriers d'anomie* !"

 

Or l'anomia c'est l'absence ou la privation du nomos, terme qui fait normalement référence à la Loi divine dans le Nouveau Testament. Loi que Jésus n'est pas venu abroger mais accomplir, et, ajoutons-nous, abréger (cf. Mt V, 17). Et s'il a pu abréger la Loi, c'est précisément parce qu'il a accompli le système des rois, des prophètes, des cohanim (prêtres) et des sacrifices… et qu'il est la somme et la substance de la Torah, pour reprendre un bon résumé du théologien messianique David Stern. Donc les lois bibliques fondamentales subsistent, car la Parole de Dieu est une Loi parfaite, une Loi royale, une Loi de liberté si on en comprend la profondeur (Ja I, 25 ; II, 8, 12). Elle nous libère de l'esclavage du péché et nous guide sur le chemin de la vraie Liberté. Elle est aussi une garantie pour nos libertés. De sorte qu'il ne faudrait pas mal interpréter le fait que le chrétien n'est plus sous la loi mais sous la grâce (Ro VI, 14), comme si les lois bibliques fondamentales avaient été abolies. Car si tel avait été le cas, Jésus ne condamnerait certainement pas les ouvriers d'anomie. Certes, il est bien clair que c'est par la grâce de Dieu en Jésus-Christ, par le moyen de la foi, que nous pouvons être sauvés, et non par les œuvres de la loi (Ro III, 28 ; Ép II, 8-9). Cela dit, quelle est cette "foi" qui préfère la domination de l'homme par l'homme au Règne de Dieu, les lois humaines aux lois bibliques, sinon une mauvaise ou fausse foi ? C'est la raison pour laquelle Jésus dit qu'il n'a jamais connu ces chrétiens anomistes, bien que ceux-ci se réclament de lui et semblent parfois même faire de "grandes choses" en son nom.

 

Mais qui rejette la Christocratie consent à la tyrannie ; qui méprise les lois bibliques favorise celles des tyrans. Car la nature a horreur du vide. Par conséquent, ne vaut-il pas mieux rejeter les autorités de Babylone et accepter la vraie Loi plutôt que le contraire ? Autrement dit, n'est-il pas préférable d'être chrétiens anarchistes plutôt que chrétiens anomistes ?

 

Retrouver le bon sens des mots peut nous aider à mieux lire les indications qui jalonnent le chemin étroit qui mène à la vie. Mais encore faut-il les interpréter correctement. Et pour cela, il est important de recourir à l'aide du meilleur interprète : le Saint-Esprit. Car la Parole est l'Esprit et l'on ne saurait comprendre la profondeur de la Lettre sans l'Esprit. Sans son aide, on ne peut pas non plus comprendre que le christianisme est par essence anarchiste vis-à-vis du monde, et qu'il n'y aura jamais de vrai réveil sans un rejet radical de ce système, de ses idoles et de ses valeurs.

 

Or, il se trouve justement que ce premier dimanche de juin est la Pentecôte, soit la commémoration du baptême du Saint-Esprit des premiers disciples de Jésus. Fête qui correspond aussi à Shavouot ("Semaines"), soit la fête de la Moisson et surtout de la commémoration du don de la Torah. Il y a donc une sorte de conjonction qui nous rappelle à la fois toute l'importance de la Loi divine (de la "Lettre"), mais aussi et plus encore de l'Esprit qui nous permet de bien l'interpréter. L'un nous pousse à la liberté, qui est quelque part "anarchie", et l'autre nous rappelle qu'elle n'est pas anomie. Les deux sont complémentaires pour une bonne moisson spirituelle…

 

* Litt. "œuvrant l'anomie" (du grec anomian). Phrase souvent traduite par  "vous qui commettez (ou pratiquez) l'iniquité !"

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Grâce et Liberté chrétienne


Le mythe de l'origine "judéo-chrétienne" de la civilisation techno-industrielle

mai 2022

Il est un mythe insidieux qui se répand de plus en plus dans les cercles universitaires, dans les médias, et au-delà : celui de l'origine "judéo-chrétienne" du monde moderne et en particulier de ses tares (destruction de la nature, maltraitance animale, technicisation intensive et extensive, transhumanisme, etc.). Récemment encore, lors d'une conférence informelle à laquelle nous avons assisté, un intervenant insinua cette idée. Et certains auditeurs semblaient la partager.

 

Ce mythe repose en fait sur plusieurs types de syllogisme qu'on peut résumer comme suit :

 

  • Une grande partie des antiques païens avaient tendance à sacraliser la nature, voire à adorer certains éléments ou créatures, tandis que les juifs et les chrétiens (et même les musulmans) ne les vénèrent pas. Ils n'adorent théoriquement que le Créateur. Donc les monothéistes "judéo-chrétiens" seraient responsables non seulement de la désacralisation de la nature, mais aussi de sa destruction.
  • Une forme de christianisme a dominé un temps la pensée occidentale, et la révolution industrielle est justement née en Occident. Donc celle-ci serait fille du "judéo-christianisme".
  • Dans le livre de la Genèse (chap. I), Dieu a béni l'humain et lui a permis de dominer la création, aussi bien la terre que les animaux. La Bible aurait donc servi de base au développement techno-industriel.
  • Aux dires de certains, il y aurait aussi un rapport entre la croyance transhumaniste en l'immortalité du corps par la science et les techniques (la volonté d'être comme Dieu), et la foi judéo-chrétienne en la résurrection.
  • Plusieurs chrétiens ou prétendus tels (en vérité la majorité) ont soutenu religieusement le développement du monde moderne, son idéologie, et ses désastres. Donc cela confirmerait cette thèse.

A priori, ces cinq points paraissent tenir la route. Cependant, on connaît la fameuse blague de Ionesco sur les syllogismes : "Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat." Ces cinq types de syllogisme sont du même acabit. Il s'agit en réalité d'une énorme méprise, d'un raisonnement biaisé qui ne résiste absolument pas à un examen rigoureux. Il n'est pas question pour nous de faire de l'apologétique (et certainement pas pour un christianisme institutionnel), mais simplement de rétablir la vérité historique et théologique. Aussi serons-nous bref.

 

Premièrement, on pourrait déjà récuser le terme de "judéo-christianisme" pour qualifier l'une ou l'autre religion "chrétienne" qui a été dominante dans certains pays. Car en vérité, il n'y a jamais eu qu'un pagano-christianisme (catholicisme, orthodoxie, et même à certains égards le protestantisme). En ce sens, seuls les chrétiens des premiers siècles et certains courants marginaux (par exemple la réforme radicale) ont été "judéo-chrétiens". Les courants majoritaires se sont généralement complètement assimilés à la culture de leur milieu, donc au paganisme. D'où l'iconolâtrie, la mariolâtrie, le mamonisme, et peut-être même en partie le dogme de la Trinité (quoiqu'on ne puisse bien sûr pas accuser tous les trinitaires d'être des demi-païens). Et bien sûr, la technolâtrie aujourd'hui (voir l'article du mois passé).

 

Deuxièmement, s'il est vrai que, contrairement aux païens, les juifs et les chrétiens ne sacralisent pas la création, et que, selon la Bible, l'humain a effectivement la primauté sur le reste de la création, cela ne signifie nullement qu'il puisse faire n'importe quoi avec la terre et les animaux. Au contraire, puisqu'il est tenu pour responsable devant Dieu (et s'il croit en un Créateur), il doit d'autant plus respecter la création et chercher à vivre dans un certain équilibre avec elle. Par ailleurs, la Bible se comprend dans son ensemble et selon l'Esprit. Penser la Bible par découpage n'est donc pas très recommandé. Car on peut lui faire dire ce qu'elle ne dit pas. D'une part, le contexte du début de la Genèse est justement celui de la création, et explique ce que devaient faire les premiers humains : se multiplier et "conquérir" la terre (l'habiter partout), la travailler (litt. la servir), et domestiquer les animaux pour leurs besoins (avec plus tard la possibilité de se nourrir de la chair de certains d'entre eux, cf. Ge IX, 3-5 ; Lé XI). Il n'y a là aucune invitation à en abuser, ni à rendre tout artificiel, ni à faire souffrir les animaux. Autrement dit, il n'y a pas d'exhortation à la décréation. Ce qu'enseigne la Bible est même contraire à la pensée industrielle et technicienne. Car les Écritures posent de saines limites qui garantissent le bon équilibre, par exemple : repos au moins un jour par semaine (y compris pour les animaux) ; shemitta, c'est-à-dire laisser la terre en repos chaque septième année (loi qui résoudrait beaucoup de problèmes aujourd'hui et permettrait le renouvèlement des ressources) ; interdiction de faire souffrir les animaux ; interdiction de croiser les animaux (incluant les manipulations génétiques), etc. (cf. Ge IX, 3-5 ; Ex XX, 8-11 ; XXIII, 10-11 ; XXXIV, 21 ; Lé XIX, 19 ; XXV, 4 ; De V, 12-14 ; XV, 1-2). En outre, il est dit explicitement que le Seigneur détruira ceux qui détruisent la terre (Ap XI, 18). Preuve que l'homme ne peut pas faire n'importe quoi avec la création : il sera jugé aussi en fonction de son comportement vis-à-vis d'elle.

 

Par ailleurs, on sait que les juifs et les chrétiens n'assistaient en principe jamais aux jeux romains, qu'ils fuyaient les arènes dans lesquelles les animaux étaient mis en spectacle. Car cela était perçu comme des exhibitions cruelles et stupides. Tout cela montre bien que la Bible, donc le judéo-christianisme, n'a rien à voir avec le monde moderne. Et l'on pourrait encore parler des pollutions aérienne, visuelle, sonore, de la surveillance de masse, et de l'immoralité qui sont caractéristiques du monde présent et complètement contraires aux lois divines les plus élémentaires. D'autant que ces choses nuisent aussi aux enfants de Dieu.

 

Troisièmement, il faut rappeler que la révolution industrielle et tout ce qui s'ensuit est née à une époque où la classe dirigeante était de plus en plus "déchristianisée" (si tant est qu'elle fût chrétienne un jour). Autrement dit, la révélation biblique et la morale chrétienne avaient de moins en moins d'influence : le techno-scientisme remplaçait progressivement l'ancienne religion. D'où le succès du darwinisme comme nouvelle explication du monde. Car chacun peut comprendre que si l'humain n'est qu'un animal plus évolué (résultat d'un accident), et que l'histoire se résume à la lutte pour la survie des plus aptes, alors toute morale peut sauter. L'essentiel étant juste la survie des plus aptes, donc finalement des dominants. De là vient justement la rupture avec les sociétés anciennes dans lesquelles les lois religieuses mettaient au moins quelques limites. Tandis que dans la civilisation contemporaine, qui a émergé à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, puis dans d'autres pays à partir du XIXe siècle, la technique devint progressivement une fin et non plus un moyen.

 

Quatrièmement, il n'y a aucun rapport entre le transhumanisme et le judéo-christianisme, sinon un rapport d'opposition. Car le transhumanisme est une religion purement matérialiste qui prône l'immortalité du corps par le moyen de la science et des techniques, et qui prétend que l'homme "augmenté" (en réalité diminué) par la technique fait simplement partie de l'histoire évolutive de l'homme. Les transhumanistes ont en effet très souvent une vision transformiste (ou évolutionniste) du monde, et certainement pas judéo-chrétienne (donc créationniste). En sens contraire, la doctrine biblique enseigne que ce corps que nous habitons dans le temporel n'est qu'un corps de péché, un corps de mort voué à la destruction, et que seule l'âme est potentiellement immortelle. De plus, le corps que les fidèles revêtiront à la résurrection n'aura vraisemblablement rien à voir avec ce corps corruptible et animal, puisqu'il est parlé de soma pneumatikon, c'est-à-dire d'un corps spirituel (cf. I Co XV, 44). D'autre part, la volonté d'être comme Dieu vient du mensonge du serpent ancien, donc de l'esprit du mal (Ge III, 5). Par conséquent, il ne saurait y avoir quelque correspondance entre la religion du Christ et celle du diable.

 

Au reste, le fait que des prétendus chrétiens aient pris une part active dans l'idéologie et la construction du monde actuel, ou même que la majorité des Églises aient suivi le mouvement, ne signifie nullement que le substrat idéologique de ce monde vienne de la Bible ou du judéo-christianisme. Pas plus que le nazisme venait de là (même si la majorité des "chrétiens" allemands s'y étaient conformés). Cela signifie simplement qu'il y a toujours eu une majorité de "chrétiens" conformistes, indépendamment de ce qu'enseigne la Bible (Ro XII, 2). D'ailleurs, même des antichrists se font parfois passer pour des chrétiens (I Jn II, 18-19).

 

En définitive, le monde techno-industriel ou techno-capitaliste (superstructure du système antichrist) n'est ni le produit du judéo-christianisme ni même celui du pagano-christianisme. Il est au contraire le produit d'un athéisme et d'un matérialisme radical, autrement dit d'un antichristianisme. Et que des athées déplorent la décréation et la déshumanisation qui s'opèrent sous nos yeux est une bonne chose. Cela prouve qu'il leur reste une part de conscience. En revanche, en imputant tous ces maux au judéo-christianisme, ils se mentent à eux-mêmes et font une projection. Car chacun sait au fond de lui-même que ce monde viole éhontément les lois divines les plus élémentaires. Chacun peut comprendre qu'en rejetant le Créateur et ses lois, en proclamant la "mort de Dieu", il ne pouvait rien sortir d'autre qu'une culture de mort : règne de la cupidité (capitalisme), technolâtrie, déviances sexuelles, homicides prénataux, euthanasies abusives, écocide, transhumanisme, etc. Tout cela vient d'un même esprit : celui de l'antichrist.

 

Voir aussi : Le système antichrist ; Système technicien et technolâtrie ; Anarchisme Chrétien ; Révolution et Christocratie


Le culte des images aujourd'hui

avril 2022

L'histoire nous enseigne que la plupart des religions sont des traductions "spirituelles" de production et de rapports matériels d'une époque. Autrement dit, elles sont le reflet de ce qui prédomine dans une société donnée. En ce sens, l'analyse matérialiste de Marx et Engels paraît assez correcte. À ceci près bien sûr que la véritable infrastructure n'est pas l'économie mais le système antichrist, et que le christianisme authentique échappe complètement à la logique matérialiste. Ne serait-ce que parce qu'il est parti du "bas" vers le "haut" (quoique inversement d'un point de vue spirituel), surgissant du milieu des classes inférieures de la société judéenne du premier siècle, avant de se répandre dans le monde entier.

 

Cependant, la grille de lecture matérialiste permet d'expliquer en grande partie le développement du christianisme institutionnel ou conformiste, c'est-à-dire de cette imposture qui s'est imposée à partir du IVe siècle sous Constantin. En effet, avec les rapports de subordination, le culte des icônes, la mariolâtrie et autres, les papistes et les orthodoxes n'ont fait que traduire d'une manière faussement chrétienne la société païenne de leur époque, elle-même expression des rapports matériels. De façon analogue, avec les visio-cultes et les autres artifices techniques d'aujourd'hui, la plupart des "chrétiens" modernes sont dans l'idolâtrie de leur temps, à savoir la technolâtrie. Naturellement, pas plus les uns que les autres ne se perçoivent comme des idolâtres. Les iconolâtres disent ne pas adorer l'icône, mais seulement ce à quoi elle renvoie. L'icône ne serait alors qu'un médium pour s'élever jusqu'à Dieu. De même, les technolâtres affirment ne pas adorer les images vidéos ou les objets techniques, mais seulement les utiliser comme des médiums. En vérité, il s'agit du même esprit.

 

La Bible dit clairement : "Tu ne te feras pas d'image taillée" et "gardez-vous des idoles" (Ex XX, 4 ; I Jn V, 21). Or si les idoles dont la Bible parle ne sont que des formes anciennes et grossières des païens patentés, à quoi bon mettre en garde les chrétiens ? De plus, si la Bible ne parle qu'au passé, alors il faudrait la lire simplement comme un bouquin d'histoire. C'est d'ailleurs ce que beaucoup d'universitaires pensent. En revanche, si la Bible est, comme nous le croyons, une parole prophétique toujours vivante, alors il faut reconnaître qu'elle nous parle aussi aujourd'hui. Et qu'elle nous met en garde contre la technolâtrie.

 

Ainsi, quelles que soient nos bonnes intentions, faire des images de soi-même lors d'un culte, ou rendre indispensable quelque image ou quelque objet technique dans une Église, ou même à titre personnel, c'est prendre le risque de tomber dans l'idolâtrie et de poursuivre une foi imaginaire. Or l'idolâtrie est l'un des péchés les plus graves.

 

Par conséquent, ni icône ni vidéo ne devraient servir de médiums. L'Église du Christ ne devrait en aucune manière participer à la technolâtrie, mais au contraire la combattre. Les cultes doivent se faire en "présentiel", sans aucune caméra et avec le moins d'objets techniques "intrusifs" possible. Car c'est le Saint-Esprit qui relie les membres de l'Église et non pas les réseaux asociaux et les systèmes de visioconférence. Ne pas prendre conscience de cela, c'est mélanger le profane et le sacré, et c'est donc reproduire une nouvelle forme de syncrétisme.

 

Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité, et certainement pas de nouveaux syncrétistes qui adorent en vidéo et en supercherie.

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie ; Eskhatos


Sur la guerre en Ukraine

mars 2022

Tout ou presque a déjà été dit dans notre article du mois passé ainsi que dans d'autres textes, avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier.

 

Les experts en tous genres (militaires, en géopolitique ou géostratégie) nous expliquent, selon leur orientation politique, ce qu'il faut penser de ce conflit, un peu comme les experts en économie nous expliquent les crises successives du techno-capitalisme. C'est-à-dire sans jamais évoquer le cœur du problème. C'est d'ailleurs précisément pour cela qu'ils sont utiles au système. Car ils ont acquis les connaissances nécessaires pour dire avec méthode ce qu'il ne faut pas dire, comme d'ailleurs les sondeurs et les autres acteurs médiatiques.

 

En résumé, du côté occidental, soumis à l'impérialisme américain, la guerre en Ukraine serait à imputer presqu'exclusivement à la Russie de Vladimir Poutine, président belliqueux qui aurait lancé cette offensive militaire parce que c'est un dictateur mégalomane qui veut reformer la Grande Russie. Tandis que du côté russe, l'expansion de l'OTAN (sous tutelle américaine) toujours plus à l'Est est perçue comme une menace. Le spectre d'une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN fut pour ainsi dire la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, déclenchant cette guerre "préventive". En effet, le lien historique qui unit le peuple russe et ukrainien, ajouté au souvenir humiliant de la Russie post-soviétique qui, sous Eltsine, s'était ouverte au libre marché et s'était vue pillée par des vautours yankees et les fameux oligarques – sans parler de l'intervention militaire de l'OTAN contre la Serbie et des désastreuses guerres américaines de ces dernières décennies – font que les Russes, ou du moins leurs dirigeants, voient plutôt d'un mauvais œil ce déploiement "pacifique" de l'OTAN. Qui pourrait les en blâmer ? Les promesses de non-agression ne suffisent pas toujours à lever les suspicions, surtout quand des bases militaires sont installées en parallèle. Si vis pacem, para bellum…

 

Quoiqu'il en soit, d'un côté comme de l'autre, tous se gardent bien de nommer le vrai responsable de cette guerre comme des autres : le pouvoir. Et tandis que des prolétaires et sous-prolétaires s'entre-tuent sur ordre des gouvernants, ces derniers, eux, s'entretiennent. Comme d'habitude, la classe dépossédée croit défendre sa patrie alors qu'elle ne fait en réalité rien d'autre que défendre un État, un système, donc les intérêts de la classe possédante. Les uns se sacrifient pour Poutine et les oligarques russes, et les autres pour les ploutocrates occidentaux.

 

Rien de nouveau sous le soleil. Nous répétons juste ce que beaucoup de vrais "experts" ont déjà dévoilé bien avant nous. Et parmi eux, l'un des plus sages et illustres : notre frère Léon Tolstoï. Ce dernier est d'autant plus qualifié que tous ces experts attitrés qu'il était issu de la classe possédante et qu'il fut même un temps sous-officier dans l'armée russe. Un homme qui, après être devenu chrétien, parla selon la vérité. Voici quelques extraits de ce qu'il a écrit* :

 

"Le fondement du pouvoir est la violence physique ; et la possibilité de faire subir aux hommes une violence physique est due surtout à des individus mal organisés de telle façon qu'ils agissent à l'unisson tout en se soumettant à une seule volonté. Ces réunions d'individus armés qui obéissent à une seule volonté forment l'armée…"

 

"Pour acquérir le pouvoir et le conserver, il faut aimer le pouvoir. Et l'ambition ne s'accorde pas avec la bonté, mais au contraire avec l'orgueil, la ruse, la cruauté. Sans l'exaltation de soi-même et l'humiliation d'autrui, sans l'hypocrisie et la fourberie, sans les prisons, les forteresses, les exécutions, les assassinats, aucun État ne peut naître ni se maintenir."

 

"Dominer veut dire violenter, violenter veut dire faire ce que ne veut pas celui sur lequel est commise la violence et certes ce que ne voudrait pas supporter celui qui la commet ; par conséquent, être au pouvoir veut dire faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît, c'est-à-dire faire du mal…"

 

"Qui force ces paysans, pris hier à la charrue et accoutrés de vêtements disgracieux et inconvenants avec le collet bleu et les boutons dorés, à aller armés de fusils et de sabres, assassiner leurs pères et leurs frères…?"

 

"Toutes ces actions comme celles de tous les tyrans… ne s'expliquent que parce qu'ils sont enivrés par la puissance que leur donne la soumission d'hommes prêts à accomplir tous leurs ordres et qu'ils sentent derrière eux. Toute la force réside donc dans les hommes qui accomplissent de leurs mains les actes de violence, dans les hommes qui servent dans la police, dans l'armée… "

 

Et de conclure : "L'unique sens de la vie est de servir l'humanité en concourant à l'établissement du règne de Dieu, ce qui ne peut se faire que par la reconnaissance et la profession de la vérité par chacun des hommes."

 

*L. Tolstoï, Le Royaume de Dieu est en vous

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist ; Propriété, État, Banque, Capitalisme ; Révolution et Christocratie


« Le gouvernement, c'est la guerre civile »

fév. 2022

Au XIXe siècle, les premiers anarchistes, sensiblement différents des guignols d'aujourd'hui, avaient une vision assez claire des choses. Pour eux, ce n'était pas l'absence de gouvernement, c'est-à-dire l'anarchie qui était source de désordre, mais bien plutôt le gouvernement lui-même. Dans son Manifeste de l'Anarchie, Anselme Bellegarrigue écrivit que "l'anarchie c'est l'ordre" et la "négation du gouvernement", gouvernement qui est quant à lui "négation du peuple" et "guerre civile". Peu avant lui, Proudhon, le premier à s'être ouvertement qualifié d'anarchiste, tout en précisant qu'il était "très ami de l'ordre", avait écrit que la "liberté est anarchie", qu'elle refuse le gouvernement de la volonté, tout en reconnaissant l'autorité de la loi. Reste bien sûr à savoir quelle loi pourrait faire autorité, mais c'est un autre sujet.

 

Le gouvernement, donc, c'est la guerre et le désordre. Inversement, l'absence de gouvernement pourrait créer un ordre meilleur, pour autant bien sûr que les humains réussissent à dépasser le stade primitif et infantile de la volonté de puissance, de l'intérêt personnel, au profit de la solidarité et de l'intérêt général. Cela peut sembler un peu naïf, mais c'était en tout cas le pari des anarchistes: croire que l'humanité, si imparfaite soit-elle, pourrait un jour devenir plus mature. Naturellement, la classe dominante n'allait pas laisser de telles idées contagieuses se répandre au sein des populations sans réagir. Il fallait "vacciner" les esprits contre de telles pensées. Et progressivement, à force de propagandes d'État et de phagocytage des mouvements anarchistes par des sociaux-démocrates et des libéraux-libertaires (féministes, pro-avortement, pro-homosexualité, etc.), le mot anarchie deviendra synonyme de chaos et d'anomie. La classe dominante gagna ainsi la guerre des idées, et le gouvernement resta aux yeux du peuple le seul garant de l'ordre public. Si bien qu'un peuple sans autorité serait comme un enfant orphelin. Le clivage ou l'alternance gauche-droite représenterait alors papa et maman qui se disputent pour le bien de l'enfant, c'est-à-dire du peuple. Celui-ci se dirigeant tantôt plus vers maman, tantôt plus vers papa, et parfois entre les deux (centre). La démocratie permettrait à l'enfant de donner son point de vue sur les débats et les propositions de papa et maman. Voilà la famille bourgeoise "idéale" que l'anarchisme risquait de briser.

 

Pourtant, le narratif de l'autorité garante de l'ordre perd de sa valeur lorsqu'on la mesure à l'aune de l'histoire. Car jusqu'à preuve du contraire, pratiquement toutes les guerres, les injustices, les inégalités, tous les désastres humains, sociaux, environnementaux se sont produits dans des pays ou entre pays gouvernés, ou du moins en passe de l'être. Il en va de même de la division des peuples, d'où cette antique maxime : "Divide ut regnes". Dès lors, est-ce le gouvernement ou l'absence de gouvernement qui est responsable du désordre ? La question mérite d'être posée. Pour nous, la réponse est assez claire, et chaque jour qui passe nous en donne la confirmation. Lorsqu'un président-banquier déclare ouvertement que sa politique est d'emmerder une partie du peuple qui refuse quelque part le nouveau "droit de cuissage" de Big Pharma et l'ausweis technologique, on se dit que les anarchistes du XIXe siècle avaient raison. Et bien sûr, avant eux, les chrétiens radicaux comme Müntzer et tant d'autres. Ainsi, d'où que la vérité vienne, ce qui est vrai est vrai. Nous pouvons donc dire avec Proudhon :

 

"Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !… Ô personnalité humaine ! se peut-il que pendant soixante siècles tu aies croupi dans cette abjection !"  

 

Cependant, si les anarchistes "laïques" ont eu le mérite de voir les effets pervers du gouvernement humain, de la classe dominante écrasant la classe dominée, et de s'élever contre ces injustices, ils en ont souvent ignoré les causes. De sorte que leur vision fut borgne. Car la principale cause de ces phénomènes vient évidemment de la négation de Dieu, de son Règne, de ses lois fondamentales, et donc du rejet du seul Médiateur entre Dieu et l'humain, à savoir le Souverain Prophète et Roi-Sacrificateur Jésus-Christ. Or, si cette cause est normalement connue des chrétiens, il faut ajouter que, dans les faits, la plupart d'entre eux n'ont souvent reconnu Jésus que comme sacrificateur et victime expiatoire, et très rarement comme Roi. Pire, en prônant systématiquement la soumission aux autorités, ils ont généralement foulé aux pieds sa dignité de Roi. De sorte que leur vision fut également borgne.

 

En conséquence, l'anarchisme chrétien, loin d'être l'expression de deux mots antinomiques, est plutôt comme deux yeux qui nous permettent de mieux voir les choses. Voir signifie regarder mais aussi comprendre. L'œil, en hébreu ayin (qui est aussi la seizième lettre de l'alphabet, de valeur numérique 70), symbolise le discernement, la sagesse. L'œil droit évoque plutôt la spiritualité, la pensée ; l'œil gauche, la matérialité, la différenciation. Et les deux sont complémentaires. Il y a donc une dialectique, comme lorsque le Maître dit (Mt X, 16) : "Soyez donc prudents comme les serpents et purs comme les colombes."

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist ; Propriété, État, Banque, Capitalisme


L'intelligence du cœur et l'intelligence du cerveau

janv. 2022

Selon la Bible, l'organe associé à l'intelligence n'est pas le cerveau mais le cœur, organe moral, siège de la vie intérieure, des pensées et des sentiments. Tandis que le mot "cerveau" n'apparaît pas littéralement dans les Écritures, quoiqu'il soit bien sûr sous-entendu derrière les mots "tête" ou "crâne", lesquels symbolisent plutôt la hauteur, le chef (d'où notre mot "couvre-chef"), et la mort. Cela s'explique peut-être par le fait que le cerveau est plus calculateur, accumule et transmet les données (connaissance objective), mais qu'il revient symboliquement au "cœur" (c'est-à-dire à l'âme subsistante) de juger ce qui lui convient, de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal.

 

La plupart des individus modernes souffrent d'une terrible carence d'intelligence du cœur et c'est pourquoi nos sociétés sont aussi malades et immorales, et que l'amour est souvent intéressé ou vénal.

 

D'une certaine manière, on peut comparer le cerveau à la science, à la connaissance ou à la raison humaine, et le cœur à la sagesse. Or la sagesse est toujours supérieure. De fait, pour la pensée chrétienne, un enfant ou un handicapé mental qui aime le Seigneur, quoiqu'il ne connusse que les vérités élémentaires, est plus intelligent que n'importe quel scientifique athée. Car pour la Bible, la véritable intelligence ou la vraie science est inséparable de la sagesse, d'où le fait qu'il est dit tantôt que la crainte de Dieu (ou en langage moderne "le respect de Dieu") est le commencement de la sagesse, tantôt qu'elle est le commencement de la science (Ps CXI, 10 ; Pr I, 7).

 

Et si aujourd'hui certaines machines peuvent déjà dépasser l'intelligence du cerveau, elles ne pourront jamais posséder la moindre intelligence du cœur. Car elles n'ont point d'âme ni d'esprit. Cependant, le problème majeur de notre temps vient du fait que l'intelligence du cerveau a complètement supplanté l'intelligence du cœur. L'homme a ainsi créé des machines plus "intelligentes" que lui (au sens du cerveau), tout en devenant lui-même de plus en plus machinal. Dès lors, l'humain devient l'instrument de ses instruments. Ainsi la nouvelle religion, nous l'avons dit plusieurs fois, est la technolâtrie, le techno-scientisme, ou plus précisément le techno-capitalisme, puisque la course au profit reste encore l'un des vecteurs du système technicien. Ce qui explique la réification de l'être humain, la procréation artificielle, la numérisation tous azimuts, la surveillance de masse, la course à l'intelligence artificielle, le transhumanisme, etc.

 

Les militants politiques occidentaux, de gauche comme de droite, se trompent lourdement en croyant que les plus grands défis de notre siècle sont le "grand remplacement" d'une population par une autre, le grand déclassement ou même le dérèglement climatique. Sans nier certains de ces problèmes, ils sont en réalité secondaires par rapport à la grande déshumanisation qui s'opère sous nos yeux, c'est-à-dire au "grand remplacement" de l'homme par la machine, à son mimétisme, à son assujettissement au sein du milieu technicien. Et la cause de ce problème découle du remplacement de l'intelligence du cœur par l'intelligence du cerveau, autrement dit de la science livrée à elle-même remplaçant la sagesse. De sorte que toutes nos sociétés s'orientent vers le modèle chinois, qui est actuellement le système technicien le plus abouti.

 

Le grand défi de notre temps sera donc de retrouver l'intelligence du cœur pour briser cette dynamique délétère qui nous confine toujours plus dans ce totalitarisme technicien et dans une immoralité hypertrophique. Alors les autres problèmes se résoudront. Mais évidemment, l'intelligence du cœur ne saurait venir sans un réel repentir, sans une conversion, sans un retour à la Source de la sagesse et de l'amour qui, seule, pourra durablement nous délivrer des mauvais pasteurs, du troupeau des esclaves zombiesques, et du joug du péché. Puissiez-vous prendre aujourd'hui cette bonne résolution.

 

Voir aussi :  Science ; Système technicien et technolâtrie ; Covid-19


Vaccinez votre âme !

nov./déc. 2021

Vous nous avez peut-être déjà croisé en ville ou en forêt à vous tendre un de ces tracts de notre campagne de "vaccination" de l'âme. Vous nous avez snobé, souri, moqué, ou vous vous êtes mis dans une grande colère ; ou au contraire, vous avez pris ce tract et son contenu vous a touché. Quelle que fût votre réaction, sachez que ce message vient du Seigneur pour sauver votre âme. C'est l'évangile présenté succinctement, avec des termes d'actualité. Autrement dit, c'est la base, le premier stade de la foi chrétienne. Si vous êtes déjà chrétien, participez également à cette campagne de "vaccination" de l'âme en téléchargeant le PDF ci-dessous, en l'imprimant (format A5) et en le distribuant autour de vous. Car "celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés." (Ja V, 20)

 

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La Bête et les bêtes

oct. 2021

Ce qui se passe actuellement avec la vaccination ou thérapie génique et le passe sanitaire (ou certificat covid) ressemble à certains égards à la marque de la Bête (Apocalypse XIII). C'est du moins une ressemblance typologique, c'est-à-dire un type ou une préfiguration de la marque de la Bête. Et ce n'est pas la première fois dans l'histoire. Il y a eu par exemple la marque des esclaves dans l'empire romain et plus récemment l'imposition de la carte d'identité avec photographie, la carte bancaire quasi obligatoire, et le passeport biométrique, entre autres. Ce sont là des types de marque de la Bête, comme il y a des types d'antichrist avant la possible synthèse finale, c'est-à-dire avant l'accumulation des imperfections et du mal, le fameux 666. Nous disons possible, car la fin des temps peut arriver n'importe quand, ou peut être repoussée (les prophéties négatives n'étant pas inéluctables).

 

Cependant, force est de constater qu'aujourd'hui plus que hier, la majorité des gens sont prêts. Prêts à être traités comme du bétail, puisqu'ils ont eux-mêmes accepté de devenir des bêtes. Et justement, pour que la Bête domine, il faut qu'il y ait une majorité d'hommes et de femmes réduits à leur animalité. Car les États et les puissances ne pourraient pas vraiment incarner la Bête sans une majorité de sujets bestiaux.

 

Ce que nous venons de dire peut paraître choquant, mais il faut se souvenir que l'humain a effectivement une partie animale en lui. Il ne s'en distingue que par sa partie spirituelle. Or, puisque la majorité a accepté la conception purement matérialiste et techniciste de l'humain, au lieu de la conception biblique et ternaire (corps, âme, esprit), ou même dualiste (corps et âme), il n'est pas étonnant que la plupart des gens ressemblent à ce qu'ils croient être : des animaux ou des machines.

 

Bien entendu, les choses sont toujours plus nuancées. Car il y a des personnes prétendument "spirituelles" qui se comportent de manière purement animale ou machinale, et d'autres plutôt fermées à la spiritualité qui se comportent de manière plus spirituelle. Nous le voyons aujourd'hui. En effet, parmi les personnes qui résistent à la politique pseudo-sanitaire, beaucoup n'ont aucune connaissance biblique. Pourtant ils ressentent quand même plus ou moins cette concentration de mal. Tandis que d'autres personnes qui se disent chrétiennes et qui connaissent un peu la Bible se laissent porter par la vague totalitaire. C'est assez paradoxal, mais ce n'est pas la première fois. Souvenons-nous qu'il y avait relativement peu de chrétiens parmi les résistants au nazisme et au fascisme, tandis que les anarchistes, les communistes ou même les patriotes (dans les pays occupés) étaient plus nombreux.

 

Mais aujourd'hui, d'où vient cette méfiance, voire cette résistance alors que les castes techno-scientiste et politico-médiatique nous jurent que la vaccination est seulement là pour "notre bien et celui des plus fragiles" ? Les antivax et les anti-passe-sanitaire seraient-ils des égoïstes comme la propagande le dit ? La vérité est inverse. L'égoïste est précisément celui qui est prêt à recevoir ses doses sans réfléchir, juste pour obtenir le fameux sésame qui lui ouvrira les portes des cafés, des restaurants, des discothèques, des musées, et des avions pour voyager. C'est ici l'attitude servile et animale : celle qui consiste à fermer les yeux pour faire le lit de la tyrannie. Cependant, nous ne rangeons pas forcément dans cette catégorie toutes les personnes qui ont réellement peur à cause de problèmes de santé (au point d'accepter un traitement en phase d'essai) ni celles qui l'ont fait à contrecœur parce qu'elles risquaient de perdre leur emploi, leur revenu, et donc de ne plus pouvoir couvrir leurs besoins élémentaires (nourriture, logement, etc.). Cette attitude, quoiqu'elle soit aussi fâcheuse, n'est pas aussi animale que celle des vaccinés de loisir.

 

Reste que les résistants ont parfaitement raison et ne sont nullement égoïstes. Car il y a clairement une concentration de mal venant des prétendus vaccins contre le covid et du passe sanitaire. Des prétendus vaccins d'abord, parce que la plupart de ceux qui sont actuellement sur le marché (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, etc.) ont utilisé des cellules de fœtus humains avortés dans l’une ou l’autre phase de leur élaboration. Or l'homicide prénatal est une violation du sixième commandement ("tu ne tueras pas"). En effet, ce commandement concerne spécialement le "sang innocent", c'est-à-dire le sang d'un être humain qui n'a rien fait pour mériter qu'un autre lui enlève la vie (cf. Ex XX, 13 ; XXIII, 7 ; De XIX, 10). Dieu seul peut la retirer. Et si la sainte Loi est flexible en ce qui concerne les cas de légitime défense (puisqu'il existait même des peines de mort pour un certain type de crimes), elle est toujours inflexible en ce qui concerne le sang innocent. De sorte qu'accepter volontairement de se faire injecter l'un de ces funestes produits revient quelque part à se faire complice du mal. Les casuistes hypocrites auront beau essayer de dire le contraire, la vérité triomphera toujours de leurs vaines arguties. Aussi l'ignorance n'est pas une excuse.

 

D'après une tradition juive bibliquement fondée, lorsqu'on avorte d'un enfant ou même qu'on tente d'avorter, la neshamah (âme) qui devait venir au monde va tenter de se venger. C'est-à-dire qu'il y a un potentiel d'énergie négative qui vient autour de la personne qui a avorté et, par extension, de toutes celles qui ont participé de près ou de loin à l'homicide prénatal. Le sang crie jusqu'au ciel, un peu comme lorsque Caïn tua Abel. Or le texte biblique relatif à cet épisode dit littéralement (Ge IV, 10) : "La voix des sangs de ton frère" (kol demé ahîkha). Et ce pluriel semble signifier que c'est le sang d'Abel et celui de ses descendants potentiels qui ont crié vers Dieu. Cette voix réclamait apparemment vengeance, c'est-à-dire justice. Il en va de même lors d'un avortement.

 

En conséquence, il y a vraiment une concentration de mal dans ces vaccins. D'autant qu'il y aurait aussi, paraît-il, des nanoparticules lipidiques (LNP). Le mal s'accentue également en raison de la cupidité de tous ceux qui gagnent de l'argent avec ces produits malfaisants, et surtout à cause des mesures coercitives qui sont prises pour forcer les gens à se faire injecter, notamment par le moyen de ce passe sanitaire. Passe de la honte qui instaure une réelle discrimination et prélude une sorte de crédit social à la chinoise. Tout cela est donc bien antichrist.

 

Mais tandis qu'une véritable ségrégation est instaurée sous nos yeux, les bêtes suisses (et c'est un euphémisme !) viennent de voter massivement pour mettre fin à une discrimination qui n'en est pas une. À savoir pour que les couples homosexuels puissent se marier afin d'accéder légalement au marché répugnant de la procréation artificielle de l'humain. Le mariage pour tous, c'est l'enfant pour tous. C'est l'extension de la chosification et de la marchandisation de l'être humain. Pratique qui était bien sûr déjà démoniaque pour les couples hétérosexuels (infertiles). Mais voilà l'abomination redoublée.

 

Bref, tout nous montre que le mal progresse de tous les côtés. La Bête immonde prend ainsi de l'ampleur parce qu'elle est nourrie par des peuples bestiaux. La Bible nous révèle d'ailleurs que la Bête monte de la mer, et la mer symbolise vraisemblablement les peuples (Ap XIII, 1). L'autre Bête, qui monte de la terre et qui est déjà établie au service de la première Bête, symbolise entre autres la propagande, la police, la technique, ainsi que les fausses religions et les fausses Églises, puisqu'elle est aussi appelée "faux prophète" (Ap XIII, 11-16 ; XVI, 13). Fausses Églises qui depuis des siècles enseignent la soumission à la Bête et combattent la véritable Église et les partisans du Royaume de Dieu.

 

En définitive, et pour mieux cerner ce qui est en train de se passer actuellement, il est indispensable de bien comprendre que la bestialité ou la possession démoniaque découle directement de la civilisation technicienne et de la technolâtrie. Si bien que le mot "bête" devient presque désuet : les mots "machine", "robot" ou "automate" seraient plus appropriés. Car une machine peut être pire que la pire des bêtes sauvages, non seulement à cause de sa capacité de nuisance, mais aussi parce qu'elle n'a aucune espèce de sensibilité. Par conséquent, résister à la Bête "machine" est non seulement un devoir religieux mais aussi un devoir humain.

 

Voir aussi : Regard sur l'Apocalypse ; Le système antichrist ; Covid-19 ; Effondrement moral ; Système technicien et technolâtrie


Anarchisme chrétien : Piotr de Goniądz (v. 1525-1573) et Marcin Czechowic (v. 1532-1613)

septembre 2021

À l'heure où l'inquisition techno-sanitaire s'apparente de plus en plus à celle de l'Église romaine d'autrefois ; à l'heure où les hétérodoxes sont poursuivis et discriminés sous le nom de complotistes ; à l'heure où le faux prophète qui siège au Vatican tient le même discours que la Bête immonde ; à l'heure où les hédonistes (la majorité) sont prêts à se faire esclaves et à vendre leur âme pour espérer jouir encore quelques années dans leur corps de mort… bref, à cette heure particulière qui nous rappelle les heures les plus sombres de l'histoire, il est bon de se souvenir des hétérodoxes du passé qui ont osé transgresser la doxa dominante pour penser librement et se rapprocher de la vérité. Les théologiens polonais Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de cette minorité d'hommes qui méritent le nom d'hommes et le beau nom de chrétiens. Car il n'est d'hommes que ceux qui refusent d'être réduits à leur animalité, et il n'est de chrétiens que ceux qui préfèrent suivre le Christ plutôt que les autorités.

 

Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic sont des théologiens polonais, pionniers du mouvement anabaptiste unitarien en Pologne-Lituanie.

 

Au XVIe siècle, alors que les réformés radicaux étaient persécutés un peu partout, aussi bien par les catholiques que les protestants, la Pologne était devenue une terre d'asile pour de nombreux chrétiens hétérodoxes, en raison de la tolérance religieuse du roi Sigismond II (1548-1572). Ceci favorisa l'émergence et le développement des idées de la réforme radicale en Pologne et en Lituanie (après l'union des Deux Nations en 1569). C'est donc là que se constituèrent les premières communautés antitrinitaires, et, dans une moindre mesure, en Transylvanie et en Moravie.

 

Si les théologiens antitrinitaires – c'est-à-dire ceux qui rejettent le dogme d'un Dieu unique en trois Personnes distinctes et consubstantielles – furent relativement nombreux dans l'histoire, peu d'entre eux ont articulé le rejet du dogme de la Trinité, la recherche d'une explication de l'Unité Divine et des Trois Noms (Père, Fils, Saint-Esprit) plus proche de la lettre des Écritures, avec les considérations politico-sociales du christianisme primitif et le rejet du pédobaptisme. Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de ces rares hommes qui ont fait ce travail remarquable pour tenter de retrouver l'esprit du christianisme primitif, autrement dit du judéo-christianisme. Les Bracia polscy ("frères polonais") des premiers temps de l'Église mineure étaient sur cette ligne théologique. Lire la suite…


Révolution ou tyrannie

août 2021

L'histoire nous enseigne que tout pouvoir politique est par essence tyrannique, quel que soit le régime sous lequel il se cache. Et s'il est par moment modérément autoritaire, respectant certaines libertés des sujets, il évoluera tôt ou tard en tyrannie, proportionnellement au degré de servilité d'un peuple. N'en déplaise aux progressistes, tout progrès n'est pas forcément souhaitable. Demandez donc à un malade ce qu'il pense du progrès de sa maladie. Or, le pouvoir de l'homme sur l'homme ou de la machine sur l'homme est une maladie maligne. En effet, le virus de la couronne a toujours fait bien plus de dégâts que n'importe quel autre virus, si bien que s'il fallait se prémunir contre une maladie, il faudrait commencer par trouver un remède contre le pouvoir.

 

Ce qu'on appelle révolution fut le moyen trouvé par les anciens pour stopper le progrès de cette maladie du pouvoir. La Révolution française de 1789 en fut un illustre exemple. Elle mit fin à l'Ancien Régime, c'est-à-dire à cette odieuse monarchie absolue qui se disait de "droit divin" pour mieux légitimer son droit d'exploiter les hommes du tiers état (soit la majorité de la population). L'aristocratie avait pratiquement tous les droits sur ce cheptel humain, y compris parfois le droit de cuissage.

 

La naissance de la Suisse fut aussi consécutive à une sorte de révolution, quoi qu'en disent les historiens bourgeois. C'est d'ailleurs probablement à dessein que la date du premier août 1291 a été choisie comme point de départ de la Confédération. Car le pacte qui fut signé à ce moment-là est nettement moins subversif que la conjuration menée par les confédérés en novembre 1307 (ou peu avant), sur la prairie du Grütli. Pourtant, d'après les sources anciennes, c'est bien lors d'une réunion secrète que les confédérés auraient juré de se libérer du joug des Habsbourg. Et c'est suite à cela qu'ils auraient détruit des châteaux et que les Schwytzois, après une excommunication jugée arbitraire, attaquèrent l'abbaye d'Einsiedeln qui se trouvait sous la tutelle des Habsbourg. Puis que ces mêmes confédérés, pour la plupart paysans et sans expérience militaire, écrasèrent l'armée du duc Léopold Ier  d'Autriche, lors de la bataille de Morgarten (1315). Incontestablement, la Suisse est née d'une sorte de jacquerie teintée d'idéaux chrétiens, d'où la croix blanche sur fond rouge qui apparaîtra comme étendard suisse à partir de la bataille de Laupen (1339).

 

Hélas, les révolutions sont souvent des palliatifs qui atténuent les symptômes de la maladie du pouvoir, sans agir sur sa cause. De sorte que la tyrannie revient souvent au galop. La révolution, comme son étymologie l'indique, devient alors un retour en arrière. En France, comme dans pratiquement tous les pays, l'aristocratie a été remplacée par la bourgeoisie, et le servage par le salariat. Louis XVI et sa cour sont aujourd'hui habillés en costume deux pièces et se disent républicains. Ils n'ont peut-être pas le droit de cuissage (encore que), mais peuvent décider d'un coup de tête d'enfermer tous les hommes du tiers état, de les contraindre à s'injecter une dose d'un produit douteux, et de pourrir la vie de ceux qui n'en voudraient pas. Ils s'arrogent ainsi un droit sur les corps, comme les nobles d'autrefois.

 

En Suisse, les Habsbourg ne viennent plus d'Autriche et ne portent plus le nom de cette dynastie, mais l'esprit habsbourgeois s'est néanmoins perpétué au sein de la classe possédante, laquelle se couvre désormais des oripeaux de la démocratie semi-directe pour mieux asseoir son pouvoir.

 

Voilà donc en gros ce qu'est le progrès des progressistes : une même logique, un même ordre, mais une domination plus subtile sous des noms différents. Évidemment, la majorité d'un peuple qui consent à rester esclave participe au statu quo politique ; la majorité hédoniste qui se satisfait des pains et des jeux contribue à la tyrannie. Ainsi la minorité consciente a au moins deux ennemis politiques redoutables : les maîtres et les esclaves consentant (ou ignorant).

 

Mais il y a un troisième ennemi qui peut s'avérer encore bien plus redoutable : soi-même. Le combat contre soi-même est le premier et le plus important combat à mener, car c'est à l'intérieur de chacun de nous que naissent à la fois la volonté de puissance ou l'orgueil et la lâcheté ou l'acédie. Ainsi la tyrannie du péché peut asservir notre âme d'une manière bien plus funeste que la tyrannie politique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les révolutions ont toujours fini par être un retour en arrière. Toutefois, en acceptant le goel Jésus-Christ et son sacrifice expiatoire pour le salut, et en suivant son chemin, la tyrannie du péché n'a plus le pouvoir de tuer notre âme ; et ainsi la foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la sagesse, la tempérance et le courage peuvent détrôner la volonté de puissance, l'orgueil, la lâcheté, l'avarice, l'indifférence, etc. Et d'une manière analogue, ce qui se passe pour l'individu peut être transposé au corps social. Plus nous aimerons le Saint (béni soit-il !), plus nous reconnaîtrons sa Loi comme seule législation, plus nous œuvrerons pour son Règne, plus nous avancerons vers la terre promise et plus la tyrannie s'éloignera de nous.

 

Cependant, qui ne veut pas avancer vers la Christocratie devra se contenter de rester dans le désert de la tyrannie.

 

Voir aussi : Révolution et Christocratie


La parabole du tournoi de foot

juillet 2021

Il y a bien longtemps, des hommes trouvèrent un terrain abandonné et en friche. Après l'avoir défriché, ils confectionnèrent quelques ballons et se mirent  à jouer régulièrement au foot, tous ensemble. Les matchs restaient amicaux et il n'y avait pas vraiment de compétition. Chacun prenait soin du terrain et s'en sentait responsable, car tous en profitaient. Mais un jour, quelques-uns des plus avides et roublards d'entre eux prétendirent que ce terrain leur appartenait. La plupart de ceux qui avaient pris l'habitude de jouer sans réfléchir les crurent. Mais quelques autres, qui connaissaient encore l'histoire de ce terrain, s'y opposèrent. Alors les hommes déterminés à le posséder s'en emparèrent avec violence, dans le silence complice de la majorité. C'est ainsi qu'ils en devinrent propriétaires.

 

Désormais, tous ceux qui voulaient jouer sur ce terrain devaient leur payer une taxe et donc travailler pour eux. Eux, c'était l'équipe des jaunes. Cette dernière organisa ensuite un tournoi de foot mixte avec ses propres règles du jeu. Des règles censément honnêtes et égalitaires qui devaient permettre à la meilleure équipe de remporter tout ou partie du terrain, ou aux meilleurs joueurs de rejoindre l'élite, c'est-à-dire l'équipe des jaunes. Au début, deux autres équipes se formèrent : l'équipe des rouges et l'équipe des bleus. Tout le monde partait à égalité, sauf, évidemment, l'équipe des jaunes, qui avait 10 points d'avance, puisqu'elle jouait à domicile. C'était aussi la seule équipe professionnelle, car les membres des autres équipes jouaient à côté de leur travail. Cependant, tout le monde en convenait. "Que le meilleur gagne !", disait-on.

 

Au fil des matchs et contre toute attente, les rouges et les bleus commencèrent à gagner quelques points, et ce malgré le fait que leurs meilleurs éléments les quittaient pour rejoindre l'équipe des jaunes. Se sentant menacée, cette dernière se mit alors à soudoyer les arbitres et les juges de touche (qu'elle avait pourtant elle-même placés), de telle sorte que de plus en plus de fautes étaient sifflées et que les cartons rouges pleuvaient. Cependant, les matchs truqués commençaient à se voir de plus en plus et cela déplut au public. Des rumeurs de trucage circulaient un peu partout. Les journalistes avaient beau essayer de les démentir, en répétant que toutes ces fautes sifflées et tous ces cartons rouges étaient justifiés, mais rien n'y faisait. Le public restait dubitatif, car il trouvait curieux que ces fautes et ces cartons profitassent toujours à la même équipe.

 

Face au scepticisme grandissant du public, l'équipe des jaunes fut poussée dans ses retranchements. C'est alors qu'elle trouva une parade ingénieuse pour éclipser ces rumeurs embarrassantes, tout en cassant la dynamique des équipes adverses. Avec l'aide des médias, elle mit les projecteurs sur d'autres problèmes, par exemple les différentes discriminations – réelles ou fictives – qui sévissaient dans les équipes, ainsi que leur responsabilité commune dans la dégradation du terrain, nécessitant par conséquent des réformes et de nouvelles taxes. Tout cela créa des disputes et des divisions au sein des équipes adverses, si bien qu'il se forma de nouvelles équipes,  notamment : l'équipe des bruns, l'équipe des verts, l'équipe des roses et l'équipe des arcs-en-ciel. Divisés comme jamais, l'équipe des rouges et l'équipe des bleus ne gagnaient plus aucun match, d'autant que leurs meilleurs éléments partaient toujours pour rejoindre l'équipe des jaunes. En outre, pour prévenir un possible retour en force de ces équipes, les jaunes firent installer des caméras de surveillance dans les vestiaires, officiellement pour lutter contre les vols.

 

Ainsi les jaunes réussirent à garder leur titre et regagner le cœur du public qui, comme un seul homme, chantait à nouveau ses louanges…

 

Voir aussi : Propriété, État, Banque, Capitalisme


Justice préventive, ou la nouvelle mesure techno-fasciste pour la "paix" et la "sécurité"

juin 2021

Imaginez que vous soyez un jour inculpé, inspecté, toisé, confiné, assigné à résidence, voire mis en détention provisoire sans que vous n'ayez commis la moindre infraction. Sans doute clameriez-vous d'abord votre innocence et répéteriez-vous qu'il y a erreur sur la personne. Mais que penseriez-vous si l'on vous disait que vous êtes coupable de devenir un criminel ? que les algorithmes de la machine sont formels et que cela a été confirmé par la police fédérale ; que même si vous n'avez commis aucun crime, vous pourriez très bien en commettre un. Car tout vous incrimine : vos centres d'intérêt, vos opinions religieuses et politiques, votre situation sociale, votre race, etc.

 

Vous croyez peut-être que cette introduction relève de la science-fiction ? Eh bien, détrompez-vous! Cette dystopie s'appelle "justice préventive" (ou prédictive) et elle est en passe de devenir une réalité dans nos démocraties technocratiques, à l'instar de la médecine préventive (d'où l'actuelle contrainte vaccinale par le moyen d'un passeport).

 

En Suisse, pas plus tard que le 13 juin prochain, le peuple devra se prononcer sur ce nouveau paradigme judiciaire, lequel ne lui sera bien sûr pas présenté en ces termes. Car en général, les lois scélérates sont toujours emballées de manière à convaincre une majorité d'électeurs déjà suffisamment formatée par la propagande pour suivre les recommandations de vote du CF et du Parlement, ou alors incapable de lire entre les lignes ou même de dépasser l'intitulé. De sorte que les lois scélérates sont souvent ratifiées par le peuple lui-même.

 

L'objet servant à introduire la justice préventive en Suisse s'intitule "loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme" (MPT). La majorité va donc très probablement mordre à l'hameçon, puisque dans l'opinion publique le mot "terrorisme" est étroitement lié aux attentats terroristes islamistes. Pourtant, au sens de cette loi, comme au sens de la "loi fédérale sur le renseignement" qui fut acceptée par le peuple en 2016, et qui permet de surveiller légalement à peu près tout le monde, la définition du terrorisme est beaucoup plus large : "les actions destinées à influencer ou à modifier l'ordre étatique", et même "la propagation de la crainte" peuvent être considérées comme des activités terroristes. Cette définition est donc assez inquiétante, d'autant que l'interprétation revient à la police fédérale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle plusieurs organisations suisses de défense des droits humains se sont constituées en comités référendaires – d'où le fait que l'objet est soumis en votation populaire.

 

L'enjeu est en effet énorme, mais le réveil des défenseurs des droits de l'homme est un peu tardif. Car si l'on comprend un peu la logique du système techno-capitaliste, cette évolution de la justice était prévisible. En effet, la substitution de la "présomption d'innocence" par la "présomption de culpabilité" se manifestait déjà par les dispositifs totalitaires comme la vidéosurveillance. De fait, le néo-fascisme était devenu clairement identifiable au moins à partir de l'USA Patriot Act de 2001. Car c'est là que l'empire a réellement commencé sa chasse aux terroristes tous azimuts, allant du réel criminel au simple lanceur d'alerte comme Julian Assange. Les États vassaux n'avaient plus qu'à suivre le pas.

 

Tout cela s'est bien sûr toujours développé au nom de la paix et de la sécurité, indépendamment du fait que ces notions sont détournées. Car chacun sait ou devrait savoir que c'est d'abord l'État et l'industrie de l'armement qui forment le premier foyer de la guerre et de l'insécurité. Cependant, face au matraquage de la propagande sécuritaire, les quelques contradicteurs étaient souvent bien désarmés. Car pour les vulgaires, s'opposer aux mesures sécuritaires revient presque à tolérer le crime et l'insécurité.

 

Ainsi la Bête immonde étend-elle ses tentacules du contrôle et de l'asservissement grâce à ce type de discours. C'est pourquoi nous trouvons dans les Saintes Écritures cette parole prophétique (I Th V, 3) : "Quand les hommes diront : Paix et sécurité ! alors une ruine soudaine les surprendra…" Contextuellement, au premier niveau de lecture, ce passage fait référence à la mentalité de l'humanité de la fin des temps, c'est-à-dire de cette humanité corrompue qui aura commis tellement de péchés qui "crient vers le ciel" que le jour du Seigneur surviendra pour le jugement dernier. Dans le passé, l'humanité prédiluvienne et les gens de Sodome la préfiguraient.

 

Alors, sans forcément prétendre que nous vivons ces temps – puisque l'apocalypse est conditionnelle –, il est pour le moins intéressant de relever que les valeurs partagées par l'humanité apocalyptique sont curieusement les mêmes que celles que partagent la plupart de nos contemporains. En effet, les vulgaires veulent une paix et une sécurité à n'importe quel prix, quitte à devenir des paillassons, des épaves de servitude, des esclaves consentants, des animaux domestiques (darwinisme aidant !). À l'inverse, la conscience révolutionnaire et la soif de liberté naissent chez les hommes qui savent qu'ils ont une âme et qui ne voudraient la vendre pour rien au monde. Or, puisque ces derniers sont à même de comprendre l'imposture des discours de paix et de sécurité de Babylone, principale instigatrice de la guerre et de l'insécurité, il se pourrait bien qu'ils soient un jour poursuivis comme des criminels par cette justice préventive. Nous voilà prévenus !

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie ; Eskhatos ; Regard sur l'Apocalypse ; La Suisse de l'injustice


Retouche de l'article "anarchisme chrétien"

mai 2021

Sur ce site, il arrive assez fréquemment que nous complétions un article dès que nous en avons le temps et l'occasion. Car, comme un dessin, chacun de nos textes est d'abord un croquis qui devient ensuite une ébauche jamais vraiment achevée. Autrement dit, tout est toujours un premier jet. Pour ce mois-ci, nous avons retouché l'article sur l'anarchisme chrétien en y ajoutant notamment quelques figures emblématiques. Et parmi celles-ci, une figure dissidente du IVe siècle, puisque nous avons souvent répété que le christianisme a commencé à déchoir à partir de cette période… À découvrir ici.


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