Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps. 


Anarchisme chrétien : Piotr de Goniądz (v. 1525-1573) et Marcin Czechowic (v. 1532-1613)

septembre 2021

À l'heure où l'inquisition techno-sanitaire s'apparente de plus en plus à celle de l'Église romaine d'autrefois ; à l'heure où les hétérodoxes sont poursuivis et discriminés sous le nom de complotistes ; à l'heure où le faux prophète qui siège au Vatican tient le même discours que la Bête immonde ; à l'heure où les hédonistes (la majorité) sont prêts à se faire esclaves et à vendre leur âme pour espérer jouir encore quelques années dans leur corps de mort… bref, à cette heure particulière qui nous rappelle les heures les plus sombres de l'histoire, il est bon de se souvenir des hétérodoxes du passé qui ont osé transgresser la doxa dominante pour penser librement et se rapprocher de la vérité. Les théologiens polonais Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de cette minorité d'hommes qui méritent le nom d'hommes et le beau nom de chrétiens. Car il n'est d'hommes que ceux qui refusent d'être réduits à leur animalité, et il n'est de chrétiens que ceux qui préfèrent suivre le Christ plutôt que les autorités.

 

Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic sont des théologiens polonais, pionniers du mouvement anabaptiste unitarien en Pologne-Lituanie.

 

Au XVIe siècle, alors que les réformés radicaux étaient persécutés un peu partout, aussi bien par les catholiques que les protestants, la Pologne était devenue une terre d'asile pour de nombreux chrétiens hétérodoxes, en raison de la tolérance religieuse du roi Sigismond II (1548-1572). Ceci favorisa l'émergence et le développement des idées de la réforme radicale en Pologne et en Lituanie (après l'union des Deux Nations en 1569). C'est donc là que se constituèrent les premières communautés antitrinitaires, et, dans une moindre mesure, en Transylvanie et en Moravie.

 

Si les théologiens antitrinitaires – c'est-à-dire ceux qui rejettent le dogme d'un Dieu unique en trois Personnes distinctes et consubstantielles – furent relativement nombreux dans l'histoire, peu d'entre eux ont articulé le rejet du dogme de la Trinité, la recherche d'une explication de l'Unité Divine et des Trois Noms (Père, Fils, Saint-Esprit) plus proche de la lettre des Écritures, avec les considérations politico-sociales du christianisme primitif et le rejet du pédobaptisme. Piotr de Goniądz et Marcin Czechowic font partie de ces rares hommes qui ont fait ce travail remarquable pour tenter de retrouver l'esprit du christianisme primitif, autrement dit du judéo-christianisme. Les Bracia polscy ("frères polonais") des premiers temps de l'Église mineure étaient sur cette ligne théologique. Lire la suite…


Révolution ou tyrannie

août 2021

L'histoire nous enseigne que tout pouvoir politique est par essence tyrannique, quel que soit le régime sous lequel il se cache. Et s'il est par moment modérément autoritaire, respectant certaines libertés des sujets, il évoluera tôt ou tard en tyrannie, proportionnellement au degré de servilité d'un peuple. N'en déplaise aux progressistes, tout progrès n'est pas forcément souhaitable. Demandez donc à un malade ce qu'il pense du progrès de sa maladie. Or, le pouvoir de l'homme sur l'homme ou de la machine sur l'homme est une maladie maligne. En effet, le virus de la couronne a toujours fait bien plus de dégâts que n'importe quel autre virus, si bien que s'il fallait se prémunir contre une maladie, il faudrait commencer par trouver un remède contre le pouvoir.

 

Ce qu'on appelle révolution fut le moyen trouvé par les anciens pour stopper le progrès de cette maladie du pouvoir. La Révolution française de 1789 en fut un illustre exemple. Elle mit fin à l'Ancien Régime, c'est-à-dire à cette odieuse monarchie absolue qui se disait de "droit divin" pour mieux légitimer son droit d'exploiter les hommes du tiers état (soit la majorité de la population). L'aristocratie avait pratiquement tous les droits sur ce cheptel humain, y compris parfois le droit de cuissage.

 

La naissance de la Suisse fut aussi consécutive à une sorte de révolution, quoi qu'en disent les historiens bourgeois. C'est d'ailleurs probablement à dessein que la date du premier août 1291 a été choisie comme point de départ de la Confédération. Car le pacte qui fut signé à ce moment-là est nettement moins subversif que la conjuration menée par les confédérés en novembre 1307 (ou peu avant), sur la prairie du Grütli. Pourtant, d'après les sources anciennes, c'est bien lors d'une réunion secrète que les confédérés auraient juré de se libérer du joug des Habsbourg. Et c'est suite à cela qu'ils auraient détruit des châteaux et que les Schwytzois, après une excommunication jugée arbitraire, attaquèrent l'abbaye d'Einsiedeln qui se trouvait sous la tutelle des Habsbourg. Puis que ces mêmes confédérés, pour la plupart paysans et sans expérience militaire, écrasèrent l'armée du duc Léopold Ier  d'Autriche, lors de la bataille de Morgarten (1315). Incontestablement, la Suisse est née d'une sorte de jacquerie teintée d'idéaux chrétiens, d'où la croix blanche sur fond rouge qui apparaîtra comme étendard suisse à partir de la bataille de Laupen (1339).

 

Hélas, les révolutions sont souvent des palliatifs qui atténuent les symptômes de la maladie du pouvoir, sans agir sur sa cause. De sorte que la tyrannie revient souvent au galop. La révolution, comme son étymologie l'indique, devient alors un retour en arrière. En France, comme dans pratiquement tous les pays, l'aristocratie a été remplacée par la bourgeoisie, et le servage par le salariat. Louis XVI et sa cour sont aujourd'hui habillés en costume deux pièces et se disent républicains. Ils n'ont peut-être pas le droit de cuissage (encore que), mais peuvent décider d'un coup de tête d'enfermer tous les hommes du tiers état, de les contraindre à s'injecter une dose d'un produit douteux, et de pourrir la vie de ceux qui n'en voudraient pas. Ils s'arrogent ainsi un droit sur les corps, comme les nobles d'autrefois.

 

En Suisse, les Habsbourg ne viennent plus d'Autriche et ne portent plus le nom de cette dynastie, mais l'esprit habsbourgeois s'est néanmoins perpétué au sein de la classe possédante, laquelle se couvre désormais des oripeaux de la démocratie semi-directe pour mieux asseoir son pouvoir.

 

Voilà donc en gros ce qu'est le progrès des progressistes : une même logique, un même ordre, mais une domination plus subtile sous des noms différents. Évidemment, la majorité d'un peuple qui consent à rester esclave participe au statu quo politique ; la majorité hédoniste qui se satisfait des pains et des jeux contribue à la tyrannie. Ainsi la minorité consciente a au moins deux ennemis politiques redoutables : les maîtres et les esclaves consentant (ou ignorant).

 

Mais il y a un troisième ennemi qui peut s'avérer encore bien plus redoutable : soi-même. Le combat contre soi-même est le premier et le plus important combat à mener, car c'est à l'intérieur de chacun de nous que naissent à la fois la volonté de puissance ou l'orgueil et la lâcheté ou l'acédie. Ainsi la tyrannie du péché peut asservir notre âme d'une manière bien plus funeste que la tyrannie politique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les révolutions ont toujours fini par être un retour en arrière. Toutefois, en acceptant le goel Jésus-Christ et son sacrifice expiatoire pour le salut, et en suivant son chemin, la tyrannie du péché n'a plus le pouvoir de tuer notre âme ; et ainsi la foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la sagesse, la tempérance et le courage peuvent détrôner la volonté de puissance, l'orgueil, la lâcheté, l'avarice, l'indifférence, etc. Et d'une manière analogue, ce qui se passe pour l'individu peut être transposé au corps social. Plus nous aimerons le Saint (béni soit-il !), plus nous reconnaîtrons sa Loi comme seule législation, plus nous œuvrerons pour son Règne, plus nous avancerons vers la terre promise et plus la tyrannie s'éloignera de nous.

 

Cependant, qui ne veut pas avancer vers la Christocratie devra se contenter de rester dans le désert de la tyrannie.

 

Voir aussi : Révolution et Christocratie


La parabole du tournoi de foot

juillet 2021

Il y a bien longtemps, des hommes trouvèrent un terrain abandonné et en friche. Après l'avoir défriché, ils confectionnèrent quelques ballons et se mirent  à jouer régulièrement au foot, tous ensemble. Les matchs restaient amicaux et il n'y avait pas vraiment de compétition. Chacun prenait soin du terrain et s'en sentait responsable, car tous en profitaient. Mais un jour, quelques-uns des plus avides et roublards d'entre eux prétendirent que ce terrain leur appartenait. La plupart de ceux qui avaient pris l'habitude de jouer sans réfléchir les crurent. Mais quelques autres, qui connaissaient encore l'histoire de ce terrain, s'y opposèrent. Alors les hommes déterminés à le posséder s'en emparèrent avec violence, dans le silence complice de la majorité. C'est ainsi qu'ils en devinrent propriétaires.

 

Désormais, tous ceux qui voulaient jouer sur ce terrain devaient leur payer une taxe et donc travailler pour eux. Eux, c'était l'équipe des jaunes. Cette dernière organisa ensuite un tournoi de foot mixte avec ses propres règles du jeu. Des règles censément honnêtes et égalitaires qui devaient permettre à la meilleure équipe de remporter tout ou partie du terrain, ou aux meilleurs joueurs de rejoindre l'élite, c'est-à-dire l'équipe des jaunes. Au début, deux autres équipes se formèrent : l'équipe des rouges et l'équipe des bleus. Tout le monde partait à égalité, sauf, évidemment, l'équipe des jaunes, qui avait 10 points d'avance, puisqu'elle jouait à domicile. C'était aussi la seule équipe professionnelle, car les membres des autres équipes jouaient à côté de leur travail. Cependant, tout le monde en convenait. "Que le meilleur gagne !", disait-on.

 

Au fil des matchs et contre toute attente, les rouges et les bleus commencèrent à gagner quelques points, et ce malgré le fait que leurs meilleurs éléments les quittaient pour rejoindre l'équipe des jaunes. Se sentant menacée, cette dernière se mit alors à soudoyer les arbitres et les juges de touche (qu'elle avait pourtant elle-même placés), de telle sorte que de plus en plus de fautes étaient sifflées et que les cartons rouges pleuvaient. Cependant, les matchs truqués commençaient à se voir de plus en plus et cela déplut au public. Des rumeurs de trucage circulaient un peu partout. Les journalistes avaient beau essayer de les démentir, en répétant que toutes ces fautes sifflées et tous ces cartons rouges étaient justifiés, mais rien n'y faisait. Le public restait dubitatif, car il trouvait curieux que ces fautes et ces cartons profitassent toujours à la même équipe.

 

Face au scepticisme grandissant du public, l'équipe des jaunes fut poussée dans ses retranchements. C'est alors qu'elle trouva une parade ingénieuse pour éclipser ces rumeurs embarrassantes, tout en cassant la dynamique des équipes adverses. Avec l'aide des médias, elle mit les projecteurs sur d'autres problèmes, par exemple les différentes discriminations – réelles ou fictives – qui sévissaient dans les équipes, ainsi que leur responsabilité commune dans la dégradation du terrain, nécessitant par conséquent des réformes et de nouvelles taxes. Tout cela créa des disputes et des divisions au sein des équipes adverses, si bien qu'il se forma de nouvelles équipes,  notamment : l'équipe des bruns, l'équipe des verts, l'équipe des roses et l'équipe des arcs-en-ciel. Divisés comme jamais, l'équipe des rouges et l'équipe des bleus ne gagnaient plus aucun match, d'autant que leurs meilleurs éléments partaient toujours pour rejoindre l'équipe des jaunes. En outre, pour prévenir un possible retour en force de ces équipes, les jaunes firent installer des caméras de surveillance dans les vestiaires, officiellement pour lutter contre les vols.

 

Ainsi les jaunes réussirent à garder leur titre et regagner le cœur du public qui, comme un seul homme, chantait à nouveau ses louanges…

 

Voir aussi : Propriété, État, Banque, Capitalisme


Justice préventive, ou la nouvelle mesure techno-fasciste pour la "paix" et la "sécurité"

juin 2021

Imaginez que vous soyez un jour inculpé, inspecté, toisé, confiné, assigné à résidence, voire mis en détention provisoire sans que vous n'ayez commis la moindre infraction. Sans doute clameriez-vous d'abord votre innocence et répéteriez-vous qu'il y a erreur sur la personne. Mais que penseriez-vous si l'on vous disait que vous êtes coupable de devenir un criminel ? que les algorithmes de la machine sont formels et que cela a été confirmé par la police fédérale ; que même si vous n'avez commis aucun crime, vous pourriez très bien en commettre un. Car tout vous incrimine : vos centres d'intérêt, vos opinions religieuses et politiques, votre situation sociale, votre race, etc.

 

Vous croyez peut-être que cette introduction relève de la science-fiction ? Eh bien, détrompez-vous! Cette dystopie s'appelle "justice préventive" (ou prédictive) et elle est en passe de devenir une réalité dans nos démocraties technocratiques, à l'instar de la médecine préventive (d'où l'actuelle contrainte vaccinale par le moyen d'un passeport).

 

En Suisse, pas plus tard que le 13 juin prochain, le peuple devra se prononcer sur ce nouveau paradigme judiciaire, lequel ne lui sera bien sûr pas présenté en ces termes. Car en général, les lois scélérates sont toujours emballées de manière à convaincre une majorité d'électeurs déjà suffisamment formatée par la propagande pour suivre les recommandations de vote du CF et du Parlement, ou alors incapable de lire entre les lignes ou même de dépasser l'intitulé. De sorte que les lois scélérates sont souvent ratifiées par le peuple lui-même.

 

L'objet servant à introduire la justice préventive en Suisse s'intitule "loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme" (MPT). La majorité va donc très probablement mordre à l'hameçon, puisque dans l'opinion publique le mot "terrorisme" est étroitement lié aux attentats terroristes islamistes. Pourtant, au sens de cette loi, comme au sens de la "loi fédérale sur le renseignement" qui fut acceptée par le peuple en 2016, et qui permet de surveiller légalement à peu près tout le monde, la définition du terrorisme est beaucoup plus large : "les actions destinées à influencer ou à modifier l'ordre étatique", et même "la propagation de la crainte" peuvent être considérées comme des activités terroristes. Cette définition est donc assez inquiétante, d'autant que l'interprétation revient à la police fédérale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle plusieurs organisations suisses de défense des droits humains se sont constituées en comités référendaires – d'où le fait que l'objet est soumis en votation populaire.

 

L'enjeu est en effet énorme, mais le réveil des défenseurs des droits de l'homme est un peu tardif. Car si l'on comprend un peu la logique du système techno-capitaliste, cette évolution de la justice était prévisible. En effet, la substitution de la "présomption d'innocence" par la "présomption de culpabilité" se manifestait déjà par les dispositifs totalitaires comme la vidéosurveillance. De fait, le néo-fascisme était devenu clairement identifiable au moins à partir de l'USA Patriot Act de 2001. Car c'est là que l'empire a réellement commencé sa chasse aux terroristes tous azimuts, allant du réel criminel au simple lanceur d'alerte comme Julian Assange. Les États vassaux n'avaient plus qu'à suivre le pas.

 

Tout cela s'est bien sûr toujours développé au nom de la paix et de la sécurité, indépendamment du fait que ces notions sont détournées. Car chacun sait ou devrait savoir que c'est d'abord l'État et l'industrie de l'armement qui forment le premier foyer de la guerre et de l'insécurité. Cependant, face au matraquage de la propagande sécuritaire, les quelques contradicteurs étaient souvent bien désarmés. Car pour les vulgaires, s'opposer aux mesures sécuritaires revient presque à tolérer le crime et l'insécurité.

 

Ainsi la Bête immonde étend-elle ses tentacules du contrôle et de l'asservissement grâce à ce type de discours. C'est pourquoi nous trouvons dans les Saintes Écritures cette parole prophétique (I Th V, 3) : "Quand les hommes diront : Paix et sécurité ! alors une ruine soudaine les surprendra…" Contextuellement, au premier niveau de lecture, ce passage fait référence à la mentalité de l'humanité de la fin des temps, c'est-à-dire de cette humanité corrompue qui aura commis tellement de péchés qui "crient vers le ciel" que le jour du Seigneur surviendra pour le jugement dernier. Dans le passé, l'humanité prédiluvienne et les gens de Sodome la préfiguraient.

 

Alors, sans forcément prétendre que nous vivons ces temps – puisque l'apocalypse est conditionnelle –, il est pour le moins intéressant de relever que les valeurs partagées par l'humanité apocalyptique sont curieusement les mêmes que celles que partagent la plupart de nos contemporains. En effet, les vulgaires veulent une paix et une sécurité à n'importe quel prix, quitte à devenir des paillassons, des épaves de servitude, des esclaves consentants, des animaux domestiques (darwinisme aidant !). À l'inverse, la conscience révolutionnaire et la soif de liberté naissent chez les hommes qui savent qu'ils ont une âme et qui ne voudraient la vendre pour rien au monde. Or, puisque ces derniers sont à même de comprendre l'imposture des discours de paix et de sécurité de Babylone, principale instigatrice de la guerre et de l'insécurité, il se pourrait bien qu'ils soient un jour poursuivis comme des criminels par cette justice préventive. Nous voilà prévenus !

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie ; Eskhatos ; Regard sur l'Apocalypse ; La Suisse de l'injustice


Retouche de l'article "anarchisme chrétien"

mai 2021

Sur ce site, il arrive assez fréquemment que nous complétions un article dès que nous en avons le temps et l'occasion. Car, comme un dessin, chacun de nos textes est d'abord un croquis qui devient ensuite une ébauche jamais vraiment achevée. Autrement dit, tout est toujours un premier jet. Pour ce mois-ci, nous avons retouché l'article sur l'anarchisme chrétien en y ajoutant notamment quelques figures emblématiques. Et parmi celles-ci, une figure dissidente du IVe siècle, puisque nous avons souvent répété que le christianisme a commencé à déchoir à partir de cette période… À découvrir ici.


« Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi » (Mc VII, 6)

avril 2021

Lorsque Jésus était sur terre, l'ancien territoire d'Israël se trouvait sous occupation romaine. Le pays était découpé en régions administratives entre la Judée, la Samarie, la Galilée, et les districts de Transjordanie. La société "israélienne" était elle-même fractionnée en diverses coteries politiques et religieuses. Il y avait notamment les hérodiens (partisans de la dynastie d'Hérode, nommé "roi des Juifs" par les Romains) ; les pharisiens (adeptes de la loi orale, à l’origine du Talmud) ; les sadducéens (aristocratie sacerdotale qui collaborait avec Rome, rejetait la loi orale, et niait l'immortalité de l'âme) ; les samaritains (communauté ethno-religieuse "métisse" qui ne reconnaissait que le texte du Pentateuque) ; et les zélotes (révolutionnaires juifs qui prônaient une résistance armée contre l’empire romain).

 

Sous un certain angle, cette société proche-orientale du premier siècle ressemble un peu à nos sociétés modernes. Nos nations sont sous la tutelle des impérialistes (États-Unis et Chine) et/ou des grandes puissances privées (multinationales diverses, firmes technologiques, etc.), et sont aussi extrêmement divisées sur le plan politique, philosophique, religieux, etc. Chacun a sa vérité et défend sa petite chapelle.

 

Or, Jésus est venu encore ajouter la division à la division (Mt X, 35). Une division potentiellement unifiante et salutaire, mais une division quand même. Ainsi remit-il pratiquement tout en question, tant sur le plan politique que religieux. Son message authentique et radical, spirituel et social, dérangea et dérange encore toutes les coteries. Les hérodiens, représentant plutôt la bourgeoisie et la droite politique, ne voulaient certainement pas d'un Messie préconisant l'égalité sociale, car ils craignaient de perdre leurs prérogatives ; les zélotes, représentant plutôt les partis révolutionnaires ou non-bourgeois, voulaient bien d'une révolution politique et sociale mais moins d'une révolution spirituelle ; les pharisiens, ces tenants de la loi orale et d'une lecture biblique allégorique, ne consentaient pas à abandonner une tradition qui leur conférait un statut d'exégètes ; les samaritains, secte "étrangère" et méprisée des autres, se complaisaient trop à cultiver leur différence ; et les sadducéens, représentant le haut clergé conservateur et littéraliste, craignaient de perdre leur position dominante et leurs privilèges en tant que membres de la caste sacerdotale. Enfin, l'empire romain, par l'intermédiaire de son préfet Ponce Pilate, tenait simplement à préserver la pax romana dans le territoire, mettant un point d'honneur à éviter tout trouble à l'ordre public. D'autant que la situation était déjà tendue.

 

Jésus a donc surtout recruté ses disciples dans le prolétariat et le sous-prolétariat. Parmi les douze apôtres, on sait qu'il y avait plusieurs marins-pêcheurs, un publicain repenti (Matthieu) et au moins un révolutionnaire politique (Simon le Zélote). On sait également que l'opposition la plus vive contre Jésus venait de l'élite religieuse. C'est d'ailleurs elle qui, par l'intermédiaire du sanhédrin (dont la plupart des sièges étaient occupés par des sadducéens), fit son procès. Cette petite caste avait préalablement pu compter sur le traître Judas, lequel avait vendu le Christ pour trente pièces d'argent. Cette même élite religieuse instrumentalisa ensuite une foule qui fit pression sur le préfet pour que Jésus soit crucifié. Et Ponce Pilate, par lâcheté politique, céda.

 

Mais pourquoi cette caste religieuse vouait-elle à Jésus une haine implacable ? Il y a bien sûr plusieurs réponses à cette question. L'une d'entre elles est que la religion était devenue un commerce comme un autre et que Jésus critiquait violemment les nantis et le mammonisme, c'est-à-dire une forme de pré-capitalisme. Et en particulier le mammonisme mélangé au sacré. Si bien qu'un jour il renversa même les étalages commerciaux dans le parvis du temple et en chassa les marchands (Mt XXI, 12-13). Or, en faisant cela, il s'attaquait quelque part à la religion partagée par la plupart des hommes.

 

En outre, il affirma que les personnes les plus méprisées de la société juive d'alors, à savoir les prostituées et les publicains, risquaient fort bien de dépasser l'élite religieuse. Car plusieurs d'entre eux s'étaient au moins reconnus pécheurs et s'étaient repentis (Mt XXI, 28-32). Plus scandaleux encore, Jésus dénonça à maintes reprises l'hypocrisie religieuse et annonça qu'Israël n'allait plus être le dépositaire du Royaume de Dieu, lequel serait donné à une autre "nation". Autrement dit que l'élection et la "judéité" ne seraient plus l'affaire d'une race, mais d'un état d'esprit et d'une disposition de cœur (cf. Mt III, 9 ; XXI, 42-46 ; Jn IV, 23 ; cp. Ro II, 29). Voilà entre autres les raisons qui motivèrent la crucifixion.

 

Gardons-nous cependant de croire que ce que Jésus a dénoncé au premier siècle n'est plus d'actualité dans un contexte non-juif. Ce serait là ne rien comprendre à la Parole vivante ni même à l'histoire, qui se répète bien souvent. D'ailleurs, à certains égards, le clergé chrétien est bien pire que le clergé juif d'autrefois, dans la mesure où celui-là prétend reconnaître le Christ et l'honorer tout en faisant l'exact inverse de son message.

 

Pour illustrer notre propos, supposons maintenant que Jésus vienne visiter les Églises modernes et qu'il y dénonce publiquement les riches, l'hypocrisie du clergé et des autres cagots ; qu'il renverse les étalages commerciaux, les idoles et les objets techniques ; qu'il traite le pape d'imposteur et condamne aussi les popes, les pasteurs, les théologiens orthodoxes, protestants, évangéliques, jéhovistes, etc. les accusant de mélanger le profane et le sacré ; qu'il jette l'anathème sur le mammonisme et la technolâtrie. Quelle serait alors la réaction de l'élite religieuse et des cagots en général ? Gageons qu'ils appelleraient immédiatement la soldatesque pour qu'elle arrête ce "sacrilège", cet "agitateur", ce "forcené". Ils ne réclameraient peut-être pas qu'il soit crucifié, car ce genre de condamnation n'est plus dans les mœurs d'aujourd'hui, mais leur esprit serait identique à celui des calotins du premier siècle.

 

Cette parole reste donc d'une affligeante actualité : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi."

 

À l'heure où l'on commémore la Passion et la Résurrection du Christ, il est bon de se souvenir que le vrai Jésus, celui des Évangiles, n'est pas ce personnage doucereux et mythologique que nous présentent les religions institutionnelles ; ce n'est pas non plus un leader de start-up, amateur de pop-rock, de développement personnel et de nouvelles technologies ; ce n'est pas davantage un adepte de régime végétarien, de New Age, de pensée positive et de yoga ; ce n'est pas non plus un partisan de l'État d'Israël ni au contraire un militant pro-palestinien ; ce n'est pas non plus un sympathisant des mouvements féministes et LGBTQ ; etc.

 

Non, le vrai Jésus des Évangiles n'est rien de tout cela. Il est en réalité trop clivant et trop révolutionnaire pour être admis au sein des coteries pseudo-chrétiennes. C'est la raison pour laquelle elles l'ont remplacé par un Jésus à leur image, un Jésus qui accepte la religion du commerce et le culte des technologies. Et c'est justement ce type de christianisme homodoxe et bourgeois qui a fait le lit de cette pseudo-fête de Pâques où l'argent règne et où se vendent les petits œufs et les lapins en chocolat. Une fête qui correspond mieux à leur véritable religion : une religion antichrist.

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Le système antichrist


Derrière le voile de la démocratie bourgeoise

mars 2021

Le 7 mars 2021 le peuple suisse est appelé à utiliser son hochet politique, à savoir son droit de vote. C'est un droit auquel les citoyens helvètes sont très attachés car il leur donne l'impression de faire l'histoire et d'être libres. C'est un droit d'autant plus intéressant pour la classe possédante qu'il lui fait l'effet d'être légitime. C'est donc, en apparence, gagnant-gagnant. Surtout que les objets soumis à la votation populaire passent d'abord par les filtres du pouvoir et qu'en plus les Suisses votent généralement comme il faut, c'est-à-dire selon les intérêts bourgeois. Tout semble donc rouler dans le pays d'Heidi. Le spectacle de la démocratie trouve encore son public, malgré le récent passage en force de la technologie 5G.

 

Ce mois-ci, la votation populaire est placée sous le signe identitaire, puisque deux des trois objets ont trait à cette question. Voyons cela de plus près.

 

Le premier objet concerne cette fameuse initiative d'extrême-droite (UDC) intitulée "oui à l'interdiction de se dissimuler le visage", visant particulièrement les quelques femmes musulmanes intégralement voilées dans notre pays. Pour le comité d'initiative, il s'agirait de lutter contre un islam radical mais aussi contre "les personnes qui se dissimulent le visage avec des visées criminelles et destructrices [sic]". Objet pour le moins cocasse à l'heure où le techno-scientisme nous somme de nous masquer un peu partout. Mais cette question serait de toute façon curieuse, car elle supposerait qu'il n'y a qu'une seule manière de s'habiller et que le voile intégral serait un signe d'oppression de la femme, tandis que les tenues lascives seraient l'expression de leur libération. Alors qu'il s'agit en réalité de deux aliénations.

 

Le deuxième objet porte sur cette sinistre pièce d'identité numérique que les technocrates veulent absolument mettre en place. Bien entendu, la question posée n'est pas : "Êtes-vous pour ou contre l'identité électronique ?", car celle-ci a déjà été décidée en amont par les firmes technologiques et les puissances d'argent qui tiennent les politiques, mais concerne plutôt ses modalités. À savoir si des entreprises privées pourront devenir des émetteurs de pièces d'identité ou si cela doit rester de la responsabilité de l'État. Naturellement, il vaut mieux refuser cet objet pour ne pas donner davantage de pouvoir aux entreprises privées en leur cédant nos données, mais la vraie question n'est pas là. Car même si pour l'heure on nous assure que l'identité électronique restera facultative, on peut s'attendre à ce que le manque d'alternative transforme progressivement le facultatif en contrainte par voie de conséquence. C'est d'ailleurs ce qui s'était produit avec les premiers documents d'identité et avec bien d'autres affaires.

 

En outre, dans un pays prétendu "libre", on ne devrait pas discuter des chaînes plus ou moins longues, mais plutôt des moyens de s'en délivrer. Il faudrait donc pouvoir parler sérieusement de l'abolition même de toute pièce d'identité. Car c'est une marque de subordination et d'oppression. En tous les cas, il faudrait que toute pièce d'identité puisse toujours restée facultative ou du moins que chacun puisse choisir la forme qui lui convient (avec ou sans photo, biométrique ou pas, etc.). Voilà donc le vrai sujet. Tout le reste n'est que divertissement.

 

Qu'on ne nous parle donc pas de l'oppression de la femme intégralement voilée, car derrière ce genre de voile peut se cacher le visage d'une belle femme excessivement pudique, tandis que derrière le voile de la démocratie bourgeoisie se cache le visage hideux de l'esclavage. Esclavage majoritairement consenti, certes, mais esclavage quand même. Or, est-il acceptable de forcer une minorité consciente à subir cet état sous prétexte que la majorité daigne rester dans les fers ? Nullement ! D'autant que le Seigneur veut nous en affranchir (Jn VIII, 32 ; Ga V, 1). Par conséquent, il faudrait abolir tous les dispositifs de l'esclavage moderne, et la démocratie bourgeoise en fait partie…

 

Voir aussi : Propriété, État, banque, capitalisme ; Système technicien et technolâtrie


« L'arbre de la science n'est pas celui de la vie »

février 2021

Cette formule, que l'on doit au poète britannique Byron, résume très bien le problème de l'humanité au regard de la science.

 

En effet, le péché originel de l'homme est d'avoir voulu être savant plutôt que sage. C'est l'orgueil d'avoir cru pouvoir devenir comme Dieu par la connaissance, au lieu de conserver et développer l'image de Dieu à travers la sagesse et l'obéissance à la Loi. Telle est l'interprétation que l'on peut tirer de la Genèse lorsqu'elle nous parle de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et que cette histoire soit figurée ou non n'a aucune importance, car l'essentiel est surtout le sens spirituel. Lire la suite...


Le Seigneur vomira les tièdes

janvier 2021

S'il est un reproche qui nous a souvent été fait depuis que nous sommes en Christ, c'est d'être trop radical et de faire du prosélytisme !

 

Dès notre premier album de rap cette critique a été entendue. Mais elle ne nous a jamais tellement affecté, non seulement parce que c'est une fierté pour nous de porter l'étendard de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, mais aussi parce que nous n'ignorons pas que toute production littéraire ou artistique est une forme de propagande. Seul l'objet ou le contenu diffère. De la pop frivole à la techno abrutissante, du metal satanique au gangsta rap, en passant par la chanson politique, rien n'est vraiment neutre. Tout est chargé de valeurs.

 

Évidemment, il n'est pas très surprenant que des profanes réagissent plutôt mal lorsqu'ils sont confrontés à la vérité chrétienne, tant le contraste entre les valeurs du Christ et celles du monde est grand. Le contraire serait plus étonnant (sauf, bien sûr, dans le cas d'un procès de conversion).

 

En revanche, nous avons été beaucoup plus surpris de retrouver le même type de réactions chez ceux qui sont censés connaître et professer le Christ. Par exemple, chez les éditeurs ou libraires pseudo-chrétiens qui, pareils à leurs homologues laïques, ont refusé de diffuser nos livres, implicitement pour la plupart et explicitement pour d'autres. Certains ont parlé pour l'ensemble en nous faisant comprendre que le message que nous portions était trop radical, trop révolutionnaire, trop anarchiste, autrement dit trop proche du christianisme primitif. Les arguments allégués par ces tièdes ont parfois été d'une malhonnêteté inouïe. Un directeur d'édition nous assura même qu'il connaissait bien la Bible et que notre message n'était pas vraiment chrétien. Car lui défendait obstinément l'idée de la double allégeance (à Christ et aux autorités), comme tous ceux qui opèrent par découpage biblique et qui sélectionnent un texte tout en rejetant les autres, sans même tenir compte de l'esprit de la lettre. Un procédé malheureusement bien connu et très commode pour justifier la bassesse. Cependant, comme une confirmation de son égarement, ce directeur fut immédiatement confondu sur un autre plan, puisque nous apprîmes fortuitement que son édition avait publié le livre d'un faux prophète qui avait annoncé le retour de Jésus-Christ pour septembre 2015 (avant de différer la date au mois de décembre de la même année). Ce directeur ignorait apparemment le passage où il est dit que nul ne peut connaître le jour et l'heure du retour du Christ (Mt XXV, 13). À moins bien sûr que les raisons commerciales aient prévalu sur son "biblicisme", puisque la foi imaginaire et le charlatanisme se vendent bien.

 

Bref, quelle que soit la raison de leur pusillanimité commune, ces personnages ne sont finalement que le reflet de la plupart des chrétiens homodoxes, lesquels ont trahi depuis longtemps le message du Christ. Ces gens sont si flasques, si conformes et timorés qu'ils semblent déjà s'être soumis au système antichrist avant même d'y être menacés. Ainsi redoutent-ils d'être traités d'intégristes ou de fanatiques, ou même d'être associés de quelque manière à des disciples ainsi perçus. Cette lâcheté est tout simplement lamentable et tellement éloignée de l'esprit des premiers chrétiens dont beaucoup, rappelons-le, ont souffert le martyre pour leur foi.

 

Mais de nos jours, quoi ? Il faudrait avoir honte d'essayer de porter sa croix et de suivre le chemin étroit de Jésus-Christ, alors même que les fanatiques de football, de photographie, de jeux vidéos, de technologies, de cuisine, de sexe, de timbres et de tant d'autres choses se complaisent dans l'exacerbation de leur vanité. Autrement dit, il serait normal de se glorifier des choses charnelles et périssables, et anormal ou suspect de poursuivre les choses spirituelles et impérissables. Les mondains sont fiers d'être les esclaves du système et nous devrions rougir de vouloir servir le Royaume de Dieu. Cette inversion des valeurs a malheureusement contaminé l'ensemble du corps social, jusque les Églises elles-mêmes.

 

Mais comment en est-on arrivé là ? La réponse à cette question est encore à chercher du côté de la double allégeance et du syncrétisme que beaucoup ont suivi malgré l'avertissement de notre Seigneur (Mt VI, 24). Ainsi ont-ils travesti le message du Christ avant de se travestir eux-mêmes, pour sombrer toujours plus profondément dans les vices les plus abjects. Ceci explique pourquoi certains d'entre eux soutiennent les LGBTQ et l'avortement, et que la plupart ont intégré les cultes païens de notre époque, notamment le mammonisme et la technolâtrie.

 

Ils ont cru pouvoir servir deux maîtres et ont fini par délaisser l'Unique pour servir le mauvais, bien qu'ils feignent ou s'autopersuadent d'être chrétiens. Mais ils oublient que ceux qui ont honte du Seigneur et de ses paroles, le Seigneur aussi aura honte d'eux (Mc VIII, 38). Le Christ dit même qu'il vomira les tièdes (Ap III, 16) : "Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche." Les froids sont les incroyants, les chauds sont les fidèles, et les tièdes sont précisément cette engeance d'homodoxes. Le Seigneur préfère encore les froids aux tièdes, tout simplement parce que ceux-là ne se font pas passer pour ce qu'ils ne sont pas, et que certains d'entre eux pourront sentir un jour leur profonde misère et se convertir au Sauveur. Alors que les tièdes, eux, connaissent la Parole du Seigneur et savent qu'elle nous engage dans un chemin difficile, tout opposé à celui du monde. Mais ils demeurent indifférents, et au lieu de se repentir et de transmettre fidèlement le saint message, ils s'obstinent à tordre la vérité pour essayer de la rendre conforme au fumier du monde. Aussi leur culte est devenu un tas d'immondices, un panthéon où siège un faux Christ prônant une grâce et un amour mondains aux côtés des nouvelles idoles que sont l'argent et la technique.

 

Ainsi, par ce verbe vomir, le Seigneur a voulu nous faire comprendre à quel point les tièdes le dégoûtent et à quel point nous devrions également être dégoûtés par eux. Que le Saint, béni soit-Il, nous aide donc à les repérer, à nous séparer d'eux, à discerner le vrai du faux et à devenir toujours plus bouillant pour l'amour de son saint Nom et de son Royaume. Ce sont nos vœux pour cette nouvelle année…


Le virus de la couronne

décembre 2020

Il y a souvent deux manières de lire et d'interpréter les évènements. Il y a une manière littérale et une manière spirituelle. Comme avec la Bible. Les deux manières ne s'excluent pas forcément mais se complètent, à l'instar des deux femmes d'Abraham qui, selon l'interprétation spirituelle ou allégorique, représentent deux alliances (cf. Galates IV, 22-30).

 

Un même type d'analyse peut être réalisé en ce qui concerne la pandémie actuelle de coronavirus et tout ce qui s'ensuit. On peut lire cette mésaventure littéralement, c'est-à-dire comme l'histoire d'un virus qui est sorti accidentellement de Chine et qui s'est rapidement propagé dans la plupart des pays en raison des mouvements de population. Un virus contre lequel les dirigeants politiques et scientifiques du monde entier feraient du mieux qu'ils peuvent pour freiner la progression. Et si normalement "gouverner c'est prévoir", rien dans cette affaire n'aurait été prévu. Pas la moindre ingénierie sociale. On peut bien sûr se contenter de cette lecture un peu naïve et ne pas chercher au-delà. On peut croire que les dirigeants sont au service du peuple, qu'ils sont bienveillants, qu'ils travaillent pour l'intérêt général et le bien commun. Il est même possible de croire que les médias de masse disent la vérité, bien qu'ils se trouvent entre les mains des États ou des grandes fortunes.

 

Cependant, pour chercher réellement la vérité ou simplement avant de mieux croire, il est parfois utile de douter un peu et de prendre connaissance de l'antithèse. Il faut donc savoir qu'il existe d'autres lectures un peu moins crédules de la situation. Par exemple : un virus sorti d'un laboratoire ou un laisser-faire volontaire, accompagné d'une diffusion massive de la peur en vue de vacciner le plus de gens possible et d'accélérer la transition vers le tout-numérique (télétravail, télémédecine, monnaie électronique, etc.). Mais aussi de rendre plus acceptable une société sous surveillance accrue. Autrement dit, il pourrait s'agir d'une de ces "peurs structurantes" qui permettraient de mettre en place "les bases d'un véritable gouvernement mondial", pour reprendre les mots de l'économiste français Jacques Attali*. Naturellement, une telle lecture sera jugée "complotiste" ou "hérétique" par les tenants de l'orthodoxie politique. Et c'est bien normal. Il n'empêche qu'il est probable que la vérité soit au moins un mélange entre le prévu et l'imprévu, la planification et l'accident, comme pour le 11 septembre 2001.

 

Il y a également une interprétation plus spirituelle. Dans l'article du mois de mars/avril 2020, nous avions parlé des animaux shaqats – qu'il faut "avoir en horreur", c'est-à-dire ne pas consommer selon la Bible –, dans l'hypothèse où l'origine du virus serait dû à une consommation de chauve-souris ou de pangolin. Par ailleurs, nous avions également relevé le fait curieux que ce virus ait pris naissance à Wuhan, haut lieu de la technolâtrie mondiale sélectionné en 2019 comme première zone de démonstration pour la cinquième génération (5G) de système cellulaire. En tout cas, le symbole n'est pas anodin.

 

Mais pour qu'une analyse spirituelle soit plus complète, il ne faut pas négliger la sémantique. Car le sens profond des mots nous apporte souvent un éclairage intéressant. En l'occurence, le mot "coronavirus" signifie étymologiquement "virus à couronne" ou "virus de la couronne". D'abord, bien sûr, en raison de son aspect. Quant au mot "pandémie", il est tiré du grec pan demos, c'est-à-dire "tous les peuples", mais un rapprochement peut aussi être fait avec le grec pan daimon, c'est-à-dire "tous les démons", duquel vient notre mot pandémonium. Or, chez les Anciens, le Pandémonium renvoyait à la capitale supposée de l'enfer avant de désigner, par extension, un lieu où règne la corruption et le désordre.

 

Ces mots nous donnent donc à réfléchir sur la situation présente. Spirituellement, ils peuvent nous signifier que ni les dirigeants ni les peuples ne sont habilités à porter la couronne, c'est-à-dire à régner et à faire des lois. Car tous les régimes politiques non christocratiques sont des usurpations de pouvoir qui font en définitive le jeu des démons. Ainsi les nations finissent-elles toujours en tyrannie, en pandémonium, parce qu'elles refusent de reconnaître le seul vrai Juge, Législateur, et Roi. Or, en rejetant le Roi-Sacrificateur, en rejetant celui qui s'est fait serviteur de tous et qui n'a été coiffé sur terre que de la couronne d'épines, la majorité des hommes sont destinés à rester les esclaves d'une minorité de tyrans, voire de leurs propres instruments. Et par conséquent à vivre non seulement une vie temporelle médiocre et ratée, mais aussi et surtout à ne point voir la félicité éternelle qui attend ceux qui reconnaissent le seul vrai Roi.

 

Car refuser d'accepter et de servir le Christ, c'est refuser de sortir du pays d'Égypte, du système d'esclavage pour cheminer vers la patrie promise, la liberté, puisque nul ne peut espérer trouver celle-ci en dehors de la Voie qui mène à Celui qui en dispose pleinement. Et cognoscetis veritatem, et veritas liberabit vos…

 

 

*Cf. Jacques Attali, "Avancer par peur", L'Express, 6 mai 2009.


Sinisation et corruption systémique en Suisse

novembre 2020

Derrière les oripeaux d'une démocratie modèle et d'une classe dirigeante presque aussi "honnête" que les démocrates-chrétiens nordiques se cache en Suisse une corruption quasi systémique. Le silence complice des médias de grand chemin et des pseudo-Églises nous avait jadis poussé à dénoncer quelques cas dans une rubrique consacrée. Travail d'investigation que nous n'avions pas pu poursuivre faute de temps et de moyens. Mais certaines de nos analyses ont été confirmées ces derniers mois. Nous dénoncions par exemple le fait qu'un pays soi-disant "neutre" comme la Suisse ait pu soutenir l'indépendance du Kosovo albanais et qu'elle eût même patronné ses élites mafieuses, lesquelles étaient pourtant déjà suspectées de crimes de guerre, de trafic d'armes, et de trafic d'organes (voir notamment les déclarations des procureurs généraux Dick Marty et Carla Del Ponte à ce sujet). Or le tribunal spécial pour le Kosovo a récemment inculpé le président kosovar Hashim Thaçi et ses complices de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Ces mêmes sulfureux personnages qui avaient reçu l'appui d'une partie non négligeable de la classe politique suisse, notamment à travers les fonds d'aide au développement. Cependant, malgré cette nouvelle révélation, on s'étonne qu'aucune "tête" ne soit encore tombée. Il n'y a même pas eu l'ombre d'un mea culpa de la part des Micheline Calmy-Rey et consorts. Au contraire, plusieurs politiciens suisses de cette engeance pro-UÇK continuent d'exercer leur fonction en toute impunité et dans une indifférence générale. À croire que le sang des Serbes n'a aucune valeur et qu'ils constituent, aux yeux de plusieurs, les nouveaux untermenschen.

 

Mais ce n'est pas tout. Nous avons également appris qu'un accord discret entre la Suisse et la Chine a été conclu pour permettre aux agents secrets de cette dictature technocratique d'espionner des réfugiés politiques sur notre territoire. Là encore, c'est un véritable scandale. Que l'on songe seulement aux persécutions menées par le régime chinois contre les chrétiens et les musulmans ouïghours, ou même contre certains Hongkongais. Certes, quelques rares politiciens et ONG se sont dits choqués par cette révélation, mais pour l'heure il n'y a eu aucune suite. Nul ne sait exactement qui a signé cet accord ni même s'il y aura des répercussions. Les traîtres semblent ainsi bénéficier d'une protection systémique, un peu comme à l'époque où certains notables collaboraient avec l'Allemagne nazie. L'histoire se répète.

 

Pendant ce temps, l'État continue de traquer les petits délinquants et d'humilier les plus pauvres en faisant croire à la population mal informée, donc manipulable, que les abus et les malhonnêtetés de certains prolétaires et sous-prolétaires justifient une surveillance massive ainsi que des rabotages dans les assurances sociales. Le flicage à la manière chinoise semble d'ailleurs gagner du terrain. En revanche, nul ne s'offusque de la corruption des élites ni d'apprendre qu'un milliardaire comme Blocher touchera une rente annuelle de plus de 200'000 francs pour son service politique. Les manipulations et les discours sécuritaires sont d'ailleurs si puissants que la population suisse a même accepté que l'on dépense six milliards de francs pour acquérir de nouveaux avions de combat. C'est dire !

 

Toujours dans ce même temps, les dirigeants justifient des mesures préventives contre le Covid-19 au nom de la santé publique, tout en acceptant le déploiement de la 5G, et cela sans tenir aucun compte des mises en garde de plusieurs scientifiques et des réticences d'une partie importante de la population. On pourrait se demander pourquoi ils sont si précautionneux pour un "danger" et pas pour l'autre. Mais la réponse semble assez simple : parce que la santé publique ne pèse pas aussi lourd que l'argent des entreprises de télécoms et des autres acteurs techno-scientistes.

 

Alors, avant de croire à l'utilité des nouveaux avions de combat pour se protéger d'ennemis extérieurs venant du ciel, les Suisses feraient bien de réfléchir sur les ennemis intérieurs qui menacent réellement l'intégrité du pays et l'intérêt général. Cela ne coûte pas 6 milliards de francs, mais juste un peu de temps et de réflexion. Malheureusement, le brillant réveil qui prédit d'un plus beau jour paraît loin d'arriver. Car la plupart des Suisses sont encore, et peut-être plus que jamais, sous anesthésie générale…

 

Voir aussi : La Suisse de l'injustice ; Révolution et Christocratie


Macron ne croit pas au modèle amish, nous si

octobre 2020

Le 14 septembre 2020, le président de la start-up France a prononcé un discours sur l'innovation en se faisant le chantre de la 5G et le pourfendeur des opposants à cette technologie. Goguenard et sûr de lui-même, l'ancien banquier de chez Rothschild a notamment prononcé cette phrase : « La France est le pays des Lumières, le pays de l’innovation. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. »

 

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, les technolâtres ont l'habitude d'utiliser la communauté amish comme épouvantail pour effrayer toute personne un peu trop réticente face aux prétendus "progrès" techniques. « Vous ne voulez quand même pas revenir à la bougie comme les Amish ! », disent-ils souvent avec condescendance. Et cela fait mouche, surtout auprès des gens qui n'ont qu'une connaissance limitée de l'histoire et des Amish. Ainsi le communicant qui a écrit le discours de Macron pense avoir touché juste pour qu'un maximum de gens adhèrent plus facilement à la délétère 5G.

 

Or, cette phrase nous interpelle pour au moins deux raisons. D'une part, parce que nous sommes technocritique et donc forcément opposé à la technologie 5G ; et d'autre part parce que, sans être Amish, nous appartenons à la même famille spirituelle qu'eux, à savoir celle du christianisme primitif et de la Réforme radicale.

 

Nous souhaitons donc répondre à ce vaniteux président français au nom de nos frères amish. Car si leur modèle n'est peut-être pas le paradis sur terre, s'il y a évidemment quelques points discutables, nous pouvons néanmoins affirmer que leur société est nettement plus enviable que les nôtres. Les Amish ne font peut-être pas de grands discours sur les droits de l'homme et sur l'environnement ; ils n'organisent pas de COP21 pour sauver la planète et n'inscrivent pas partout « Liberté, Égalité, Fraternité ». En revanche, ils essaient de vivre humblement leurs convictions chrétiennes. Et cela marche bien mieux que la République en marche et toutes les autres démocratures.

 

Environnementalistes et décroissants, les Amish l'étaient bien avant tout le monde. Du moins, bien avant les Verts et tous les autres écotartuffes. Les Amish ne polluent pratiquement pas et pratiquent une agriculture biologique depuis fort longtemps.

 

Libertaires ? les Amish le sont aussi plus que nous. Ils n'ont pas participé aux guerres mondiales, ils n'ont pas de carte d'identité et n'installent pas de caméras de surveillance. Ils ne sont pas esclaves d'internet, des téléphones mobiles, des réseaux sociaux ou de la pornographie. Dans leur société, ce n'est pas l'efficacité d'une technique qui est déterminante, mais plutôt la vie de la foi et le bien-être de l'homme. Chaque nouvelle technique est ainsi analysée en fonction de ces critères. Un collège d'anciens, avec l'aide des Écritures et de l'Esprit Saint, choisit d'accepter ou de refuser chaque nouvelle technique qui lui est présentée. Cela sans tenir aucun compte de la facilité qu'elle pourrait apporter. Car chez eux, les moyens ne sont pas des fins. Ils sont au-dessus de l'argent et de la machine, et non l'inverse. Autrement dit, ils ne font pas semblant d'analyser les choses pour finalement les justifier comme ces hypocrites comités d'éthique. Ils ne deviennent pas non plus l'instrument de leurs instruments, contrairement à ce qui se passe chez nous. Par ailleurs, certains Amish fument le tabac qu'ils cultivent, mais ne prennent généralement pas d'antidépresseurs, d'anxiolytiques ou d'autres drogues (contrairement à plus d'un quart des Français). Aussi sont-ils généralement en meilleure santé que la plupart des autres occidentaux.

 

Égalitaires ? les Amish nous dépassent aussi largement sur ce point. En principe, il n'y a ni riche ni pauvre dans une communauté amish. Les bijoux sont proscrits, y compris l'anneau de mariage (tradition futile). L'entraide et le bien commun priment sur la compétition. La volonté de puissance est mal vue et les plus forts apprennent depuis leur plus jeune âge à aider les plus faibles. Les handicapés sont bien intégrés et pris en charge par la communauté. Car dans la véritable pensée chrétienne, il n'existe pas de surhommes ou de sous-hommes. En revanche, il n'y a pas chez eux ce pseudo-égalitarisme libéral qui consiste à indifférencier les genres. Hommes et femmes ont des rôles différents mais complémentaires, et chacun en convient. Il n'y a pas de féminisme, tout simplement parce que le don et le service sont des choses honorables et honorées, et qu'il n'est pas besoin d'être un dominant et d'écraser l'autre pour exister. Au contraire. Il y a donc aussi moins de troubles d'identité chez eux.

 

Enfin, fraternels, les Amish le sont aussi davantage que nous. Conscients que nous descendons tous d'un même ancêtre (Adam), ils savent nous sommes à l'origine d'un même sang. Ce qui compte surtout, c'est notre appartenance spirituelle. Certes, les Amish reconnaissent les races (issues des trois des fils de Noé) et se marient plutôt entre eux, tout simplement parce que les liens de la chair et ceux de la langue peuvent renforcer les liens spirituels. Ils n'exaltent donc pas forcément le métissage, mais ne croient pas pour autant à une race supérieure ou inférieure. Aussi dans leur société la criminalité est faible, voire inexistante.

 

Voilà donc un petit résumé du modèle amish. En comparaison, peut-on faire autant d'éloges du modèle de Macron et des autres nations impies ? Certainement pas. Car que voit-on dans nos sociétés dites "progressistes" ? Violences, délinquance, drogues, suicides, vols autorisés, pillages, mafias, prostitution, pornographie, sodomisme, voyeurisme, exhibitionnisme, prédations, manipulations, destruction de la création, pédophilie, homicides prénataux, eugénisme, procréation artificielle, réification et marchandisation des enfants, etc. Bref, la liste des maux et des horreurs de nos sociétés serait bien trop longue à faire. Le modèle de Macron n'est rien d'autre qu'un techno-capitalisme, c'est-à-dire une société où règnent l'argent, la machine et la loi du plus fort. Rien de bien glorieux en vérité.

 

Bref, quiconque fera l'effort de creuser un peu la question en dépassant les clichés de la propagande technicienne s'apercevra que le modèle amish est nettement supérieur aux nôtres. La communauté amish est une société de vie, basée sur le Christ et l'amour, tandis que nos sociétés puent la mort comme Sodome et Gomorrhe. D'ailleurs, le fait que dans nos sociétés les gens sont de plus en plus réticents à faire des enfants de manière naturelle – sans parler des nombreux homicides prénataux et suicides – prouve bien que nous vivons dans des sociétés de mort. Il suffit aussi de comparer les enfants amish aux techno-zombies de nos régions pour s'en convaincre. Nous avons peut-être l'électricité, des voitures, des smartphones, des ordinateurs, mais à quoi bon tout cela sans amour, sans liberté, sans égalité, sans fraternité, et surtout sans connaître et suivre la Voie, la Vérité et la Vie ?

 

Au reste, la communauté amish est une vraie réponse à tous nos détracteurs qui prétendent que la Christocratie sur terre est une pure utopie. Car ce qu'ils ont fait à petite échelle de manière imparfaite au cœur de Babylone est un exemple vivant de ce qui pourrait être fait à plus grande échelle, avec quelques aménagements. Que Dieu bénisse donc le modèle amish et que Babylone périsse…

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie


La bonne et la mauvaise rébellion

sept. 2020

Il y a peu, le réputé pasteur américain John MacArthur et les anciens de son Église ont décidé de ne plus obtempérer à l'injonction du pouvoir concernant l'interdiction des rassemblements religieux au nom de la lutte contre le Covid-19. L'Église Grace Community a en effet publié une lettre ouverte intitulée Christ, not Caesar, Is Head of the Church ("Le Christ, et non César, est le chef de l'Église") expliquant les raisons de cette "désobéissance civile". En substance, cette déclaration affirme, sans trop remettre en question le dogme de la soumission aux autorités basé sur Romains XIII, que le pouvoir civil n'a pas le droit d'intervenir dans les affaires ecclésiastiques. Car l'Église est soumise à un ordre supérieur. Cette position, somme toute très modérée, n'a évidemment pas manqué de heurter les homodoxes les plus serviles.

 

De notre point de vue, au contraire, cette déclaration s'arrête à mi-chemin. Cette Église est certes honorable en ce qu'elle s'expose à des peines pécuniaires, mais l'on regrette quand même un peu qu'elle n'ait pas osé ou voulu pousser le raisonnement plus loin. Car conserver peu ou prou le dogme de la soumission aux autorités, tout en ajoutant que le pouvoir civil n'a pas à s'occuper des affaires de l'Église, revient quelque part à perpétuer le mythe de la double-allégeance qui tiraille les croyants depuis des lustres et produit quantité de chrétiens du dimanche (soumis au monde le restant de la semaine). C'est en outre négliger l'avertissement de notre Seigneur Jésus qui nous a annoncé très clairement que personne ne peut servir deux maîtres (Luc XVI, 13). C'est aussi oublier que la Bête immonde (le pouvoir civil et impie) est totalitaire par essence et qu'elle n'acceptera jamais de laisser trop longtemps quelque domaine échapper à sa juridiction. La liberté religieuse se réduit d'ailleurs comme peau de chagrin un peu partout et les Amish demeurent pour l'instant une exception. Il n'y a donc pas d'équilibre à chercher ici, car il n'y a même pas de dialectique biblique. Les deux règnes sont aujourd'hui totalement opposés. Quant aux propos de saint Paul en Romains XIII, sans trop rentrer dans les détails, il serait grand temps de les voir comme une simple invitation à se résigner parfois de manière partielle et relative à une autorité, tant que celle-ci n'est pas trop éloignée des lois du vrai Législateur. Car nous ne devons reconnaître qu'une seule Arkhé.

 

Bien entendu, nous savons qu'il est encore difficile aux chrétiens biberonnés au lait des Églises institutionnelles de partager la nourriture solide des premiers chrétiens et des réformés radicaux (anabaptistes). Il y a tout un sevrage à faire, mais certains hommes de bonne volonté ne sont pas loin d'y arriver. La rébellion est souvent l'un des obstacles au sevrage, car elle tétanise les bébés spirituels et les empêche de devenir des hommes faits. Certes, dans la Bible le mot "rebelle" ou "rébellion" a souvent une connotation négative et les chrétiens spirituellement borgnes en ont souvent conclu que toute rébellion devait être mauvaise. Si l'on ajoute à cela l'interprétation naïve de Romains XIII, sans tenir compte de l'ensemble de la Bible, on comprend facilement l'origine du conformisme et de la collaboration.

 

Mais il faut rappeler que la Bible ne condamne en réalité qu'une seule forme de rébellion : la rébellion contre Dieu, contre son Règne, et contre sa Loi (cf. De. IX, 24 ; Né. IX, 29 ; Is. I, 28 ; Jé. III, 14 ; Éz. XII, 2 ; etc.). Elle désapprouve aussi, bien sûr, les femmes rebelles aux hommes et les enfants rebelles à leurs parents – supposés être dans la foi ou suffisamment honnêtes pour être respectés. Mais rien de plus. De cette façon, puisque les autorités peuvent être rebelles à Dieu – et la Bible en parle (Is. I, 23 ; Os. IX, 15) –, qu'en est-il de ceux qui les soutiennent ? Ne sont-ils pas aussi de mauvais rebelles ? À l'évidence, oui. Inversement, qu'en est-il de ceux qui, sans forcément être chrétiens, sont plutôt réfractaires aux autorités rebelles à Dieu ? Ils sont incontestablement sur une meilleure voie que les collabos : car en luttant contre l'ordre abject et ses injustices, ils proclament, consciemment ou non, qu'il y a un Ordre et une Justice supérieurs. C'est pourquoi la Bible dit (Ps. LXVIII, 19) : "Les rebelles aussi habiteront près de l'Éternel Dieu." Puissions-nous donc devenir de bons rebelles dans le Seigneur.

 

Voir aussi : Désobéissance civile ; Anarchisme Chrétien


Le vrai christianisme est la foi la moins partagée dans le monde

août 2020

En mai dernier, nous avons eu à cœur d'écrire un courrier à une trentaine de responsables de communauté soi-disant "chrétienne" afin de les mettre en garde contre certaines pratiques païennes, et pour les exhorter à se repentir et à ne plus suivre l'air du temps (technolâtrie, capitalisme, homodoxie, etc.). Un appel qui, semble-t-il, est resté lettre morte. Comme très souvent, la vérité a peu d'écho dans un désert spirituel. Le prophète Jérémie passa plus de vingt-trois ans à prêcher sans succès (Jé. XXV, 3) ; il faut donc s'armer de patience lorsqu'on sert le Seigneur dans les temps d'apostasie.

 

Car pour l'heure, c'est le triomphe de la foi imaginaire, du syncrétisme et du conformisme ; l'imposture règne dans la plupart des start-up religieuses que certains osent encore appeler "Églises". Même le pasteur du supermarché évangélique Porte Ouverte de Strasbourg, qui nous avait pourtant semblé plus réceptif suite à l'épidémie de coronavirus qui a frappé sa communauté, n'a pas donné de signe concret de repentance. Les "cultes" en live continuent ; le profane et le sacré sont mélangés et l'on utilise toujours le nom du Seigneur en vain (Éz. XXII, 26). C'est ainsi que les choses se passent dans cet Occident moderne et pagano-chrétien.

 

Récemment, nous avons appris qu'un "évangéliste" suisse relativement jeune est décédé sur le coup, vraisemblablement en plein prêche. Il se trouve que nous avions rencontré par le passé les "responsables" de cette communauté, lesquels nous avaient assuré être attachés au vrai christianisme. Mais nous avions vite découvert que c'était du bluff. Nous les avions toutefois mis en garde à plusieurs reprises au sujet de leur technolâtrie assumée puisqu'ils ont, comme beaucoup d'autres, la manie de se filmer pratiquement tout le temps. Mais ils n'avaient rien voulu entendre.

 

Il ne s'agit bien sûr pas d'insinuer que cet homme est mort à cause de sa technolâtrie, ni d'accuser qui que ce soit sur le plan individuel, mais simplement de faire remarquer que lorsque le péché est encouragé à un niveau collectif, qui plus est au nom du Seigneur, cela peut être dangereux. Cette communauté aurait dû freiner son délire de filmer tout ce qu'elle fait ou du moins ne pas associer ce culte des images – ou ce culte de soi – à la foi chrétienne. Car c'est incontestablement une forme d'idolâtrie, voire de possession. Mais évidemment, ces personnes semblent prendre la Bible comme un simple bouquin d'histoire au lieu de la lire comme une Parole vivante, de sorte que, pour eux, le commandement de ne pas se faire d'image vise spécifiquement les formes anciennes d'idolâtrie. Ils ne se sentent donc pas concernés. D'ailleurs, à peine cet homme venait-il de mourir que déjà les responsables de sa communauté (en l'occurence ses frères) souhaitaient faire un « ensevelissement livestream », autrement dit une cérémonie funéraire filmée et transmise en direct sur internet. Leur besoin de faire des images est si démesuré que même le dernier hommage – qui aurait plutôt dû être un moment d'intimité, de recueillement et d'humilité – allait être filmé. Quel manque de sagesse et de décence! Nous avons alors tenté d'écrire une dernière fois à l'un des frères pour que cette chose ne se fasse pas. Mais l'intéressé nous a fait comprendre qu'il ne voyait pas de différence entre écrire un texto et filmer, y compris pour une cérémonie funéraire. Nous sommes resté pantois.

 

Mais avec le recul, cette attitude n'est pas si surprenante. Car ces chrétiens technolâtres reproduisent finalement ce qu'avaient fait les catholiques quand ils instituèrent l'iconolâtrie et le culte marial pour compenser le manque d'idoles que le christianisme avait entraîné. Le but étant jadis de séduire les masses vulgaires encore largement païennes, tandis que celui d'aujourd'hui consiste à se conformer et gagner les masses technolâtres. L'esprit est donc le même. Les catholiques ou les orthodoxes ne se sentent pas plus idolâtres avec leur culte des icônes que les néo-protestants avec leur culte de la technique. Tous disent n'adorer que Dieu : icônes et techniques ne seraient pour eux qu'un moyen. Mais précisément, le piège de l'idolâtrie ou de la technolâtrie vient du fait qu'on n'arrive pas toujours à distinguer le moyen de l'idole. L'art chrétien n'est pas forcément un mal, mais la sacralisation des icônes si. Toutes les techniques ne sont pas forcément mauvaises, mais se prendre en photo et se filmer de la naissance à l'enterrement, en passant par les cultes, si. C'est une violation du commandement de ne pas se faire d'image. Et le Nouveau Testament confirme qu'il faut fuir l'idolâtrie (cf. Ex. XX, 4-5 ; I Co. X, 14 ; I Jn. V, 21).

 

En vérité, ces zélateurs du pagano-christianisme moderne suivent leur culture et leurs émotions plutôt que la Bible et l'Esprit de Dieu. D'ailleurs, transporté par la frénésie médiatique, l'un de ces hommes a pu écrire que George Floyd (l'Afro-américain assassiné par un policier blanc au mois de mai) était chrétien. Or, certaines sources laissent entendre que ce malheureux tournait dans des films X et qu'il était videur dans une discothèque. Naturellement, si se filmer de la naissance à la mort n'est pas un mal ni une forme d'exhibitionnisme, peut-être que se filmer en train de copuler ne l'est pas non plus.

 

Nous voilà donc au cœur du problème. Car le beau nom de chrétien a tellement été galvaudé qu'on ne sait finalement plus distinguer le vrai du faux. Pourtant, contrairement à la plupart des traditions religieuses, on ne naît pas chrétien, mais on le devient. Il ne suffit donc pas de se dire chrétien, comme on se dirait juif, musulman, hindouiste ou autres, pour l'être réellement. Il ne suffit pas non plus de parler de Jésus et de sa Grâce pour être son disciple. Mais il faut aimer Dieu et œuvrer pour Son Règne. La foi chrétienne implique une repentance, une attitude pénitente, une conversion, un baptême (d'eau et d'Esprit), mais aussi de porter sa croix, de suivre le chemin étroit et de ne pas se conformer au monde profane, entre autres (cf. Mt. VI, 33 ; VII, 13-14 ; X, 37-39 ; Luc X, 27 ; Ro. XII, 2). S'il en avait été autrement, les chrétiens des premiers siècles n'auraient jamais souffert le martyre pour éviter de se conformer aux coutumes païennes de l'empire romain. Ils auraient accepté l'idolâtrie de leur temps, assisté aux jeux du cirque et participé aux différentes orgies. Mais ce ne fut pas le cas. En conséquence, il faut bien admettre qu'il y a aujourd'hui une majorité d'imposteurs qui se disent chrétiens.

 

« Gardons-nous de juger ! » diront peut-être les pseudo-chrétiens modernes. D'autant que nombre d'entre eux sont sûrement meilleurs que nous à bien des égards. Bons citoyens, de mœurs conservatrices, ils travaillent "honnêtement" pour la techno-dictature et téléchargent peut-être déjà l'application Swiss-Covid pour une meilleure traçabilité. Mais là encore, il y a méprise : avoir une morale plutôt "conservatrice" ne fait pas un chrétien, surtout s'il y a conformisme. Les Deutsche Christen de l'Allemagne nazie avaient, eux aussi, une morale conservatrice, mais ce n'étaient pas pour autant des disciples de Jésus-Christ.

 

Mais alors, qui est chrétien ? Selon les statistiques des technocrates, le christianisme serait la religion ayant le plus d'adhérents dans le monde, soit environ 30% de la population mondiale. Et selon les statistiques officielles suisses, il y aurait à peu près 70% de chrétiens dans ce pays. Qui pourrait sérieusement croire à de pareilles sottises ? Dans un monde et un pays où l'on encourage pratiquement tout ce qui contraire au message du Seigneur (usure, prêt à intérêt, inégalités sociales, oppression, asservissement, injustices, procréation artificielle, eugénisme, surveillance de masse, etc.), comment pourrait-il y avoir autant de chrétiens ? Même divisé par dix, ce nombre serait sûrement encore supérieur à la réalité. Quant à nous, nous sommes classé parmi les incroyants, puisque notre foi n'est pas reconnue par l'État suisse (comme les Anabaptistes autrefois).

 

Nous voyons donc très clairement qu'il y a quiproquo et imposture à tous les niveaux. Le monde actuel est complètement fallacieux. Nos pères spirituels sont morts dans d'atroces souffrances pour ne pas se conformer au paganisme romain. Il en résulte que l'un des traits spécifiques du vrai chrétien est de ne pas se conformer au monde profane et d'essayer de fuir toute forme d'idolâtrie. Autrement dit, d'être iconoclaste, voire aujourd'hui technoclaste. Ainsi, de toute évidence, le vrai christianisme est la foi la moins partagée et pratiquée en Suisse comme dans le reste du monde…

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Confusionnisme évangélique ; L'erreur du papisme ; Système technicien et technolâtrie ; Révolution et Christocratie


« Aucun ne se repent… tous reprennent leur course » (Jé. VIII, 6-7)

juillet 2020

La "pandémie" de coronavirus n'aura pas eu d'effet positif. Les mauvaises habitudes sont vite revenues et les réflexes stupides n'ont pas été balayés par une réflexion collective et salutaire. Comme l'avait dit le physicien britannique Thomas Fuller (1654-1734): "La foule a beaucoup de têtes et pas de cervelle." Nous dirions plutôt "pas d'esprit".

 

Très peu d'hommes ont réalisé que cette épidémie allait servir à accélérer la dictature technicienne. Les incitations au traçage (ou plutôt "traquage") numérique, aux paiements électroniques, au télétravail, etc. s'intensifient. Sans oublier les "philanthropes" qui souhaiteraient vacciner et "protéger" tout le monde. En Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou a même proposé d'implanter une puce sous-cutanée aux enfants pour leur "sécurité". Ce qui a heureusement déclenché un tollé en Israël, surtout dans les milieux religieux qui ne sont pas trop inféodés au pouvoir.

 

En Suisse, l'aliénation technicienne et l'immoralité ont repris de plus belle. Avec l'arrivée des beaux jours, les motards et tous les amis du bruit et de la pollution n'ont pas manqué de nous rappeler à quel point notre civilisation était évoluée et à quel point la liberté d'importuner était sauve. À défaut d'avoir de vraies libertés, autant entretenir les fausses, quitte à déranger tous ceux qui préfèrent le chant des oiseaux au bruit des grosses cylindrées, de la musique techno, du metal ou même du pseudo-rap!

 

Les parlementaires suisses nous ont aussi rappelé combien ils étaient indispensables pour le bien du pays. Non contents d'avoir fait passer la loi contre l'homophobie juste avant le coronavirus, ils proposent maintenant d'ouvrir le mariage aux homosexuels. Un dossier de la plus haute importance pour les techno-libéraux de gauche comme de droite, puisqu'ils s'attendent à un accroissement de la fabrication et de la marchandisation des enfants.

 

Pendant ce temps, les pseudo-églises ont suivi le courant pour se transformer en start-up, notamment en proposant des cultes en "live". Une évolution logique vu la technolâtrie dans laquelle elles étaient déjà plongées. L'Esprit étant absent de ces start-up religieuses, il fallait bien compenser ce manque par un médium technique. Il semblerait par ailleurs que même des funérailles se soient faites en ligne, comme pour nous montrer que la technolâtrie nous accompagne de la naissance à la mort.

 

Mais tandis que le "progrès" progresse, les médias et les suiveurs se sont mobilisés un peu partout contre le racisme, suite à l'assassinat d'un homme noir par un policier blanc aux États-Unis. Nul ne savait encore si le mobile était raciste ou s'il s'agissait d'un abus de pouvoir d'un agent assermenté (comme il y en a souvent), mais tous avaient déjà conclu au meurtre raciste. Cela est peut-être vrai, mais dans le cas contraire ce crime aurait-il été moins odieux ? Et pourquoi monter en épingle cet homicide plutôt qu'un autre ? Difficile de ne pas y voir quelques basses récupérations politiciennes et élitistes. Car où étaient tous ces indignés d'un jour lorsque des policiers avaient éborgné des gilets jaunes? Et où sont-ils lorsque les États assassinent des millions de bébés chaque année? Cette indignation sélective cache évidemment quelque chose. Certains manifestants blancs se sont alors mis à genoux devant des Noirs et leur ont même baisé les pieds. Comme quoi, les impies sont prêts à se repentir devant des hommes pour des crimes qu'ils n'ont pas commis plutôt que devant Dieu pour des crimes qu'ils ont réellement faits. Mais que signifie ce spectacle désolant ? De fait, les élites essaient de nous vendre la lutte des "races", comme ils nous vendent la lutte des "genres", c'est-à-dire des luttes purement charnelles pour mieux diviser les hommes et détourner leur attention des véritables combats à mener: le combat de la foi, la lutte des classes, et la lutte contre la technocratie et la déshumanisation. Aussi essaient-ils de faire culpabiliser les prolétaires et sous-prolétaires blancs au sujet de la traite négrière, alors qu'il est peu probable que leurs ancêtres en aient bénéficié. Historiquement, ce sont plutôt des grands capitalistes et des grands bourgeois occidentaux qui, avec la complicité de marchands arabes et de chefs de tribus africaines, se sont enrichis avec ce commerce infâme. Que les aristocrates, les bourgeois et leurs vassaux cessent donc de salir la mémoire de tous les Blancs et qu'ils aillent eux-mêmes baiser les pieds des hommes noirs si cela leur chantent.

 

En substance, on nous ressort l'esclavage ancien et brutal peut-être pour mieux masquer l'esclavage moderne et subtil. Car le salariat et la technocratie sont des chaînes, même si beaucoup d'hommes y consentent. Par conséquent, il est vain de déboulonner les statues d'esclavagistes d'hier sans dénoncer et déboulonner les esclavagistes d'aujourd'hui. Les hommes n'évolueront réellement que lorsqu'ils feront pénitence devant Dieu et qu'ils diront : "À bas tous les régimes et tous les pouvoirs! Vive la Christocratie!"


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