Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps.


Le football,  arme et reflet de notre société.

juillet 2018

L'économiste Adam Smith (1723-1790), l'un des grands architectes du système capitaliste, estimait nécessaire de maintenir la plèbe dans un état d'ignorance permanente, afin que la minorité patricienne puisse toujours continuer à la régir et à l'exploiter. La division du travail devait concourir à cet effort, et c'est pourquoi Smith a pu écrire: "Un homme dont toute la vie se passe à exécuter un petit nombre d'opérations simples n'a aucune occasion d'exercer son intelligence. Il devient en général aussi stupide et ignorant qu'il est possible à une créature humaine de l'être." Il ajouta néanmoins que l'État se devait d'instruire le peuple, mais à des doses homéopathiques, afin qu'il ne puisse ni trop s'élever (et se rebeller), ni tomber trop bas dans la déchéance. Ses successeurs seront un peu moins scrupuleux que lui: ils estimeront qu'une instruction même minime était trop risquée, et qu'il fallait plutôt donner au peuple une instruction illusoire, c'est-à-dire uniquement quelques bases pour servir le marché, en évitant rigoureusement de lui apprendre à penser de manière autonome. En d'autres termes, la masse devait rester la plus abrutie possible.

 

Pour conserver et optimiser ce malicieux programme, la classe possédante créa la société du divertissement, laquelle deviendra progressivement l'un des outils les plus efficaces et indispensables de l'ordre bourgeois. Ainsi l'esclave moderne, quand il ne travaillera pas pour enrichir son patron et l'État, devra consacrer tout son temps libre à la consommation et à l'exercice de son propre abrutissement. À cette fin, une panoplie de chaînes ont été mises à sa disposition: la pop, la musique électronique, la moto, la télévision, les médias, la publicité, les discothèques, la pornographie, les nouveaux gadgets technologiques, etc. Bref, quantité d'éléments destinés à lui griller la cervelle et à le maintenir dans un assujettissement volontaire. Et parmi ces fers, il faut bien sûr inclure le football, qui est le divertissement sportif par excellence, puisqu'il bénéficie d'une si grande popularité.

 

Prenons le cas d'un couple moyen: si Madame consomme sa dose quotidienne de séries stupides ou de télé-réalité puérile, Monsieur regarde généralement le football avec une passion quasi religieuse, surtout en cette période de coupe du monde. En temps normal, un ouvrier raisonnable, conscient de vendre sa force de travail et sa santé chaque jour pour agrandir la villa de son patron, alors que lui-même ne vit que dans une cage minable où il entend chaque faits et gestes de ses voisins d'infortune, devrait trouver indécent de regarder et soutenir des jeunes prétentieux qui gagnent des millions de dollars pour s'amuser à taper dans un ballon. Il devrait par conséquent éteindre son téléviseur et se poser quelques questions sur le sens de cette société et de sa propre existence. Mais voilà, l'exploité a été si longuement formaté qu'il ne réalise même plus cette évidence: il est désormais incapable de développer une conscience révolutionnaire. Des bières, des chips et du foot !… rien de tels pour oublier sa condition d'esclave moderne.

 

De plus, la coupe du monde offre un formidable espace de "liberté" pour exposer sa fierté nationale. Sur le terrain, le spectateur ignorant croit voir sa nation respective affronter un ennemi dans un combat à mort, et c'est probablement cela qui lui fait battre son petit coeur. C'est aussi la raison pour laquelle lorsque sa "nation" gagne, l'ignorant prend sa voiture, part en trombe, et klaxonne un peu partout pour faire entendre sa joie et montrer ses couleurs, en criant "on a gagné !", comme s'il avait lui-même été de la partie. Dans son inconscient, le terrain de football représente une sorte de champ de bataille, et le footballeur une sorte de guerrier qui "mouille le maillot" pour faire triompher sa nation.

 

Bien évidemment, ce spectateur est complètement aliéné. Non seulement les joueurs de foot n'ont jamais été des guerriers, mais en plus de cela ils s'adaptent à leur temps et à leur système. La plupart d'entre eux ne défendent ni une couleur ni un pays, mais simplement leurs propres intérêts. Comme nos démocraties, l'équipe nationale de football n'est finalement qu'une somme d'intérêts particuliers; et puisque le techno-capitalisme est aujourd'hui mondialisé, les nations et les hommes enracinés ont tendance à disparaître. Par conséquent, s'il nous fallait faire une comparaison avec une bataille, nous dirions que le joueur de foot ressemble aujourd'hui plus à un mercenaire qu'à un "guerrier". Il ne ressent aucune espèce d'attachement pour le pays qu'il est censé représenter, car sa seule patrie est le capital.

 

Cependant, les capitalistes peuvent dormir tranquilles, car il y aura toujours suffisamment de béotiens pour croire que les footballeurs ne jouent pas seulement pour leur petit égo et leur porte-monnaie, mais aussi pour l'honneur d'une nation ou d'une ville. C'est pourquoi ils s'identifient à eux. Et c'est par ailleurs la raison pour laquelle le "nationalisme footballistique" est l'un des seuls nationalismes toléré en Europe de l'Ouest… puisqu'il rapporte.


Cette Suisse qui sourit au totalitarisme techno-capitaliste.

juin 2018

« Rire c'est bon pour la santé ! », avait déclaré en 2016 notre célèbre guignol national Schneider-Ammann, à l'occasion de la journée des malades. Son allocution prononcée sur un ton morose avait alors fait rire le monde entier. Son message avait ainsi pu passer.

 

Mais derrière ses allures de bon Papi un peu ingénu, mais soucieux du bien être des plus fragiles, se cache un véritable techno-libéral prêt à sacrifier les petits paysans sur l'autel du libre-échange. En effet, quelque temps seulement après le "oui" à la votation du mois de septembre 2017 sur la sécurité alimentaire, Schneider-Ammann se rendait déjà en Amérique du Sud pour discuter d'un futur accord de libre-échange avec les ploutocrates du Mercosur. Et quel accord! Pour faire court: il s'agit d'une contrepartie qui prévoit que les compagnies d'assurances et les entreprises industrielles et technologiques suisses pourront vendre leurs produits plus facilement dans cet immense marché qu'est l'Amérique du Sud; en échange de quoi les agriculteurs industriels du Mercosur (qui ne sont pas soumis aux mêmes normes qu'en Suisse) pourront inonder le nôtre de leurs produits alimentaires. En d'autres termes, il s'agit purement et simplement d'un accord qui brade la "sécurité alimentaire", méprise les petits paysans suisses, et snobe les consommateurs de produits locaux!

 

De plus, il s'agit là purement et simplement d'un enfumage, voire d'un déni de démocratie, un peu à l'image de ce qui s'est passé après la votation de 2014 contre l'immigration massive. Certes, nous n'avons jamais été de ceux qui défendent la loi de la majorité, surtout dans un contexte où celle-ci est aussi crétinisée et inféodée qu'aujourd'hui. Cependant, il serait quand même temps de dire la vérité au peuple: la démocratie n'existe pas! et si elle a existé un jour, elle est depuis longtemps morte et enterrée. Le peuple n'est plus souverain nulle part, pas même chez nous où les effets spéciaux paraissaient pourtant plus réels. Désormais, même les objets les plus insignifiants, c'est-à-dire ceux qui passent par tous les filtres disposés par le pouvoir – 100'000 signatures, consentement de l'Assemblée fédérale, contre-projet, etc. – peuvent être révoqués après votation! Voilà la réalité d'aujourd'hui.

 

Mais alors que les technocrates et les ploutocrates foulent au pied le système politique dans lequel la plupart d'entre nous croyaient vivre, les médias complices préfèrent détourner notre attention en parlant continuellement du mauvais temps qu'il fait à l'étranger. Et  lorsqu'ils daignent enfin se saisir de la météo d'ici, c'est généralement pour tenter vainement de nous faire croire qu'il fait beau partout, ou encore pour nous vanter cette nouvelle Helvetia de plus en plus disgracieuse et techno-capitaliste, avec ses fameux hauts-lieux baptisés pompeusement "Drone Valley" ou "Health Valley" (la santé est un secteur d'avenir, car il faudra très probablement compenser les méfaits de la nourriture aux OGM). Bref, cette Suisse 2.0 se pense gagnante, mais elle est particulièrement délétère, enlaidie par les drones et les éoliennes, oppressante par sa vidéosurveillance massive et ses Data centers. Entre autres. Cette Suisse qu'on nous dessine devra dépasser les 10 millions d'habitants pour répondre à l'appel du progrès, et ainsi devenir toujours plus densifiée, toujours plus croissante, toujours plus compétitive, toujours plus urbanisée, toujours plus polluée, technicisée, contrôlée, etc. Autrement dit, c'est une Suisse dans laquelle seuls les flics, les bobos de tous bords, les ingénieurs, les drogués aux gaz d'échappement, et tous les techno-zombies pourront se sentir à l'aise. D'où l'énorme propagande pour conquérir la petite minorité qui demeure encore hermétique au mythe du progrès.

 

On l'aura compris, la politique de Schneider-Ammann et consorts consiste à créer un milieu technique absolument partout: fini les Guillaume Tell ou Heidi, place aux Musk et Zuckerberg!; fini les belles prairies et les montagnes vierges de technique, place à la transition énergétique!; fini toute idée "physiocratique" ou d'autonomie, place au techno-capitalisme!; fini les petites exploitations agricoles suisses, place aux géants de l'agroalimentaire et aux fermes monstrueuses! La Suisse est de moins en moins autonome sur le plan alimentaire, mais par contre elle produit de plus en plus d'objets techniques! De telle sorte qu'en cas de crise ou de pénurie, au moins, nous pourrons toujours manger des robots, des drones, des caméras, ou des pilules. Voilà qui est rassurant.

 

Bref, en dépit de tout cela, Schneider-Ammann disait quand même la vérité: "Rire c'est bon pour la santé !" Voyez en effet la longévité des hommes politiques qui, à force de se moquer du monde, gardent la super pêche…


1968-2018: 50 ans d'imposture et d'illusion.

mai 2018

Il paraît que quelque chose s'est produit en mai 1968; que des révoltes étudiantes et ouvrières ont ouvert la voie à une nouvelle ère de justice, de paix, de liberté et de prospérité. C'est du moins ce qu'en dit la propagande au service du pouvoir, laquelle commémore en ces jours cette révolution bourgeoise. Or, le simple fait que les puissants et les médias de masse puissent fêter mai 1968 devrait rendre cet évènement suspect à nos yeux. Mais que s'est-il passé au juste à partir de 1968?

 

Pour comprendre la nature de cette révolution bourgeoise, il suffit d'analyser quelques slogans de l'époque (ou un peu plus tardifs), tels que: "Il est interdit d'interdire !", "Faites l'amour pas la guerre !"; ou "Mon corps m'appartient !" (employé par les féministes pour légitimer l'avortement). On pourrait encore ajouter le très célèbre "Sexe, drogue et rock'n'roll", qui colle parfaitement bien à cette période, puisque, justement, la jeunesse en vogue se droguait, écoutait de la pop-rock, et faisait l'amour à tout-va. Pédophiles, homosexuels, zoophiles, échangistes, exhibitionnistes et voyeuristes, tous les dégénérés se tenaient par la main en faisant une joyeuse ronde dans un jardin plein de fleurs. La drogue, le rock, le féminisme, la pornographie, l'avortement, voilà précisément la nature de cette révolution. Les prétendus "progrès" que nous connaissons aujourd'hui viennent à l'origine de ce mouvement bourgeois. Ainsi ce nouvel âge nous aurait ouvert les yeux, un peu comme l'arbre de la connaissance a ouvert ceux de nos premiers parents... pour le pire!

 

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le siège de cette nouvelle industrie se situait au comté de San Francisco (USA), où les hippies, sous LSD, posaient déjà leurs valises à la Silicon Valley. Nous connaissons bien sûr la suite de leur heureuse aventure: les anciens dealers et consommateurs de drogue ont en inventé de nouvelles pour asservir les masses. Ces gens et leurs idoles ont donc été, dès le départ, les bons serviteurs du technico-capitalisme. L'idée des puissants avait été d'affaiblir la jeunesse et de la pervertir au maximum, en lui faisant croire, notamment grâce aux paradis artificiels, qu'elle était devenue plus libre. Une technique qui sera reprise plus tard sous une autre forme.

 

Or, sommes-nous vraiment devenus plus libres depuis 68? La réponse est négative. Pour s'en convaincre, il suffit juste de voir toutes ces caméras de surveillance installées autour de nous qui témoignent à elles-seules de la prison à ciel ouvert dans laquelle nous vivons. Aussi, de manière plus générale, le contrôle social a atteint un niveau jamais égalé depuis l'époque nazie. Sans parler du reste: des avortements à n'en plus finir, des tromperies partout, des divorces en masse, des insanités partout, des mensonges à tous les niveaux, des hommes sans honneur ni parole, des injustices qui s'accumulent, des crispations communautaires et raciales (en raison d'une immigration volontairement massive), etc. Bref, les soixante-huitards n'ont été et ne sont rien d'autre que des imposteurs et des illusionnistes, un peu à l'image de ces prétendus écologistes qui détruisent la terre avec des éoliennes, tout en prétendant agir pour l'environnement!

 

Par conséquent, mai 1968 a seulement ouvert la voie à l'illusion de la liberté. Rien de plus. En cela, ce mouvement fut effectivement "révolutionnaire". Sa politique a si bien fonctionné qu'il n'est aujourd'hui même plus besoin de drogue réelle pour que la majorité se sente libre. Cette dernière le croit si fortement qu'elle n'est même plus capable de voir ses chaînes. C'est ici la grande différence entre les esclaves anciens et les modernes: les anciens se savaient esclaves; les modernes se croient libres.

 

Ô combien il est douloureux de se savoir esclave entouré de gens qui se croient libres sous l'effet du Soma*! Certainement, celui qui n'a pas conscience de sa propre aliénation et de sa condition d'esclave vivra probablement mieux sa vie que celui qui réalise avec horreur cet état de fait. Et à y regarder de loin, on envierait presque cet ignare pour son ignorance, tant il semble en jouir. Mais ce serait là une grossière méprise. Car l'ignorance n'enlève en rien la responsabilité. Comme pour le péché, l'homme conscient – c'est-à-dire celui qui se sait pécheur – est certes malheureux de se savoir impur et indigne, mais cette connaissance peut au moins le conduire à genoux au pied de la Croix, pour chercher et trouver la Grâce de Dieu. En revanche, le pécheur qui s'ignore – délibérément ou non – vit généralement mieux sa vie temporelle, sans grande tension ni repentir, mais la colère demeure sur lui! Ainsi l'un sera sauvé, et l'autre damné à jamais. Il en va plus ou moins de même pour la liberté. En définitive, le fait d'ignorer son état d'esclave ne peut conduire l'homme qu'à se révolter pour se remettre sous un nouveau joug; non pour se libérer. Tel fut le résultat réel de la révolution de 1968.

 

"Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres." (Jean VIII, 32)

 

 

* Soma: médicament utilisé par l'État mondial dans le roman Le Meilleur des mondes (Aldous Huxley) 


Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie...

avril 2018

Le 23 mars 2018 la France a subi une nouvelle attaque terroriste. La scène du drame s'est déroulée dans un supermarché où un djihadiste aurait pris en otage une cinquantaine de personnes, avant d'en exécuter quelques-unes, dont un boucher et un gendarme.

 

Suite à cet attentat, on nous informa que les membres des réseaux sociaux s'étaient enflammés; comme si cela avait quelque importance! La plupart condamnèrent bien sûr la barbarie, tandis que d'autres l'approuvèrent presque ouvertement. Ce fut le cas d'une mangeuse de quinoa – autrement dit d'une militante "végane" – qui publia un commentaire cautionnant la mort du boucher. Il faut en effet savoir que pour les membres de cette secte made in USA, la vie des hommes vaut moins que celle des animaux. Et il y a fort à parier que si l'assaillant aurait crié "gloire aux animaux!" ou "vive Peter Singer et la zoophilie!" plutôt que "allahu akbar!", alors aurait-il bénéficié de la sympathie de toute la communauté végane. Mais passons. Un autre acteur des réseaux sociaux, celui-ci membre d'un parti politique de la gauche caviar française, a quant à lui presque applaudi le meurtre du gendarme. Voilà donc deux petits exemples typiques de nos sociétés relativistes et dégénérées. Pourtant, dans ce salmigondis de 2018, la figure du gendarme sort un peu du lot. Arrêtons-nous-y un instant.

 

Quoique de manière générale nous ne tenions pas vraiment en haute estime les gendarmes, policiers ou même militaires ("gens d'armes" assermentés et souvent en première ligne pour défendre et servir l'oligarchie mondiale et le système antichrist), il nous est impossible de rester indifférent à l'acte de bravoure dont a fait preuve ce lieutenant-colonel français. En effet, lors de l'attaque terroriste, Arnaud Beltrame a donné sa vie en échange d'une otage. Il serait ainsi mort en "martyr", selon le vrai sens du terme. Précisément, plusieurs proches du gendarme ont expliqué son geste héroïque par le fait qu'il s'était converti au christianisme. D'abord franc-maçon, comme nombre d'élites françaises, le lieutenant-colonel aurait peu à peu pris ses distances avec la société initiatique, en même temps qu'il cheminait vers le Christ. Ceci explique donc cela. Cet homme a peut-être vécu en gendarme et accessoirement en franc-maçon, mais il est parti comme un digne chevalier chrétien.

 

Son sacrifice, peu avant la fête de Pâques, ne manque pas de nous rappeler le plus grand sacrifice que l'histoire ait jamais connu: celui du Seigneur Jésus-Christ. Lui n'a pas donné sa vie pour épargner temporairement une seule personne, mais pour sauver des milliards d'âmes pour l'éternité. Jésus nous savait tous captifs d'un ennemi bien plus féroce et destructeur que n'importe quel criminel, terroriste, ou tyran: le péché. Ainsi, en se substituant à nous, Jésus, le seul Être parfait, l'Agneau de Dieu sans défaut et sans tache, l'a rendu sans effet définitif pour ses disciples. En dépit d'un tel sacrifice, il n'a pas eu droit à une cérémonie d'hommage national, ni à l'admiration des masses, mais au mépris public. Au début de cette histoire, seule une poignée d'hommes et de femmes crurent en Lui. Mais leur foi ne fut pas vaine. En effet, ni le tombeau ni même les liens de la mort n'ont pu retenir Jésus-Christ, car Il est Ressuscité!

 

Aujourd'hui encore, le Christ nous appelle et propose à chacun d'entre nous de prendre sa place d'otage. Il donne en outre à tous ceux qui ont foi en Lui la possibilité de devenir enfants de Dieu et d'être sauvés pour l'éternité (Jean I, 12; III, 16). C'est ici le message central du vrai Christianisme. Puisse chaque otage répondre à cet appel... 


God bless the Amish !

mars 2018

Ils vivent au cœur de Babylone depuis plus de deux siècles et pourtant ils ont su se préserver des souillures du monde: ce sont les Amish.

 

Issu de la Réforme radicale, plus spécifiquement de la branche pacifique de l'anabaptisme – dans le sillage des "Frères suisses" –, le mouvement amish fut fondé par un Bernois du nom de Jakob Ammann (v. 1644-1730). Persécutés en Suisse, les Amish se réfugièrent un temps en Alsace avant de s'exiler vers le Nouveau Monde, où ils demeurent depuis. Ces vertueux chrétiens ont réussi à traverser les "Révolutions" industrielles et technologiques sans jamais vraiment déchoir, et cela sans grand capital ni "grands" théologiens pour défendre leur cause. Comment donc ces modestes paysans ont-ils fait pour survivre au système technico-capitaliste, sans succomber à ses séductions?

 

Tout d'abord, il faut savoir que les Amish ont toujours eu plus confiance dans la sagesse de Dieu qu'en celle de l'homme. Ainsi ont-ils promptement rejeté le darwinisme et la religion du progrès. D'autre part, ils ont pris au sérieux certaines recommandations bibliques importantes, généralement délaissées par les autres Églises, telles que "Nul ne peut servir deux maîtres" ou encore "Ne vous conformez pas au siècle présent." Par conséquent, se "séparer du monde" leur a paru être le meilleur moyen de se protéger du virus antichrist. En outre, ils se sont efforcés de pratiquer la communauté de biens (Actes II, 43-46; IV, 32-37) et la vraie religion (Jacques I, 27).

 

Aussi pour structurer leur communauté, les Amish ont-ils suivi l'exemple apostolique plutôt que le modèle démocratique ou méritocratique. Ainsi les ministres du culte ne sont pas choisis en fonction de leurs compétences intellectuelles ou sociales, mais plutôt par tirage au sort (Actes I, 21-26), remettant ce choix à Dieu*. Enfin, ils ont préféré vivre plutôt que discourir le christianisme.

 

Contrairement aux idées reçues, les Amish ne sont pas forcément contre toute nouvelle technique: certaines techniques médicales, par exemple, sont tout à fait acceptées. Cependant, à l'inverse de ce qui se fait chez nous, l'impératif chrétien prime toujours sur les autres intérêts. De cette façon, toute nouvelle technologie potentiellement nuisible à l'homme – donc au chrétien – est rejetée. La facilité qu'elle pourrait leur procurer pour accomplir certaines tâches n'est jamais un gage de qualité et surtout d'innocuité, bien au contraire. Ainsi, lorsqu'ils sont confrontés à une nouvelle technologie, les Amish entreprennent un vrai travail d'éthiciens: ils scrutent, interrogent, essaient parfois, puis rejettent s'il le faut. Pour ce faire, ils se basent tantôt sur leur propre intuition – "selon l'Esprit" –, tantôt sur l'Écriture. Par exemple, pour exclure la photo et la vidéo de leur communauté, les Amish se sont appuyés sur un passage du Décalogue: "Tu ne te feras point d'image taillée." (Ex. XX, 4). En outre, puisque la photo et la vidéo encouragent au voyeurisme et à l'orgueil plus qu'à l'humilité et à la retenue, et qu'elles peuvent également servir d'instruments de puissance et de contrôle social – carte d'identité, vidéosurveillance aujourd'hui –, mieux valait-il les proscrire. Et en effet, lorsqu'on voit à quoi servent la plupart du temps ces appareils techniques (selfies, idioties, violences, pornographie, dérives sécuritaires, etc.), comment ne pas leur donner raison?

 

Au reste, les Amish ont aussi rejeté l'électricité, surtout pour ne point devenir trop dépendants de l'État ou de quelque entreprise privée. Par ailleurs, pour respecter au mieux la Terre, création de Dieu, ils ont délibérément renoncé aux voitures et aux tracteurs – leur préférant toujours l'énergie animale – en même temps qu'ils évitaient, dans la mesure du possible, de recourir aux engrais chimiques et aux pesticides pour le travail agricole. Si bien qu'on peut dire que les Amish mangeaient bio avant l'heure! Et quoique certains d'entre eux fument le tabac qu'ils cultivent, ils sont généralement en bien meilleure santé que les non-Amish. On pourrait ainsi multiplier les exemples…

 

Naturellement, tout n'est pas non plus parfait dans leur société. Il existe évidemment quelques excès, comme une légère tendance au légalisme, un certain repli communautaire, quelques règles extra-bibliques, une fermeture démesurée aux arts et à la musique (justifiable s'il ne s'agirait que des "dérives contemporaines"), une communauté laissant trop peu de place à l'individu, ou encore un certain désengagement pour la "Grande Mission" (Matth. XXVIII, 19). Mais malgré tout, cette communauté reste nettement plus enviable – car moins liberticide, moins criminelle, moins vicieuse, moins aliénée – que nos sociétés. Et de manière générale, leur Église demeure aussi en bien meilleure santé que les nôtres. À ce propos, force est de constater que ces humbles agriculteurs – qui ne connaissent généralement ni le grec ni l'hébreu, ni même l'herméneutique – comprennent bien mieux les Écritures et le christianisme que la plupart des théologiens et pasteurs actuels. Voilà donc un joli camouflet et une preuve de plus, s'il en fallait, que toutes nos universités et tous nos savoirs ne servent à rien... sans la sagesse. 

 

Bref, tout cela pour dire que dans l'ensemble la communauté amish est l'une des plus proches du modèle néo-testamentaire, donc christocratique, c'est pourquoi elle nous donne une si belle leçon de vie et surtout un exemple à suivre pour chaque communauté chrétienne. Alors, God bless the Amish!

 

* Source: J. Légeret, L'énigme amish.


Des fausses inégalités pour faire oublier les vraies

fév. 2018

Suite à la médiatisation de l'affaire Weinstein, beaucoup de femmes ont réalisé qu'elles s'étaient fait violer ou harceler il y a quelques mois ou encore plusieurs années. On s'est alors aperçu qu'il était nécessaire que quelque chose se passe d'abord aux États-Unis et soit transmis par les médias de masse pour qu'un crime soit reconnu comme tel, y compris par nombre de ses victimes. Depuis lors, les hashtags #Metoo ou #BalanceTonPorc pullulent sur les réseaux sociaux. Ces cris de ralliement font souvent office de tribunaux populaires aux procédures douteuses: il suffit d'être une femme et de balancer n'importe quel homme pour être entendue et relayée. Ici la présomption d'innocence n'existe pas: délation ou non, l'accusé masculin est déjà coupable. Que les hommes ne se méprennent donc plus: une drague maladroite peut désormais être considérée comme du harcèlement et un rapport qui pourrait sembler consenti ne l'est pas forcément. En effet, ce n'est pas parce qu'une femme ne dit pas non qu'elle dit oui, qu'on se le dise!

 

Le féminisme contribue ainsi à élargir la judiciarisation des rapports humains pour le plus grand bonheur des avocats et de tous ceux qui vivent de la "justice". Les harpies qui avaient déjà atteint le comble de l'infanticide avec l'avortement, et le comble de l'hystérie avec le mouvement Femen, vont peut-être bientôt atteindre le comble de la quérulence.

 

Parallèlement, la question de l'«inégalité sexuelle» revient en grande pompe: l'écart salarial entre hommes et femmes constituerait l'une des pires injustices en Occident, nous dit-on! L'écart salarial pourtant bien plus important entre employés et cadres – ou même entre ouvriers du primaire et du secondaire et certains employés du tertiaire – ne choque évidemment personne. On l'aura compris, la Femme reste et restera encore et toujours la "classe sociale" opprimée qu'il faut libérer à tout prix. L'Homme, quant à lui, appartiendrait de fait à la classe privilégiée!

 

C'est bien sûr vite oublier que la plupart des sans-abri sont des hommes et qu'ici personne ne songerait à imposer des quotas au nom de l'égalité des sexes. C'est aussi vite oublier que, lors d'un divorce, ce sont généralement aux hommes de payer une pension à leurs ex-femmes, lesquelles bénéficient le plus souvent de l'autorité parentale et du droit de garde sur les enfants (et accessoirement du droit d'accepter ou non que soit appliqué le droit de visite du père). Naturellement, pratiquement personne ici ne semble vouloir demander justice et réparation pour ses malheureux qui sont généralement dans l'obligation de s'appauvrir pour enrichir des femme qui ne sont plus les leurs. Pourtant, eux aussi auraient toutes les raisons du monde de se sentir "violés" (ou au moins "volés") et de prôner une révolution hoministe et une lutte des sexes, avec comme hashtag #BalanceTaTruie!

 

Mais plus sérieusement, à quoi tout cela mènerait-il? À se regarder en chiens de faïence? Au final, il importe assez peu de savoir qu'une infraction soit commise par un homme ou par une femme: vol ou viol, un crime est un crime. Aussi récupérer des cas particuliers pour en faire des généralités – en les associant à un sexe – est une pratique digne des plus mauvais sophistes. Les hommes ne sont pas tous des violeurs et les femmes ne sont pas toutes des féministes. La lutte des sexes est donc parfaitement absurde et inutile. Vouloir rentrer dans ces querelles de cour de récréation revient finalement à faire le jeu de nos élites. Celles-ci ont toujours eu l'art d'inventer, de financer et sponsoriser toutes les fausses luttes, du féminisme à l'antispécisme, en passant par l'homosexualisme (en tant que mouvement qui revendique le droit d'avoir des enfants!). Elles mettent en avant des "inégalités" naturelles – en proposant parfois d'y remédier – afin de nous faire oublier les réelles inégalités sociales, qu'elles ont par ailleurs elles-mêmes produites et dont elles sont les seules bénéficiaires. Prenons un exemple simple.

 

L'usurpation de propriété

Souvenons-nous que la première et peut-être la plus grande inégalité sociale consiste en ce que certains privilégiés possèdent des terres usurpées tandis que d'autres sont obligés de vivre comme locataires, souvent dans des blocs, dans la promiscuité et le bruit, à proximité des routes et de la pollution. L'inégalité fondée sur la propriété est le socle sur lequel repose toute société civile. L'excellent Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) avait très justement écrit: "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire, ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile… vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne."

 

Plus tard, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), le premier qui se déclara ouvertement "anarchiste", écrira: "La propriété, c'est le vol!" Il précisera ensuite que celle-ci pourrait néanmoins devenir une liberté si elle serait donnée à chacun. En cela, il s'opposait aussi bien au capitalisme qu'au collectivisme d'État. Aussi comprit-il rapidement – bien qu'il ne fût pas chrétien (quoique les influences chrétiennes soient indéniables) – que le féminisme naissant était une imposture immorale, anti-naturelle, et surtout destinée à entraver les vraies luttes sociales. Sa lucidité engendrera d'ailleurs un schisme au sein de l'anarchisme: quelques-uns de ses anciens camarades acquis aux idéaux féministes se nommeront alors "libertaires" pour se distinguer de Proudhon. Le libertarisme remplacera au fil du temps l'anarchisme. D'où la confusion récurrente entre ces deux mots.

 

Enfin Léon Tolstoï (1828-1910), homme sage et honnête, ne dira pas autre chose que Rousseau et Proudhon: "Mais tous les faits qui ont amené l'état de choses actuel… étaient les conséquences des lois humaines sur l'impôt, les terres et la propriété… Une loi humaine a décidé que toute étendue de terre pourrait être un objet de propriété individuelle, transmissible par voie d'héritage, de legs ou d'échange; une autre a décidé que tout homme devait payer sans objection les impôts qu'on lui réclamait… Partout ils furent primitivement des tributs levés sur les peuples par des conquérants ou des usurpateurs qui avaient en vue leurs intérêts propres et non le bien de la société…"

 

La classe possédante est donc celle qui est propriétaire des terres et des moyens de production. C'est elle qui a toujours fait les lois et imposé son ordre ignominieux. La classe opprimée est celle qui ne possède rien et qui doit subir l'ordre et la loi des possédants, en même temps qu'elle doit les financer.

 

Ainsi on ne pourra jamais parler d'égalité sans une répartition équitable des terres et des biens. Chaque individu ou famille (selon la densité de population d'un pays) devrait posséder sa propre parcelle de terre, inviolable et invendable, pour constituer lui-même son propre « État ». Sans cela, la notion même d'égalité restera toujours vaine. Les impôts, quant à eux, ne seraient légitimes que pour redistribuer les richesses à "chacun selon ses besoins". Tels seraient les principes élémentaires pour introduire une société "saine" et réellement égalitaire. Cela constituerait aussi un bon début pour libérer l'homme de ses asservissements.

 

Bien entendu, les cupides possédants qui détiennent l'appareil d'État et produisent toute la propagande bourgeoise n'en voudront jamais. C'est la raison pour laquelle ils financent et promeuvent toutes les impostures susceptibles de donner aux esprits faibles l'illusion de liberté ou d'égalité. Par conséquent, les gouvernants, les États, leur ordre social, leur morale, et leur justice factice sont foncièrement illégitimes. C'est pourquoi Tolstoï a aussi pu écrire: "Le christianisme dans sa véritable signification détruit l'État."


Devient-on ce que l'on croit être?

janv. 2018

Parmi le flot d'actualités généralement insignifiantes et abrutissantes servies en boucle par les merdias de masse, il en est une au moins qui aurait mérité de faire la une de tous ces papiers-toilette (imprimés, analogiques ou numériques), s'ils n'en étaient pas. On aurait alors appris que, selon plusieurs études récentes, le quotient intellectuel moyen des Occidentaux a considérablement baissé depuis le XIXe siècle. S'il est vrai que nombre d'études menées ces dernières décennies sont à prendre avec des pincettes, la conclusion apportée par celles-là nous paraît suffisamment visible pour la prendre au sérieux. Que l'on songe un instant à toutes les idoles modernes – les Ronaldo, les Nabilla, les Lady Gaga, les Federer, les Zuckerberg, les Elon Musk, les Steve Job, les Bill Gates, les Larry Page, etc. – dressées en bienfaitrices de l'humanité comme si elles avaient écrit ou composé quelques chefs-d'œuvre ou encore trouvé un remède contre le cancer. Que l'on songe également à tous ces youtubeurs ou autres bouffons des réseaux sociaux qui se rendent continûment un culte à eux-mêmes, en glorifiant simultanément la "sainte" technologie d'avoir donné un sens à leur vie par le moyen de selfies et autres vanités qu'ils peuvent exhiber à la face du monde pour remplir leur vide existentiel et tenter d'obtenir quelque espèce de reconnaissance à travers les nouveaux suffrages que sont les boutons "J'aime" et les "pouces levés". Le shoot à la dopamine est d'ailleurs l'une de ces autres drogues démocratiques qui provoquent l'illusion de liberté. Bref, la liste des niaiseries contemporaines est si longue qu'il faudrait presque des volumes entiers pour tenter d'en faire le tour. Tout cela pour dire que n'importe quel individu, un tant soit peu honnête, reconnaîtra que nous sommes quand même, de manière générale, un peu plus idiots qu'avant.

 

Officiellement, les raisons invoquées pour tenter d'expliquer cette chute d'intelligence sont évidemment multiples et varient en fonction des opinions du chercheur: l'alimentation, l'éducation, la promiscuité, les nuisances sonores, la pollution, le melting-pot, la culture et la musique pop, l'ère technologique (la machine remplaçant de plus en plus l'homme), les réseaux sociaux (nous l'avons dit), les médias, les ondes, etc. Bref, on y trouve un peu de tout. Dans une certaine mesure, chacune de ces explications se défend; il est d'ailleurs vraisemblable que l'accumulation de ces maux ait participé à l'aliénation générale.

 

Nous pensons cependant que cette endémie doit avoir des racines plus profondes, car les agents pathogènes mentionnés ci-haut n'auraient jamais pu prendre autant de place dans un corps "sain", si celui-ci n'eût été longuement et préalablement fragilisé. Ce qui est valable physiquement l'est parfois aussi métaphysiquement.

 

Le diabolique Hitler – ou son ministre de la propagande – aurait dit un jour une vérité éprouvée: "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité."

 

La théorie de l'évolution a justement été l'un de ces gros mensonges qu'on a répété plus de dix mille fois pour le rendre véritable aux yeux des vulgaires. En faisant croire à une majorité d'hommes qu'ils étaient non pas des créatures toutes particulières et aimées de Dieu, mais de simples bêtes du lignage des grands singes, qui plus est d'origine accidentelle, les puissants ont réussi à façonner en quelques décennies une génération d'idiots utiles, c'est-à-dire de bons consommateurs et de bons esclaves. Comment donc grandir en pensée en s'estimant plus bas que terre ou du moins en-dessous de ce que nous sommes réellement? Et pourquoi vouloir la liberté si nous ne sommes finalement que de simples animaux? Assurément, il ne s'agit point ici de vaine prétention de notre part, puisque nous savons bien que l'homme est aussi peu de chose; mais le réduire à la bestialité a été non seulement l'un des plus gros mensonges de l'histoire mais également l'une des thèses scientifiques les plus absurdes et aux conséquences les plus désastreuses. Par ailleurs, après s'être amusées à mélanger les espèces pour mieux asseoir leur domination, les élites souhaiteraient également mélanger les genres: mâle et femelle doivent devenir interchangeables! D'où l'énorme publicité faite au féminisme, à l'homosexualité, et à toutes les absurdes "études de genre". Mais c'est une autre histoire…

 

Certes, l'affaire qui nous occupe est plus complexe qu'elle n'y paraît et ne saurait vraiment être résumée par "les méchants manipulateurs d'un côté et les pauvres et gentilles victimes manipulées de l'autre". Ce serait là nier le libre-arbitre et ainsi tomber dans le piège de nos ennemis. En vérité, il est probable que beaucoup d'hommes ont accepté de céder leur humanité en échange de gamelles et d'objets technologiques donnés par leurs maîtres. De sorte que, contrairement au règne animal où le choix n'existe pas, les proies ont ici, au moins en partie, volontairement accepté la loi des prédateurs. Au fil du temps, à force d'habitude et de mensonges répétés, ces hommes ont fini par s'autopersuader d'être des animaux domestiques ou d'élevage ("sauvages" aurait impliqué une trop grande autonomie).

 

Voilà donc très sommairement notre hypothèse sur l'une des origines profondes de la régression intellectuelle, spirituelle et morale en Occident. Du reste, gageons que si l'on devient ce que l'on croit être, au moins en esprit, nous risquons fort bien d'accomplir le chemin inverse de l'histoire évolutive des Homininés telle que racontée par nos fabulateurs transformistes. Avec en plus, bien sûr, la Technique, qui elle se chargera de compenser toutes les lacunes de la nouvelle espèce d'Homo en devenir: l'Homo technicus (appelons-le ainsi). C'est là notre prédiction pour le futur si rien n'est fait entre-temps. Et nous sommes dans une période charnière.

 

Mais tout bien considéré, un quotient intellectuel plus ou moins élevé n'a pas tant d'importance pour saisir les enjeux de demain ni pour travailler pour le Règne de Dieu. Il faut avant tout chercher à devenir des hommes faits, c'est-à-dire des hommes "augmentés" au sens biblique, autrement dit des hommes spirituels. Cela, aucun robot ni transhumain ne pourra jamais copier.

 

Ainsi quelles que soient ses facultés intellectuelles, l'homme qui s'éloigne de l'Omniscient décline, et celui qui s'en rapproche progresse… car la crainte de l'Éternel est le commencement de la science et de la sagesse, nous dit la Bible (Psaume CXI, 10; Proverbe I, 7). Soli Deo Gloria! 

                                                                                                                                                Votre serviteur,

Beno aka Profetyk


Big Brother et l'écologie à géométrie variable

déc. 2017

Les États technico-capitalistes, c'est-à-dire grosso modo les États bourgeois au service de la technique toute-puissante et des grands groupes privés nationaux et supranationaux, appliquent une politique toujours plus liberticide et déshumanisante. Nous ne le répéterons jamais assez. La Suisse, qui fait évidemment partie de ces États, n'est ainsi pas ou plus – stricto sensu – un pays libre. La vidéosurveillance, par exemple, n'a jamais fait l'objet du moindre débat public et pourtant elle s'est imposée à nous progressivement à partir du 11 septembre 2001. La petite minorité critique a été complètement muselée, tandis que la grande majorité a, comme à son habitude, consenti par un silence éloquent ou par une trop grande crédulité aux paroles du "tout sécuritaire" serinées par les agents du système policier. Le passeport biométrique, quant à lui, avait fait l'objet d'un vote populaire, et fut finalement accepté par une courte majorité moutonnière (50,14%). Le même type de majorité qui, rappelons-le au passage, avait voté pour le parti nazi lors des élections législatives allemandes de mars 1933, et qui, depuis quelques décennies, se prononce toujours en faveur de l'avortement et de l'eugénisme, cela en Suisse comme ailleurs. Bref, une majorité bien conforme qui sert de base légitime aux politiques les plus destructrices.

 

Dans un registre plus ou moins similaire, nos données personnelles – qui ne sont pas vraiment personnelles puisqu'elles ne nous appartiennent pas – seraient, paraît-il, le nouveau pétrole du XXIe siècle. Celles-ci sont stockées dans des Data centers ("centres de données" en français) pour être vendues, revendues, échangées entre divers groupes pour des fins qui nous échappent encore. Il semble toutefois assez évident qu'elles servent d'ores et déjà à nourrir la "Bête", autrement dit Big Brother et le projet d'intelligence artificielle, entre autres. Le concept du "Surhomme", développé par Nietzsche et ses semblables au dix-neuvième siècle, suivi par les nazis au vingtième siècle, puis désormais par tous les adeptes du transhumanisme, serait en train de devenir une réalité. Ce désir de toute-puissance animait déjà les États les plus totalitaires. Et si les nouveaux officiers "nazis" ont l'air plus sympathiques que leurs prédécesseurs, ils n'en demeurent pas moins dangereux. Ce sont souvent de jeunes cadres dynamiques, positifs, souriants, à la tête de Start-up. Et beaucoup d'entre eux ont élu domicile à la Silicon Valley! L'intelligence artificielle et la robotique font partie de leurs projets phares et, comme dans le paganisme, les nouveaux dieux sont créés par et pour les puissants. Dans cette configuration, le "Transhumain" ou le "Robot" ressemble étrangement à l'Aryen des nazis. Mais n'allons pas trop loin…

 

Alors que ce chaos se met gentiment en place, les États nous parlent continûment de dérèglement climatique, de l'urgence de faire quelque chose pour notre planète, d'énergies vertes, etc. La plupart de nos braves dirigeants auraient désormais tous la fibre écologique! N'est-ce pas magnifique? Les lois sur la transition énergétique pullulent un peu partout et sont généralement acceptées démocratiquement (par exemple, la stratégie énergétique 2050, en Suisse). Ces lois permettront de saccager les paysages naturels – notamment avec des éoliennes – en toute bonne conscience! En outre, elles permettront d'augmenter les taxes existantes et d'en créer de nouvelles, ceci afin de nous inciter à réduire notre "empreinte écologique". La facture d'électricité augmentera progressivement, et ce sont bien sûr les plus modestes qui en pâtiront. Le "meilleur des mondes" prophétisé par la Bible, puis entrevu par des écrivains lucides comme Ellul, Huxley, Orwell et d'autres, se met en place sous nos yeux! Pourtant, non seulement nous les fermons pour ne pas voir le caractère déshumanisant et liberticide des nouvelles technologies, mais également pour ne pas poser de questions sur le coût, l'utilité réelle, et la consommation de la vidéosurveillance et du stock des données, bref de toute la machinerie qui sert à faire vivre Big Brother. On a appris récemment que le plus gros Data center de Suisse consommera autant d'énergie que 26'000 habitants! Sachant qu'il y a actuellement environ 400 centres de données en Suisse, leur consommation équivaudrait à peu près à celle de l'ensemble des Helvètes! On vous laisse donc imaginer ce que pourrait être la somme énergétique utilisée par Big Brother à travers le monde! L'écologie est donc bien à géométrie variable.

 

Naturellement, comme dans toutes les dictatures (ou "démocratures", si l'on préfère), il y a des questions qu'il ne vaut mieux pas soulever. L'illusion est une politique très efficace: nous sommes virtuellement libres et écologistes, et cela semble contenter la majorité! Seulement voilà, en tant que chrétiens, nous ne sommes pas appelés à marcher avec le troupeau du monde, ni à prendre le chemin spacieux, mais plutôt à suivre le Bon Berger qui nous a sauvés et affranchis, et ainsi à galérer un peu sur le chemin étroit pour combattre le bon combat... Joyeux Noël à tous! 


Un pasteur d'État pour pacifier les paysans?

nov. 2017

Ce n'est désormais plus un secret pour personne: le monde agricole souffre partout, même en Suisse. Les petites et moyennes exploitations sont constamment mises sous pression au bénéfice de la finance internationale, du capitalisme mondialisé, avec l'assentiment des États bourgeois. L'industrie agroalimentaire et la grande distribution font leur beurre sur le labeur des paysans. Dans le pays de Guillaume Tell, les producteurs laitiers sont rétribués entre 20 et 50 centimes le litre de lait par l'industrie, alors que ce même litre est revendu en moyenne à 1 fr. 40 au consommateur, pour ne prendre que cet exemple. La situation des cultivateurs n'est pas beaucoup plus enviable. Ainsi, pour survivre dans un marché peu scrupuleux, sans frontière et où la concurrence étrangère est féroce, les agriculteurs suisses n'ont souvent d'autres choix que de prendre des crédits pour agrandir leur exploitation (avec les risques d'endettement que cela implique) et d'accélérer la cadence de production. Et qui dit accélération de la cadence dit aussi, bien sûr, impact sur l'environnement et les animaux d'élevage. C'est un cercle vicieux.

 

Alors que l'agriculture était encore l'activité principale en Suisse jusqu'à la fin du XIXe siècle, elle n'a depuis cessé de décliné; elle ne représente aujourd'hui plus que 3 à 4% de l'emploi total et à peine 1% du PIB de la Suisse. Le secteur tertiaire (services) l'a remplacée en occupant près de 74% de l'emploi et en générant pratiquement le même pourcentage en terme de richesse du pays. Autrement dit, le marché n'en a cure du sort des paysans. Le secteur primaire n'est plus considéré comme primordial. Pour les capitalistes, peu importe si la Suisse n'est pas autosuffisante pour la moitié de sa consommation vivrière, car grâce au libre-échange les importations étrangères combleront toujours l'autre moitié. Cette manière d'appréhender les choses n'est qu'un symptôme de plus de cette société malade dans laquelle, par ailleurs, le profit est aussi l'inverse du travail. Ce sont en effet les emplois les plus inutiles générés par internet, la surveillance de masse, la vente des données, la finance, etc. qui rapportent le plus.

 

Dans ce contexte si délétère, plus de mille exploitations ferment chaque année en Suisse, et ce depuis près de vingt ans. Les paysans et les montagnards qui ont façonné ce pays sont désormais sacrifiés sur l'autel du libre-échange et souvent abandonnés par la population et les pouvoirs publics. Aussi le "lobby paysan" censé les défendre à Berne ne semble pas vraiment des plus qualifiés, puisque souvent dirigé par des libéraux.

 

Bref, la situation des agriculteurs est particulièrement moribonde. Les exploitations ferment les unes après les autres, nous l'avons dit, mais il y a pire encore: les suicides se multiplient! Le phénomène est devenu si préoccupant dans le canton de Vaud que les autorités ont décidé d'agir en amont par la prévention. À cette fin, ils ont mandaté un pasteur protestant pour faire en campagne ce qu'un psy ferait en ville, c'est-à-dire tempérer les humeurs, neutraliser les colères légitimes, ou simplement détourner l'attention de l'objet principal pour la fixer sur des accessoires, de telle sorte que la société ne soit jamais vraiment remise en cause.

 

Ainsi dans une émission diffusée en début d'année sur la RTS, consacrée à la détresse paysanne, une discussion entre un pasteur et un agriculteur tourmenté par le suicide de son fils a particulièrement marqué notre attention. La voici résumée:

 

Le pasteur: – Tu es en colère contre Dieu?

L'agriculteur: – Non, j'suis pas en colère, j'ose pas…

Le pasteur: – T'oses pas, mais t'as le droit!

 

Ce pasteur, dont nous n'oserions pas remettre en cause le dévouement auprès des paysans, se positionna presque en "avocat du diable" en imputant à Dieu un crime qui n'est pas de sa juridiction. Mais pourquoi donc cet homme d'Église a-t-il attribué à Dieu une des conséquences funestes de décisions sinon politiques et économiques, au moins humaines? En quoi Dieu serait-il responsable de cela? De deux choses l'une: soit ce pasteur est conduit par cette croyance erronée – et pourtant si tenace parmi les chrétiens –, selon laquelle il y a Providence et prédestination ("Dieu fait l'histoire"), soit il feint de ne pas savoir qui sont les vrais responsables pour une raison qui nous échappe. Quoi qu'il en soit, cette discussion n'aura pas manqué de nous rappeler le fameux conflit du XVIe siècle entre Martin Luther et Thomas Müntzer: le premier défendant le pouvoir et appelant les paysans exploités à la soumission aux autorités, tandis que le second sortit de sa zone de confort pour se mettre du côté des opprimés au Nom du Christ et du Règne de Dieu. Deux visions chrétiennes bien différentes qui, 500 ans après la Réforme, paraissent toujours d'actualité…

 

Voir aussi: Les cinq solas


Pour en finir avec l'évolutionnisme et l'athéisme

oct. 2017

Au XIXe siècle, le grand scientifique français Louis Pasteur démontra expérimentalement que la vie ne pouvait provenir que de la vie (omne vivum ex vivo), réduisant ainsi à néant une vieille croyance selon laquelle la matière morte (ou inorganique), appelée aussi abiogenèse, pourrait donner lieu à quelque forme d'existence primaire. Il était en effet courant autrefois, y compris parmi certains scientifiques chrétiens, de croire en une génération spontanée, c'est-à-dire en une apparition possible d'organismes vivants à partir d'une "soupe prébiotique". L'expérience de Pasteur venait donc d'un revers de main balayer ce château de cartes de plusieurs siècles, en même temps qu'elle sonna le glas d'une nouvelle théorie fumeuse qui venait de s'y greffer: l'évolutionnisme.

 

La loi de la biogenèse, comme on l'appellera par la suite, pose encore énormément de problèmes au monde "scientifique" contemporain gangréné par évolutionnisme et l'athéisme: car si la vie résulte de la vie, comme l'a bien démontré Pasteur, cela prouve ipso facto la logique d'une Création, et confirme plus qu'il n'infirme le récit biblique de la Genèse. L'Être ou la Vie par excellence a créé les premières vies! Or, la théorie de l'évolution, pour prétendre exister ou du moins concurrencer l'idée de Création, doit nécessairement se fonder sur la génération spontanée. L'artifice trouvé par les évolutionnistes fut alors de dire que celle-ci a dû se produire au moins une fois dans l'histoire pour faire apparaître les premiers organismes vivants. Sans démonstration aucune, il fallait absolument admettre ce postulat pour faire tenir ce nouveau château de cartes. Ces drôles de scientifiques ne s'arrêtèrent pas là: ils procédèrent de la même manière pour expliquer tout ce qu'ils ne pouvaient pas démontrer par l'expérience, comme par exemple la macro-évolution, c'est-à-dire le fameux saut miraculeux d'une espèce à une autre. Pour faire court, bien qu'indémontrable, il fut admis que des poissons auraient pu se transformer en singes, puis des singes en hommes à un moment propice de l'histoire. La science évolutionniste n'étant pas empirique, toutes les fantaisies devinrent alors possibles pour expliquer l'inexplicable. Cette farce est d'ailleurs toujours enseignée dans les écoles à nos jeunes têtes encore trop candides pour la remettre en question! On leur demande d'avoir la foi: pas en Christ, bien sûr, mais en cette pseudo-science.

 

Le pire dans tout cela, c'est que ces mêmes fabulateurs, ces faussaires de la science, reprochent aux créationnistes de ne pas prouver empiriquement leur connaissance. Selon eux, nous serions dans le domaine de la pure spéculation, de la foi ou de la croyance tandis qu'eux appliqueraient une méthode rigoureusement scientifique et rationnelle pour expliquer leur doctrine. Nous croyons avoir prouvé une fois de plus qu'il n'en est rien, et que l'inverse est même vrai… Dicentes enim se esse sapientes stulti facti sunt.

 

Voir aussi: Science et singerie


Du sacrifice d'enfants dans les sociétés païennes

sept. 2017

"Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l'Éternel." (Lévitique XVIII, 21) "Ils ont rempli ce lieu de sang innocent; Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal: ce que je n'avais ni ordonné ni prescrit, ce qui ne m'était point venu à la pensée. C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où ce lieu ne sera plus appelé Topheth et vallée de Ben-Hinnom, mais où on l'appellera vallée du carnage…" (Jérémie XIX, 4-6)

 

Le sacrifice d'enfants était récurrent dans les sociétés païennes: on offrait de jeunes vies aux idoles pour les apaiser ou afin d'obtenir leur faveur. Cette pratique était si normale dans l'Antiquité que Dieu dut mettre en garde son peuple contre ce genre d'abominations, afin qu'il n'agisse pas en conformité avec l'esprit du temps. Par la suite, le christianisme, même mélangé et institutionnel, permettra d'éradiquer totalement cette pratique païenne. Il n'y a pas si longtemps encore, le sacrifice d'enfants, sous quelque forme qu'il soit, choquait encore la grande majorité des hommes.

 

Mais voilà que depuis quelques décennies, le paganisme est revenu à la mode. Les dieux ont certes changé de noms, ils ne s'appellent plus forcément Baal ou Moloch, mais l'esprit et la pratique sont identiques. Le sacrifice d'enfants au nom du "progrès", de la "technique", du "féminisme", ne choque pratiquement plus personne en Occident. C'est un culte accepté; l'avortement est rentré dans les mœurs. À tel point que les "criminels" sont de nos jours presque devenus ceux qui défendent encore la vie. Aussi est-il aujourd'hui plus facile de trouver des groupes de défense des animaux que de défense des bébés humains. Les groupes les plus ultras comme les véganes, qui souhaiteraient mettre un terme à tout aliment d'origine animale et imposer leur régime à tous, sont même plus compris et tolérés que les défenseurs de la vie humaine.

 

L'heure est grave, nous le voyons toujours plus. Dans nos sociétés antichrists et païennes, tout s'inverse. Même l'histoire est revisitée: les barbares ne sont bientôt plus les Tribus anthropophages ou les Aztèques qui sacrifiaient environ 20'000 hommes par année à leurs dieux, mais les "méchants colons" qui mirent fins à ces "magnifiques pratiques civilisatrices". Nolite conformari huic saeculo.


Sur la parabole des ouvriers de la onzième heure

août 2017

Comme toutes les paraboles du Maître, celle des ouvriers de la onzième heure (Matthieu XX, 1-16) est riche d'enseignements. Elle est même, quelque part, troublante.

 

L'allégorie prend la figure d'un propriétaire de vigne qui a besoin d'ouvriers saisonniers pour la récolte. Partant, il embauche les premiers vers six heures du matin ("première heure", sur une journée de 12 heures) et convient avec eux de la paye d'un dernier pour la journée de travail. C'est le salaire habituel, et les ouvriers acceptent. Mais à mesure que le temps passe, l'homme se rend compte qu'il aura besoin de plus de mains-d'œuvre: il va donc en engager d'autres, successivement à neuf heures (troisième heure), à midi (sixième heure), à quinze heures (neuvième heure), et enfin les derniers à dix-sept heures (11ème heure), plus par compassion que par nécessité.

 

Le soir venu, chaque ouvrier reçoit le même salaire: aussi bien les derniers qui n'ont travaillé qu'une heure que les premiers qui ont travaillé douze heures. Aussitôt, ceux-ci s'indignent et murmurent contre le propriétaire, s'estimant lésés de recevoir le même revenu que ceux qui n'ont travaillé qu'une heure. Le propriétaire fait alors remarquer à l'un d'entre eux que le salaire avait été convenu d'un commun accord, et qu'il était donc tout à fait libre de rémunérer les autres ouvriers comme il l'entendait. En effet, rien dans leur contrat oral ne stipulait qu'il était tenu de payer davantage les uns en fonction de ce qu'il donnerait aux autres.

 

Évidemment, le sens premier de cette parabole fait vraisemblablement allusion à la Grâce de Dieu: les premiers comme les derniers convertis, les meilleurs comme les plus faibles des chrétiens, seront sauvés s'ils mettent leur foi en Christ. Aussi l'exposé d'Augustin d'Hippone sur ce passage – qu'il appliquait aux heures de l'histoire du Salut – nous donne un second éclairage: "Les justes venus au monde en premier, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous." Et ainsi de suite: Abraham, Isaac, Jacob (troisième heure), Moïse, Aaron, et les croyants de leur temps (sixième heure), les suivants et les prophètes (neuvième heure), et enfin les chrétiens qui, eux, symboliseraient les ouvriers de la onzième heure.

 

Nous croyons pouvoir tirer ici encore une troisième leçon, celle-ci plus sociale et terrestre. En lisant cette parabole, notre pensée formatée par le capitalisme nous induit peut-être à nous indigner avec les ouvriers de la première heure: "Quand même – peut-on se dire – ils ont raison! les gars ont trimé pendant douze heures et ne reçoivent même pas un denier de plus que ceux qui n'ont en bossé qu'une!" N'avons-nous pas appris dès notre plus tendre enfance que "le temps c'est de l'argent" et que chacun devrait recevoir ce qu'il mérite? Travailler plus pour gagner plus! Et pourtant, voilà que l'Évangile nous bouscule à nouveau et remet en question toute notre logique. Une société juste n'est pas celle qui rétribue "chacun selon ses moyens ou ses mérites" mais "chacun selon ses besoins". Ce n'est pas la loi du plus fort ou du plus capable qui doit triompher, mais celle de l'égalité sociale. Une société sans riche ni pauvre est l'un des idéaux à poursuivre.

 

Ainsi pouvons-nous mieux comprendre l'origine de la communauté de biens, ce "communisme" primitif appliqué par les apôtres et les premiers chrétiens (Actes II, 43-46; IV, 32-37).


Décès de l'avorteuse Simone Veil; saluons plutôt Simone Weil

juillet 2017

Le 30 juin 2017 est morte Simone Veil, femme politique française à l'origine de la loi dite "Veil" favorable à l'IVG. Un combat à première vue surprenant venant d'une femme rescapée de la folie meurtrière nazie; un peu moins lorsque l'on sait qu'elle fut ensuite portée par un idéal profondément maçonnique et bourgeois.

 

Bien entendu, tous les médias de masse, les bobos, l'intelligentsia et l'Europe conformistes saluent la mémoire de cette féministe de premier plan qui a tant œuvré, selon eux, pour la "liberté" et le "bien commun": c'est-à-dire la mort de centaines de millions d'individus! Rien d'étonnant à cela  dans un monde où le bien et le mal sont si souvent inversés. Cependant, la majorité mondaine et vulgaire aura beau pleurer Simone Veil et faire son éloge pendant tous ces prochains jours, c'est désormais devant Dieu qu'elle aura à rendre des comptes. Et là-haut, il est peu probable que cette politicienne du néant jouisse des mêmes acclamations terrestres.

 

Profitons donc plutôt de cette occasion pour rappeler qu'il a existé une autre Simone Weil (1909-1943), bien différente de celle que nos contemporains pleurent actuellement. Cette Simone Weil (avec W) était une femme de bonne volonté, une philosophe proche de l'anarchisme chrétien, une vraie militante qui a notamment dénoncé la société industrialo-technicienne, la politique, les masses aliénées, et milité pour plus de justice sociale. Perspicace et avant-gardiste, elle pouvait écrire: "Les partis politiques sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice." De quoi la distinguer complètement de son homonyme qui, vraisemblablement, n'a pas dû la lire…


500 ans de Réformette?

juin 2017

Cette année 2017 est particulière: tous les protestants célèbrent les 500 ans de la Réforme; l'occasion pour eux de se souvenir qu'en 1517, Martin Luther publiait ses 95 thèses contre le commerce des indulgences, c'est-à-dire un système de rémission des péchés monnayable. Un business particulièrement rentable à une époque où pratiquement tout le monde était terrifié par l'idée de la mort et de l'Enfer. Martin Luther vint entraver ce marché juteux. En s'attaquant à cette pratique, il s'opposait également à la doctrine et l'institution catholique elle-même, malgré les risques que cela pouvait comporter. En outre, le réformateur réaffirma l'essence du christianisme, à savoir que l'homme ne peut être justifié que par la Grâce de Dieu en Jésus-Christ, par le moyen de la foi. Une bombe spirituelle qui allait secouer toute l'Europe et même au-delà!

 

En Suisse, des idées plus ou moins similaires furent portées d'abord par Zwingli pour le côté oriental, puis Calvin, Farel et Viret pour le côté occidental.

 

Cependant, la Réforme s'arrêta très vite à mi-chemin. Les réformateurs d'Allemagne et de Suisse ayant trouvé dans les autorités séculières d'importants appuis acceptèrent bien des compromis. La doctrine de la double-allégeance, c'est-à-dire le devoir de soumission aux autorités civiles comme religieuses, fut par exemple maintenue. Et cela en dépit des nombreux abus de pouvoir. Ce fut d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles s'élevèrent – à côté d'eux – des réformateurs dits "radicaux", notamment Thomas Müntzer, Conrad Grebel et Felix Manz. Sur le plan du salut individuel et céleste, ces hommes partageaient évidemment (à quelques exceptions près) l'idée de Martin Luther, puisque celle-ci provenait directement de la Bible. En revanche, sur le plan d'un salut collectif dans le temporel, le désaccord était total. Perspicaces, les radicaux virent très justement que, sans un changement profond de la société, sans un retour à la communauté de biens (Actes II, 44-45; IV, 32-35), sans un travail pour instaurer la Christocratie, la Réforme serait vaine et se transformerait inévitablement en un catholicisme bis, malgré des positions théologiques bien différentes. Ces chrétiens fidèles et radicaux furent évidemment persécutés et mis à mort.

 

Mais comme ils l'avaient annoncé, le protestantisme devint effectivement une institution de plus au service du pouvoir, à l'instar du catholicisme et de l'orthodoxie. Zwingli et Calvin levèrent l'interdiction de l'usure (ou prêt à intérêt), préparant ainsi le chemin au capitalisme naissant, tandis que leur doctrine de la prédestination et de la Providence allait bientôt servir à justifier les inégalités sociales. La Réforme protestante sera alors aussi qualifiée de "Réforme magistérielle", puisque soutenue par des magistrats.

 

Plus que jamais, nous en voyons aujourd'hui les corollaires. Les Églises protestantes – toutes tendances confondues – sont souvent parmi les plus conformistes: entre leur silence complice à propos de l'avortement, leur soutien au féminisme (en instituant notamment des femmes pasteures), aux mouvements LGBT par des mariages gays (soutenant donc aussi, corrélativement, la PMA et la GPA!), au technico-capitalisme, à la théorie de l'évolution, etc. ces institutions semblent souvent préférer l'air du temps au souffle de l'Esprit et le code civil aux Saintes Écritures. Or l'apôtre Jacques nous dit que "celui qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu" (Ja. IV, 4).

 

Ainsi la Réforme devenue Réformette est aussi célébrée par nos autorités laïques et antichrists, puisqu'elle ne porte plus du tout en elle les germes du christianisme primitif et révolutionnaire. En Suisse, l'eugéniste conseiller fédéral Alain Berset a même pu prononcer un panégyrique pour l'ouverture de ces célébrations. De quoi se poser des questions.

 

Alors certes, il est indéniable que Martin Luther a été une figure majeure dans l'histoire du christianisme; mais plus que lui, ce sont les "radicaux" qui ont été les vrais héros de la foi au XVIe siècle. Le moment semble donc opportun pour se rappeler de ces grandes figures oubliées et surtout du message qu'ils ont porté jusqu'au sacrifice de leur vie, à l'exemple de leur Maître et des apôtres avant eux.

 

Voir aussi: Les cinq solas


Les Verts: une imposture vertement libérale et anti-nature

mai 2017

Dans l'article précédent, nous avons démontré que le socialisme des origines a emprunté quelques-unes de ses grandes idées au christianisme "primitif" avant de s'en éloigner totalement pour faire sa mue libérale. Le schéma est à peu près identique en ce qui concerne l'écologie politique, c'est-à-dire les Verts et consorts. Ce mouvement, quoique plus récent que le socialisme, a lui aussi pompé une partie de la pensée chrétienne pour en faire tout autre chose. Par écologie, nous entendons ici, bien sûr, l'acception courante, savoir la doctrine visant à un meilleur équilibre entre l'homme et son environnement naturel, ainsi qu'à la protection de ce dernier. En effet, depuis toujours les chrétiens ont estimé la Nature en tant que Création de Dieu et témoignage vivant de Sa grande Science, au point que certains l'ont considéré aussi importante, voire plus, que la Bible, à l'instar d'un Bernard de Clairvaux qui pouvait dire: « Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres ».

 

Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau, ce grand amoureux de la Nature que tout le monde connaît, et qui par ailleurs se déclarait "sincèrement chrétien selon la doctrine de l'Évangile", déplorait que la civilisation, la technique et les villes rongeassent de plus en plus d'espaces naturels. Il y voyait un lien évident avec la déchristianisation rampante: « Je comprends comment les habitants des villes, qui ne voient que des murs, des rues, et des crimes ont peu de foi ; mais je ne puis comprendre comment des campagnards, et surtout des solitaires, peuvent n’en point avoir. Comment leur âme ne s’élève-t-elle pas cent fois le jour avec extase à l’auteur des merveilles qui les frappent ? »

 

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs chrétiens se sont élevés contre la société industrielle et technicienne qui saccageait la planète avec une rapidité inouïe! Parmi eux, Jacques Ellul, penseur anarchiste-chrétien, aussi considéré comme l'un des précurseurs de l'écologie en France. Cette idée n'était alors guère défendue par une formation politique. Elle était même souvent raillée, marginalisée, qualifiée de conservatisme par ses détracteurs puisqu'elle s'opposait naturellement au prétendu "progrès technique".

 

Plus tard, voyant que le phénomène écologiste gagnait en popularité, des politiciens véreux et ambitieux (de toutes tendances) n'hésitèrent pas à récupérer ces idées et à les monopoliser à travers une ou plusieurs formations politiques, de telle sorte que, désormais, il fut entendu qu'ils devenaient les premiers porte-parole sur ce sujet. C'est ainsi que l'imposture est née! L'objectif poursuivit ne fut plus tant la recherche de l'équilibre entre l'homme, ses moyens techniques et son milieu naturel, mais plus subtilement un moyen de détourner la réalité; autrement dit de faire passer certaines mesures anti-écologiques et ultra-libérales pour des mesures dites "vertes".

 

L'exemple le plus frappant et actuel concerne évidemment les éoliennes, aujourd'hui défendues et promotionnées par la plupart des Verts! Or, non seulement ces horribles machines détruisent les paysages (ferraillages, bétonnages), défigurent ou défigureront de splendides endroits comme le Jura ou le Jorat (Suisse), mais ont, de surcroît, un impact extrêmement négatif sur l'avifaune (une éolienne tue plus d'une vingtaine d'oiseaux par année et peut rendre malade nombre d'autres espèces par le bruit qu'elles produisent!). Sans parler des infrasons aussi nuisibles pour l'homme. Et tout cela pour du vent, puisque le rendement énergétique des éoliennes est plutôt dérisoire. Seul donc le rendement financier, notamment grâce aux subsides, motivent ses partisans! Par conséquent, il ne s'agit que d'une affaire de gros sous.

 

Les Verts sont payés par des industriels qui ont tout intérêt à vendre leur mât! En contrepartie, ces sophistes doivent déployer tout leur talent politique pour convaincre le peuple qu'il s'agit bien d'une énergie propre, quoiqu'elle soit sale, mais aussi pour faire passer ses adversaires soit pour des pro-nucléaires (ce qui est souvent faux), soit pour des extrémistes écologistes. Cette dernière argutie fut d'ailleurs employée par la Vert'libérale Isabelle Chevalley contre Franz Weber, environnementaliste dont la réputation n'est plus à faire. Car celui-ci dérange, puisqu'il incarne un peu trop cette '"vieille école" écolo, celle qui préfère encore la nature aux "billets verts"…


Le socialisme, ou le gauchissement d'un christianisme sans Dieu

 

avril 2017

Profitons de cette période d'élections cantonales pour jeter un bref coup d'œil sur un grand mouvement politique: le socialisme. À l'origine, ce dernier s'est édifié à la fois sur un constat effroyable et une idée charitable: c'est en voyant les méfaits de la société industrielle, l'état des plus miséreux, des ouvriers exploités et de tous les oubliés du système, que des hommes – pour la plupart issus de culture chrétienne et pourvus de compassion – ont décidé de s'engager pour améliorer la situation des laissés-pour-compte. Des œuvres caritatives existaient déjà, mais elles ne permettaient point, à elles seules, d'endiguer la misère. Il fallait donc aller plus loin. Certains socialistes se sont alors fixés comme but de travailler pour une société plus égalitaire et plus juste.

 

Au XIXe siècle, à la suite de divers désaccords, le mouvement s'est fractionné en trois grandes tendances: le socialisme "démocratique", groupe qui ne souhaitait pas changer le système mais simplement apporter une autre voix dans le jeu démocratique; le communisme, centré sur la figure ouvrière et voulant instaurer une dictature prolétarienne; et l'anarchisme, seul socialisme basé sur la liberté, rejetant à la fois le capitalisme et l'État. Puis, au XXe siècle s'y est greffé, bon gré mal gré, un national-socialisme, fondé principalement sur l'exaltation de la Nation, saupoudrer de quelques idées sociales, afin de regrouper, s'il était possible, déçus du socialisme et nationalistes patentés.

 

Mais que reste-t-il aujourd'hui du socialisme en général? À vrai dire, plus grand chose. Le communisme et le national-socialisme se sont concrétisés dans des États et se sont montrés souvent plus violents, corrompus et misérables que les régimes dits capitalistes. Le socialisme démocratique est devenu, quant à lui, un libéralisme de "gauche" (le libéralisme étant à l'origine, paraît-il, justement de "gauche"), cosmopolite, pratiquant la préférence exogène, féministe, pro-gays, pro-gender, pro-avortement, etc. La pauvreté "locale" n'étant plus vraiment sa priorité. Quant à l'anarchisme "libertaire", il s'est surtout réduit en mouvement de squatteurs ou punks à chien, adulant le désordre et/ou se faisant régulièrement porte-drapeau du socialisme politique (donc du libéralisme), entre autres.

 

Quoi qu'il en soit, même si le socialisme d'aujourd'hui est particulièrement moribond, les chrétiens ne devraient pas oublier de remercier ce mouvement qui a, au moins un temps, pansé les plaies du capitalisme et accompli une partie de la tâche qui incombait normalement aux Églises. En effet, le christianisme primitif, conformément aux paroles du Christ (Matthieu XXV, 35-36, notamment), souhaitait établir une société sans riches ni pauvres (Actes II, 42-46; IV, 32-35), préparant ainsi la Christocratie. Les collectes, les œuvres caritatives, n'étaient qu'une phase transitoire et non une fin en soi: « Car il s'agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d'égalité: dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu'il y ait égalité…» (II Cor. VIII, 13-14). L'égalité "sociale" était clairement l'un des objectifs du christianisme. Mais au fil du temps, l'inertie des Églises sur ces questions a laissé voie libre au socialisme, lequel a finalement abandonné sa lutte initiale, l'égalité sociale, pour en poursuivre d'autres: égalité des sexes, des genres, des sexualités, etc. Pleins d'idées saugrenues que reprennent désormais nombre d'"Églises" modernes pour s'inscrire à leur tour dans cette grande famille déchue et sans avenir du "christianisme sans Dieu". En vérité, telle ne peut qu'être l'évolution de toute théorie qui se bornerait à remplacer la charité (spirituelle) par un faux amour (charnel), et le Dieu vivant par des idoles mortes. Car, de même qu'il n'y a qu'une seule vraie Pâques – commémoration de la Mort et de la Résurrection de Notre Seigneur et Sauveur –, et ses contrefaçons – commerce des œufs et des "lapins" –, de même il n'y a qu'une seule vraie doctrine, et ses falsifications...


Maltraitance animale: la création n'est pas qu'une simple marchandise

mars 2017

De plus en plus de vidéos chocs circulent sur le web dévoilant des actes de cruauté envers les animaux, notamment dans des abattoirs, mais pas seulement. Des conditions d’élevages indignes aux transports horribles, peu de gens pourraient imaginer une telle souffrance derrière leur « morceau de viande ». Et pourtant, c’est une réalité qu’on ne peut aujourd’hui plus ignorer. Même en Suisse, où nous avons l’une des législations les plus « restrictives » au monde en matière de protection des animaux et où les contrôles sont censés être plus rigoureux qu’ailleurs, nul ne peut vraiment garantir que jamais pareils cas ne se sont présentés ou ne se présenteront. Certes, par acquit de conscience, il vaut toujours mieux consommer local, mais rien ne prouve que les animaux sont toujours traités correctement dans ce pays.

 

Alors, face à ce constat, deux extrêmes s’affrontent: ceux qui nient la souffrance animale pour de basses raisons mercantiles ou juste par apathie, et ceux qui souhaiteraient au contraire abolir tout élevage et aliment d’origine animale, arguant que les animaux sont nos semblables et que, par conséquent, l’élevage est une forme d’esclavage et la consommation s’apparente à du cannibalisme. Ces « antispécistes », comme ils se nomment eux-mêmes, luttent généralement pour « l’égalité animale », les plus radicaux d’entre eux allant jusqu’à prétendre que leur vie est supérieure à celle de certains êtres humains handicapés. Notons du reste que ces défenseurs de la vie des bêtes ne se soucient guère, par exemple, des IVG! Autrement dit, la vie humaine ne les intéresse pas beaucoup; seul semble compter pour eux le bien-être animal. Dès lors, si l’on peut saluer quelques-unes de leurs actions visant à sensibiliser l’opinion publique sur la souffrance animale, il faut en revanche reconnaître que leur fond idéologique n’est pas beaucoup plus glorieux que celui des capitalistes qui ne voient en l’animal qu’un simple objet à vendre et à consommer.

 

En vérité, sans l’Esprit et la Bible, l’homme est vite déboussolé et peut tomber dans n’importe quelle philosophie douteuse. Ici encore, une retour à l’Écriture sainte s’impose, car elle agit à la fois comme garde-fou et pédagogue. Sur le sujet en question, elle nous apprend tout d’abord que l’homme a été créé à l’image de Dieu (Gen. I, 27), et qu’il se distingue des autres créations (animales, végétales, minérales), leur étant même légèrement supérieur (I, 28). Il peut donc en faire usage, et s’en nourrir, ou pas (Rm. XIV, 2-3), mais cela ne signifie pas qu’il puisse en abuser; au contraire, il devrait normalement veilleur à leur bien-être (Ex. XXIII, 4-5; De. XXV, 4). C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles, aux temps bibliques, le sacrifice des animaux étaient souvent accompagnés de rites sacrés et que tous les croyants, aujourd’hui encore, rendent normalement grâces avant de manger (I Cor. X, 24-25, 30-31). Car la nourriture provenant de la création (animale ou végétale) n’est pas qu’un simple produit. Par conséquent, l’homme aura aussi à rendre compte devant le Créateur de la manière dont il aura exercé sa gérance sur la création. Aussi bien le saccage de la nature que les actes de cruauté envers les animaux seront jugés.

 

Cela étant précisé, le rejet du Créateur a conduit les hommes à s’éloigner de l’image de Dieu et même à mépriser Sa création. Le dieu argent et efficience l’ayant remplacé dans nos sociétés modernes, tout désormais tend à être réduit en simple marchandise, y compris, à long terme, l’homme lui-même. Ceci mène à une disharmonie générale dont les actes de cruauté sont juste l’un des nombreux symptômes de cet empire du mal. Par ailleurs, le souci de l’efficience, propre à notre société technico-capitaliste, pousse toujours plus à la centralisation, tout en divisant ou particularisant chaque tâche, de sorte que l’éleveur n’est plus l’abatteur, et que l’emploi de ce dernier se réduit souvent désormais à n’avoir qu’une relation de sang avec l’animal. Et en plus de cela, dans des conditions industrielles! puisque les cadences d’abattage varient entre une à quatre minutes! L’éleveur, quant à lui, est constamment mis sous pression par les industriels qui le poussent à faire de son animal un véritable objet rentable, car la concurrence étrangère est féroce, mondialisme oblige!

 

Ainsi, dans une telle conjoncture, il est difficile d’imaginer un « mieux-être » animal, même avec les législations les plus strictes. Comme pour le reste, c’est très clairement un changement de société et même de civilisation qui doit s’opérer! En attendant, la création tout entière crie, elle aussi, pour une Christocratie!

 

Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu.Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre… (Romains VIII, 19-22)


À Dieu seul la gloire, ou l’apologétique par Jean-Sébastien Bach

février 2017

Adolescent je pensais que le classique était une musique pour vieux bourgeois. C’est du moins ainsi qu’on percevait la chose dans mon milieu. Même au sein de ma famille, le classique était plutôt mal considéré, hormis peut-être par l’un ou l’autre de mes grands-parents. Dans mon quartier, la grande mode d’alors c’était le rap, que j’écoutais d’abord pour être cool comme « tout le monde », avant que cela se mue en une sorte de passion. Cependant, dès mes premiers pas dans le mouvement hip-hop (qui débutèrent avec le graffiti) j’appréciais dans le rap aussi bien les bonnes rimes et les paroles « engagées » que les samples de musique classique que certains beatmakers utilisaient. Peut-être était-ce un présage…

 

En grandissant, je suis peu à peu détaché de ce conditionnement pour m’ouvrir à un univers musical un peu plus large, passant par le reggae et le rock. Puis, après ma conversion au Seigneur, étant donné que j’étais assez proche des mouvances évangéliques, j’ai essayé tant bien que mal d’écouter leur musique: la louange (worship), une sorte de variété ou pop-rock moderne souvent d’inspiration anglo-saxonne qui, osons le dire, était plutôt chiante et infantile. Cette période a toutefois été aussi brève que mon séjour parmi eux.

 

Paradoxalement, c’est au moment où les chaînes du conformisme ont véritablement commencé à tomber que je me suis mis à mieux connaître et aimer le classique. Un retour aux sources obligé, car aucune autre musique ne pouvait me faire autant d’effet. Les émotions produites par le classique sont si intenses que toutes les barrières fictives qui auraient pu encore se trouver sur mon chemin devait maintenant se lever. Les compositions de Beethoven, Chopin, Schubert et même de Mozart sont si belles et excellentes que les remarques désobligeantes que certains de mes « proches » ont pu me sortir m’indifféraient et m’indiffèrent toujours. Elles ont au contraire confirmé une analyse plus profonde et globale que j’avais faite sur l’aliénation de l’homme par la « société », à savoir que la masse peut détester ce qui est magnifique – en musique, en peinture, ou autres –, et admirer ce qui est horrible, si le climat s’y prête. L’art contemporain et certains bruits qu’on ose qualifier de « musiques » (électro, metal extrême, etc.) en sont l’exemple type.

 

Mais revenons-en au classique pour parler plus précisément du baroque de Bach. Si les musiques des compositeurs évoqués ci-dessus sont vraiment sublimes, celle de Bach est tout simplement divine et insurpassable dans le temporel. Bach nous transporte ailleurs; il nous rapproche un peu plus du ciel, vers l’Éternel. Sa musique donne vraiment un sentiment d’extase comme nulle autre. Avec Bach, pas besoin de drogues pour connaître un état d’euphorie tant ses compositions semblent sortir du registre humain. La langue allemande en devient presque agréable, ce qui n’est pas peu dire. Et tout ceci vient probablement du fait que Bach consacra toute son œuvre non à sa propre gloire ou à une vaine reconnaissance humaine, mais à Dieu. Il terminait d’ailleurs souvent ses manuscrits par le sigle S.D.G pour Soli Deo Gloria (À Dieu seul la gloire). Aussi a-t-il su conjuguer dans sa musique la modestie, le sérieux, la rigueur, l’émotion… tout en se laissant saisir et conduire par le Saint-Esprit. Car Bach n’était pas seulement un chrétien culturel comme tant d’autres de son temps, mais un véritable chrétien de conversion et de conviction. Au point que ses musiques dites « profanes » témoignent, elles aussi, d’une spiritualité chrétienne pouvant aller jusqu’à exprimer « le mystère de la Rédemption sur la Croix », comme l’a très bien fait remarquer le musicologue Gilles Cantagrel.

 

Bref, l’avantage avec Bach c’est qu’il n’est pas besoin de faire une grande démonstration intellectuelle pour prouver l’authenticité divine et la supériorité du christianisme. Car, comme pour la conversion, c’est davantage une question de foi et de réception que de raisonnement. Écouter sa musique devrait suffire à convaincre n’importe quel homme sincère qui recherche la vérité. Et pour ma part, je crois bien que si je n’étais pas déjà chrétien, je le deviendrais en l’écoutant...


Le « technico-capitalisme » anéantit tout

janvier 2017

Comprendre le monde moderne implique de connaître au moins deux des grandes maladies qui le frappent, à savoir le capitalisme et la technique. La première a été relativement bien diagnostiquée et combattue par plusieurs hommes (Proudhon, Marx, Tolstoï, Weber, etc.) sans pour autant être éradiquée, tandis que la seconde a été sous-estimée, voire carrément ignorée de la plupart. Jacques Ellul a été l’un des seuls penseurs à l’avoir bien comprise et décortiquée, tout en annonçant ses effets dévastateurs si rien ne serait fait. Cependant, durant la période des « Trente Glorieuses » et même au-delà, nul n’a vraiment voulu l’entendre, et aucun garde-fou n’a été mis en place, tant cette critique dérangeait. Certainement, la plupart des intellectuels objectifs et sérieux reconnaissaient, au moins en cachette, que Jacques Ellul disait la vérité; mais celle-ci remettait en cause une idole bien trop sacrée pour qu’on la prenne en considération. En conséquence, nous nous rapprochons toujours plus du point de non-retour, si nous ne l’avons pas déjà atteint.

 

Jacques Ellul a en outre brillamment démontré que la technique avait son autonomie et qu’elle n’était pas neutre. Aussi, tout régime – qu’il soit libéral, communiste, religieux... dictatorial ou démocratique –, est aujourd’hui dépendant de la technique. Dès lors, tout pouvoir politique ou système économique qui récuserait l’impératif technique est condamné.

 

Certes, qu’il y ait des techniques nécessaires et même bonnes (ordinateurs, techniques médicales, etc.) est un fait. Mais le tout technique devient un grand mal, puisqu’il ne laisse vivre aucun autre « milieu » et n’accepte ni critique ni limite. Comme disait Dennis Gabor: « tout ce qui est techniquement faisable sera fait. » Et c’est ici précisément que se trouve le « mal absolu ». L’exemple des techniques de procréation humaine l’illustre on ne peut mieux. La puce sous-cutanée aussi. Ce n’est pas à la technique de s’adapter, mais à l’éthique ou la morale. En effet, ce qui était inacceptable il n’y a encore que quelques dizaines d’années, devient acceptable de nos jours. Dès lors, toute morale qui tendrait à la limiter serait vouée aux gémonies. C’est pourquoi, tant les philosophes que les théologiens sont aujourd’hui payés pour défendre le tout technique, jusqu’au transhumanisme.

 

Ceci étant dit, il faut aussi rappeler qu’il existe des interactions entre l’ordre technique et l’ordre économique (le politique s’adapte), c’est pourquoi nous pourrions dire, par facilité de langage et d’analyse, que nous vivons en Occident dans une sorte de « technico-capitalisme ». Les deux maladies en forment une seule. Le drone, par exemple, est une technique totalement inutile pour l’homme du commun et de surcroît particulièrement dérangeante, tant par ses nuisances sonores que par ses caméras. Toutefois, il est rentable. C’est donc un cas typique du technico-capitalisme. Autre cas d’école: les éoliennes, défendues par des pseudo-écolos. Un problème technique s’est posé (nucléaire) que l’on prétend désormais résoudre en partie par un autre problème technique (éolienne). Celle-ci non seulement souille les paysages naturels, dérange la faune, tue énormément d’oiseaux, mais peu importe: l’éolien est une nouvelle technique qui constitue un marché à fort potentiel.

 

Le milieu technique s’impose partout, plus seulement en ville. Et à ce rythme-là, il n’y aura bientôt plus de grande différence entre le milieu technique et le milieu naturel. L’équilibre tend à disparaître. Les adeptes de quads, de motocross et de drones peuvent déjà à leur aise se divertir partout, y compris dans les derniers recoins un peu sauvages et naturels. C’est leur liberté! paraît-il. En revanche, la liberté de ceux qui préfèrent passer leurs loisirs à contempler les paysages et à se ressourcer dans le silence, loin de la civilisation, ne compte absolument pas. Car cette liberté n’est pas assez technicienne!

 

Ainsi la philosophe Simone Weil avait bien raison de dire qu’«il est inévitable que le mal domine partout où la technique se trouve soit entièrement soit presque entièrement souveraine ». D'autant que ce mal est renforcé par le capitalisme.

 

Voir aussi: Système technicien ; La peine du Capital


Souriez, vous êtes « libres »

décembre 2016

Comme la plupart des autres pays, la Suisse a pris un tournant liberticide. Ce mot vous choque peut-être, vous le trouvez outrancier, et pourtant c’est bien la réalité: la Suisse devient un pays liberticide. Cela s’est produit sous nos yeux, petit à petit, sans même que nous nous en rendions compte. Ce retour à l’esclavagisme « soft » ne s’est pas fait d’un trait, mais lentement et subtilement, comme dans la fable de la grenouille: d’abord l’eau chauffe progressivement pour que nous nous y sentions à l’aise, avant de bouillir pour nous paralyser.

 

Et l’histoire ne date pas vraiment d’hier. Rappelons seulement quelques faits. Par exemple, celui qui contraignit tout citoyen à souscrire une carte bancaire pour recevoir son revenu. Bien entendu, disait-on au début, « vous aurez toujours le choix de ne pas ouvrir un compte ». Sauf qu’aujourd’hui, pratiquement plus aucune entreprise (publique ou privée) ni assurance ne propose une autre option. Résultat des courses: non seulement vous êtes obligé d’avoir un compte courant, mais en plus, celui-ci vous coûtera au minimum 30 francs par année de frais de gestion (à moins que vous ayez un revenu mensuel confortable). Le libre choix n’existe donc pas.

 

Dans un autre registre, l’assurance-maladie obligatoire nous avait d’abord été présentée comme un symbole de solidarité. Un acquis social important. Mais depuis, chaque année les primes augmentent à un rythme supérieur à l’inflation générale, la faute, paraît-il, aux malades qui coûteraient trop chers. Tandis que les dirigeants des caisses d’assurances, eux, se portent plus que bien. De plus, ils imaginent déjà l’assurance de demain : un contrôle plus poussé et des primes plus élevées pour les assurés dit à risque. Ainsi la solidarité initiale se mue en individualisme effréné afin que les libéraux puissent encore augmenter leurs capitaux. Le tout, bien sûr, grâce à la complicité de l’État bourgeois.

 

Parlons encore de « liberté individuelle ». Un petite minorité d’entre nous aimerait pouvoir se promener tranquillement dans les rues, travailler dans un lieu sans forcément être épiée par des caméras de surveillance. Eh bien! cela n’est pratiquement plus possible. Nous devons aujourd’hui accepter l’idée que chacun d’entre nous est un suspect potentiel, que nos faits et gestes sont filmés et que ces données sont traitées par des services paradoxalement bien moins transparents que nous. D’ailleurs, désormais les « flics » assistants sont un peu partout, puisqu’au moindre écart de conduite d’un quidam, cent autres sortiront immédiatement leur smartphone pour filmer la scène. Le jeu est pervers. D’ailleurs, il n’y a même plus tant besoin d’un écart de conduite pour être filmé, étant donné qu’aujourd’hui tout le monde filme tout le monde pour rien, sans même se demander si cela dérange encore quelqu’un. Cette génération a été complètement mithridatisée et les quelques réfractaires n’ont plus rien à dire. La majorité faisant office de loi et l’esclavage librement consenti de progrès.

 

Il demeure toutefois l’illusion d’une « protection des données » garantie par la Constitution. Cela dit, comme toute loi, elle est soumise à interprétation. Des entreprises vivent grâce à vos données, avec ou sans votre consentement, preuve que ce genre de loi est une décoration. Vous pourrez évidemment faire appel à la justice, mais étant donné que le pouvoir judiciaire est le troisième pilier de l’État bourgeois, elle fera semblant de ne point entendre votre plainte. Reste alors les médias de masse. Là encore, faux espoir! dans la mesure où le quatrième pouvoir est aujourd’hui entièrement entre les mains des grands groupes capitalistes. Il n’est plus du tout indépendant. En effet, jamais les grands médias ne remettront en cause le déséquilibre sur lequel repose toute notre société. Ils sont eux-mêmes les meilleurs propagandistes du système, voilà pourquoi ils se contentent, la plupart du temps, de vous informer sur la situation des autres pays. Leur message est simple : « Là-bas c’est bien pire, soyez heureux de vous soumettre ici ». Certes, comme disait Jacques Ellul, il vaut mieux pour le chien à la niche avoir une longue chaîne qu’une petite.

 

Bref, nous pourrions encore multiplier les exemples (passeport biométrique, etc.) qui prouvent que nous ne vivons guère dans une société libre. Du moins, pas pour la classe d’en bas. Cependant, qui s’en inquiète encore, puisque le vocabulaire de la liberté y est préservé?

 

Sachez juste que Dieu désapprouve l’hypocrisie de cette société païenne qui fait semblant d’être attachée à la liberté tout en réduisant les citoyens en esclavages. Dans la Bible, le contrôle social est décrit comme étant l’oeuvre du Malin (Chroniques XXI, 1-2) et les appels à la liberté sont nombreux.

 

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates V, 1).

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Désobéissance civile ; La Suisse de l'injusticeManipulation des massesSystème technicien


Élection américaine : la défaite des sondages

novembre 2016

Qu’on se le dise, Donald Trump ou Hillary Clinton, républicain ou démocrate, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Teinte somme toute assez identique aux couvre-chefs des politiciens de notre côté de l’Atlantique. Car s’il existait vraiment un homme politique providentiel, quelqu’un qui se soucie réellement de l’intérêt général, les lobbies se chargeraient très vite de le mettre au pas, ou alors de le rendre médiatiquement inexistant, donc pratiquement inéligible.

 

Quoi qu’il en soit, le mépris des médias de masse européens et suisses envers Trump, et leur admiration quasi religieuse envers Clinton, dénotait une propagande qu’on croyait issue d’un autre temps. Certes, le milliardaire de l’immobilier ressemble à s’y méprendre à un vulgaire personnage de télé-réalité, mais de là à présenter Clinton comme une sainte, une formidable candidate, une incarnation de l’intégrité, c’était tout aussi grossier. Il est vrai qu’après le premier président américain « black », qu’on adulait plutôt pour sa couleur que pour ses compétences, les médias espéraient voir une première femme à la Maison-Blanche. Qui plus est, une femme pro-gay, pro-avortement, pro-migrants, etc. Bref, une véritable icône pour les bigots des temps modernes. Leur ferveur les poussait à ignorer délibérément les sales affaires de corruption, de transactions douteuses, de détournement de fonds qui entachent pourtant depuis fort longtemps la coterie Clinton.

 

Évidemment, comme avant le vote sur le « Brexit », pratiquement tous les médias et les sondages prévoyaient la victoire du « bien » sur le « mal ». Hillary Clinton sera présidente, nous répétait-on ! Les instituts de sondage étaient formels, surtout quelques heures avant le vote. Ainsi les technocrates de tous lieux venaient vanter leur infaillible science, celle qui connaît les intentions des électeurs mieux que personne. Hier encore, Deeption, outil « révolutionnaire» d’analyse développé par la prestigieuse EPFL, pronostiquait la victoire de la candidate démocrate.

 

Et c’est peut-être ici la seule chose intéressante à retenir de cette élection américaine, à savoir l’échec des sondages, du monde technico-médiatique qui traite trop souvent les électeurs comme de vulgaires rats de laboratoire dont on connaîtrait d’avance tous les faits et gestes…

 

Voir aussi : Système technicien


Sur l’interdiction totale de la mendicité dans le canton de Vaud

Parabole du riche et de Lazare (dessin: Eugène Burnand)
Parabole du riche et de Lazare (dessin: Eugène Burnand)

octobre 2016

Fin septembre, le Grand Conseil vaudois a accepté l’initiative UDC visant à interdire la mendicité dans tout le canton. Cette loi scélérate punira bientôt le pauvre qui mendie d’une amende allant de 50 à 100 francs! Cette nouvelle prescription ne combattra pas seulement la mendicité par métier, les réseaux roms, mais bel et bien tous les indigents qui demandent l’aumône. Suisses compris.

 

Venant de politiciens bien nourris, grassement payés par l’argent du contribuable, vivant dans de luxueuses maisons, ce vote à quelque chose de particulièrement indécent. Rappelons en effet qu’un député dans le canton de Vaud touche une indemnité journalière de 480 francs (270.- par demi-journée), frais accessoires en sus, et qu’un conseiller d’État touche un salaire annuel d’environ 200’000 francs, avec une rente à vie assurée correspondant à 50% de son dernier salaire. Comble de la perfidie, ce sont ces mêmes personnes qui utilisent leur autorité pour aider les riches à devenir toujours plus riches et pour stigmatiser les plus pauvres. Ils manipulent le prolétariat, tout en le spoliant, et désignent souvent le sous-prolétariat comme étant coupable de coûter trop cher à la collectivité. Dans le cas présent, les mendiants posent surtout un problème d’image dans une Suisse qui voudrait garder une certaine apparence "cossue". Malheureusement, qu’ils soient autochtones ou pas, des pauvres existent dans ce pays. Et au lieu de les pénaliser davantage, peut-être serait-il temps, au 21ème siècle, d’éradiquer définitivement ce fléau qu’est la pauvreté en redistribuant les richesses « à chacun selon ses besoins ». La mendicité pourrait ainsi disparaître et l’orgueil des plus puissants s’atténuer. Car en définitive, ce ne sont ni les avancées technologiques ni les mariages homos qui seront susceptibles de faire progresser notre civilisation, mais plutôt notre capacité à construire avec plus d’altruisme.

 

Voir aussi : La Suisse de l'injustice ; La peine du Capital


Loi sur le renseignement : « Parmelin is watching you »

septembre 2016

Pour le conseiller fédéral Guy Parmelin, les personnes qui sont opposées à la nouvelle loi sur le renseignement (LRens) se rendent complices des terroristes ! Lors d’une interview, le chef du DDPS s’est permis de traiter de criminels tous ceux qui souhaiteraient garder un semblant de liberté et préserver leur espace privé. En d’autres termes, soit on est pour « Big Brother » soit on est pour les terroristes ; être contre les deux n’est tout simplement pas concevable pour le « Parti ».

 

Cela en dit long sur le machiavélisme incroyable de ceux qui nous gouvernent et sur notre « démocrature » qui se mue lentement mais sûrement en État policier.

 

En outre, il n’est pas impossible que Guy Parmelin, au nom de tout le Conseil fédéral, ait voulu lancer un petit message subliminal : avec cette nouvelle loi, les premières personnes qu’on espionnera sont celles qui auront voté « non ». À bon lecteur, salut !


Ordo ab Chao : la haute trahison des dirigeants et la jocrisserie des peuples

août 2016

Huitante-quatre morts à Nice, un prêtre égorgé à Saint-Etienne-du-Rouvray, une attaque sanglante à la hache en Allemagne… jusqu’à la prochaine nouvelle. Tout cela a été commis par des Mahométans qui vouent un culte mortifère à leur dieu lunaire. Certes, on le sait bien, depuis des siècles les fous d’Allah désirent envahir l’Europe et la soumettre totalement (étymologie du mot «islam») à leur religion. Jadis repoussés par des chrétiens – sinon de foi, au moins de culture –, ils ont depuis été accueillis en grande pompe par des gouvernants occidentaux dont la politique ultra-libérale, laïque, féministe, pro-IVG, avait fortement contribué à la dénatalité en Europe. Croissance oblige, il fallait bien compenser ce manque par des populations plus fécondes venues d’ailleurs, disaient alors nos pompiers-pyromanes. Mais voilà que cette jeunesse de remplacement se retourne et commence désormais à tuer ces « vieux européens ». Etait-ce prévisible ? Non, d’après nos élites. Tout en condamnant ces actes barbares, nos dirigeants, qui passent pourtant leur vie à étudier la prospective et à élaborer les plus subtiles stratégies, voudraient maintenant nous faire croire qu’ils n’auraient jamais prévu ces évènements, et qu’ils auraient même tout fait pour les éviter. Serions-nous donc gouvernés par des imbéciles heureux ? Quand une Angela Merkel, par exemple, fait accueillir 1,5 million de migrants en Allemagne rien qu’en 2015, malgré les risques et les avertissements divers (venant même de l’Etat islamique! ), peut-on vraiment croire en des conséquences inopinées ?

 

En vérité, il faut comprendre que la plupart des dirigeants européens sont depuis longtemps complices de l’islamisme. Les plus matérialistes et cupides d’entre eux sont tout simplement vendus à des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, alors que les autres sont corrompus par l’idéal laïque, donc maçonnique. Nous n’irions pas jusqu’à dire qu’ils organisent les attentats, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils en profitent chaque fois pour restreindre les libertés individuelles. Autrement dit, la mauvaise herbe les arrange bien. Evidemment, les gens étourdis par la télé-réalité et les journaux n’y voient que du feu.

 

Par ailleurs, non seulement les dirigeants profitent de cette situation, mais plus encore ils se moquent des victimes de leur politique. Et parfois même ouvertement. En effet, deux heures à peine après l’égorgement du prêtre Jacques Hamel, une élue municipale de Brest, Julie Le Goïc, écrivait sur Twitter avec un humour bien particulier : « Du coup, le prêtre mort en martyr, il a le droit à 70 enfants de choeur au paradis ? ». Dans un autre registre, en réaction aux nombreux attentats, un charcutier français de 38 ans avait déposé quelques lardons dans la boîte aux lettres d'une mosquée, manière pour lui d’exprimer son ras-le-bol des attentats. L’homme fut immédiatement jugé par le tribunal correctionnel de Nancy pour « violences commises en raison de l'appartenance de la victime à une religion », et a été condamné à six mois de prison avec sursis. Apparemment, les juges semblent beaucoup plus rapides et motivés pour traiter ce genre de « délit ». Mais du côté des citoyens, ce n’est pas beaucoup mieux : lors de l’attaque de Nice, des témoins déclarent que des gens filmaient avec leur téléphone portable les personnes agonisantes au lieu de les secourir. Attitude écœurante, certes, mais comment demander un peu de charité chrétienne ou même un soupçon de compassion à des gens qui, pour la plupart, ont été nourris depuis le berceau par la technique, l'athéisme, le matérialisme et le nihilisme ?

 

Considérant tout cela dans son ensemble, une seule devise nous vient en tête : « Ordo ab Chao ». Cette expression latine, lourde de sens pour les maçons du 33ème degré, signifie « l’Ordre du chaos ». Les architectes et les ouvriers de cette société ont ce qu’ils veulent et auront un jour ce qu’ils méritent. Pour l’heure, les seules vraies victimes sont celles qui se sont toujours opposées à ce système, mais qui doivent, malgré tout, en subir les dommages…

 

Voir aussi : Pouvoir occulte ; Manipulation des masses


Cérémonie satanique pour l’inauguration du tunnel de base du Saint-Gothard

Juillet 2016

L’inauguration officielle du tunnel de base du Saint-Gothard a eu lieu le 1er juin 2016, en présence du Conseil fédéral, des membres du Parlement et de plusieurs dirigeants européens. Les festivités ont débuté le matin avec la bénédiction d'un abbé, d'un pasteur, d'un rabbin et d'un imam, comme pour nous rappeler que la religion mondialiste est syncrétique. Puis, ce spectacle coûteux s’est poursuivi avec des symboles éminemment sataniques, prouvant une fois de plus l’allégeance des puissants à l’esprit du mal. Malgré toutes ces démonstrations et en dépit du bon sens, une majorité de chrétiens soutient toujours la « soumission aux autorités » et s’oppose encore à l’anarchisme chrétien.


DPI/LPMA : eugénisme et réification de l'être humain

juin 2016

Le 14 juin 2015, le peuple suisse avait accepté l’ouverture à la sélection artificielle sous certaines conditions. Le 5 juin prochain, il devra se prononcer sur la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA) qui vise à étendre le DPI à toutes les irrégularités génétiques. De quoi s’agit-il ?

 

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) c’est de l’eugénisme, et l’eugénisme c’est la sélection des plus forts et l’élimination des plus faibles. Une pratique directement inspirée par la théorie de l’évolution de Charles Darwin. Le terme eugénisme (littéralement « bien naître ») fut d’ailleurs employé pour la première fois par son cousin, Francis Galton.

 

Un peu tard, le régime nazi, convaincu par les travaux de Darwin, Galton et Spencer – entre autres –, mit en place une politique eugéniste dans le but de préparer « l’homme supérieur ». De nombreux autres pays firent de même, dont les États-Unis, la Suède, le Japon, la Suisse, etc.

 

Aujourd’hui, dans nos pseudo-démocraties, les choses n’ont pas tant changé. Les libéraux qui sont au pouvoir se prétendent à l’opposé de l’idéologie nazie tout en gardant les mêmes bases philosophiques. Ils veulent, eux aussi, échantillonner des êtres humains, sélectionner les meilleurs et rejeter les moins bons. Non pour raisons raciales cette fois-ci, mais simplement par soucis d’efficience et de rentabilité. Cette pratique permettrait en effet, à long terme, d’alléger les coûts de la santé, de créer de nouveaux marchés (notamment dans la fabrication d’enfants pour couples infertiles ou homosexuels) ainsi que des êtres potentiellement plus adaptés et productifs. Par ailleurs, les docteurs Mengele pourraient à nouveau exercer en toute liberté, quoiqu’ils se sentent déjà très à l’aise dans une société où le meurtre de bébés est considéré comme un acte médical. Et justement, en parlant d’IVG, certains partisans de la LPMA n’hésitent pas à faire du sophisme en prétendant que le diagnostic préimplantatoire permettrait d’éviter des avortements puisque les couples pourraient se décider avant même que des embryons soient implantés dans l’utérus de leur mère. Comme si la peste était préférable au choléra. Argument fallacieux.

 

En clair, nous nous dirigeons vers une société dans laquelle la vie ne sera plus du tout sacrée, mais réduite à la logique techno-capitaliste. Sous couvert de progressisme, nous sommes en réalité en train de rejouer les heures les plus sombres de l’histoire…

 

Voir aussi : Effondrement moral ; Système technicien


Le sens d'une société sans parole

mai 2016

Dans la Bible, la notion de « parole » revêt une place extrêmement importante. Non pas la parole en tant que discours vide, mais la parole qui a un sens, celle qui produit un acte. En effet, Dieu n’a-t-il pas tout créé par Sa Parole ? L’Éternel ne s’est-il pas révélé d’abord par Sa Parole ? Et Jésus-Christ n’est-il pas la Parole incarnée ?…

 

Dans l’Ancien Testament, le second commandement invite à ne point faire d’image, marquant ainsi la différence entre les religions païennes et la foi authentique ; entre l’idolâtrie et le vrai culte à Dieu. Dans le Nouveau Testament, Jésus déclare expressément que notre parole doit être oui, oui, non, non ; car ce qu’on y ajoute vient du malin (Mt. V, 37).

 

Ce n’est donc pas un hasard si, dans notre société actuelle, redevenue ultra-païenne, l’image est vénérée alors que la parole est abhorrée. On admire les vains discoureurs, les tartuffes, pour autant qu’ils présentent bien. Certes, beaucoup de gens restent encore – par principe ou héritage judéo-chrétien – plus ou moins choqués quand ils voient une personnalité publique prise en flagrant délit de mensonge, sans toutefois remettre en question l’ensemble de la société qui pousse à faire pareil. C’est-à-dire, tous ces simulacres, ces petites tromperies quotidiennes qu’on accepte de la part des vendeurs, de la presse, de la publicité, des contrats (où il faut toujours lire entre les lignes pour ne pas se faire avoir), des politiques, des hommes de loi, et ainsi de suite… Bref, cette malhonnêteté permanente qui ne fait aujourd’hui plus scandale. C’est navrant, mais on vit avec et on s’y est malheureusement habitué.

 

Dans ce contexte, les hommes de parole deviennent des oiseaux rares. Pire, l’honnêteté et la franchise peuvent même faire peur ! En définitive, manquer à sa parole n’est qu’un symptôme de plus qui montre la grave crise morale dans laquelle nous sommes plongés.

 

Voir aussi : Effondrement moral


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