Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps.


Coronavirus: pandémie salutaire ou cheval de Troie du techno-capitalisme?

mars/avril 2020

À l'heure où nous écrivons (mars), la pandémie de coronavirus n'a pas fait autant de morts qu'une grippe saisonnière. Cependant, la rapidité de sa propagation et sa forte médiatisation a provoqué une panique générale et des mesures assez drastiques commencent à être mises en place pour éviter une contagion de plus grande ampleur. Dans ces conditions, les propos contradictoires et les avis personnels ne manquent pas. Mais comme d'habitude, nous voulons observer les choses avec le regard de la foi, le seul capable de nous apporter un éclairage convenable. Nous analyserons donc ici les possibles causes et conséquences de cette pandémie.

 

Les causes

D'après les informations dont nous disposons, l'épidémie de coronavirus aurait commencé en décembre 2019, dans un marché de gros de fruits de mer (et autres aliments douteux), à Wuhan, en Chine. Certains chercheurs ont avancé l'hypothèse que ce virus provenait d'une consommation de chauve-souris ou de reptile. Aliments peu ragoûtants dont certains néo-Siniens (Chinois) sont friands. Nous ignorons si cela est vrai ou faux, mais la question que cette hypothèse soulève n'est pas inintéressante. Car elle nous pousse au moins à nous demander si tous les régimes alimentaires se valent, autrement dit s'il ne s'agit que d'une question de culture, de goût ou de choix personnel. De l'anthropophage au végan, chacun pense que son régime est le bon. Le relativisme semble a priori s'imposer. Mais n'y a-t-il vraiment aucun absolu à ce sujet? En réalité, la Bible nous donne toute une liste d'animaux qu'il faudrait éviter de consommer (Lév. XI). Et si les gens n'ont généralement retenu que le porc, qui est dit "impur" (en hébreu tame), ils oublient trop souvent la liste des animaux "répugnants", c'est-à-dire qu'il faudrait "avoir en horreur" (en héb. shaqats), parmi lesquels se trouvent les reptiles, amphibiens, rongeurs, canidés, félidés, équidés, rapaces, chauves-souris, singes, fruits de mer, crustacés, mollusques, etc. Ce chapitre du Lévitique semble donc distinguer trois catégories d'animaux: les animaux qu'on peut consommer, ceux qu'il vaudrait mieux éviter, et ceux dont il faudrait absolument s'abstenir. Bien entendu, la plupart des théologiens chrétiens ont pensé que les restrictions alimentaires n'étaient plus valables sous la Nouvelle Alliance, en se basant notamment sur la vision de saint Pierre sur les animaux impurs (Actes X). Or, en lisant ce texte plus attentivement on remarque que cette vision n'était pas destinée à abolir les restrictions alimentaires, mais plutôt à enseigner à l'Apôtre qu'il ne devait plus regarder tous les païens comme des impurs, car l'Église allait s'ouvrir aux convertis venant de toutes les nations (cf. Act. X, 17, 28). Certes, comme pour d'autres sujets, la Nouvelle Alliance semble laisser la question des aliments à la libre appréciation des fidèles qui sont censés suivre l'Esprit et rendre grâces avant de manger (cf. Rm XIV, 1-4). Cependant, si les animaux shaqats ont été désignés ainsi, ce n'est sans doute pas pour rien. Il vaudra donc toujours mieux, par principe, s'en abstenir.

 

Mais il y a plus intéressant encore: la ville de Wuhan est réputée pour être l'un des hauts lieux de la technolâtrie mondiale. Elle fut d'ailleurs établie en 2019 comme première zone de démonstration pour la cinquième génération (5G) de système cellulaire, technique destinée à développer l'internet des objets, la domotique, le télétravail (et la télémédecine), les véhicules autonomes, etc. Soit à une automatisation, une déshumanisation et un flicage toujours plus accrus. Or on sait que cette technologie "5G" augmente considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques et donc les effets nuisibles sur notre santé et l'environnement. Au point que le biologiste suisse Daniel Favre avait pu parler de "possible crime contre l'humanité" en cas de déploiement de ce réseau mortifère. Par conséquent, sachant que l'action des champs électromagnétiques affaiblit notre système immunitaire (entre autres), il n'est pas déraisonnable d'y voir quelque lien avec la pandémie actuelle, ne serait-ce que comme un signe d'avertissement sur les dangers de cette nouvelle technologie. Il serait en effet absurde de penser qu'il ne s'agit là que d'une simple coïncidence.

 

Une autre cause que l'on retiendra ici concerne plutôt la propagation de ce virus à travers le monde. Depuis l'Antiquité, les hommes savent normalement que le meilleur moyen d'endiguer une pandémie est de séparer le plus tôt possible les biens portants des malades, ceci afin d'éviter une plus grande contagion. En ce sens, les frontières peuvent être utiles. Malheureusement, par idéologie mondialiste et pour défendre les intérêts techno-capitalistes, la plupart des dirigeants des pays ont refusé de fermer leurs frontières, alors même qu'ils savaient que le foyer d'infection était en train de grossir. Et tandis que le président français assurait à son peuple qu'un virus n'a pas de passeport et donc que la fermeture des frontières lui semblait inutile, les autorités helvétiques fanfaronnaient en disant n'avoir nullement besoin de fermer les leurs, puisqu'il n'y avait encore aucun malade. Puis, formidable cynisme, lorsque le virus a débarqué en Suisse, ces mêmes autorités déclarèrent qu'il ne servait plus à rien de fermer les frontières, puisque le virus était maintenant dans le pays. Résultat: les dirigeants sont désormais en train d'établir un peu partout des frontières intérieures bien plus petites encore, appelées "confinement". Les pyromanes deviennent ainsi des pompiers. Et les médias aux ordres les applaudissent d'avoir osé prendre de bonnes décisions.

 

Enfin, dans cette contagion, il ne faut bien sûr pas oublier le facteur démographique: car la forte densité de population dans nos pays est incontestablement une bombe polluante, sonore et virale. Surtout dans un système comme le nôtre qui encourage les déplacements incessants et la surconsommation. Les promoteurs de la croissance en tout genre – ou plutôt de la démesure – qui rêvent de pays surpeuplés et de villes "vertes" et "intelligentes" pour compenser la belle nature qui disparaît jour après jour ont bien sûr leur part de responsabilité.

 

Les conséquences

Venons-en maintenant aux conséquences. La première leçon qu'il aurait fallu tirer dans ce genre de situation est de se souvenir que nous sommes mortels et donc des malades en puissance. Si ce n'est pas une grippe qui nous tuera, ce sera autre chose. Cette pandémie devrait donc nous rappeler qu'il faut se préoccuper avant tout de notre âme. Venir au pied de la Croix et faire pénitence devant le Seigneur est la meilleure attitude à avoir. Notre salut en dépend. Malheureusement, au lieu de cela, la majorité des gens n'ont pas été plus dignes que leurs dirigeants. Ils ont continué d'agir comme des matérialistes et des hédonistes qui ne considèrent que la matière et qui établissent comme principe suprême la recherche du plaisir. Ils se sont ainsi précipités dans les magasins pour les dévaliser comme des affamés. "Mangeons et buvons, car demain nous mourrons!"– semblaient-ils dire. Credo matérialiste que déplorait déjà en son temps le prophète Isaïe (Is XXII, 13). Pourtant, l'homme ne vivra pas de pain seulement (Luc IV, 4).

 

Cette attitude délétère pourrait entraîner des conséquences bien plus sérieuses pour l'ensemble des individus. Car à cause d'une majorité aussi matérialiste et hédoniste, manipulable à souhait, et généralement prête à tout sacrifier pour un peu plus de sécurité, il se pourrait que le coronavirus serve en définitive – comme au lendemain du 11 septembre 2001 – de prétexte pour accentuer la surveillance de masse et accélérer le "tout numérique" (télétravail, télémédecine, école numérique, disparition du cash au profit de la monnaie électronique, etc.). Dans ce cas, nous pourrions réellement parler de cheval de Troie du techno-capitalisme.

 

En revanche, pour être un peu plus optimiste, cette pandémie pourrait tout aussi bien produire un sursaut chez les travailleurs au chômage technique qui ont désormais la possibilité de s'arrêter pour lire et mieux réfléchir, puisque même les usines abrutissantes comme les discothèques et les matchs de foot sont à l'arrêt (il en reste bien sûr d'autres, comme la TV, les vidéos débiles sur internet, etc.). Donc, si un certain nombre d'entre eux commencent sérieusement à se poser des questions sur leur âme et sur le fonctionnement du techno-capitalisme, il se peut qu'ils découvrent avec horreur la folie de ce système qui ne repose que sur la réification de tout, la croissance infinie, la surconsommation, la destruction de la création, les métiers de service, l'interdépendance dangereuse des nations, etc. En d'autres termes, si de plus en plus de gens prennent conscience qu'il faut absolument changer d'orientation, construire un monde à taille humaine, en équilibre avec le reste de la création, privilégier les choses importantes comme la sagesse, l'agriculture durable, la santé, le social, l'autonomie, etc. alors on pourra dire que cette pandémie fut un mal salutaire. Mais "cheval de Troie" ou "mal salutaire", seul l'avenir nous le dira…

 

Voir aussi: Condamné à mort; Révolution et Christocratie; Système technicien et technolâtrie


« Comme Sodome, ils publient leur crime, sans dissimuler » (Is III, 9)

mars 2020

Le 9 février 2020 la Suisse est officiellement entrée dans le club des démocraties abjectes qui favorisent le sodomisme et criminalisent les "homophobes", c'est-à-dire potentiellement tous ceux qui ne trouvent pas forcément cool ni même moral de pratiquer la sodomie et d'être "LGBTQ". Sur les 41% d'électeurs suisses qui ont participé à cette mascarade démocratique, 63% d'entre eux ont répondu aux attentes des élites techno-libérales suisses, et cinquante-sept pour-cent les ont également suivies en rejetant l'initiative sur les "logements abordables". Le résultat de ces deux votes nous donne une idée assez claire du climat délétère qui règne en Suisse en cette première moitié de XXIe siècle: une haine de toute vraie morale et un mépris de classe assumé de la bourgeoisie envers les plus modestes. Deux caractéristiques propres aux peuples impies (cf. Is III, 12-15; V, 20; X, 1-2). Qu'on se souvienne à ce titre des précédents résultats sur le passeport biométrique, l'homicide prénatal (remboursement de l'IVG), l'eugénisme (diagnostic pré-implantatoire), le flicage des assurés, etc. Certes, les gens qui acceptent tout cela ne sont pas forcément tous issus de la bourgeoisie, mais ils sont néanmoins embourgeoisés et dépravés, peut-être à force d'avaler toute la propagande techno-libérale du groupe Tamedia (20 minutes, 24heures, Tribune de Genève, etc.) ou encore celle de la RTS, entre autres.

 

Quoi qu'il en soit, les initiés de la foi comprendront certainement que ces transformations morales, sociales ou sociétales s'inscrivent dans un contexte beaucoup plus large, c'est-à-dire qu'elles ne sont finalement que des symptômes du système antichrist mondial, et qu'il est par conséquent vain de s'engager en politique (et même de voter) en croyant pouvoir moraliser la Bête immonde. Car celle-ci est par nature immoralisable. Sodome et Gomorrhe, l'Égypte, Canaan, l'Assyrie, Babylone, l'empire séleucide, l'empire romain, le troisième Reich et leurs semblables étaient tous irréformables. C'est pourquoi, les fidèles les plus lucides n'ont jamais rien souhaité d'autre que leur ruine. Aujourd'hui, la puissance technologique et antichrist chinoise – locomotive de la croissance mondiale – et les États-Unis, soit grosso modo les deux têtes de l'empire techno-capitaliste, ne semblent pas davantage moralisables. Pas plus que ne le sont ceux qui se soumettent à leur modèle abject. Mais aussi puissants et invulnérables qu'ils puissent paraître actuellement, la nouvelle Égypte ou le nouvel empire romain (États-Unis) et la nouvelle Sin (Chine) pourront également tomber s'ils persistent dans leur voie criminelle (cf. Éz. XXX, 15). Et avec eux, tous leurs serviles vassaux.

 

Pour les profanes encore suffisamment honnêtes et conscients, la lecture de ces évènements n'est pas davantage compliquée: le but de la caste techno-libérale consiste toujours à démoraliser, laminer, abrutir les prolétaires et sous-prolétaires à travers toute une palette de vices – pornographie, sodomisme, téléréalité, féminisme, publicités, jeux-vidéos, discothèques, objets techniques, etc. –, afin de les réduire en de zombiesques consommateurs et technolâtres. C'est pourquoi, aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, les anarcho-socialistes de la Première Internationale avaient notamment compris l'imposture du féminisme (d'où leur refus, à l'origine, du travail des femmes). Aussi Proudhon, le père de l'anarchisme laïque, voyait d'un très mauvais œil la progression de l'homosexualité, signe de décadence bourgeoise. Il écrivit même à ce sujet: "Sans aller jusqu'à la mort, je regrette que cette infamie qui commence à se propager parmi nous, soit traitée avec tant d'indulgence. Je voudrais qu'elle fût, en tous les cas, assimilée au viol, et punie de vingt ans de réclusion. Mais le mieux serait d'y trouver un antidote…" D'où l'on voit qu'à l'origine l'anarchisme et même le socialisme se distinguaient assez nettement du libéralisme pernicieux. Ce sont en réalité des libéraux de gauche qui phagocyteront progressivement les mouvements révolutionnaires, de la même manière que les homodoxes ont phagocyté la plupart des Églises.

 

Enfin, une dernière remarque s'impose: si les "LGBTQ" sont incontestablement devenus l'une des nouvelles coqueluches du techno-libéralisme, c'est en partie pour les raisons invoquées supra, mais également parce qu'ils constituent des couples infertiles susceptibles de former une clientèle importante pour le marché de la reproduction artificielle d'enfants. Un marché en pleine expansion. Et puisque le droit est évidemment le bras armé des classes possédantes, il était naturel qu'il évolue de cette manière dans la plupart des pays occidentaux. Du reste, gageons que si les braves électeurs suisses avaient eu l'audace de refuser cette loi, leurs maîtres les auraient vite rappelés à l'ordre en leur demandant de revoter après une nouvelle pédagogie, ou alors auraient-ils simplement imposé cette loi en invoquant un cas de force majeure. Car c'est ainsi que les choses fonctionnent dans une démocratie bourgeoise inféodée au système antichrist.

 

Voir aussi: La Suisse de l'injustice; Effondrement moral; Le système antichrist


La Parole de Dieu est douce-amère

fév. 20

À un moment charnière de la vision de saint Jean, dans l'Apocalypse, nous trouvons ce passage étonnant où il lui est demandé d'avaler un petit livre avec la promesse qu'il lui serait doux en bouche, mais amer à ses entrailles. Et effectivement, dès que l'Apôtre l'eut avalé, il ressentit ce goût étrange (Ap. X, 10): "Il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais dès que je l'eus mangé mon ventre fut rempli d'amertume." Puis on lui dit: "Il faut que tu prophétises…" Selon toute vraisemblance, le livre en question doit être la Parole de Dieu qui produit en nous cette sensation douce-amère. Douce quand elle affirme que nous sommes sauvés par la Grâce; amère quand elle agit comme un miroir qui réfléchit notre nature pécheresse et nous pousse à la pénitence. Douce quand elle nous fait renaître spirituellement et nous choie comme des nourrissons; amère quand elle nous laisse grandir dans la souffrance et les tribulations. Douce quand elle nous montre le bon chemin à suivre; amère quand elle nous avertit qu'il sera étroit et difficile. Douce quand elle nous appelle "enfants de Dieu"; amère quand elle nous annonce que l'on aura probablement pour ennemis des gens de notre propre famille. Douce quand elle nous souffle que le salut est gratuit; amère quand elle nous fait connaître le prix de la sanctification. Douce quand elle nous parle du Royaume de Dieu; amère quand elle nous révèle la nature profonde des royaumes de ce monde. Douce quand elle évoque la vie éternelle et la résurrection; amère quand elle nous parle de croix et de crucifixion. Bref, nous pourrions sans doute multiplier les exemples de ce type.

 

C'est justement en considérant cette dualité mystique que le théologien révolutionnaire Thomas Müntzer avait pu parler de "Christ doux" et de "Christ amer", réalité qu'il avait lui-même expérimentée en abandonnant sa fonction et ses prérogatives au sein du clergé réformé pour s'engager dans la lutte sociale aux côtés des opprimés. Cela, en opposition à la théologie borgne des adeptes de la Réforme magistérielle qui, sous couvert de la Grâce et du Christ doux (mais aussi des dogmes de la "soumission aux autorités" et de la "Providence"), justifiaient implicitement le pouvoir tyrannique, quand ils n'y collaboraient pas directement. Le Christ doux des protestants devint alors une sorte de Christ doucereux, tolérant et neutre, servant de base à leurs discours mielleux qui venaient comme anesthésier le peuple opprimé tout en neutralisant les aspirations christocratiques des Réformés radicaux. Car ces derniers, au contraire des protestants "classiques", avaient tenu compte du chrétien dans son ensemble, à la fois comme un être individuel et social, n'ayant pas seulement à lutter contre sa propre nature mais aussi contre la société qui l'attaque, l'aliène et le corrompt davantage. Ils étaient donc une menace pour l'ordre établi. Or, puisque la classe dominante soutint évidemment la Réforme magistérielle, tout en persécutant les Réformés radicaux, et puisque l'homme a généralement tendance à privilégier tout ce qui le caresse et le flatte, plutôt que ce qui le remet en question et l'engage dans une voie difficile, le concept de "Christ amer" fut progressivement abandonné par tous les chrétiens.

 

C'est ainsi que l'on peut comprendre, en partie du moins, comment le christianisme est devenu cette religion du "bien-être" et du "développement personnel", basée presque exclusivement sur la certitude du salut, mais aussi comment est née la théologie homodoxe qui sévit actuellement. Pourtant, si le christianisme a changé plusieurs fois en cours de route, la Parole de Dieu, elle, est restée la même, à savoir douce-amère. Elle nous invite toujours à considérer cette dualité mystique et à penser de manière dialectique, non pas pour chercher la voie médiane en toutes choses – car il faudrait alors être neutre, tiède, androgyne, etc. – mais plutôt pour être capable tantôt de trouver l'équilibre, tantôt d'opter pour l'une ou l'autre chose selon les circonstances. Or ni équilibre ni résolution véritable n'est possible là où ne s'offre à nous qu'une seule et même option en chaque occasion.

 

Mais évidemment, la pensée homodoxe ne conçoit pas cela. Elle est incapable de comprendre qu'on puisse, par exemple, aimer une chose et en haïr une autre, parce qu'elle s'imagine que le "Christ doux" exclut d'office le "Christ amer". Par conséquent, elle croit pouvoir aimer Dieu et le monde ou même servir deux Maîtres opposés parce qu'elle n'envisage qu'une seule et même attitude dans chaque situation. Cela, sans tenir aucun compte des Écritures qui disent pourtant que l'amour du monde est inimité contre Dieu et que nul ne peut servir deux Maîtres (Mt VI, 24; Jc IV, 4).

 

De cette façon, elle ne conçoit pas non plus qu'on puisse être anarchiste chrétien malgré toute la pertinence de cette position. Or, en temps normal, nous n'aurions même pas besoin de dire pourquoi l'être, mais plutôt pourquoi ne pas l'être. Car en vérité, pour des chrétiens, comment ne pas être anarchistes devant des puissances impies auxquelles on ne devrait reconnaître – sinon en acte, au moins en pensée – aucun droit de nous gouverner, ne serait-ce que parce que la place de Maître est déjà occupée dans nos cœurs? Se pourrait-il d'ailleurs qu'il y ait des êtres plus illustres que Jésus-Christ pour nous servir d'exemple et nous donner des lois supérieures à celles qu'il nous a données? Devrions-nous plier les genoux devant les dirigeants de Sodome et de Babylone qui méprisent les lois les plus élémentaires et feignent toujours de confondre intérêt général et intérêt particulier? Pour nous, les réponses à ces questions sont claires. C'est pourquoi, autant la Parole de Dieu est douce-amère, autant nous sommes chrétien anarchiste…

 

Voir aussi: Anarchisme Chrétien; Révolution et Christocratie


Un temps pour aimer, un temps pour haïr...

janv. 2020

S'il est un lieu commun dans lequel se rejoignent pratiquement tous les chrétiens modernes, c'est l'amour. Et plus précisément, l'amour du prochain. Si bien que le christianisme est devenu, pour ainsi dire, une religion symboliquement "féminine" empreinte d'amour et de tolérance. Sur cette base, les LGBTQ qui s'aiment seraient chrétiennement corrects, de même que les couples infertiles (homos ou hétéros) qui contribuent à la reproduction artificielle d'êtres humains (DPI, FIV, IAD, PMA). Que ne ferait-on pas au nom de l'amour? Les plus viles abjections!

 

Tout anarchiste chrétien que nous soyons, il nous serait difficile de dire que l'amour n'occupe pas une place centrale dans le Nouveau Testament (nous l'avons d'ailleurs déjà dit). Nous savons en effet que Dieu est Amour et que le deuxième plus grand commandement est d'aimer son prochain comme soi-même (Mt XXII, 39; I Jn IV, 8). Pour autant, Dieu n'est pas qu'Amour et il faudrait aussi s'entendre sur le sens des mots. Car l'amour dont parle la Bible n'est pas vraiment cette émotion vague et abstraite, variable selon l'air du temps, mais plutôt une dilection stable et intemporelle, exigeante de surcroît, qui évolue sans modifier son essence et qui réclame une sorte de "don de soi", autrement dit c'est une disposition presque sacrificielle, comme il est écrit (Jean XV, 13): "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En ce sens, Jésus nous a bien sûr aimés comme nul autre. Quant au mot "prochain", son radical nous donne déjà un élément de réponse: il s'agit d'abord de celui qui nous est proche, soit un frère ou une sœur en Christ (cf. Mt XII, 47-50; Jean XIII, 34-35).

 

Il faut donc se garder de trop élargir ces définitions, car à vouloir aimer tout le monde on finirait par n'aimer personne (ou du moins pas ceux qu'il convient d'aimer en premier). En outre, ce serait oublier que l'amour du monde est inimitié contre Dieu (cf. Jc IV, 4; I Jn II, 15). En d'autres termes, si le deuxième plus grand commandement (aimer son prochain) contrevient au premier (aimer Dieu), c'est qu'il y a un problème quelque part. Un problème que la théologie dite "orthodoxe" (au sens d'opinion conforme), que nous qualifions plutôt d'homodoxe ("conforme au monde"), ne permet pas de résoudre. Au contraire, elle en égare plusieurs. Lire la suite...


Le Roi-Sacrificateur

déc. 2019

Nul ne sait exactement quand il est né (entre -7 à 0, un mois de janvier, de décembre, de septembre?). Nul ne sait non plus exactement quand il est mort, quoique l'on sache qu'elle eut lieu lors d'une Pâque juive (11 avril 27; 7 avril 30; 3 avril 33; 23 avril 34?). Cependant, les "spécialistes" se querellent déjà sur les "trois jours" qui vont de sa mort à sa résurrection, entre ceux qui soutiennent l'interprétation classique selon laquelle il serait mort un vendredi et ressuscité un dimanche; ceux qui pensent plutôt qu'il serait mort un jeudi (afin que les "trois jours et trois nuits" annoncés en Matthieu XII, 40 puissent être pris littéralement); ou encore les judaïsants qui placent la Passion un mercredi et la résurrection un samedi pour la faire coïncider avec le sabbat (hypothèse la moins probable si l'on tient compte de Marc XVI, 9 et Luc XXIV, 1 et 21).

 

Au demeurant, nul ne connaît non plus l'emplacement exact de son tombeau éphémère. Si la plupart des chrétiens pensent qu'il s'agit du "Saint-Sépulcre" désigné sous le règne de Constantin Ier  – soit quand le christianisme commençait véritablement à s'institutionnaliser –, les protestants modernes, eux, partagent plutôt l'opinion du général britannique Gordon qui situa l'endroit au "Jardin de la Tombe". Mais à notre sens, aucun des deux sites n'est le bon, et tant mieux. Car au vu de tous les touristes idolâtres et technolâtres qui viennent aujourd'hui souiller Jérusalem (sans parler des locaux), il est peut-être préférable que le véritable tombeau reste enfoui quelque part dans cette ville.

 

Bref, tout cela pour dire que, sur la forme, on ne connaît pas grand chose de Jésus. Les "rationalistes" ou techno-scientistes resteront donc plus ou moins frustrés. En revanche, sur le fond, l'essentiel est bien connu. Et puisque ce mois de décembre est censé être celui de la commémoration de sa naissance – du moins sous nos latitudes –, et malgré le fait qu'elle est aujourd'hui largement supplantée par des festivités techno-capitalistes, rappelons brièvement quelques points importants sur la vie et l'étant du Sauveur.

 

Jésus est né d'une vierge, par la vertu du Saint-Esprit, et ainsi "Fils de Dieu", non pas à la manière des anges (Job I, 6; Ps. LXXXIX, 7; Héb. I, 4-13), ni à la manière d'Adam – seul homme directement créé par Dieu – ni à celle des membres de l'Église fidèle (Gen. I, 26-27; II, 7; Ps. XXIX, 1; Jean I, 12), mais véritablement comme la Parole de Dieu faite chair, laquelle fut destinée à réparer les effets potentiellement éternels du péché hérité d'Adam (Jean I, 1-14; III, 16). C'est pourquoi Jésus sera aussi appelé le "dernier Adam" (I Cor. XV, 45-49).

 

Il est venu au monde à Bethléem, au sein d'une famille très modeste, dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. Seuls quelques mages et quelques bergers sont venus célébrer sa naissance (Mat. II; Luc II). Il n'y avait alors ni docteurs en Écriture ni grands de ce monde à son chevet.

 

Durant son ministère terrestre, Jésus a enseigné sur le Royaume de Dieu et a accompli plusieurs miracles et guérisons pour confirmer qu'il était bien celui qui avait été annoncé par les saints prophètes (cf. Ps. II; Is. VII, 14; IX, 5; Mich. V, 1, etc.). Aussi s'est-il choisi douze disciples issus de la classe inférieure (des marins-pêcheurs pour la plupart) afin de l'accompagner et de porter sa Parole dans le monde. "Douze faquins", selon l'expression méprisante du bourgeois Voltaire.

 

Il a enfin subi le châtiment suprême, le supplice de la Croix, changeant le mal en bien, la condamnation en libération afin que, par ses meurtrissures et son sang versé, tous ceux qui croient en lui puissent être sauvés (Is. LIII, 4-5; Jean III, 16, 36; Act. IV, 12; Rom. V, 1; X, 9). Puis il est ressuscité pour sceller la réconciliation et la résurrection future des fidèles (Luc XXIV, 6; Jean V, 21-25; Rom. IV, 23-25; I Cor. VI, 14; Éph. I, 20). Il a enfin quitté la terre devant ses disciples pour "s'asseoir à la droite de Dieu", c'est-à-dire, selon nous, "retourner dans sa puissance" (cf. Ps. CVIII, 7; CXVIII, 16; Marc XVI, 19; Rom. VIII, 34).

 

Jusqu'ici, ce que nous venons d'écrire est plus ou moins conforme au credo des chrétiens institutionnels. Mais ce n'est pourtant pas tout ce qu'il fallait dire. Car si le Seigneur règne aux cieux et dans le cœur de certains de ses disciples, il doit aussi nécessairement régner sur la Terre. Car le Christ a été la "jonction" entre le spirituel et le terrestre, entre le divin et l'humain, non pas pour que nous devenions "comme Dieu" (mensonge satanique), mais pour que nous retrouvions l'image de Dieu en nous, source de salut. Or cette "image" devrait normalement faire naître en nous le désir profond du Royaume de Dieu, avant de se projeter vers l'extérieur (Luc XVII, 21: "Hê basileia tou Theou entos humon estin"). C'est pourquoi le Christ doit régner dans nos vies individuelles comme collectives. C'est d'ailleurs aussi la raison pour laquelle il fut charnellement issu de la tribu royale de Juda, et spirituellement de la lignée sacerdotale de Melchisédek – nom de ce mystérieux sacrificateur qu'avait rencontré le patriarche Abraham et qui était sans doute une "christophanie" (Gen. XIV, 17-20; Héb. VII, 1-17).

 

Par ailleurs, le Psaume CX annonçait déjà le Roi-Sacrificateur, lequel ne pouvait être que le Christ, puisque le roi David l'appelle "son Seigneur". Du reste, aucun autre que le Sauveur – ni historiquement ni dans l'absolu – n'a pu unir la royauté et la sacrificature; Christ s'étant lui-même offert en sacrifice expiatoire une fois pour toutes. C'est pourquoi il est dit: "Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Mélchisédek." Mais c'est bien sûr aux hommes qu'il revient de lui remettre le sceptre afin de le faire Roi sur Terre. Car avant le jugement final, Christ ne s'imposera pas. Nous avons donc le choix entre Lui et les antichrists, sachant que tous ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui (Luc XI, 23). Voilà donc ce qu'il aurait fallu ajouter à tous les "credos".

 

En conclusion, il importe assez peu de savoir quand il est né, quand il est mort ou encore où son tombeau se trouve; ce qui importe, c'est ce qu'il a fait et ce qu'il représente. Il est le Roi-Sacrificateur appelé à régner dans nos cœurs et sur toutes les nations. C'est là encore un scandale et une folie pour ceux qui le rejettent, mais puissance et sagesse de Dieu pour ceux qui le reconnaissent (cf. I Cor. I, 23-24)

 

Voir aussi: Révolution et Christocratie


De l'idolâtrie à la technolâtrie, il n'y a qu'un pas

nov. 2019

Les protestants évangéliques et réformés ne sont désormais plus les seuls "chrétiens" à intégrer pleinement le dieu Tekhnê à leur culte. Ils sont rejoints par les papistes de la vieille institution romaine, laquelle, a-t-on appris, vient de lancer sur le marché un "chapelet connecté" qui s'active en faisant le signe de croix. Comme quoi, tous les moyens sont bons pour s'offrir une cure de jouvence et s'attirer de nouveaux clients.

 

Au-delà du côté insolite de cet objet technique, de son prix excessif, ou encore du fait qu'il serait facilement piratable, c'est surtout le symbole qu'il représente qui a de quoi indigner. Car il faut rappeler que si le Christ a souffert à la Croix, c'est justement pour nous délivrer des effets potentiellement indéfectibles du péché et pour nous libérer des puissances et des idoles qui nous enchaînent. Or la technique en est aujourd'hui l'une des plus redoutables, de sorte qu'associer la Croix qui nous libère à la technique qui nous asservit est un contresens et une infamie. Naturellement, l'institution romaine n'en est pas à son premier coup d'essai, car toute son histoire est jalonnée de mélanges contre nature entre le christianisme et le paganisme, entre Jésus-Christ et les puissances ennemies. Elle est d'ailleurs à l'origine du confusionnisme et du conformisme ambiants qui sévissent actuellement dans la plupart des Églises – ou plutôt dans les institutions qui portent ce nom sans en avoir la substance et les qualités. Car l'Église restera toujours, par définition, l'Assemblée hors du monde, la communauté des fidèles, le corps mystique de Jésus-Christ. Par conséquent, l'Église visible devrait être un rempart contre le monde, un refuge contre ses souillures, une fraternité et des lieux au sein desquels les choses profanes sont abandonnées pour entrer dans le domaine du sacré, du spirituel, de l'immuable. Malheureusement, le mélange des genres est tel aujourd'hui que l'on confond aussi très souvent le profane et le sacré.

 

Certes, comme autrefois pour l'art, certaines techniques peuvent être des moyens de faire connaître le Saint et son message, autrement dit des outils pour diffuser le bon enseignement. Cependant, jamais elles n'auraient dû être associées au culte. Car c'est là précisément que réside tout le problème: jadis, tant que les dessins et les peintures restaient au service de l'homme et de la bonne cause, ils étaient profitables; dès lors qu'ils ont été sacralisés et associés au culte, ils sont devenus des idoles délétères. Il en va de même de certaines techniques, quand celles-ci ne sont pas intrinsèquement mauvaises.

 

Nous pensons donc que pour éviter les dérives idolâtriques ou technolâtriques et pour retrouver le véritable sens de l'Église, il faudrait peut-être former des Assemblées dans lesquels il n'y aurait que des frères, des Bibles et des bougies, soit un retour à la simplicité chrétienne. Car il faut rechercher l'humilité et se garder des idoles, nous disent les Saintes Écritures (Sophonie II, 3; I Jean V, 21).

 

Voir aussi: L'apostasie dans l'Église; Système technicien et technolâtrie


Filtrer le moucheron et avaler le chameau

oct.2019

À l'origine, le Maître utilisa cette drôle de métaphore pour dénoncer l'hypocrisie des dirigeants religieux de son temps, lesquels étaient très scrupuleux sur des points de détail ou des jurisprudences, alors qu'ils délaissaient les prescriptions élémentaires de la loi (justice, charité, liberté, etc.).

 

A priori, on pourrait penser que cette remontrance ne s'adressait qu'aux religieux de l'Antiquité, voire aux religieux hypocrites de tout temps, mais comme d'habitude la Bible a une portée plus générale. En effet, les dirigeants laïques d'aujourd'hui ne sont pas moins pharisaïques que les conducteurs religieux d'hier. Pour s'en convaincre, arrêtons-nous un instant sur quelques cas bien connus.

 

Songeons par exemple à ces prétendus "amis de la liberté" que prétendent être les libéraux. Ils s'offusquent à la moindre petite limitation faite au libre marché et s'opposent toujours aux plus modestes impôts sur les entreprises au nom de la liberté, mais ils restent néanmoins parfaitement silencieux, pour ne pas dire complices, quant aux lois et mesures liberticides qui touchent la majorité des gens (surveillance généralisée, biométrie, compte bancaire obligatoire, etc.). Aussi ces libéraux prônent-ils la liberté des grands voleurs et des peines sévères pour les petits maraudeurs.

 

Songeons aussi à ces nationalistes ou populistes qui affirment s'engager pour la démocratie, l'emploi, la tradition, le peuple indigène et la préférence nationale. Ils s'opposent farouchement à l'immigration, mais soutiennent en même temps la croissance techno-capitaliste, en faisant mine de ne pas savoir que celle-ci nécessite forcément une robotisation accrue et une main-d'œuvre à bas coût pour augmenter la plus-value des techno-capitalistes. Sans parler, bien sûr, du fait que leur problème avec les étrangers est souvent à géométrie variable: les immigrés pauvres les importunent, tandis que les entreprises étrangères, les touristes, les riches, et même les influences et les sous étrangers – comme ceux de la dictature chinoise – sont les bienvenus (sur ce point, l'UDC en Suisse et la Lega en Italie sont sur la même longueur d'onde).

 

Que dire encore de ces justiciers de l'autre bord qui s'engagent à fond contre les "discriminations" que subiraient les femmes – notamment au sujet de leur sous-représentation dans certains secteurs professionnels, mais aussi des petites différences salariales –, et qui proposent donc, pour y remédier, d'imposer une discrimination positive par l'entremise d'un quota de femmes dans certaines professions (mais curieusement pas tellement chez les éboueurs, balayeurs, ferrailleurs, maçons… ou même chez les SDF où les hommes sont pourtant sur-représentés!). Ainsi ne voient-ils pas ou feignent-ils de ne pas voir la plus grande inégalité et injustice de l'histoire, à savoir l'inégalité sociale. Or, si l'on compare les revenus et la position d'un ouvrier du bâtiment ou d'un agriculteur à ceux d'un financier ou d'un technocrate, on s'aperçoit facilement que les discriminations et les différences salariales entre classes sociales sont nettement supérieures à celles entre genres.

 

Que l'on songe enfin à tous ces écotartuffes qui disent lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique en pointant principalement du doigt les voitures au diesel et l'agriculture intensive – soit grosso modo le vieux modèle techno-capitaliste à l'agonie –, tout en se gardant bien de dénoncer le nouveau modèle qui progresse en parallèle. Celui-ci est pourtant tout aussi polluant et dangereux que l'ancien. Que ce soit l'extraction d'hydrocarbures et l'activité minière pour fabriquer tous les nouveaux objets techniques (un seul ordiphone nécessite déjà des dizaines de métaux différents), mais aussi les éoliennes, les caméras, les ondes, les data centers, etc. Tout cela est évidemment très polluant et énergivore. Mais puisque pratiquement tout le monde est accro aux nouvelles technologies, la nouvelle "vache sacrée" échappe à la critique des pseudo-révolutionnaires qui suivent Greta Thunberg sur les réseaux sociaux (réseaux aussi polluants). Les écotartuffes préfèrent d'ailleurs présenter ce modèle comme une "alternative verte"; un vert bien artificiel, semblable à celui que certains propriétaires californiens utilisent pour peindre leur gazon afin de cacher la sécheresse.

 

Bref, nous pourrions encore multiplier les exemples de ce genre.

 

En conclusion, puisque notre article coïncide plus ou moins avec les élections fédérales suisses, demandez-vous, chers électeurs qui nous lisez, s'il vaut vraiment la peine de voter pour des gens et des partis qui vous promettent de filtrer tel ou tel moucheron (même s'il est vrai qu'il y en a de plus grands que d'autres) tout en laissant passer le chameau. Quant à nous, nous avons souvent essayé de montrer tous les chameaux que les élites religieuses, politiques, scientifiques, médiatiques nous font avaler, avec ou sans notre consentement, ceci dans l'espoir d'éviter l'indigestion générale et de faire prendre conscience au plus grand nombre de la nécessité d'une Christocratie. Car la véritable foi chrétienne est le seul bon et solide filtre.


« Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde s'il perdait son âme ? »

sept. 2019

Cette parole christique fait partie de celles dont on se souvient aisément tant elle questionne notre manière d'appréhender la vie. Elle est d'autant plus remarquable à une époque où la majorité des gens semblent envisager leur vie à partir d'une question inverse: "À quoi bon sauver son âme s'il faut renoncer aux mondanités?", se disent-ils. Pour certains d'entre eux, accepter le Christ irait encore, mais puisque la foi entraîne nécessairement une repentance et donc une sorte de renoncement au conformisme ambiant et aux vanités mondaines, ils préfèrent se calfeutrer dans une incrédulité morbide. Du moins, pour ce qui concerne la révélation chrétienne. Car ils ont en revanche une foi énorme en la techno-science, non seulement parce que celle-ci leur offre des amulettes électroniques captivantes, mais aussi parce qu'elle leur raconte une histoire des origines qui convient mieux à leur mode de vie. En effet, la religion techno-scientiste affirme que l'homme n'est qu'un agrégat d'atomes résultant d'un accident cosmique auquel aurait succédé, au fil du temps, de multiples transformations pour aboutir finalement à cet "animal" qui pense : Homo sapiens. Les plus sceptiques diront bien sûr que c'est un mythe basé sur des conventions, mais les adeptes de cette religion répliqueront que c'est de la science. Et on ne badine pas avec la science. Car ce que dit la science à valeur de dogme, comme autrefois ce que disait le pape.

 

Quoiqu'il en soit, ce mythe scientifique a permis de satisfaire tous ceux pour qui le sens de la vie devait se résumer à jouir, consommer, et se faire un nom. Or, pour nombre d'Occidentaux, les deux premiers objectifs semblent plus ou moins atteints: il y a du pain, du sexe et des jeux en abondance. Certes, il existe toujours une minorité pour laquelle le nécessaire manque (un toit, des aliments, des soins adaptés, etc.) ou pour qui le bonheur ne saurait se trouver dans ces offres; mais ce qui compte dans une démocratie techno-libérale, c'est de satisfaire la majorité. En revanche, le but consistant à se faire un nom semble davantage compliqué pour tout le monde, car il y a beaucoup de gens en lice qui aspirent à leur minute de gloire et qui ne manquent pas d'audace et d'imagination pour l'atteindre. Surtout depuis l'apparition des réseaux sociaux. En outre, tout ou presque a déjà été fait: filmer ses accidents, ses challenges, ses colères, ses violences, ses moments insolites, ses rires, ses larmes, sa vie intime, etc. Bref, que n'a-t-on pas déjà fait pour une minute de gloire et quelques pouces levés? C'est pourtant ici l'ultime but à atteindre pour toute une génération d'idiots. Aller se promener seul dans une forêt, sans son ordiphone ni quelque autre objet technique à portée de main, tout simplement pour respirer le bon air, voir de belles choses, réfléchir un peu, sans penser un seul instant "aux pouces levés" qu'on pourrait obtenir en filmant ce moment, paraît trop ringard aujourd'hui.

 

Le narcissisme est devenu si endémique au sein de cette génération que certains des plus désespérés d'entre eux se filment en direct tandis qu'ils s'apprêtent à mettre fin à leur jour, ceci dans l'espoir de connaître littéralement leur "dernière minute de gloire" et de voir quelques derniers pouces levés avant de perdre définitivement leur âme. Ce sont des cas extrêmes, dira-t-on, mais en réalité tous les autres "winners" se dirigent exactement vers la même fin tragique s'ils ne réalisent pas qu'à vouloir gagner le monde, on risque effectivement de perdre son âme.

 

Voir aussi: Condamné à mort; Système technicien et technolâtrie


Soyons démodés pour rester dans le coup !

août 2019

Il est des modes qui nous enseignent beaucoup de choses à la fois sur les gens qui les suivent et les sociétés qui les promeuvent. Les vulgaires les voient défiler sans les comprendre, tandis que les hommes faits devraient les comprendre sans y défiler.

C'est le cas par exemple de la mode des tatouages et des piercings. Ces pratiques disgracieuses furent proscrites par la Bible (Lév. XIX, 28) notamment parce qu'elles symbolisent le paganisme et l'esclavagisme. En effet, les païens se scarifiaient la peau pour former des motifs – avec ou sans matières colorantes – afin d'honorer leurs idoles ou leurs morts, et les esclaves portaient généralement sur leur peau la marque de leur condition ou le sceau de leur maître. Bien plus tard, en Occident, ce sont principalement des prisonniers, des bandits, des marins, des soldats et des toxicomanes qui se tatouaient. Quant aux piercings, cette coutume est aussi d'origine païenne quoique le perçage des lobes des oreilles des filles fut assez tôt intégré aux autres traditions culturelles et religieuses.

Or, si ces pratiques sont aujourd'hui très en vogue, il nous semble que cela vient en partie du fait qu'elles reflètent nos sociétés technolâtres et asservissantes. Aussi la dictature techno-libérale les encourage-t-elle (notamment à travers ses ambassadeurs que sont les célébrités) peut-être pour mieux préparer les gens à modifier leur corps plus facilement, selon les souhaits des transhumanistes.

 

Semblablement, l'homosexualisme, le féminisme, le "transgenrisme" sont à la mode aujourd'hui parce qu'ils symbolisent également le paganisme et l'esclavagisme. Ils sont en outre encouragés par toute la caste techno-libérale qui voit dans ces perversions un formidable moyen de démoralisation générale susceptible d'empêcher toute révolte sérieuse en même temps qu'elles ouvrent des portes à de nouveaux marchés (bébés éprouvettes, mères porteuses, etc.). Ainsi n'avons-nous pas été surpris de voir récemment la ville de Genève – cité de Calvin devenue cité de Sodome – accueillir la gay pride 2019 avec autant de zèle, soit en mettant un peu partout des affiches et en arborant les couleurs des LGBTQ+. On ne pouvait évidemment pas attendre autre chose de cette nouvelle "putain de Babylone" qu'une prise de position claire sur cette alliance objective entre le monde politique, celui de la technique, de la finance et du divertissement pervertisseur (ce qui est aujourd'hui presque un pléonasme). En d'autres termes, les maîtres du monde ont tout intérêt à ce que notre esprit et notre sphincter anal restent le plus ouverts possible afin de maintenir leur vile domination. Et ils veulent qu'on le sache. Alors, au risque de paraître un peu trop fermé, nous sommes d'avis qu'il faudra probablement devenir toujours plus démodé pour rester dans le coup !

 

Voir aussi: Effondrement moral; Système technicien et technolâtrie


Sur la grâce et la liberté chrétienne

juillet 2019

Lorsqu'on devient chrétien et que l'on commence à réfléchir sur la foi, on se trouve assez vite confronté à quelques questions difficiles, comme par exemple: "si je suis réellement libre en Christ, comment se fait-il que je sois encore tenu de respecter certaines lois bibliques?" Autrement dit, peut-on vraiment parler de liberté quand certaines choses nous restent interdites? Ce type de question résulte quelque part de la fameuse tension entre la grâce et les œuvres (de la loi), et donc, avant d'y répondre, il faut déjà commencer par "détendre" celle-ci. Lire la suite...


Qu'est-ce que le système antichrist ?

juin 2019

Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer à plusieurs reprises le terme de "système antichrist" sur notre site, sans en dire davantage, en partant du principe qu'il serait compris de tous dans la mesure où il renvoie spontanément à l'idée d'un ensemble de pratiques et d'institutions opposées à Christ, à son œuvre, à sa Loi et à ses disciples. Ce qui est suffisamment visible aujourd'hui. Aussi dans notre rubrique "Regard sur l'Apocalypse" nous sommes-nous déjà penché sur le terme "antichrist", en relevant notamment que cette traduction du grec antikhristos était plus fidèle que le mot '"antéchrist" traditionnellement rendu (l'élément anté- signifie "avant", tandis qu'anti- signifie "contre"). Par ailleurs, nous avons également souligné le fait que saint Jean, dans sa première épître, parle d'antichrist au singulier et au pluriel, mais aussi d'un esprit antichrist. 

 

Tout cela va nous servir maintenant pour cet exposé. Car nous avons été comme "poussé" à nous arrêter plus longuement sur ce sujet capital, tant ses effets sont mortels. Dans cette perspective, nous survolerons d'abord rapidement le développement historique du système antichrist avant de montrer à quel stade il se trouve actuellement. Lire la suite...


Ces critiques qui n'en sont pas

mai 2019

Depuis plusieurs décennies nous assistons à un formidable retournement des valeurs en Occident: ce qui était bien est devenu mal et inversement. La chose est connue et suffisamment visible à tous les niveaux. Le bon sens s'étiole et le sens des mots se perd. Nous en faisons d'ailleurs personnellement les frais.

 

En effet, depuis que nous tenons ce site et que nous avons écrit notre livre pour tenter de diffuser un christianisme dépouillé de ses siècles de corruptions, nous avons dû faire face à de nombreuses critiques venant aussi bien de calotins que de laïcards: les uns nous reprochant notre "anarchisme" (et surtout le fait que nous soutenons la foi chrétienne plus que des institutions qui prétendent s'appuyer sur elle), tandis que les autres nous accusent d'intégrisme, de fondamentalisme, de rigorisme, etc. Tout cela aurait pu nous décourager si nous n'avions pas conscience que Jésus lui-même avait dû subir l'hostilité des religieux et des laïcards de son temps. Aussi serions-nous probablement plus affecté si nous ne connaissions pas le sens des mots. C'est sur ce point que nous nous pencherons dans cet article.

 

Pour répondre aux premiers, rappelons encore une fois que le mot "anarchie" signifie étymologiquement négation ou absence de pouvoir, ou "opposition au gouvernement", et que s'il est devenu plus tard, dans le langage courant, un synonyme d'anomie, c'est-à-dire de désordre ou d'absence de loi, cela n'est pas notre affaire. D'ailleurs, si le simple fait d'avoir des maîtres humains suffisaient à garantir le bon ordre et la justice, cela se saurait. Or, l'histoire et l'actualité nous apprennent exactement l'inverse: esclavages, déshumanisations, guerres, usures, idolâtries, manipulations, pollutions, perversions, violences, crimes, inégalités, injustices, etc. Bref, la liste des "bienveillances" du pouvoir serait trop longue. À ce qu'on sache, tout cela ne s'est pas produit en l'absence de gouvernement. Ainsi l'anarchie, qui était selon les mots de Proudhon la recherche de l'ordre sans le pouvoir et l'autorité de la loi, n'est pas du tout une "anomie". C'est au contraire le seul modèle qui puisse être compatible avec la foi chrétienne, puisque pour les Chrétiens il ne devrait y avoir de maître que le Christ, et sa Loi est la seule qui puisse nous régir. En ce sens, le vrai christianisme est évidemment "anarchiste" puisque tous les hommes sont évidemment égaux devant cette Loi.

 

De même, le fait d'être taxé par les autres de fondamentaliste, d'intégriste, de rigoriste est plutôt un compliment qu'une critique si l'on tient compte du sens profond de ces mots. En effet, fondamentaliste dérive de fondement (du latin fundamentum "fondation, base"); intégriste d'intègre (lat. integer "entier"); et rigoriste de rigueur, c'est-à-dire d'exactitude, voire d'une certaine "rigidité" (lat. rigidus) pour éviter de déformer ou corrompre ce que l'on estime être la vérité. Le contraire de ces mots seraient donc de cet ordre: instable, bancal, flottant, laxiste, modéré, déloyal, corruptible, vendu, etc. Rien de très glorieux donc.

 

En vérité, notre Seigneur qui nous a aimés jusqu'à se sacrifier pour nous (c'est-à-dire pour tous ceux qui ont foi en lui) n'a pas vraiment fait preuve de modération dans sa Passion. De même, on ne peut pas vraiment dire que les saints Apôtres et les saints Martyrs qui l'ont suivi et qui ont résisté jusqu'au sang à l'idolâtrie et aux lois païennes se soient comportés en petits-bourgeois.

Certes, être fondamentaliste, rigoriste, intégriste dans le crime, l'erreur, le mensonge et le mal peut évidemment être dangereux. En revanche, porter ces mêmes qualités dans la vérité, la justice et le bien ne peut être que positif. À titre d'exemples: il vaudra toujours mieux pour un habitant quelconque de résider dans une maison qui a de bons fondements, de même qu'il vaudra toujours mieux pour un malade d'être pris en charge par un médecin qui pratique sa science avec rigueur et intégrité. Les bracaillons peuvent être des gens fort sympathiques pour s'amuser, mais mieux vaut ne pas leur confier des choses trop importantes. Or, nous croyons précisément que la théologie et l'analyse de notre époque sont des affaires très sérieuses. En outre, nous croyons justement que si la société, les "Églises", les individus sont spirituellement si malades, c'est en partie parce que la plupart des chrétiens qui devaient porter la vraie Lumière pour guérir les âmes et montrer la bonne direction à suivre sont devenus trop modérés, pour ne pas dire des "je-m'en-foutistes".

 

Par conséquent, nous sommes profondément honoré de pouvoir être perçu par certains de nos contemporains comme anarchiste, fondamentaliste, intégriste et rigoriste dans le Seigneur. Cependant, une petite introspection nous oblige quand même à modérer quelque peu ces éloges, car nous sommes encore loin de ce qu'il faudrait pour être un bon disciple du Seigneur. Si nous l'étions, il est peu probable que nous aurions une connexion internet pour disserter: nous serions plutôt dans l'action pure ou alors totalement retiré du système pour vivre dans la contemplation. À bon entendeur...


Peut-on déplorer les effets quand on soutient les causes?

avril 2019

Ces dernières semaines, quelques "nouvelles" ont retenu notre attention dans le flot ininterrompu d'informations vaines.

 

La première se passe en Suisse où l'a appris qu'un petit parti politique, l'UDF – qui se positionne entre autres comme défenseur de certaines "valeurs chrétiennes" –, a lancé un référendum contre la "loi contre l'homophobie" qui avait été adoptée par le parlement, et sur laquelle nous avions déjà eu l'occasion de nous exprimer (voir infra notre article de janvier). Bien entendu, les chiens de garde du système, c'est-à-dire les médias de masse, ont rapidement montré les crocs et crié à l'homophobie et à l'obscurantisme contre ce parti. Loin de nous, bien sûr, l'idée d'aboyer avec eux.

Cependant, si l'UDF a incontestablement fait preuve ici d'un certain courage politique – qualité qui apparemment manque cruellement aux deux autres formations prétendues "chrétiennes", comme le Parti évangélique et le PDC (à qui l'on devrait ôter le "C"), nous avons quand même toujours beaucoup de mal à comprendre comment des gens qui chérissent et défendent le techno-libéralisme et sa démocratie abjecte puissent en même temps s'opposer aux effets pervers qui en découlent. D'autant plus pour des chrétiens. Bref, nous avons suffisamment montré sur notre site à quel point la position la plus logique et appropriée pour un chrétien, dans un système antichrist, est évidemment anarchiste.

 

La seconde nouvelle qui a retenu notre attention nous vient des États-Unis et concerne la "télémédecine", qui commence aussi à faire son bonhomme de chemin sur le Vieux Continent. Elle faisait écho à une consultation en ligne pendant laquelle un patient américain s'est vu annoncé sa mort prochaine par un médecin au moyen de webcams interposées. Et effectivement, l'homme décéda le lendemain. La famille du défunt et de nombreux Américains se sont très vite indignés contre ce médecin, lui reprochant notamment sa méthode froide et inhumaine, sans pour autant remettre en question le principe même de télémédecine. Or, que peut-on réellement attendre d'un médecin qui exerce en ligne, sinon qu'il se comporte aussi froidement qu'un robot? En effet, plus personne ne peut aujourd'hui ignorer que la Technique – ou plutôt le "tout Technique" – conditionne le comportement des êtres humains. Nous avons donc là encore affaire à des gens qui déplorent un effet tout en approuvant la cause.

 

Enfin, la troisième nouvelle concerne ce fameux avion de la marque Boeing 737-Max qui s'est crashé le 10 mars 2019, causant la mort de 157 personnes, soit à peine quatre mois après qu'un même appareil se soit écrasé en mer. Là encore, beaucoup de gens se sont indignés. Or, selon plusieurs experts, ces deux accidents ont en fait une même origine: un "problème" technique dû à l'autonomie de l'appareil empêchant les pilotes de prendre le contrôle de l'avion. Autrement dit, ces deux accidents auraient pu être évités si la direction de l'appareil avait pu être plus simplement actionnée en "mode manuel". Or, tous les bien-pensants qui déplorent cet effet feraient bien de regarder la cause: le véhicule autonome et plus largement l'autonomie technicienne qui est en train de supplanter l'homme à tous les niveaux. Ainsi les joyeux technocrates et technolâtres de tous bords, qui soutiennent la civilisation de la machine, ne peuvent pas en même temps regretter qu'elle fasse des victimes collatérales. Car il faut bien comprendre que tous les sacrifices – de quelque nature qu'ils soient – sont nécessaires au développement de la religion technicienne. La loi de Gabor est formelle: "Tout ce qui est techniquement faisable doit être fait". L'être humain et les valeurs morales sont donc relayés au second plan.

 

Bref, on pourrait encore parler de cette funeste technologie 5G qui commence gentiment à s'implanter en Occident et à travers laquelle on peut voir aussi très clairement que les intérêts techno-capitalistes priment sur la santé physique et mentale des individus. En Suisse, certains citoyens se sont toutefois mobilisés pour demander un moratoire. C'est déjà un petit signe de lucidité, mais c'est très insuffisant. Car en définitive, toutes ces choses ne sont que les maillons d'une même chaîne, les effets d'une même cause perverse que nous dénonçons depuis plusieurs années. Il ne suffit donc pas de regretter l'aspect que prennent certains maillons; il faut briser la chaîne! Il ne suffit pas de déplorer certains effets; il faut s'opposer aux causes!

 

Voir aussi: Système technicien et technolâtrie; Effondrement moral; Anarchisme Chrétien; Révolution & Christocratie.


La démocratie comme paravent de la ploutocratie techno-libérale

mars 2019

Il est de bon ton de nos jours de croire que plus de démocratie résoudrait nombre de problèmes causés par la dictature techno-libérale mondiale. En France, par exemple, les "Gilets jaunes" réclament le RIC (Référendum d'Initiative Citoyenne) en prenant pour modèle la démocratie semi-directe suisse dans laquelle, il est vrai, l'initiative populaire (100'000 signatures) et le référendum facultatif (50'000 signatures) existent depuis fort longtemps. Les citoyens sont ici appelés à voter sur divers objets environ quatre fois par an. Seulement, l'initiative populaire doit d'abord passer par le filtre de l'administration fédérale avant d'être soumise en votation. Par ailleurs, s'il avère que les Suisses ne votent pas conformément aux recommandations du pouvoir – chose assez rare –, l'objet peut être annulé ou revoté.

 

Pour qui sait réfléchir un peu, il est bien clair que la démocratie suisse n'est pas très différente des autres: c'est aussi une ploutocratie techno-libérale déguisée, c'est-à-dire une forme de gouvernement par et pour les plus riches, lesquels ont mené une politique astucieuse et efficace pour sauvegarder leur privilège à travers des techniques de manipulation, d'abrutissement et de contrôle des masses. C'est pourquoi nous pouvons réellement parler de ploutocratie techno-capitaliste ou techno-libérale, puisqu'ici comme ailleurs les plus riches sont évidemment les maîtres, et que la Technique et l'Argent sont leurs instruments de contrôle.

 

À notre sens, la seule petite différence en Suisse réside en ce que l'ingénierie sociale a estimé que la majorité était suffisamment "mature", c'est-à-dire formatée, pour lui donner un peu plus voix au chapitre, tandis que dans une démocratie représentative le peuple est généralement uniquement appelé à élire ses maîtres. Cela ne signifie pas nécessairement que le peuple sous ce régime est moins formaté ou "formatable" qu'en Suisse, mais ce procès a été décidé vraisemblablement pour éviter des dépenses jugées "inutiles".

 

Quoi qu'il en soit, amis Français et démocrates de tous bords qui nous lisez, croyez-vous sérieusement que la majorité de votre peuple qui a voté Chirac, Sarkozy, Hollande et récemment Macron deviendrait soudainement plus sage si on lui donnait le RIC? Croyez-vous que les citoyens de votre pays deviendraient plus altruistes et qu'ils réussiraient à penser à l'intérêt général avant leurs intérêts particuliers après toutes ces années de biberonnage à l'égoïsme et à la bêtise? Il ne faut pas se leurrer! La majorité des Français ne voteraient pas mieux que la majorité des Suisses et vice-versa. Car pratiquement toutes les masses du monde sont pareilles, malléables à souhait, et dramatiquement mauvaises. Hier encore, elles ont accompagné Mussolini et Hitler dans leur folie, et aujourd'hui elles accompagnent le totalitarisme techno-capitaliste dans la sienne. L'ethos est exactement le même. Les personnes qui ont étudié les masses le savent très bien. C'est pourquoi la démocratie ne sera jamais une solution, mais toujours un problème.

 

En vérité, la seule solution, le seul régime juste et convenable reste et restera toujours la Christocratie, c'est-à-dire l'autorité de la véritable Loi à la Lumière de la Parole du Christ. C'est la seule orientation capable de briser nos chaînes, de libérer l'homme et d'amener une authentique égalité sociale et une fraternité réelle. Tout le reste n'est que perversion et inversion des principes du Royaume de Dieu.

 

Voir aussi: Manipulation des masses; Système technicien et technolâtrie; Le Mammonisme, ou la peine du Capital; Révolution et Christocratie


Page d'accueil - Christocrate.ch