Actu & Pensées impromptues

Semences mensuelles contre l'esprit du temps. 


Derrière le voile de la démocratie bourgeoise

mars 2021

Le 7 mars 2021 le peuple suisse est appelé à utiliser son hochet politique, à savoir son droit de vote. C'est un droit auquel les citoyens helvètes sont très attachés car il leur donne l'impression de faire l'histoire et d'être libres. C'est un droit d'autant plus intéressant pour la classe possédante qu'il lui fait l'effet d'être légitime. C'est donc, en apparence, gagnant-gagnant. Surtout que les objets soumis à la votation populaire passent d'abord par les filtres du pouvoir et qu'en plus les Suisses votent généralement comme il faut, c'est-à-dire selon les intérêts bourgeois. Tout semble donc rouler dans le pays d'Heidi. Le spectacle de la démocratie trouve encore son public, malgré le récent passage en force de la technologie 5G.

 

Ce mois-ci, la votation populaire est placée sous le signe identitaire, puisque deux des trois objets ont trait à cette question. Voyons cela de plus près.

 

Le premier objet concerne cette fameuse initiative d'extrême-droite (UDC) intitulée "oui à l'interdiction de se dissimuler le visage", visant particulièrement les quelques femmes musulmanes intégralement voilées dans notre pays. Pour le comité d'initiative, il s'agirait de lutter contre un islam radical mais aussi contre "les personnes qui se dissimulent le visage avec des visées criminelles et destructrices [sic]". Objet pour le moins cocasse à l'heure où le techno-scientisme nous somme de nous masquer un peu partout. Mais cette question serait de toute façon curieuse, car elle supposerait qu'il n'y a qu'une seule manière de s'habiller et que le voile intégral serait un signe d'oppression de la femme, tandis que les tenues lascives seraient l'expression de leur libération. Alors qu'il s'agit en réalité de deux aliénations.

 

Le deuxième objet porte sur cette sinistre pièce d'identité numérique que les technocrates veulent absolument mettre en place. Bien entendu, la question posée n'est pas : "Êtes-vous pour ou contre l'identité électronique ?", car celle-ci a déjà été décidée en amont par les firmes technologiques et les puissances d'argent qui tiennent les politiques, mais concerne plutôt ses modalités. À savoir si des entreprises privées pourront devenir des émetteurs de pièces d'identité ou si cela doit rester de la responsabilité de l'État. Naturellement, il vaut mieux refuser cet objet pour ne pas donner davantage de pouvoir aux entreprises privées en leur cédant nos données, mais la vraie question n'est pas là. Car même si pour l'heure on nous assure que l'identité électronique restera facultative, on peut s'attendre à ce que le manque d'alternative transforme progressivement le facultatif en contrainte par voie de conséquence. C'est d'ailleurs ce qui s'était produit avec les premiers documents d'identité et avec bien d'autres affaires.

 

En outre, dans un pays prétendu "libre", on ne devrait pas discuter des chaînes plus ou moins longues, mais plutôt des moyens de s'en délivrer. Il faudrait donc pouvoir parler sérieusement de l'abolition même de toute pièce d'identité. Car c'est une marque de subordination et d'oppression. En tous les cas, il faudrait que toute pièce d'identité puisse toujours restée facultative ou du moins que chacun puisse choisir la forme qui lui convient (avec ou sans photo, biométrique ou pas, etc.). Voilà donc le vrai sujet. Tout le reste n'est que divertissement.

 

Qu'on ne nous parle donc pas de l'oppression de la femme intégralement voilée, car derrière ce genre de voile peut se cacher le visage d'une belle femme excessivement pudique, tandis que derrière le voile de la démocratie bourgeoisie se cache le visage hideux de l'esclavage. Esclavage majoritairement consenti, certes, mais esclavage quand même. Or, est-il acceptable de forcer une minorité consciente à subir cet état sous prétexte que la majorité daigne rester dans les fers ? Nullement ! D'autant que le Seigneur veut nous en affranchir (Jn VIII, 32 ; Ga V, 1). Par conséquent, il faudrait abolir tous les dispositifs de l'esclavage moderne, et la démocratie bourgeoise en fait partie…

 

Voir aussi : Propriété, État, banque, capitalisme ; Système technicien et technolâtrie


« L'arbre de la science n'est pas celui de la vie »

février 2021

Cette formule, que l'on doit au poète britannique Byron, résume très bien le problème de l'humanité au regard de la science.

 

En effet, le péché originel de l'homme est d'avoir voulu être savant plutôt que sage. C'est l'orgueil d'avoir cru pouvoir devenir comme Dieu par la connaissance, au lieu de conserver et développer l'image de Dieu à travers la sagesse et l'obéissance à la Loi. Telle est l'interprétation que l'on peut tirer de la Genèse lorsqu'elle nous parle de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et que cette histoire soit figurée ou non n'a aucune importance, car l'essentiel est surtout le sens spirituel. Lire la suite...


Le Seigneur vomira les tièdes

janvier 2021

S'il est un reproche qui nous a souvent été fait depuis que nous sommes en Christ, c'est d'être trop radical et de faire du prosélytisme !

 

Dès notre premier album de rap cette critique a été entendue. Mais elle ne nous a jamais tellement affecté, non seulement parce que c'est une fierté pour nous de porter l'étendard de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, mais aussi parce que nous n'ignorons pas que toute production littéraire ou artistique est une forme de propagande. Seul l'objet ou le contenu diffère. De la pop frivole à la techno abrutissante, du metal satanique au gangsta rap, en passant par la chanson politique, rien n'est vraiment neutre. Tout est chargé de valeurs.

 

Évidemment, il n'est pas très surprenant que des profanes réagissent plutôt mal lorsqu'ils sont confrontés à la vérité chrétienne, tant le contraste entre les valeurs du Christ et celles du monde est grand. Le contraire serait plus étonnant (sauf, bien sûr, dans le cas d'un procès de conversion).

 

En revanche, nous avons été beaucoup plus surpris de retrouver le même type de réactions chez ceux qui sont censés connaître et professer le Christ. Par exemple, chez les éditeurs ou libraires pseudo-chrétiens qui, pareils à leurs homologues laïques, ont refusé de diffuser nos livres, implicitement pour la plupart et explicitement pour d'autres. Certains ont parlé pour l'ensemble en nous faisant comprendre que le message que nous portions était trop radical, trop révolutionnaire, trop anarchiste, autrement dit trop proche du christianisme primitif. Les arguments allégués par ces tièdes ont parfois été d'une malhonnêteté inouïe. Un directeur d'édition nous assura même qu'il connaissait bien la Bible et que notre message n'était pas vraiment chrétien. Car lui défendait obstinément l'idée de la double allégeance (à Christ et aux autorités), comme tous ceux qui opèrent par découpage biblique et qui sélectionnent un texte tout en rejetant les autres, sans même tenir compte de l'esprit de la lettre. Un procédé malheureusement bien connu et très commode pour justifier la bassesse. Cependant, comme une confirmation de son égarement, ce directeur fut immédiatement confondu sur un autre plan, puisque nous apprîmes fortuitement que son édition avait publié le livre d'un faux prophète qui avait annoncé le retour de Jésus-Christ pour septembre 2015 (avant de différer la date au mois de décembre de la même année). Ce directeur ignorait apparemment le passage où il est dit que nul ne peut connaître le jour et l'heure du retour du Christ (Mt XXV, 13). À moins bien sûr que les raisons commerciales aient prévalu sur son "biblicisme", puisque la foi imaginaire et le charlatanisme se vendent bien.

 

Bref, quelle que soit la raison de leur pusillanimité commune, ces personnages ne sont finalement que le reflet de la plupart des chrétiens homodoxes, lesquels ont trahi depuis longtemps le message du Christ. Ces gens sont si flasques, si conformes et timorés qu'ils semblent déjà s'être soumis au système antichrist avant même d'y être menacés. Ainsi redoutent-ils d'être traités d'intégristes ou de fanatiques, ou même d'être associés de quelque manière à des disciples ainsi perçus. Cette lâcheté est tout simplement lamentable et tellement éloignée de l'esprit des premiers chrétiens dont beaucoup, rappelons-le, ont souffert le martyre pour leur foi.

 

Mais de nos jours, quoi ? Il faudrait avoir honte d'essayer de porter sa croix et de suivre le chemin étroit de Jésus-Christ, alors même que les fanatiques de football, de photographie, de jeux vidéos, de technologies, de cuisine, de sexe, de timbres et de tant d'autres choses se complaisent dans l'exacerbation de leur vanité. Autrement dit, il serait normal de se glorifier des choses charnelles et périssables, et anormal ou suspect de poursuivre les choses spirituelles et impérissables. Les mondains sont fiers d'être les esclaves du système et nous devrions rougir de vouloir servir le Royaume de Dieu. Cette inversion des valeurs a malheureusement contaminé l'ensemble du corps social, jusque les Églises elles-mêmes.

 

Mais comment en est-on arrivé là ? La réponse à cette question est encore à chercher du côté de la double allégeance et du syncrétisme que beaucoup ont suivi malgré l'avertissement de notre Seigneur (Mt VI, 24). Ainsi ont-ils travesti le message du Christ avant de se travestir eux-mêmes, pour sombrer toujours plus profondément dans les vices les plus abjects. Ceci explique pourquoi certains d'entre eux soutiennent les LGBTQ et l'avortement, et que la plupart ont intégré les cultes païens de notre époque, notamment le mammonisme et la technolâtrie.

 

Ils ont cru pouvoir servir deux maîtres et ont fini par délaisser l'Unique pour servir le mauvais, bien qu'ils feignent ou s'autopersuadent d'être chrétiens. Mais ils oublient que ceux qui ont honte du Seigneur et de ses paroles, le Seigneur aussi aura honte d'eux (Mc VIII, 38). Le Christ dit même qu'il vomira les tièdes (Ap III, 16) : "Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche." Les froids sont les incroyants, les chauds sont les fidèles, et les tièdes sont précisément cette engeance d'homodoxes. Le Seigneur préfère encore les froids aux tièdes, tout simplement parce que ceux-là ne se font pas passer pour ce qu'ils ne sont pas, et que certains d'entre eux pourront sentir un jour leur profonde misère et se convertir au Sauveur. Alors que les tièdes, eux, connaissent la Parole du Seigneur et savent qu'elle nous engage dans un chemin difficile, tout opposé à celui du monde. Mais ils demeurent indifférents, et au lieu de se repentir et de transmettre fidèlement le saint message, ils s'obstinent à tordre la vérité pour essayer de la rendre conforme au fumier du monde. Aussi leur culte est devenu un tas d'immondices, un panthéon où siège un faux Christ prônant une grâce et un amour mondains aux côtés des nouvelles idoles que sont l'argent et la technique.

 

Ainsi, par ce verbe vomir, le Seigneur a voulu nous faire comprendre à quel point les tièdes le dégoûtent et à quel point nous devrions également être dégoûtés par eux. Que le Saint, béni soit-Il, nous aide donc à les repérer, à nous séparer d'eux, à discerner le vrai du faux et à devenir toujours plus bouillant pour l'amour de son saint Nom et de son Royaume. Ce sont nos vœux pour cette nouvelle année…


Le virus de la couronne

décembre 2020

Il y a souvent deux manières de lire et d'interpréter les évènements. Il y a une manière littérale et une manière spirituelle. Comme avec la Bible. Les deux manières ne s'excluent pas forcément mais se complètent, à l'instar des deux femmes d'Abraham qui, selon l'interprétation spirituelle ou allégorique, représentent deux alliances (cf. Galates IV, 22-30).

 

Un même type d'analyse peut être réalisé en ce qui concerne la pandémie actuelle de coronavirus et tout ce qui s'ensuit. On peut lire cette mésaventure littéralement, c'est-à-dire comme l'histoire d'un virus qui est sorti accidentellement de Chine et qui s'est rapidement propagé dans la plupart des pays en raison des mouvements de population. Un virus contre lequel les dirigeants politiques et scientifiques du monde entier feraient du mieux qu'ils peuvent pour freiner la progression. Et si normalement "gouverner c'est prévoir", rien dans cette affaire n'aurait été prévu. Pas la moindre ingénierie sociale. On peut bien sûr se contenter de cette lecture un peu naïve et ne pas chercher au-delà. On peut croire que les dirigeants sont au service du peuple, qu'ils sont bienveillants, qu'ils travaillent pour l'intérêt général et le bien commun. Il est même possible de croire que les médias de masse disent la vérité, bien qu'ils se trouvent entre les mains des États ou des grandes fortunes.

 

Cependant, pour chercher réellement la vérité ou simplement avant de mieux croire, il est parfois utile de douter un peu et de prendre connaissance de l'antithèse. Il faut donc savoir qu'il existe d'autres lectures un peu moins crédules de la situation. Par exemple : un virus sorti d'un laboratoire ou un laisser-faire volontaire, accompagné d'une diffusion massive de la peur en vue de vacciner le plus de gens possible et d'accélérer la transition vers le tout-numérique (télétravail, télémédecine, monnaie électronique, etc.). Mais aussi de rendre plus acceptable une société sous surveillance accrue. Autrement dit, il pourrait s'agir d'une de ces "peurs structurantes" qui permettraient de mettre en place "les bases d'un véritable gouvernement mondial", pour reprendre les mots de l'économiste français Jacques Attali*. Naturellement, une telle lecture sera jugée "complotiste" ou "hérétique" par les tenants de l'orthodoxie politique. Et c'est bien normal. Il n'empêche qu'il est probable que la vérité soit au moins un mélange entre le prévu et l'imprévu, la planification et l'accident, comme pour le 11 septembre 2001.

 

Il y a également une interprétation plus spirituelle. Dans l'article du mois de mars/avril 2020, nous avions parlé des animaux shaqats – qu'il faut "avoir en horreur", c'est-à-dire ne pas consommer selon la Bible –, dans l'hypothèse où l'origine du virus serait dû à une consommation de chauve-souris ou de pangolin. Par ailleurs, nous avions également relevé le fait curieux que ce virus ait pris naissance à Wuhan, haut lieu de la technolâtrie mondiale sélectionné en 2019 comme première zone de démonstration pour la cinquième génération (5G) de système cellulaire. En tout cas, le symbole n'est pas anodin.

 

Mais pour qu'une analyse spirituelle soit plus complète, il ne faut pas négliger la sémantique. Car le sens profond des mots nous apporte souvent un éclairage intéressant. En l'occurence, le mot "coronavirus" signifie étymologiquement "virus à couronne" ou "virus de la couronne". D'abord, bien sûr, en raison de son aspect. Quant au mot "pandémie", il est tiré du grec pan demos, c'est-à-dire "tous les peuples", mais un rapprochement peut aussi être fait avec le grec pan daimon, c'est-à-dire "tous les démons", duquel vient notre mot pandémonium. Or, chez les Anciens, le Pandémonium renvoyait à la capitale supposée de l'enfer avant de désigner, par extension, un lieu où règne la corruption et le désordre.

 

Ces mots nous donnent donc à réfléchir sur la situation présente. Spirituellement, ils peuvent nous signifier que ni les dirigeants ni les peuples ne sont habilités à porter la couronne, c'est-à-dire à régner et à faire des lois. Car tous les régimes politiques non christocratiques sont des usurpations de pouvoir qui font en définitive le jeu des démons. Ainsi les nations finissent-elles toujours en tyrannie, en pandémonium, parce qu'elles refusent de reconnaître le seul vrai Juge, Législateur, et Roi. Or, en rejetant le Roi-Sacrificateur, en rejetant celui qui s'est fait serviteur de tous et qui n'a été coiffé sur terre que de la couronne d'épines, la majorité des hommes sont destinés à rester les esclaves d'une minorité de tyrans, voire de leurs propres instruments. Et par conséquent à vivre non seulement une vie temporelle médiocre et ratée, mais aussi et surtout à ne point voir la félicité éternelle qui attend ceux qui reconnaissent le seul vrai Roi.

 

Car refuser d'accepter et de servir le Christ, c'est refuser de sortir du pays d'Égypte, du système d'esclavage pour cheminer vers la patrie promise, la liberté, puisque nul ne peut espérer trouver celle-ci en dehors de la Voie qui mène à Celui qui en dispose pleinement. Et cognoscetis veritatem, et veritas liberabit vos…

 

 

*Cf. Jacques Attali, "Avancer par peur", L'Express, 6 mai 2009.


Sinisation et corruption systémique en Suisse

novembre 2020

Derrière les oripeaux d'une démocratie modèle et d'une classe dirigeante presque aussi "honnête" que les démocrates-chrétiens nordiques se cache en Suisse une corruption quasi systémique. Le silence complice des médias de grand chemin et des pseudo-Églises nous avait jadis poussé à dénoncer quelques cas dans une rubrique consacrée. Travail d'investigation que nous n'avions pas pu poursuivre faute de temps et de moyens. Mais certaines de nos analyses ont été confirmées ces derniers mois. Nous dénoncions par exemple le fait qu'un pays soi-disant "neutre" comme la Suisse ait pu soutenir l'indépendance du Kosovo albanais et qu'elle eût même patronné ses élites mafieuses, lesquelles étaient pourtant déjà suspectées de crimes de guerre, de trafic d'armes, et de trafic d'organes (voir notamment les déclarations des procureurs généraux Dick Marty et Carla Del Ponte à ce sujet). Or le tribunal spécial pour le Kosovo a récemment inculpé le président kosovar Hashim Thaçi et ses complices de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Ces mêmes sulfureux personnages qui avaient reçu l'appui d'une partie non négligeable de la classe politique suisse, notamment à travers les fonds d'aide au développement. Cependant, malgré cette nouvelle révélation, on s'étonne qu'aucune "tête" ne soit encore tombée. Il n'y a même pas eu l'ombre d'un mea culpa de la part des Micheline Calmy-Rey et consorts. Au contraire, plusieurs politiciens suisses de cette engeance pro-UÇK continuent d'exercer leur fonction en toute impunité et dans une indifférence générale. À croire que le sang des Serbes n'a aucune valeur et qu'ils constituent, aux yeux de plusieurs, les nouveaux untermenschen.

 

Mais ce n'est pas tout. Nous avons également appris qu'un accord discret entre la Suisse et la Chine a été conclu pour permettre aux agents secrets de cette dictature technocratique d'espionner des réfugiés politiques sur notre territoire. Là encore, c'est un véritable scandale. Que l'on songe seulement aux persécutions menées par le régime chinois contre les chrétiens et les musulmans ouïghours, ou même contre certains Hongkongais. Certes, quelques rares politiciens et ONG se sont dits choqués par cette révélation, mais pour l'heure il n'y a eu aucune suite. Nul ne sait exactement qui a signé cet accord ni même s'il y aura des répercussions. Les traîtres semblent ainsi bénéficier d'une protection systémique, un peu comme à l'époque où certains notables collaboraient avec l'Allemagne nazie. L'histoire se répète.

 

Pendant ce temps, l'État continue de traquer les petits délinquants et d'humilier les plus pauvres en faisant croire à la population mal informée, donc manipulable, que les abus et les malhonnêtetés de certains prolétaires et sous-prolétaires justifient une surveillance massive ainsi que des rabotages dans les assurances sociales. Le flicage à la manière chinoise semble d'ailleurs gagner du terrain. En revanche, nul ne s'offusque de la corruption des élites ni d'apprendre qu'un milliardaire comme Blocher touchera une rente annuelle de plus de 200'000 francs pour son service politique. Les manipulations et les discours sécuritaires sont d'ailleurs si puissants que la population suisse a même accepté que l'on dépense six milliards de francs pour acquérir de nouveaux avions de combat. C'est dire !

 

Toujours dans ce même temps, les dirigeants justifient des mesures préventives contre le Covid-19 au nom de la santé publique, tout en acceptant le déploiement de la 5G, et cela sans tenir aucun compte des mises en garde de plusieurs scientifiques et des réticences d'une partie importante de la population. On pourrait se demander pourquoi ils sont si précautionneux pour un "danger" et pas pour l'autre. Mais la réponse semble assez simple : parce que la santé publique ne pèse pas aussi lourd que l'argent des entreprises de télécoms et des autres acteurs techno-scientistes.

 

Alors, avant de croire à l'utilité des nouveaux avions de combat pour se protéger d'ennemis extérieurs venant du ciel, les Suisses feraient bien de réfléchir sur les ennemis intérieurs qui menacent réellement l'intégrité du pays et l'intérêt général. Cela ne coûte pas 6 milliards de francs, mais juste un peu de temps et de réflexion. Malheureusement, le brillant réveil qui prédit d'un plus beau jour paraît loin d'arriver. Car la plupart des Suisses sont encore, et peut-être plus que jamais, sous anesthésie générale…

 

Voir aussi : La Suisse de l'injustice ; Révolution et Christocratie


Macron ne croit pas au modèle amish, nous si

octobre 2020

Le 14 septembre 2020, le président de la start-up France a prononcé un discours sur l'innovation en se faisant le chantre de la 5G et le pourfendeur des opposants à cette technologie. Goguenard et sûr de lui-même, l'ancien banquier de chez Rothschild a notamment prononcé cette phrase : « La France est le pays des Lumières, le pays de l’innovation. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. »

 

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, les technolâtres ont l'habitude d'utiliser la communauté amish comme épouvantail pour effrayer toute personne un peu trop réticente face aux prétendus "progrès" techniques. « Vous ne voulez quand même pas revenir à la bougie comme les Amish ! », disent-ils souvent avec condescendance. Et cela fait mouche, surtout auprès des gens qui n'ont qu'une connaissance limitée de l'histoire et des Amish. Ainsi le communicant qui a écrit le discours de Macron pense avoir touché juste pour qu'un maximum de gens adhèrent plus facilement à la délétère 5G.

 

Or, cette phrase nous interpelle pour au moins deux raisons. D'une part, parce que nous sommes technocritique et donc forcément opposé à la technologie 5G ; et d'autre part parce que, sans être Amish, nous appartenons à la même famille spirituelle qu'eux, à savoir celle du christianisme primitif et de la Réforme radicale.

 

Nous souhaitons donc répondre à ce vaniteux président français au nom de nos frères amish. Car si leur modèle n'est peut-être pas le paradis sur terre, s'il y a évidemment quelques points discutables, nous pouvons néanmoins affirmer que leur société est nettement plus enviable que les nôtres. Les Amish ne font peut-être pas de grands discours sur les droits de l'homme et sur l'environnement ; ils n'organisent pas de COP21 pour sauver la planète et n'inscrivent pas partout « Liberté, Égalité, Fraternité ». En revanche, ils essaient de vivre humblement leurs convictions chrétiennes. Et cela marche bien mieux que la République en marche et toutes les autres démocratures.

 

Environnementalistes et décroissants, les Amish l'étaient bien avant tout le monde. Du moins, bien avant les Verts et tous les autres écotartuffes. Les Amish ne polluent pratiquement pas et pratiquent une agriculture biologique depuis fort longtemps.

 

Libertaires ? les Amish le sont aussi plus que nous. Ils n'ont pas participé aux guerres mondiales, ils n'ont pas de carte d'identité et n'installent pas de caméras de surveillance. Ils ne sont pas esclaves d'internet, des téléphones mobiles, des réseaux sociaux ou de la pornographie. Dans leur société, ce n'est pas l'efficacité d'une technique qui est déterminante, mais plutôt la vie de la foi et le bien-être de l'homme. Chaque nouvelle technique est ainsi analysée en fonction de ces critères. Un collège d'anciens, avec l'aide des Écritures et de l'Esprit Saint, choisit d'accepter ou de refuser chaque nouvelle technique qui lui est présentée. Cela sans tenir aucun compte de la facilité qu'elle pourrait apporter. Car chez eux, les moyens ne sont pas des fins. Ils sont au-dessus de l'argent et de la machine, et non l'inverse. Autrement dit, ils ne font pas semblant d'analyser les choses pour finalement les justifier comme ces hypocrites comités d'éthique. Ils ne deviennent pas non plus l'instrument de leurs instruments, contrairement à ce qui se passe chez nous. Par ailleurs, certains Amish fument le tabac qu'ils cultivent, mais ne prennent généralement pas d'antidépresseurs, d'anxiolytiques ou d'autres drogues (contrairement à plus d'un quart des Français). Aussi sont-ils généralement en meilleure santé que la plupart des autres occidentaux.

 

Égalitaires ? les Amish nous dépassent aussi largement sur ce point. En principe, il n'y a ni riche ni pauvre dans une communauté amish. Les bijoux sont proscrits, y compris l'anneau de mariage (tradition futile). L'entraide et le bien commun priment sur la compétition. La volonté de puissance est mal vue et les plus forts apprennent depuis leur plus jeune âge à aider les plus faibles. Les handicapés sont bien intégrés et pris en charge par la communauté. Car dans la véritable pensée chrétienne, il n'existe pas de surhommes ou de sous-hommes. En revanche, il n'y a pas chez eux ce pseudo-égalitarisme libéral qui consiste à indifférencier les genres. Hommes et femmes ont des rôles différents mais complémentaires, et chacun en convient. Il n'y a pas de féminisme, tout simplement parce que le don et le service sont des choses honorables et honorées, et qu'il n'est pas besoin d'être un dominant et d'écraser l'autre pour exister. Au contraire. Il y a donc aussi moins de troubles d'identité chez eux.

 

Enfin, fraternels, les Amish le sont aussi davantage que nous. Conscients que nous descendons tous d'un même ancêtre (Adam), ils savent nous sommes à l'origine d'un même sang. Ce qui compte surtout, c'est notre appartenance spirituelle. Certes, les Amish reconnaissent les races (issues des trois des fils de Noé) et se marient plutôt entre eux, tout simplement parce que les liens de la chair et ceux de la langue peuvent renforcer les liens spirituels. Ils n'exaltent donc pas forcément le métissage, mais ne croient pas pour autant à une race supérieure ou inférieure. Aussi dans leur société la criminalité est faible, voire inexistante.

 

Voilà donc un petit résumé du modèle amish. En comparaison, peut-on faire autant d'éloges du modèle de Macron et des autres nations impies ? Certainement pas. Car que voit-on dans nos sociétés dites "progressistes" ? Violences, délinquance, drogues, suicides, vols autorisés, pillages, mafias, prostitution, pornographie, sodomisme, voyeurisme, exhibitionnisme, prédations, manipulations, destruction de la création, pédophilie, homicides prénataux, eugénisme, procréation artificielle, réification et marchandisation des enfants, etc. Bref, la liste des maux et des horreurs de nos sociétés serait bien trop longue à faire. Le modèle de Macron n'est rien d'autre qu'un techno-capitalisme, c'est-à-dire une société où règnent l'argent, la machine et la loi du plus fort. Rien de bien glorieux en vérité.

 

Bref, quiconque fera l'effort de creuser un peu la question en dépassant les clichés de la propagande technicienne s'apercevra que le modèle amish est nettement supérieur aux nôtres. La communauté amish est une société de vie, basée sur le Christ et l'amour, tandis que nos sociétés puent la mort comme Sodome et Gomorrhe. D'ailleurs, le fait que dans nos sociétés les gens sont de plus en plus réticents à faire des enfants de manière naturelle – sans parler des nombreux homicides prénataux et suicides – prouve bien que nous vivons dans des sociétés de mort. Il suffit aussi de comparer les enfants amish aux techno-zombies de nos régions pour s'en convaincre. Nous avons peut-être l'électricité, des voitures, des smartphones, des ordinateurs, mais à quoi bon tout cela sans amour, sans liberté, sans égalité, sans fraternité, et surtout sans connaître et suivre la Voie, la Vérité et la Vie ?

 

Au reste, la communauté amish est une vraie réponse à tous nos détracteurs qui prétendent que la Christocratie sur terre est une pure utopie. Car ce qu'ils ont fait à petite échelle de manière imparfaite au cœur de Babylone est un exemple vivant de ce qui pourrait être fait à plus grande échelle, avec quelques aménagements. Que Dieu bénisse donc le modèle amish et que Babylone périsse…

 

Voir aussi : Système technicien et technolâtrie


La bonne et la mauvaise rébellion

sept. 2020

Il y a peu, le réputé pasteur américain John MacArthur et les anciens de son Église ont décidé de ne plus obtempérer à l'injonction du pouvoir concernant l'interdiction des rassemblements religieux au nom de la lutte contre le Covid-19. L'Église Grace Community a en effet publié une lettre ouverte intitulée Christ, not Caesar, Is Head of the Church ("Le Christ, et non César, est le chef de l'Église") expliquant les raisons de cette "désobéissance civile". En substance, cette déclaration affirme, sans trop remettre en question le dogme de la soumission aux autorités basé sur Romains XIII, que le pouvoir civil n'a pas le droit d'intervenir dans les affaires ecclésiastiques. Car l'Église est soumise à un ordre supérieur. Cette position, somme toute très modérée, n'a évidemment pas manqué de heurter les homodoxes les plus serviles.

 

De notre point de vue, au contraire, cette déclaration s'arrête à mi-chemin. Cette Église est certes honorable en ce qu'elle s'expose à des peines pécuniaires, mais l'on regrette quand même un peu qu'elle n'ait pas osé ou voulu pousser le raisonnement plus loin. Car conserver peu ou prou le dogme de la soumission aux autorités, tout en ajoutant que le pouvoir civil n'a pas à s'occuper des affaires de l'Église, revient quelque part à perpétuer le mythe de la double-allégeance qui tiraille les croyants depuis des lustres et produit quantité de chrétiens du dimanche (soumis au monde le restant de la semaine). C'est en outre négliger l'avertissement de notre Seigneur Jésus qui nous a annoncé très clairement que personne ne peut servir deux maîtres (Luc XVI, 13). C'est aussi oublier que la Bête immonde (le pouvoir civil et impie) est totalitaire par essence et qu'elle n'acceptera jamais de laisser trop longtemps quelque domaine échapper à sa juridiction. La liberté religieuse se réduit d'ailleurs comme peau de chagrin un peu partout et les Amish demeurent pour l'instant une exception. Il n'y a donc pas d'équilibre à chercher ici, car il n'y a même pas de dialectique biblique. Les deux règnes sont aujourd'hui totalement opposés. Quant aux propos de saint Paul en Romains XIII, sans trop rentrer dans les détails, il serait grand temps de les voir comme une simple invitation à se résigner parfois de manière partielle et relative à une autorité, tant que celle-ci n'est pas trop éloignée des lois du vrai Législateur. Car nous ne devons reconnaître qu'une seule Arkhé.

 

Bien entendu, nous savons qu'il est encore difficile aux chrétiens biberonnés au lait des Églises institutionnelles de partager la nourriture solide des premiers chrétiens et des réformés radicaux (anabaptistes). Il y a tout un sevrage à faire, mais certains hommes de bonne volonté ne sont pas loin d'y arriver. La rébellion est souvent l'un des obstacles au sevrage, car elle tétanise les bébés spirituels et les empêche de devenir des hommes faits. Certes, dans la Bible le mot "rebelle" ou "rébellion" a souvent une connotation négative et les chrétiens spirituellement borgnes en ont souvent conclu que toute rébellion devait être mauvaise. Si l'on ajoute à cela l'interprétation naïve de Romains XIII, sans tenir compte de l'ensemble de la Bible, on comprend facilement l'origine du conformisme et de la collaboration.

 

Mais il faut rappeler que la Bible ne condamne en réalité qu'une seule forme de rébellion : la rébellion contre Dieu, contre son Règne, et contre sa Loi (cf. De. IX, 24 ; Né. IX, 29 ; Is. I, 28 ; Jé. III, 14 ; Éz. XII, 2 ; etc.). Elle désapprouve aussi, bien sûr, les femmes rebelles aux hommes et les enfants rebelles à leurs parents – supposés être dans la foi ou suffisamment honnêtes pour être respectés. Mais rien de plus. De cette façon, puisque les autorités peuvent être rebelles à Dieu – et la Bible en parle (Is. I, 23 ; Os. IX, 15) –, qu'en est-il de ceux qui les soutiennent ? Ne sont-ils pas aussi de mauvais rebelles ? À l'évidence, oui. Inversement, qu'en est-il de ceux qui, sans forcément être chrétiens, sont plutôt réfractaires aux autorités rebelles à Dieu ? Ils sont incontestablement sur une meilleure voie que les collabos : car en luttant contre l'ordre abject et ses injustices, ils proclament, consciemment ou non, qu'il y a un Ordre et une Justice supérieurs. C'est pourquoi la Bible dit (Ps. LXVIII, 19) : "Les rebelles aussi habiteront près de l'Éternel Dieu." Puissions-nous donc devenir de bons rebelles dans le Seigneur.

 

Voir aussi : Désobéissance civile ; Anarchisme Chrétien


Le vrai christianisme est la foi la moins partagée dans le monde

août 2020

En mai dernier, nous avons eu à cœur d'écrire un courrier à une trentaine de responsables de communauté soi-disant "chrétienne" afin de les mettre en garde contre certaines pratiques païennes, et pour les exhorter à se repentir et à ne plus suivre l'air du temps (technolâtrie, capitalisme, homodoxie, etc.). Un appel qui, semble-t-il, est resté lettre morte. Comme très souvent, la vérité a peu d'écho dans un désert spirituel. Le prophète Jérémie passa plus de vingt-trois ans à prêcher sans succès (Jé. XXV, 3) ; il faut donc s'armer de patience lorsqu'on sert le Seigneur dans les temps d'apostasie.

 

Car pour l'heure, c'est le triomphe de la foi imaginaire, du syncrétisme et du conformisme ; l'imposture règne dans la plupart des start-up religieuses que certains osent encore appeler "Églises". Même le pasteur du supermarché évangélique Porte Ouverte de Strasbourg, qui nous avait pourtant semblé plus réceptif suite à l'épidémie de coronavirus qui a frappé sa communauté, n'a pas donné de signe concret de repentance. Les "cultes" en live continuent ; le profane et le sacré sont mélangés et l'on utilise toujours le nom du Seigneur en vain (Éz. XXII, 26). C'est ainsi que les choses se passent dans cet Occident moderne et pagano-chrétien.

 

Récemment, nous avons appris qu'un "évangéliste" suisse relativement jeune est décédé sur le coup, vraisemblablement en plein prêche. Il se trouve que nous avions rencontré par le passé les "responsables" de cette communauté, lesquels nous avaient assuré être attachés au vrai christianisme. Mais nous avions vite découvert que c'était du bluff. Nous les avions toutefois mis en garde à plusieurs reprises au sujet de leur technolâtrie assumée puisqu'ils ont, comme beaucoup d'autres, la manie de se filmer pratiquement tout le temps. Mais ils n'avaient rien voulu entendre.

 

Il ne s'agit bien sûr pas d'insinuer que cet homme est mort à cause de sa technolâtrie, ni d'accuser qui que ce soit sur le plan individuel, mais simplement de faire remarquer que lorsque le péché est encouragé à un niveau collectif, qui plus est au nom du Seigneur, cela peut être dangereux. Cette communauté aurait dû freiner son délire de filmer tout ce qu'elle fait ou du moins ne pas associer ce culte des images – ou ce culte de soi – à la foi chrétienne. Car c'est incontestablement une forme d'idolâtrie, voire de possession. Mais évidemment, ces personnes semblent prendre la Bible comme un simple bouquin d'histoire au lieu de la lire comme une Parole vivante, de sorte que, pour eux, le commandement de ne pas se faire d'image vise spécifiquement les formes anciennes d'idolâtrie. Ils ne se sentent donc pas concernés. D'ailleurs, à peine cet homme venait-il de mourir que déjà les responsables de sa communauté (en l'occurence ses frères) souhaitaient faire un « ensevelissement livestream », autrement dit une cérémonie funéraire filmée et transmise en direct sur internet. Leur besoin de faire des images est si démesuré que même le dernier hommage – qui aurait plutôt dû être un moment d'intimité, de recueillement et d'humilité – allait être filmé. Quel manque de sagesse et de décence! Nous avons alors tenté d'écrire une dernière fois à l'un des frères pour que cette chose ne se fasse pas. Mais l'intéressé nous a fait comprendre qu'il ne voyait pas de différence entre écrire un texto et filmer, y compris pour une cérémonie funéraire. Nous sommes resté pantois.

 

Mais avec le recul, cette attitude n'est pas si surprenante. Car ces chrétiens technolâtres reproduisent finalement ce qu'avaient fait les catholiques quand ils instituèrent l'iconolâtrie et le culte marial pour compenser le manque d'idoles que le christianisme avait entraîné. Le but étant jadis de séduire les masses vulgaires encore largement païennes, tandis que celui d'aujourd'hui consiste à se conformer et gagner les masses technolâtres. L'esprit est donc le même. Les catholiques ou les orthodoxes ne se sentent pas plus idolâtres avec leur culte des icônes que les néo-protestants avec leur culte de la technique. Tous disent n'adorer que Dieu : icônes et techniques ne seraient pour eux qu'un moyen. Mais précisément, le piège de l'idolâtrie ou de la technolâtrie vient du fait qu'on n'arrive pas toujours à distinguer le moyen de l'idole. L'art chrétien n'est pas forcément un mal, mais la sacralisation des icônes si. Toutes les techniques ne sont pas forcément mauvaises, mais se prendre en photo et se filmer de la naissance à l'enterrement, en passant par les cultes, si. C'est une violation du commandement de ne pas se faire d'image. Et le Nouveau Testament confirme qu'il faut fuir l'idolâtrie (cf. Ex. XX, 4-5 ; I Co. X, 14 ; I Jn. V, 21).

 

En vérité, ces zélateurs du pagano-christianisme moderne suivent leur culture et leurs émotions plutôt que la Bible et l'Esprit de Dieu. D'ailleurs, transporté par la frénésie médiatique, l'un de ces hommes a pu écrire que George Floyd (l'Afro-américain assassiné par un policier blanc au mois de mai) était chrétien. Or, certaines sources laissent entendre que ce malheureux tournait dans des films X et qu'il était videur dans une discothèque. Naturellement, si se filmer de la naissance à la mort n'est pas un mal ni une forme d'exhibitionnisme, peut-être que se filmer en train de copuler ne l'est pas non plus.

 

Nous voilà donc au cœur du problème. Car le beau nom de chrétien a tellement été galvaudé qu'on ne sait finalement plus distinguer le vrai du faux. Pourtant, contrairement à la plupart des traditions religieuses, on ne naît pas chrétien, mais on le devient. Il ne suffit donc pas de se dire chrétien, comme on se dirait juif, musulman, hindouiste ou autres, pour l'être réellement. Il ne suffit pas non plus de parler de Jésus et de sa Grâce pour être son disciple. Mais il faut aimer Dieu et œuvrer pour Son Règne. La foi chrétienne implique une repentance, une attitude pénitente, une conversion, un baptême (d'eau et d'Esprit), mais aussi de porter sa croix, de suivre le chemin étroit et de ne pas se conformer au monde profane, entre autres (cf. Mt. VI, 33 ; VII, 13-14 ; X, 37-39 ; Luc X, 27 ; Ro. XII, 2). S'il en avait été autrement, les chrétiens des premiers siècles n'auraient jamais souffert le martyre pour éviter de se conformer aux coutumes païennes de l'empire romain. Ils auraient accepté l'idolâtrie de leur temps, assisté aux jeux du cirque et participé aux différentes orgies. Mais ce ne fut pas le cas. En conséquence, il faut bien admettre qu'il y a aujourd'hui une majorité d'imposteurs qui se disent chrétiens.

 

« Gardons-nous de juger ! » diront peut-être les pseudo-chrétiens modernes. D'autant que nombre d'entre eux sont sûrement meilleurs que nous à bien des égards. Bons citoyens, de mœurs conservatrices, ils travaillent "honnêtement" pour la techno-dictature et téléchargent peut-être déjà l'application Swiss-Covid pour une meilleure traçabilité. Mais là encore, il y a méprise : avoir une morale plutôt "conservatrice" ne fait pas un chrétien, surtout s'il y a conformisme. Les Deutsche Christen de l'Allemagne nazie avaient, eux aussi, une morale conservatrice, mais ce n'étaient pas pour autant des disciples de Jésus-Christ.

 

Mais alors, qui est chrétien ? Selon les statistiques des technocrates, le christianisme serait la religion ayant le plus d'adhérents dans le monde, soit environ 30% de la population mondiale. Et selon les statistiques officielles suisses, il y aurait à peu près 70% de chrétiens dans ce pays. Qui pourrait sérieusement croire à de pareilles sottises ? Dans un monde et un pays où l'on encourage pratiquement tout ce qui contraire au message du Seigneur (usure, prêt à intérêt, inégalités sociales, oppression, asservissement, injustices, procréation artificielle, eugénisme, surveillance de masse, etc.), comment pourrait-il y avoir autant de chrétiens ? Même divisé par dix, ce nombre serait sûrement encore supérieur à la réalité. Quant à nous, nous sommes classé parmi les incroyants, puisque notre foi n'est pas reconnue par l'État suisse (comme les Anabaptistes autrefois).

 

Nous voyons donc très clairement qu'il y a quiproquo et imposture à tous les niveaux. Le monde actuel est complètement fallacieux. Nos pères spirituels sont morts dans d'atroces souffrances pour ne pas se conformer au paganisme romain. Il en résulte que l'un des traits spécifiques du vrai chrétien est de ne pas se conformer au monde profane et d'essayer de fuir toute forme d'idolâtrie. Autrement dit, d'être iconoclaste, voire aujourd'hui technoclaste. Ainsi, de toute évidence, le vrai christianisme est la foi la moins partagée et pratiquée en Suisse comme dans le reste du monde…

 

Voir aussi : Anarchisme Chrétien ; Confusionnisme évangélique ; L'erreur du papisme ; Système technicien et technolâtrie ; Révolution et Christocratie


« Aucun ne se repent… tous reprennent leur course » (Jé. VIII, 6-7)

juillet 2020

La "pandémie" de coronavirus n'aura pas eu d'effet positif. Les mauvaises habitudes sont vite revenues et les réflexes stupides n'ont pas été balayés par une réflexion collective et salutaire. Comme l'avait dit le physicien britannique Thomas Fuller (1654-1734): "La foule a beaucoup de têtes et pas de cervelle." Nous dirions plutôt "pas d'esprit".

 

Très peu d'hommes ont réalisé que cette épidémie allait servir à accélérer la dictature technicienne. Les incitations au traçage (ou plutôt "traquage") numérique, aux paiements électroniques, au télétravail, etc. s'intensifient. Sans oublier les "philanthropes" qui souhaiteraient vacciner et "protéger" tout le monde. En Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou a même proposé d'implanter une puce sous-cutanée aux enfants pour leur "sécurité". Ce qui a heureusement déclenché un tollé en Israël, surtout dans les milieux religieux qui ne sont pas trop inféodés au pouvoir.

 

En Suisse, l'aliénation technicienne et l'immoralité ont repris de plus belle. Avec l'arrivée des beaux jours, les motards et tous les amis du bruit et de la pollution n'ont pas manqué de nous rappeler à quel point notre civilisation était évoluée et à quel point la liberté d'importuner était sauve. À défaut d'avoir de vraies libertés, autant entretenir les fausses, quitte à déranger tous ceux qui préfèrent le chant des oiseaux au bruit des grosses cylindrées, de la musique techno, du metal ou même du pseudo-rap!

 

Les parlementaires suisses nous ont aussi rappelé combien ils étaient indispensables pour le bien du pays. Non contents d'avoir fait passer la loi contre l'homophobie juste avant le coronavirus, ils proposent maintenant d'ouvrir le mariage aux homosexuels. Un dossier de la plus haute importance pour les techno-libéraux de gauche comme de droite, puisqu'ils s'attendent à un accroissement de la fabrication et de la marchandisation des enfants.

 

Pendant ce temps, les pseudo-églises ont suivi le courant pour se transformer en start-up, notamment en proposant des cultes en "live". Une évolution logique vu la technolâtrie dans laquelle elles étaient déjà plongées. L'Esprit étant absent de ces start-up religieuses, il fallait bien compenser ce manque par un médium technique. Il semblerait par ailleurs que même des funérailles se soient faites en ligne, comme pour nous montrer que la technolâtrie nous accompagne de la naissance à la mort.

 

Mais tandis que le "progrès" progresse, les médias et les suiveurs se sont mobilisés un peu partout contre le racisme, suite à l'assassinat d'un homme noir par un policier blanc aux États-Unis. Nul ne savait encore si le mobile était raciste ou s'il s'agissait d'un abus de pouvoir d'un agent assermenté (comme il y en a souvent), mais tous avaient déjà conclu au meurtre raciste. Cela est peut-être vrai, mais dans le cas contraire ce crime aurait-il été moins odieux ? Et pourquoi monter en épingle cet homicide plutôt qu'un autre ? Difficile de ne pas y voir quelques basses récupérations politiciennes et élitistes. Car où étaient tous ces indignés d'un jour lorsque des policiers avaient éborgné des gilets jaunes? Et où sont-ils lorsque les États assassinent des millions de bébés chaque année? Cette indignation sélective cache évidemment quelque chose. Certains manifestants blancs se sont alors mis à genoux devant des Noirs et leur ont même baisé les pieds. Comme quoi, les impies sont prêts à se repentir devant des hommes pour des crimes qu'ils n'ont pas commis plutôt que devant Dieu pour des crimes qu'ils ont réellement faits. Mais que signifie ce spectacle désolant ? De fait, les élites essaient de nous vendre la lutte des "races", comme ils nous vendent la lutte des "genres", c'est-à-dire des luttes purement charnelles pour mieux diviser les hommes et détourner leur attention des véritables combats à mener: le combat de la foi, la lutte des classes, et la lutte contre la technocratie et la déshumanisation. Aussi essaient-ils de faire culpabiliser les prolétaires et sous-prolétaires blancs au sujet de la traite négrière, alors qu'il est peu probable que leurs ancêtres en aient bénéficié. Historiquement, ce sont plutôt des grands capitalistes et des grands bourgeois occidentaux qui, avec la complicité de marchands arabes et de chefs de tribus africaines, se sont enrichis avec ce commerce infâme. Que les aristocrates, les bourgeois et leurs vassaux cessent donc de salir la mémoire de tous les Blancs et qu'ils aillent eux-mêmes baiser les pieds des hommes noirs si cela leur chantent.

 

En substance, on nous ressort l'esclavage ancien et brutal peut-être pour mieux masquer l'esclavage moderne et subtil. Car le salariat et la technocratie sont des chaînes, même si beaucoup d'hommes y consentent. Par conséquent, il est vain de déboulonner les statues d'esclavagistes d'hier sans dénoncer et déboulonner les esclavagistes d'aujourd'hui. Les hommes n'évolueront réellement que lorsqu'ils feront pénitence devant Dieu et qu'ils diront : "À bas tous les régimes et tous les pouvoirs! Vive la Christocratie!"


Le Saint-Esprit, puissance ou personne divine ?

juin 2020

Cinquante jours après Pâques et dix jours après l'Ascension vient la Pentecôte, qui correspond à la fête juive de Shavouot (fête des moissons). Pour les chrétiens, la Pentecôte commémore la descente du Saint-Esprit sur les premiers disciples (Actes II). Jésus leur avait en effet promis qu'un autre "consolateur" (parakletos), l'Esprit Saint, viendrait les aider dans la foi après son départ (Jean XIV, 16, 26 ; XV, 26 ; XVI, 7). Et puisque ce mois de juin 2020 s'ouvre avec un lundi de Pentecôte, soit le lendemain de ladite commémoration, il nous a paru utile de dire quelques mots sur le Saint-Esprit.

 

Tout d'abord, il faut savoir que depuis le quatrième siècle, quand le christianisme a commencé à se mélanger au pouvoir romain, les Églises ont progressivement adopté la doctrine de la Trinité (conçue vraisemblablement au IIIe s. par Tertullien), c'est-à-dire l'idée d'un seul Dieu en trois personnes distinctes et consubstantielles (Père, Fils, Saint-Esprit). Bien que le terme Trinité n'apparaisse pas dans les Écritures, pas plus que le terme "personne" pour qualifier les trois Noms (même si Jésus fut évidemment une "personne"), la plupart des Églises et des chrétiens ont adopté ce dogme et continuent toujours de le soutenir. Il est vrai que le mot "personne" peut s'interpréter diversement et que d'authentiques chrétiens ont pu partager cette vision d'un Dieu unique en trois personnes sans que cela n'entache de manière apparente et significative leur foi et leurs œuvres. Nous nous garderons donc d'accuser tous les trinitaires d'être des polythéistes ou des païens déguisés. D'autant qu'Elohim, un des Noms donnés à Dieu en hébreu, est un pluriel. Ce qui nous indique que Dieu est le Singulier Pluriel qui échappe à toutes nos références. Néanmoins, il nous semble devoir admettre que le dogme de la Trinité a ouvert la voie à des pratiques bien plus douteuses et païennes (comme le culte marial, l'iconolâtrie, le culte des reliques, la technolâtrie, etc.), pour la simple raison que la Trinité fut l'une des premières doctrines véritablement extra-bibliques à être adoptée par une majorité de chrétiens, tandis que la minorité qui demeurait plus fidèlement attachée aux Saintes Écritures fut qualifiée d'hérétique. Pourtant, si les saints Apôtres avaient reçu une telle révélation sur Dieu, il est certain qu'ils l'auraient clairement enseignée et retranscrite pour les fidèles suivants. Mais il n'en fut rien. De sorte que nous pensons qu'il n'est ni sage ni prudent d'aller au-delà de ce que disent les Saintes Écritures sur un sujet aussi sensible que la nature de Dieu. Pour sûr, les premiers disciples se contentaient de savoir que l'Éternel est Un (Adonaï Ehad).

 

Le brillant Augustin d'Hippone, lui-même convaincu par le dogme de la Trinité, reconnut dans un ouvrage consacré à cette question qu'en "parlant de trois personnes, on a parlé non pour dire quelque chose, mais pour ne pas rester silencieux." Or, le silence est souvent d'or.

 

Nous partageons plus encore l'avis du Pseudo-Denys l'Aréopagite qui avait écrit dans son ouvrage sur les Noms Divins: "Il faut se refuser la hardiesse de dire ou de penser quoi que ce soit de la Divinité supersubstantielle et cachée en dehors des termes dont l'expression nous est donnée par les Saintes Écritures."  Mais en Dieu, tout est quelque part "supersubstantiel" et mystérieux. Partant, que nous disent les Saintes Écritures sur le Saint-Esprit ?

 

Premièrement, en hébreu comme en grec, le mot "esprit" évoque un "souffle" ou un "vent". Deuxièmement, dans le Nouveau Testament nous trouvons que le Saint-Esprit est présenté comme une "force" ou une "puissance" de Dieu (Luc I, 35). Troisièmement, si l'on met en parallèle les textes de Genèse I, 2 et Jean I, 1-2 qui traitent du commencement des choses, on s'aperçoit que l'un parle de l'Esprit de Dieu où l'autre évoque sa Parole, de sorte que ces deux termes semblent identiques (la parole n'est-elle pas un souffle?). De plus, dans la deuxième épître à Timothée (III, 16) il est dit que "toute Écriture est inspirée de Dieu". Or le mot grec qu'on traduit par "inspirée de Dieu" est theopneustos, composé de Theos (Dieu) et pneo (souffler), ce qui nous donne aussi une indication sur le Saint-Esprit en tant qu'inspirateur des écrivains sacrés (à l'origine de la Parole de Dieu écrite). Par ailleurs, dans l'Apocalypse (III, 1 ; V, 6), il est parlé des "sept esprits de Dieu." Bien qu'il s'agisse probablement d'un symbole (le chiffre 7 symbolise souvent la plénitude), on imagine assez mal qu'il eût été employé pour parler d'une seule Personne de la Divinité. Bref, rien dans les Saintes Écritures ne permet vraiment d'affirmer que le Saint-Esprit est une Personne. Par conséquent, il vaudra toujours mieux abandonner une tradition au profit de la révélation biblique.

 

Quoi qu'il en soit, nous savons que même les mots "souffle", "force", "inspiration", etc. ne veulent pas dire grand chose pour celui qui n'a jamais été visité par le Saint-Esprit. En d'autres termes, le Saint-Esprit est difficilement définissable et ne se conceptualise pas par l'intelligence : il s'expérimente spirituellement.

 

Voir aussi : Credo du christocrate


Appel aux disciples de Jésus-Christ !

mai 2020

Depuis de nombreuses années nous écrivons sur ce site sans vraiment savoir l'impact que nos écrits ont (hormis quelques rares retours sympathiques et quelques livres vendus). Nous avons refusé depuis longtemps de connaître les statistiques liées à ce site dans la mesure où nous ne voulons participer à aucune sorte de pistage (les cookies et autres ne sont pas de notre ressort mais viennent de l'hébergeur). Récemment nous avons eu à cœur d'essayer de donner une nouvelle orientation à ce site afin qu'il puisse servir à regrouper (réellement) tous les fidèles de Jésus-Christ, pour autant qu'il y en ait encore quelques-uns qui surfent sur internet (la plupart, à raison, s'en privent comme les Amish).

 

À cette fin, nous avons écrit un credo du christocrate qui est un résumé de nos principales convictions basées sur la Bible et l'Esprit. Si vous vous y reconnaissez et que vous souhaitez réellement vous engager pour servir le Seigneur, si vous êtes une personne de foi, fidèle, constante, digne de confiance, et plutôt humble (ayant davantage de plaisir à donner qu'à recevoir), et enfin si vous souhaitez apporter quelque chose et devenir membre d'une modeste communauté qui n'est pas destinée à rester virtuelle, contactez-nous (adresse mail en page d'intro). Que la paix du Christ soit avec vous ! 


Coronavirus: pandémie salutaire ou cheval de Troie du techno-capitalisme?

mars/avril 2020

À l'heure où nous écrivons (mars), la pandémie de coronavirus n'a pas fait autant de morts qu'une grippe saisonnière. Cependant, la rapidité de sa propagation et sa forte médiatisation a provoqué une panique générale et des mesures assez drastiques commencent à être mises en place pour éviter une contagion de plus grande ampleur. Dans ces conditions, les propos contradictoires et les avis personnels ne manquent pas. Mais comme d'habitude, nous voulons observer les choses avec le regard de la foi, le seul capable de nous apporter un éclairage convenable. Nous analyserons donc ici les possibles causes et conséquences de cette pandémie.

 

Les causes

D'après les informations dont nous disposons, l'épidémie de coronavirus aurait commencé en décembre 2019, dans un marché de gros de fruits de mer (et autres aliments douteux), à Wuhan, en Chine. Certains chercheurs ont avancé l'hypothèse que ce virus provenait d'une consommation de chauve-souris ou de reptile. Aliments peu ragoûtants dont certains néo-Siniens (Chinois) sont friands. Nous ignorons si cela est vrai ou faux, mais la question que cette hypothèse soulève n'est pas inintéressante. Car elle nous pousse au moins à nous demander si tous les régimes alimentaires se valent, autrement dit s'il ne s'agit que d'une question de culture, de goût ou de choix personnel. De l'anthropophage au végan, chacun pense que son régime est le bon. Le relativisme semble a priori s'imposer. Mais n'y a-t-il vraiment aucun absolu à ce sujet? En réalité, la Bible nous donne toute une liste d'animaux qu'il faudrait éviter de consommer (Lév. XI). Et si les gens n'ont généralement retenu que le porc, qui est dit "impur" (en hébreu tame), ils oublient trop souvent la liste des animaux "répugnants", c'est-à-dire qu'il faudrait "avoir en horreur" (en héb. shaqats), parmi lesquels se trouvent les reptiles, amphibiens, rongeurs, canidés, félidés, équidés, rapaces, chauves-souris, singes, fruits de mer, crustacés, mollusques, etc. Ce chapitre du Lévitique semble donc distinguer trois catégories d'animaux: les animaux qu'on peut consommer, ceux qu'il vaudrait mieux éviter, et ceux dont il faudrait absolument s'abstenir. Bien entendu, la plupart des théologiens chrétiens ont pensé que les restrictions alimentaires n'étaient plus valables sous la Nouvelle Alliance, en se basant notamment sur la vision de saint Pierre sur les animaux impurs (Actes X). Or, en lisant ce texte plus attentivement on remarque que cette vision n'était pas destinée à abolir les restrictions alimentaires, mais plutôt à enseigner à l'Apôtre qu'il ne devait plus regarder tous les païens comme des impurs, car l'Église allait s'ouvrir aux convertis venant de toutes les nations (cf. Act. X, 17, 28). Certes, comme pour d'autres sujets, la Nouvelle Alliance semble laisser la question des aliments à la libre appréciation des fidèles qui sont censés suivre l'Esprit et rendre grâces avant de manger (cf. Rm XIV, 1-4). Cependant, si les animaux shaqats ont été désignés ainsi, ce n'est sans doute pas pour rien. Il vaudra donc toujours mieux, par principe, s'en abstenir.

 

Mais il y a plus intéressant encore: la ville de Wuhan est réputée pour être l'un des hauts lieux de la technolâtrie mondiale. Elle fut d'ailleurs établie en 2019 comme première zone de démonstration pour la cinquième génération (5G) de système cellulaire, technique destinée à développer l'internet des objets, la domotique, le télétravail (et la télémédecine), les véhicules autonomes, etc. Soit à une automatisation, une déshumanisation et un flicage toujours plus accrus. Or on sait que cette technologie "5G" augmente considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques et donc les effets nuisibles sur notre santé et l'environnement. Au point que le biologiste suisse Daniel Favre avait pu parler de "possible crime contre l'humanité" en cas de déploiement de ce réseau mortifère. Par conséquent, sachant que l'action des champs électromagnétiques affaiblit notre système immunitaire (entre autres), il n'est pas déraisonnable d'y voir quelque lien avec la pandémie actuelle, ne serait-ce que comme un signe d'avertissement sur les dangers de cette nouvelle technologie. Il serait en effet absurde de penser qu'il ne s'agit là que d'une simple coïncidence.

 

Une autre cause que l'on retiendra ici concerne plutôt la propagation de ce virus à travers le monde. Depuis l'Antiquité, les hommes savent normalement que le meilleur moyen d'endiguer une pandémie est de séparer le plus tôt possible les biens portants des malades, ceci afin d'éviter une plus grande contagion. En ce sens, les frontières peuvent être utiles. Malheureusement, par idéologie mondialiste et pour défendre les intérêts techno-capitalistes, la plupart des dirigeants des pays ont refusé de fermer leurs frontières, alors même qu'ils savaient que le foyer d'infection était en train de grossir. Et tandis que le président français assurait à son peuple qu'un virus n'a pas de passeport et donc que la fermeture des frontières lui semblait inutile, les autorités helvétiques fanfaronnaient en disant n'avoir nullement besoin de fermer les leurs, puisqu'il n'y avait encore aucun malade. Puis, formidable cynisme, lorsque le virus a débarqué en Suisse, ces mêmes autorités déclarèrent qu'il ne servait plus à rien de fermer les frontières, puisque le virus était maintenant dans le pays. Résultat: les dirigeants sont désormais en train d'établir un peu partout des frontières intérieures bien plus petites encore, appelées "confinement". Les pyromanes deviennent ainsi des pompiers. Et les médias aux ordres les applaudissent d'avoir osé prendre de bonnes décisions.

 

Enfin, dans cette contagion, il ne faut bien sûr pas oublier le facteur démographique: car la forte densité de population dans nos pays est incontestablement une bombe polluante, sonore et virale. Surtout dans un système comme le nôtre qui encourage les déplacements incessants et la surconsommation. Les promoteurs de la croissance en tout genre – ou plutôt de la démesure – qui rêvent de pays surpeuplés et de villes "vertes" et "intelligentes" pour compenser la belle nature qui disparaît jour après jour ont bien sûr leur part de responsabilité.

 

Les conséquences

Venons-en maintenant aux conséquences. La première leçon qu'il aurait fallu tirer dans ce genre de situation est de se souvenir que nous sommes mortels et donc des malades en puissance. Si ce n'est pas une grippe qui nous tuera, ce sera autre chose. Cette pandémie devrait donc nous rappeler qu'il faut se préoccuper avant tout de notre âme. Venir au pied de la Croix et faire pénitence devant le Seigneur est la meilleure attitude à avoir. Notre salut en dépend. Malheureusement, au lieu de cela, la majorité des gens n'ont pas été plus dignes que leurs dirigeants. Ils ont continué d'agir comme des matérialistes et des hédonistes qui ne considèrent que la matière et qui établissent comme principe suprême la recherche du plaisir. Ils se sont ainsi précipités dans les magasins pour les dévaliser comme des affamés. "Mangeons et buvons, car demain nous mourrons!"– semblaient-ils dire. Credo matérialiste que déplorait déjà en son temps le prophète Isaïe (Is XXII, 13). Pourtant, l'homme ne vivra pas de pain seulement (Luc IV, 4).

 

Cette attitude délétère pourrait entraîner des conséquences bien plus sérieuses pour l'ensemble des individus. Car à cause d'une majorité aussi matérialiste et hédoniste, manipulable à souhait, et généralement prête à tout sacrifier pour un peu plus de sécurité, il se pourrait que le coronavirus serve en définitive – comme au lendemain du 11 septembre 2001 – de prétexte pour accentuer la surveillance de masse et accélérer le "tout numérique" (télétravail, télémédecine, école numérique, disparition du cash au profit de la monnaie électronique, etc.). Dans ce cas, nous pourrions réellement parler de cheval de Troie du techno-capitalisme.

 

En revanche, pour être un peu plus optimiste, cette pandémie pourrait tout aussi bien produire un sursaut chez les travailleurs au chômage technique qui ont désormais la possibilité de s'arrêter pour lire et mieux réfléchir, puisque même les usines abrutissantes comme les discothèques et les matchs de foot sont à l'arrêt (il en reste bien sûr d'autres, comme la TV, les vidéos débiles sur internet, etc.). Donc, si un certain nombre d'entre eux commencent sérieusement à se poser des questions sur leur âme et sur le fonctionnement du techno-capitalisme, il se peut qu'ils découvrent avec horreur la folie de ce système qui ne repose que sur la réification de tout, la croissance infinie, la surconsommation, la destruction de la création, les métiers de service, l'interdépendance dangereuse des nations, etc. En d'autres termes, si de plus en plus de gens prennent conscience qu'il faut absolument changer d'orientation, construire un monde à taille humaine, en équilibre avec le reste de la création, privilégier les choses importantes comme la sagesse, l'agriculture durable, la santé, le social, l'autonomie, etc. alors on pourra dire que cette pandémie fut un mal salutaire. Mais "cheval de Troie" ou "mal salutaire", seul l'avenir nous le dira…

 

Voir aussi: Condamné à mort; Révolution et Christocratie; Système technicien et technolâtrie


« Comme Sodome, ils publient leur crime, sans dissimuler » (Is III, 9)

mars 2020

Le 9 février 2020 la Suisse est officiellement entrée dans le club des démocraties abjectes qui favorisent le sodomisme et criminalisent les "homophobes", c'est-à-dire potentiellement tous ceux qui ne trouvent pas forcément cool ni même moral de pratiquer la sodomie et d'être "LGBTQ". Sur les 41% d'électeurs suisses qui ont participé à cette mascarade démocratique, 63% d'entre eux ont répondu aux attentes des élites techno-libérales suisses, et cinquante-sept pour-cent les ont également suivies en rejetant l'initiative sur les "logements abordables". Le résultat de ces deux votes nous donne une idée assez claire du climat délétère qui règne en Suisse en cette première moitié de XXIe siècle: une haine de toute vraie morale et un mépris de classe assumé de la bourgeoisie envers les plus modestes. Deux caractéristiques propres aux peuples impies (cf. Is III, 12-15; V, 20; X, 1-2). Qu'on se souvienne à ce titre des précédents résultats sur le passeport biométrique, l'homicide prénatal (remboursement de l'IVG), l'eugénisme (diagnostic pré-implantatoire), le flicage des assurés, etc. Certes, les gens qui acceptent tout cela ne sont pas forcément tous issus de la bourgeoisie, mais ils sont néanmoins embourgeoisés et dépravés, peut-être à force d'avaler toute la propagande techno-libérale du groupe Tamedia (20 minutes, 24heures, Tribune de Genève, etc.) ou encore celle de la RTS, entre autres.

 

Quoi qu'il en soit, les initiés de la foi comprendront certainement que ces transformations morales, sociales ou sociétales s'inscrivent dans un contexte beaucoup plus large, c'est-à-dire qu'elles ne sont finalement que des symptômes du système antichrist mondial, et qu'il est par conséquent vain de s'engager en politique (et même de voter) en croyant pouvoir moraliser la Bête immonde. Car celle-ci est par nature immoralisable. Sodome et Gomorrhe, l'Égypte, Canaan, l'Assyrie, Babylone, l'empire séleucide, l'empire romain, le troisième Reich et leurs semblables étaient tous irréformables. C'est pourquoi, les fidèles les plus lucides n'ont jamais rien souhaité d'autre que leur ruine. Aujourd'hui, la puissance technologique et antichrist chinoise – locomotive de la croissance mondiale – et les États-Unis, soit grosso modo les deux têtes de l'empire techno-capitaliste, ne semblent pas davantage moralisables. Pas plus que ne le sont ceux qui se soumettent à leur modèle abject. Mais aussi puissants et invulnérables qu'ils puissent paraître actuellement, la nouvelle Égypte ou le nouvel empire romain (États-Unis) et la nouvelle Sin (Chine) pourront également tomber s'ils persistent dans leur voie criminelle (cf. Éz. XXX, 15). Et avec eux, tous leurs serviles vassaux.

 

Pour les profanes encore suffisamment honnêtes et conscients, la lecture de ces évènements n'est pas davantage compliquée: le but de la caste techno-libérale consiste toujours à démoraliser, laminer, abrutir les prolétaires et sous-prolétaires à travers toute une palette de vices – pornographie, sodomisme, téléréalité, féminisme, publicités, jeux-vidéos, discothèques, objets techniques, etc. –, afin de les réduire en de zombiesques consommateurs et technolâtres. C'est pourquoi, aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, les anarcho-socialistes de la Première Internationale avaient notamment compris l'imposture du féminisme (d'où leur refus, à l'origine, du travail des femmes). Aussi Proudhon, le père de l'anarchisme laïque, voyait d'un très mauvais œil la progression de l'homosexualité, signe de décadence bourgeoise. Il écrivit même à ce sujet: "Sans aller jusqu'à la mort, je regrette que cette infamie qui commence à se propager parmi nous, soit traitée avec tant d'indulgence. Je voudrais qu'elle fût, en tous les cas, assimilée au viol, et punie de vingt ans de réclusion. Mais le mieux serait d'y trouver un antidote…" D'où l'on voit qu'à l'origine l'anarchisme et même le socialisme se distinguaient assez nettement du libéralisme pernicieux. Ce sont en réalité des libéraux de gauche qui phagocyteront progressivement les mouvements révolutionnaires, de la même manière que les homodoxes ont phagocyté la plupart des Églises.

 

Enfin, une dernière remarque s'impose: si les "LGBTQ" sont incontestablement devenus l'une des nouvelles coqueluches du techno-libéralisme, c'est en partie pour les raisons invoquées supra, mais également parce qu'ils constituent des couples infertiles susceptibles de former une clientèle importante pour le marché de la reproduction artificielle d'enfants. Un marché en pleine expansion. Et puisque le droit est évidemment le bras armé des classes possédantes, il était naturel qu'il évolue de cette manière dans la plupart des pays occidentaux. Du reste, gageons que si les braves électeurs suisses avaient eu l'audace de refuser cette loi, leurs maîtres les auraient vite rappelés à l'ordre en leur demandant de revoter après une nouvelle pédagogie, ou alors auraient-ils simplement imposé cette loi en invoquant un cas de force majeure. Car c'est ainsi que les choses fonctionnent dans une démocratie bourgeoise inféodée au système antichrist.

 

Voir aussi: La Suisse de l'injustice; Effondrement moral; Le système antichrist


La Parole de Dieu est douce-amère

fév. 20

À un moment charnière de la vision de saint Jean, dans l'Apocalypse, nous trouvons ce passage étonnant où il lui est demandé d'avaler un petit livre avec la promesse qu'il lui serait doux en bouche, mais amer à ses entrailles. Et effectivement, dès que l'Apôtre l'eut avalé, il ressentit ce goût étrange (Ap. X, 10): "Il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais dès que je l'eus mangé mon ventre fut rempli d'amertume." Puis on lui dit: "Il faut que tu prophétises…" Selon toute vraisemblance, le livre en question doit être la Parole de Dieu qui produit en nous cette sensation douce-amère. Douce quand elle affirme que nous sommes sauvés par la Grâce; amère quand elle agit comme un miroir qui réfléchit notre nature pécheresse et nous pousse à la pénitence. Douce quand elle nous fait renaître spirituellement et nous choie comme des nourrissons; amère quand elle nous laisse grandir dans la souffrance et les tribulations. Douce quand elle nous montre le bon chemin à suivre; amère quand elle nous avertit qu'il sera étroit et difficile. Douce quand elle nous appelle "enfants de Dieu"; amère quand elle nous annonce que l'on aura probablement pour ennemis des gens de notre propre famille. Douce quand elle nous souffle que le salut est gratuit; amère quand elle nous fait connaître le prix de la sanctification. Douce quand elle nous parle du Royaume de Dieu; amère quand elle nous révèle la nature profonde des royaumes de ce monde. Douce quand elle évoque la vie éternelle et la résurrection; amère quand elle nous parle de croix et de crucifixion. Bref, nous pourrions sans doute multiplier les exemples de ce type.

 

C'est justement en considérant cette dualité mystique que le théologien révolutionnaire Thomas Müntzer avait pu parler de "Christ doux" et de "Christ amer", réalité qu'il avait lui-même expérimentée en abandonnant sa fonction et ses prérogatives au sein du clergé réformé pour s'engager dans la lutte sociale aux côtés des opprimés. Cela, en opposition à la théologie borgne des adeptes de la Réforme magistérielle qui, sous couvert de la Grâce et du Christ doux (mais aussi des dogmes de la "soumission aux autorités" et de la "Providence"), justifiaient implicitement le pouvoir tyrannique, quand ils n'y collaboraient pas directement. Le Christ doux des protestants devint alors une sorte de Christ doucereux, tolérant et neutre, servant de base à leurs discours mielleux qui venaient comme anesthésier le peuple opprimé tout en neutralisant les aspirations christocratiques des Réformés radicaux. Car ces derniers, au contraire des protestants "classiques", avaient tenu compte du chrétien dans son ensemble, à la fois comme un être individuel et social, n'ayant pas seulement à lutter contre sa propre nature mais aussi contre la société qui l'attaque, l'aliène et le corrompt davantage. Ils étaient donc une menace pour l'ordre établi. Or, puisque la classe dominante soutint évidemment la Réforme magistérielle, tout en persécutant les Réformés radicaux, et puisque l'homme a généralement tendance à privilégier tout ce qui le caresse et le flatte, plutôt que ce qui le remet en question et l'engage dans une voie difficile, le concept de "Christ amer" fut progressivement abandonné par tous les chrétiens.

 

C'est ainsi que l'on peut comprendre, en partie du moins, comment le christianisme est devenu cette religion du "bien-être" et du "développement personnel", basée presque exclusivement sur la certitude du salut, mais aussi comment est née la théologie homodoxe qui sévit actuellement. Pourtant, si le christianisme a changé plusieurs fois en cours de route, la Parole de Dieu, elle, est restée la même, à savoir douce-amère. Elle nous invite toujours à considérer cette dualité mystique et à penser de manière dialectique, non pas pour chercher la voie médiane en toutes choses – car il faudrait alors être neutre, tiède, androgyne, etc. – mais plutôt pour être capable tantôt de trouver l'équilibre, tantôt d'opter pour l'une ou l'autre chose selon les circonstances. Or ni équilibre ni résolution véritable n'est possible là où ne s'offre à nous qu'une seule et même option en chaque occasion.

 

Mais évidemment, la pensée homodoxe ne conçoit pas cela. Elle est incapable de comprendre qu'on puisse, par exemple, aimer une chose et en haïr une autre, parce qu'elle s'imagine que le "Christ doux" exclut d'office le "Christ amer". Par conséquent, elle croit pouvoir aimer Dieu et le monde ou même servir deux Maîtres opposés parce qu'elle n'envisage qu'une seule et même attitude dans chaque situation. Cela, sans tenir aucun compte des Écritures qui disent pourtant que l'amour du monde est inimité contre Dieu et que nul ne peut servir deux Maîtres (Mt VI, 24; Jc IV, 4).

 

De cette façon, elle ne conçoit pas non plus qu'on puisse être anarchiste chrétien malgré toute la pertinence de cette position. Or, en temps normal, nous n'aurions même pas besoin de dire pourquoi l'être, mais plutôt pourquoi ne pas l'être. Car en vérité, pour des chrétiens, comment ne pas être anarchistes devant des puissances impies auxquelles on ne devrait reconnaître – sinon en acte, au moins en pensée – aucun droit de nous gouverner, ne serait-ce que parce que la place de Maître est déjà occupée dans nos cœurs? Se pourrait-il d'ailleurs qu'il y ait des êtres plus illustres que Jésus-Christ pour nous servir d'exemple et nous donner des lois supérieures à celles qu'il nous a données? Devrions-nous plier les genoux devant les dirigeants de Sodome et de Babylone qui méprisent les lois les plus élémentaires et feignent toujours de confondre intérêt général et intérêt particulier? Pour nous, les réponses à ces questions sont claires. C'est pourquoi, autant la Parole de Dieu est douce-amère, autant nous sommes chrétien anarchiste…

 

Voir aussi: Anarchisme Chrétien; Révolution et Christocratie


Un temps pour aimer, un temps pour haïr...

janv. 2020

S'il est un lieu commun dans lequel se rejoignent pratiquement tous les chrétiens modernes, c'est l'amour. Et plus précisément, l'amour du prochain. Si bien que le christianisme est devenu, pour ainsi dire, une religion symboliquement "féminine" empreinte d'amour et de tolérance. Sur cette base, les LGBTQ qui s'aiment seraient chrétiennement corrects, de même que les couples infertiles (homos ou hétéros) qui contribuent à la reproduction artificielle d'êtres humains (DPI, FIV, IAD, PMA). Que ne ferait-on pas au nom de l'amour? Les plus viles abjections!

 

Tout anarchiste chrétien que nous soyons, il nous serait difficile de dire que l'amour n'occupe pas une place centrale dans le Nouveau Testament (nous l'avons d'ailleurs déjà dit). Nous savons en effet que Dieu est Amour et que le deuxième plus grand commandement est d'aimer son prochain comme soi-même (Mt XXII, 39; I Jn IV, 8). Pour autant, Dieu n'est pas qu'Amour et il faudrait aussi s'entendre sur le sens des mots. Car l'amour dont parle la Bible n'est pas vraiment cette émotion vague et abstraite, variable selon l'air du temps, mais plutôt une dilection stable et intemporelle, exigeante de surcroît, qui évolue sans modifier son essence et qui réclame une sorte de "don de soi", autrement dit c'est une disposition presque sacrificielle, comme il est écrit (Jean XV, 13): "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En ce sens, Jésus nous a bien sûr aimés comme nul autre. Quant au mot "prochain", son radical nous donne déjà un élément de réponse: il s'agit d'abord de celui qui nous est proche, soit un frère ou une sœur en Christ (cf. Mt XII, 47-50; Jean XIII, 34-35).

 

Il faut donc se garder de trop élargir ces définitions, car à vouloir aimer tout le monde on finirait par n'aimer personne (ou du moins pas ceux qu'il convient d'aimer en premier). En outre, ce serait oublier que l'amour du monde est inimitié contre Dieu (cf. Jc IV, 4; I Jn II, 15). En d'autres termes, si le deuxième plus grand commandement (aimer son prochain) contrevient au premier (aimer Dieu), c'est qu'il y a un problème quelque part. Un problème que la théologie dite "orthodoxe" (au sens d'opinion conforme), que nous qualifions plutôt d'homodoxe ("conforme au monde"), ne permet pas de résoudre. Au contraire, elle en égare plusieurs. Lire la suite...


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